vendredi 2 janvier - par Giuseppe di Bella di Santa Sofia

Barbaresques : les maîtres musulmans d’un million d’esclaves européens

Imaginez une nuit d'été en 1575, au large des côtes espagnoles. La mer est calme, presque trop. À bord de El Sol, un galion marchand, l'équipage somnole sous les étoiles. Soudain, un bruit sourd : des galères surgissent des ténèbres, leurs rames battant l'eau en silence. Des silhouettes armées bondissent à bord, sabres étincelants sous la lune. Cris, sang, chaînes. Parmi les captifs traînés dans les cales puantes, un jeune soldat, blessé à la poitrine, nommé Miguel de Cervantes. 5 ans de captivité l'attendent à Alger, une épreuve qui inspirera son Don Quichotte. Mais pour des milliers d'autres, anonymes, ce sera l'oubli total, la mort lente dans les bagnes ou les harems.

Pendant plus de 350 ans, du XVIe au XIXe siècle, les côtes européennes ont tremblé devant ces prédateurs sans pitié venus d'Afrique du Nord. Les corsaires barbaresques – d'Alger, Tunis, Tripoli, et parfois Salé au Maroc – n'étaient pas de vulgaires pirates, mais des guerriers organisés, sous l'égide ottomane, qui vivaient de rapines et d'esclavage. Leurs raids fulgurants ont capturé des centaines de milliers d'Européens. peut-être jusqu'à un million, selon les estimations les plus sérieuses. Une traite humaine effacée des mémoires collectives, éclipsée par d'autres horreurs plus "politiquement correctes" à rappeler aujourd'hui.

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Les ombres de la mer : qui étaient ces corsaires impitoyables ?

Pas de simples bandits errants, non. Ces États barbaresques formaient une machine de guerre bien huilée, mi-autonomes, mi-vassaux de l'Empire ottoman. À leur tête, des figures légendaires comme les frères Barberousse – Arudj et Khayr ad-Din –, des aventuriers berbères qui conquirent Alger au début du XVIe siècle et en firent une forteresse imprenable. Puis vinrent Dragut, le "dragon de la Méditerranée", ou des renégats européens convertis à l'islam pour survivre ou s'enrichir : John Ward, un Anglais devenu Yusuf Raïs, ou Jan Janszoon, un Hollandais rebaptisé Murad Reis, qui mena des expéditions jusqu'aux confins de l'Atlantique.

 

An image showing 'Spanish Men-of-War Engaging Barbary Corsairs'

 

Leurs galères, fines et rapides, étaient propulsées par des rameurs enchaînés, souvent des captifs chrétiens. Imaginez : des dizaines d'hommes nus, fouettés jusqu'au sang, tirant sur les rames sous un soleil implacable. Ces navires fondaient sur leurs proies comme des faucons, capturant bateaux marchands ou débarquant de nuit sur des villages côtiers vulnérables. Le sud de l'Italie, la Sicile, les Baléares, la Provence, le Languedoc... Partout, la peur régnait. Les habitants abandonnaient leurs maisons en bord de mer, fuyant vers les collines pour ériger des tours de guet qui, aujourd'hui encore, parsèment les paysages de Corse ou de Sardaigne, muets témoins d'une terreur ancestrale.

 

Torre del Drago, ancienne tour de guet sur la mer à Cefalù, Sicile

 

Ces raids n'étaient pas aléatoires. Ils visaient les points faibles : villages isolés, nuits sans lune. Une fois à terre, c'était le chaos – maisons pillées, feux allumés, habitants traînés hurlants vers les plages. Les plus chanceux mouraient vite ; les autres affrontaient un voyage infernal vers les marchés d'esclaves.

 

 

Le cauchemar de Baltimore : quand l'Irlande fut mise à sac en une nuit

Plongeons dans un épisode glaçant, presque surréaliste. C'est le 20 juin 1631, dans la petite baie de Baltimore, au sud-ouest de l'Irlande. Le village dort paisiblement, ses pêcheurs rêvant de mers calmes. Mais voilà que deux cents corsaires, commandés par ce même Murad Reis, débarquent sous couvert de l'obscurité. Pas un coup de feu : ils surprennent les gardes, envahissent les chaumières. En quelques heures, 107 âmes – des familles entières, femmes enceintes, enfants en bas âge – sont enchaînées et jetées dans les cales. Le village est laissé en cendres, quasi désert. Seuls 3 captifs seront rachetés plus tard, après des négociations interminables. Les autres ? Vendus à Alger, convertis, ou morts d'épuisement.

 

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Ce n'était pas un cas isolé, loin de là.4 ans plus tôt, en 1627, Murad Reis avait osé frapper les îles Vestmann, au large de l'Islande : 400 Islandais arrachés à leurs fjords gelés, emmenés vers un destin torride et cruel. Des expéditions similaires touchèrent l'Angleterre, l'Écosse, les Pays-Bas. Même les côtes américaines, naissantes, n'étaient pas à l'abri. La Méditerranée, mais aussi l'Atlantique, devinrent des mers de péril, où tout voyageur risquait de finir en marchandise humaine.

 

Alþjóðleg ráðstefna um Tyrkjaránið hefst í dag - Eyjafréttir

 

Aux enchères comme du bétail : les marchés infernaux d'Alger

Arrivés à Alger, la capitale de cette traite impitoyable, les captifs étaient débarqués, hagards, couverts de sel et de plaies. Le marché aux esclaves – le "Badistan" – bruissait d'une foule cosmopolite : marchands turcs, juifs séfarades, acheteurs arabes. On les dénudait, inspectait leurs muscles, leurs dents, comme on le ferait pour des chevaux. Les hommes forts partaient ramer sur les galères ou bâtir des remparts sous les coups de fouet. Les femmes, souvent violées en route, finissaient domestiques ou concubines dans les harems des deys. Les enfants, malléables, étaient convertis à l'islam et élevés comme janissaires.

 

File:Marche aux esclaves d alger gravure.jpg

 

Écoutez les voix du passé : Emmanuel d'Aranda, captif belge en 1640, décrit dans ses mémoires des scènes à glacer le sang : des mères arrachées à leurs bébés, des hommes castrés pour servir d'eunuques. Vincent de Paul, futur saint catholique, fut lui-même esclave à Tunis en 1605 ; il en garda une haine viscérale et fonda des ordres pour racheter les captifs. Ces rachats, organisés par les Trinitaires ou les Mercédaires, coûtaient cher : des États européens payaient tribut pour protéger leurs marins, une humiliation qui dura des siècles.

 

 

Pourquoi cette horreur a-t-elle perduré si longtemps ? Parce que l'Europe, divisée par ses guerres intestines – Réforme, guerres de religion, rivalités coloniales –, peinait à s'unir. Des expéditions punitives, comme le bombardement d'Alger par les Anglais en 1816, finirent par briser cette machine, mais trop tard pour des générations perdues.

 

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L'oubli sélectif : pourquoi on efface cette page sanglante de l'histoire ?

Aujourd'hui, qui parle de ces un million d'Européens – Italiens, Espagnols, Français, Grecs, même Scandinaves – réduits en esclavage ? L'historien Robert C. Davis, dans son ouvrage Esclaves chrétiens, maîtres musulmans (éditions Actes Sud), avance ce chiffre choc, basé sur archives et témoignages : entre 1500 et 1800, au moins 1 à 1,25 million de captifs. D'autres experts, comme Jacques Heers dans Les Barbaresques, tempèrent à 200 000 ou 800 000, mais le consensus est clair : des centaines de milliers, au bas mot.

Pourtant, silence radio. Cette traite ne cadre pas avec les récits dominants : maîtres musulmans, esclaves blancs chrétiens. Elle inverse les rôles habituels, gêne les discours sur "l'Occident oppresseur exclusif". Ajoutez que la conquête française d'Alger en 1830 – officiellement pour stopper la piraterie – servit de prétexte à la colonisation, et voilà l'histoire reléguée aux oubliettes, pour éviter les débats houleux.

Mais l'esclavage, cette plaie humaine, n'a jamais été l'apanage d'une seule civilisation. Il a ravagé partout : Afrique subsaharienne, Amériques, Asie. Les Barbaresques nous rappellent une vérité crue : la barbarie n'a pas de couleur, pas de religion attitrée. Elle frappe aveuglément, et l'oublier, c'est risquer de la répéter.

Des côtes vidées, des familles brisées, des vies volées : cette saga oubliée mérite qu'on la ressuscite, non pour attiser les haines, mais pour comprendre l'humanité dans toute sa noirceur. Et la prochaine fois que vous marcherez sur une plage méditerranéenne, imaginez les ombres de ces galères, toujours tapies dans les vagues.

Et pendant ce temps, le 24 décembre 2025, le Parlement algérien, aux ordres du pouvoir gérontocratique et militire, adoptait à l'unanimité une loi qualifiant la colonisation française (1830-1962) de "crime d'État" et de "crime contre l'humanité", réclamant excuses officielles, restitutions d'archives, décontamination des sites nucléaires et une "indemnisation complète et équitable" pour les dommages matériels et moraux. Un droit "inaliénable", dit le texte.

 

 

Curieux : pas un mot, dans ce long catalogue de griefs imprescriptibles, pour les centaines de milliers – voire plus d'un million – d'Européens enlevés, enchaînés, vendus, torturés ou convertis de force par les ancêtres de ces mêmes États barbaresques.

 

 

La mémoire sélective a de ces ironies : on criminalise un passé colonial quand il arrange, on oublie les chaînes quand elles étaient aux pieds des autres. L'Histoire n'est pas un menu à la carte. Si réparation il doit y avoir, qu'elle soit universelle... ou qu'on arrête de jouer à qui a le plus souffert.



43 réactions


  • juluch juluch 2 janvier 21:46

    En effet !!

    Curieusement certains de nos partis politiques n’en parlent jamais...tabou ?

    On pourrai évoquer aussi le sort des noirs d’Afrique qui ont subit pire de la part des marchands d’esclaves pendant + de 1000 ans....massacres, conversions forcées, castrations par dizaines de milliers.

    Qu’on le veuille ou non le fait de coloniser une vaste étendue de terre en 1830 à parmi de mettre fin aux piratages et également à mettre en valeurs ces terres ...mais l’esclavage existe toujours particulièrement au Soudan.

    Le Président Algérien (histoire de nommer la terre en question) fait partit de ces responsables qui continu à s’enrichir sur le dos de ses citoyens depuis 1962.

    Ils ne sont pas, ces responsables, bons à rien, sont mauvais en tout !


    • SilentArrow 3 janvier 12:35

      Bonjour @juluch
       

      Ils ne sont pas, ces responsables, bons à rien, sont mauvais en tout !

      Nuls dans tous les domaines.
      Et surtout en histoire.

    • Bonjour @juluch,

      Merci pour votre commentaire toujours aussi pertinent ! 

      Vous touchez un point essentiel : cette page d’Histoire reste étrangement taboue pour certains partis, comme si reconnaître la traite barbaresque ou les pratiques esclavagistes africaines antiques nuisait à un récit unique.

      Et vous avez raison : la colonisation française de 1830 a bel et bien mis fin à la piraterie et à la traite des Blancs en Méditerranée, même si elle a apporté ses propres drames. L’esclavage, lui, persiste encore aujourd’hui (Soudan, Mauritanie, etc.), ce qui rend les discours sélectifs encore plus criants.

      Quant aux dirigeants algériens depuis 1962, leur bilan économique et social parle de lui-même : la rente pétrolière n’a pas profité au peuple.


  • Mustik 3 janvier 00:30

    Je me souviens d’une partie du programme d’histoire de terminale qui était zappée par les enseignants : l’Histoire des Civilisations.
    Lorsque je me suis inquiété auprès du prof d’HIstoire-Géo de cette situation, dans le cadre de la préparation au Bac ( années 60 ), il a déclaré un accord « tacite » pour que les examinateurs ne nous interrogent pas sur cette partie.
    Les Civilisations Africaines, Asiatiques etc... sont restées de facto cantonnées au niveau du folklore... négligeables par rapport aux « glorieuses nations » qui avaient pris le train de l’industrie.
    Pour calmer les ardeurs revanchardes suscitées et entretenues par la dictature algérienne, ils auraient été judicieux d’informer sa diaspora en France de la réciprocité des griefs devant l’Histoire... 


  • rogal 3 janvier 07:51

    Cette partie-là de l’Histoire ne devrait-elle pas commencer au septième siècle de l’ère chrétienne ?


    • SilentArrow 3 janvier 09:20

      @rogal
       

      Cette partie-là de l’Histoire ne devrait-elle pas commencer au septième siècle de l’ère chrétienne ?

      Oui, le jour 1 de l’an 1 du calendrier du chauffeur de chameaux, c’est le jour de la déclaration de guerre de l’islam à tout ce qui n’est pas l’islam.

    • Bonjour @rogal @SilentArrow,

      Vous avez tout à fait raison : l’islam a déclaré la guerre au monde non-musulman, dès sa création. Il a pratiqué l’extermination, la soumission et l’esclavage des peuples dès le début. Une véritable « religion d’amour »...

      Dans cet article, je n’aborde que le sujet des Barbaresques. J’avais déjà traité la traite négrière arabo-mulsumane, qui a duré plus de 14 siècles, dans un autre article : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/14-siecles-de-traite-negriere-257990


  • SilentArrow 3 janvier 09:11

    Aujourd’hui l’Algérie se livre à une invasion furtive de la France en organisant l’émigration de ses déchets et en refusant de les reprendre quand la France tente de les expulser.

    Si le misérable petit coq qui vous dirige en avait, il réquisitionnerait la Grande Mosquée de Paris, de même que toutes les autres mosquées algériennes, et y écrouerait les ressortissants algériens coupables de crimes et frappés d’un OQTF.

    Ces indésirables que l’Algérie refuse de reprendre devraient être considérés comme les mercenaires d’une armée d’invasion.

    En principe, les mercenaires, on les fusille.

    La France dans sa mansuétude proverbiale pourrait consentir à l’Algérie un délai pour organiser le retour de ces mercenaires et éviter leur exécution. Mais ce retour devrait être financé par l’Algérie, de même que les frais encourus par l’État français du fait de la présence illégale de ces nuisibles sur le territoire.

    En cas de refus de la part du gouvernement algérien, la France soustrairait le montant de ces frais des pensions qu’elle verse à des Algériens vivant en Algérie. Au gouvernement algérien de compenser ces pensionnés. Et les mercenaires seraient fusillés.


    • Mustik 3 janvier 12:01

      @SilentArrow
      Très récemment, un invité de plateau TV nous apprenait :
      les estivants bi-nationaux font monter le taux de délinquance de l’Algérie  !

      On peut comprendre Téboune quand il déclare :
      les OQTF sont le produit du laxisme de la France, qu’elle se les garde !

      Copie au Syndicat de la Magistrature.
      Logique : La démocratie aurait beaucoup à gagner à inclure un stage d’observation de 3 mois dans :
      — les Centres de détention,
      — les compagnies de Pompiers
      — et dans les hôpitaux  
      préalablement à la délivrance du Diplôme de Magistrat.


  • SilentArrow 3 janvier 09:15

    Au lieu de caresser le rêve de faire la guerre à la Russie, Macron ferait mieux d’aller bombarder Alger. C’est la seule méthode qui marche avec cette engeance.


  • rogal 3 janvier 09:27

    Juste avant l’attaque anglo-hollandaise d’Alger, en 1816, les jeunes États-Unis d’Amérique avaient entrepris deux guerres contre les Barbaresques. Le rapport de force entre les deux mondes ’’méditerranéens’’ était en train de s’inverser.


    • @rogal

      Vous avez parfaitement raison : bien avant le bombardement anglo-néerlandais d’Alger en 1816, les jeunes États-Unis avaient déjà mené deux guerres contre les Barbaresques (1801-1805 puis 1815), prouvant que le vent tournait dans la Méditerranée.

      Ces conflits ont marqué le début d’un basculement : l’Occident, de plus en plus puissant, refusait enfin de payer le tribut pour naviguer librement.

      C’est une page passionnante qui montre que la fin de la piraterie n’était pas un simple « cadeau » de la France en 1830, mais le résultat d’une pression militaire croissante sur plusieurs fronts.

  • Enki Enki 3 janvier 09:42

    Pourtant, silence radio. Cette traite ne cadre pas avec les récits dominants : maîtres musulmans, esclaves blancs chrétiens. Elle inverse les rôles habituels, gêne les discours sur "l’Occident oppresseur exclusif".

    Silence radio aussi des njama, Fergus, Octave Lebel...

    La pensée binaire est la bien trop commode fabrication du réel : le méchant blanc colon coupable d’un côté, le pauvre arabe ancien colonisé traité de la même manière quand il est immigré en France. 

    Que les attitudes de coupable/victime puissent permuter selon les périodes, même se croiser : c’est cognitivement inenvisageable pour des gens comme eux, au point que toute l’histoire doit être recalibrée entre coupables et victimes permanentes.

    Rappelons que l’esclavage a été la normalité de l’histoire humaine. Elle a été présente en taches de léopard dans l’espace, avec discontinuités dans le temps, des peuples plus ou moins esclavagistes répartis sur la planète.

    La nouveauté, depuis pas plus de deux ou trois siècles, est que l’esclavage est devenu un scandale. C’est juste cela qu’il faut retenir, pas fabriquer des coupables et des victimes permanentes. Et craindre les idéologies qui n’ont pas fait leur propre nettoyage qui sont capables de restaurer l’esclavage, y compris avec des formes modernes. 


    • Bonjour @Enki,

      Merci pour votre commentaire ! 

      Vous avez raison : l’esclavage est une plaie humaine universelle, pas le monopole d’une civilisation, et son interdiction morale est une conquête récente qu’il faut protéger contre toute idéologie régressive.

      Le silence de certains sur cette page historique montre bien comment les récits binaires déforment la réalité – les Blancs toujours coupables, les autres toujours victimes –, alors que l’Histoire est faite de permutations et de croisements.

  • SilentArrow 3 janvier 09:45

    Ce qui est curieux, c’est que les Algériens ne cessent de chouiner à propos de la colonisation française qui a fait de cette région un état qui avait tout pour devenir moderne, et qu’ils semblent oublier la colonisation hilalienne qu’ils ont subie.

    À l’époque de l’empire romain, le Maghreb était au même niveau civilisationnel que le reste de l’empire. Ils ont fourni des empereurs à l’empire et des théologiens au christianisme.

    Les tribus hilaliennes venant d’Arabie ont ramené cette région à l’âge du chameau avec leur religion et leur culture de tarés. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Ibn Khaldoun dans ses prolégomènes.

    Les Berbères se sont fait coraniquer et arabaiser.

    Pas étonnant qu’ils aient par la suite recouru au commerce d’esclaves pour ne pas crever de faim. C’est la seule chose qu’ils étaient capables de faire. Pour ces Bédouins bons à rien, le travail est en dessous de leur dignité. Le vol, la razzia et le commerce d’esclaves sont les seules occupations dignes de ce qu’il croient être leur rang.


    • Mustik 3 janvier 12:22

      @SilentArrow

      Une réalité extrêmement significative que presque tout le monde ne voit pas  :
      — en Algérie, l’artisanat est inexistant (excepté en Kabylie, tapis de mariage et poterie simpliste)
      — à Casablanca, a contrario, on trouve même des ateliers de contrefaçon de Maroquinerie des marques Prestigieuses ( HERMES, LANCEL etc...). Les peaux sont achetées en France ou en Italie, les Gérants se rendent à la Foire du Cuir de Paris pour copier les derniers modèles ( attaché-case, Vanity-case etc...). Les copies sont époustouflantes !!!
      Les touristes évitent l’Algérie, ils imaginent que les produits d’artisanat ( Vêtements en cuir, Céramiques, ouvrages de vannerie, Cuivre, Koumiya en argent repoussé, suspensions lumineuses..) que l’on trouve dans les Souks de Tunisie ou du Maroc, ont leur équivalent en Algérie... en fait, il n’en est rien !
      L’Algérie importe tout l’artisanat oriental comme les boutiques de la Porte d’Aix à Marseille...
      Si les originaires de la Mitidja sont très performants en France dans les sciences Mathématiques, l’informatique... les travaux manuels ne sont pas dans l’ensemble leur tasse de Thé.
      A partir de là, les sociologues et les éducateurs peuvent trouver une piste pour résoudre le casse-tête de l’insertion de cette population...


  • Eric F Eric F 3 janvier 10:05

    Au début du 19ème siècle ce trafic existait encore, il est notamment décrit dans un roman peu connu de Jules Verne « l’archipel en feu », dans le cadre de la guerre d’indépendance de la Grèce.

    Comme indiqué dans l’article et en commentaire, l’entreprise coloniale en Afrique du nord a eu notamment comme objectif de mettre fin à ces pratiques.


    • Bonjour @Eric F,

      Merci pour ce commentaire !

      Vous avez raison de rappeler ce détail souvent oublié : au début du XIXe siècle, les razzias barbaresques continuaient bel et bien, comme Jules Verne le décrit avec précision dans L’Archipel en feu (1884), en plein cœur de la guerre d’indépendance grecque.

      Ces pratiques n’étaient pas un lointain souvenir médiéval, mais une menace réelle jusqu’à l’intervention européenne et la conquête française de 1830. 


  • patrick22 3 janvier 11:33

    .....oui , il est bon de rappeler tout çà.....


    • Bonjour @patrick22,

      Vous avez parfaitement saisi l’essentiel : rappeler cette page d’Histoire ne vise pas à attiser les haines, mais à rétablir un équilibre dans la mémoire collective.

      L’esclavage a été une plaie universelle, pratiquée par toutes les civilisations et l’oubli sélectif n’aide personne.

      Quand on parle de mémoire et de réparation, il faut que ce soit universel, sinon on tombe dans le même piège que ceux qu’on critique.

  • njama njama 3 janvier 14:31

    60 ans des accords d’Évian : tous les pieds-noirs n’ont pas quitté l’Algérie en 1962
    Sur un million de Français vivant en Algérie, 200 000 sont restés après l’indépendance, selon l’historien Pierre Daum. 18/03/2022

    Si plusieurs grandes villes algériennes étaient en proie aux combats du FLN et de l’OAS, « il n’y a pas eu de violences sur l’ensemble du territoire. Dans certaines campagnes et villages, musulmans, catholiques et juifs ont continué à vivre paisiblement même durant les années 1961 et 1962 », précise l’historien Pierre Daum dans son livre Ni valise, ni cercueil.

    https://www.franceinfo.fr/monde/afrique/algerie/60-ans-des-accords-d-evian-tous-les-pieds-noirs-n-ont-pas-quitte-l-algerie-en-1962_5011801.html

    Des pieds-noirs de souche française rapatriés, minimum octogénaires aujourd’hui combien en restent-ils aujourd’hui... ?

    J’entends à l’exclusion de leur descendance mineure à l’époque héritière du passif de leurs parents, ainsi que des séfarades natifs naturalisés français qui ont choisi de quitter l’Algérie de leur plein gré, leur mère Patrie.

    Ne serait-il pas temps de tourner cette page d’histoire qui avait mal fini parce qu’elle avait mal commencé, de la clôturer pour solde de tous comptes... pour renouer des liens entre les deux rives de la Méditerranée... 


    • sylvain sylvain 3 janvier 14:43

      @njama
      Ce serait pas mal oui. Mais j’ai l’impression que les oligarchies des deux cotes de la mediterannee ont bien besoin de ce genre d’antagonisme. Particulierement l’Algerie, dont le pouvoir est legitime par la guerre d’independance. En France, c’est tous les muslims, particulierement les arabes, particulierement les algeriens. Mais meme sans eux, restent tous les autres. Et puis les russes aussi, les africains.. enfin on manque pas de gens a detester

      Il est pourtant pas difficile de voir que ce ne sont pas eux qui ont detruits nos industries, liquides notre service public, delocalises nos emplois, mis en place la servitude de la dette, rendus surperflus la moitie de la population... mais bon, ca marche encore et toujours, pourquoi se priver ?


    • @njama

      Dire que les Pieds-Noirs sont partis « de leur plein gré » est une contre-vérité historique qui insulte la mémoire de ceux qui ont tout perdu en quelques semaines.

      Quant aux populations séfarades que vous citez, l’Algérie était leur terre depuis des millénaires ; leur départ massif n’était pas une préférence nationale, mais la conséquence d’une exclusion de fait.

      On ne tourne pas une page en l’arrachant : la réconciliation nécessite de la nuance, pas de l’amnésie.


    • sylvain sylvain 3 janvier 15:50

      @Giuseppe di Bella di Santa Sofia
       Ca tombe bien , ce n’est pas ce qu’il dit. 


    • Eric F Eric F 3 janvier 17:31

      @njama

      "Ne serait-il pas temps de tourner cette page d’histoire qui avait mal fini parce qu’elle avait mal commencé, de la clôturer pour solde de tous comptes... pour renouer des liens entre les deux rives de la Méditerranée"


      Tout à fait d’accord, et de manière générale le colonialisme était dans l’esprit d’une époque désormais révolue, il avait du reste évolué dans les tout derniers temps pour prendre mieux en considération la population locale.

  • Decouz 3 janvier 14:33

    Il n’y a pas continuité entre le régime algérien actuel, puisqu’ils étaient sous la domination turque, il faudrait alors demander des comptes aux Turcs, mais ils diraient peut être que la Régence avait son indépendance et leur échappait, quanrt aux pirates ils étaient en quelque sorte apatrides, sinon quand ces gens travaillent pour les états on les appelle du terme plus noble de corsaires, comme la France en a eu.. Les maitres actuels de l’Algérie (leurs grand- pères) vivaient peut-être dans la campagne ou ont été dans l’armée française comme Ben Bella. Pourquoi ils ne reprochent pas aux Turcs ce qu’ils reprochent aux Français ? Parce que comme le dit Marx (je précise que je ne suis pas marxiste, mais cette observation me parait juste) ils avaient la même religion et il y eut quelques métissages. D’autre part les Turcs n’ont pas modifié les structures sociales et sont restés sur la côte.

    Du coté du régime actuel pour plusieurs raisons il y a une instrumentalisation, mais il faut souligner qu’à l’heure actuelle il y a des historiens qui travaillent sur ces questions des deux cotés et en concertation, indépendamment autant qu’il est possible des postures politiques.


  • Je tiens à signaler que l’Algérie française a fini par devenir un véritable boulet financier pour l’État et les contribuables français. À partir des années 1950, l’État y injectait environ 20 % de son budget pour financer des infrastructures et une guerre coûteuse, alors que la métropole manquait de logements et de routes modernes. Les Français payaient également leurs produits de consommation plus cher pour subventionner l’économie coloniale.

    L’indépendance en 1962 a été un immense soulagement économique : libérée de cette « perfusion » financière et du poids de la guerre, la France a pu rediriger ses capitaux vers sa propre modernisation (nucléaire, aéronautique, télécoms). C’est ce désengagement qui a permis d’accélérer les Trente Glorieuses, prouvant que la France se portait bien mieux financièrement sans l’Algérie.


  • Decouz 3 janvier 14:45

    L’esclavage est resté une tache pour les USA, même après son abolition théorique, ce n’est que tardivement que l’égalité est intervenu dans les faits, mais comme le souligne Amin Maalouf dans "le labyrinthe des égarés, le problème racial n’a pas été résolu et il remonte à l’esclavage, sans parler des Indiens exterminés.

    Il y avait trois courants dans la lutte pour l’indépendance, un courant marxiste, un courant nationaliste (qui voulait simplement l’application des principes de la Révolution française) et un courant religieux.

    Du coté français il y avait aussi plusieurs options, entre l’intégration et l’indépendance ou un régime intermédiaire.


  • Decouz 3 janvier 14:52

    Pour le boulet financier, j’ai lu que c’étaient les finances locales, les impôts locaux, qui finançaient. Même si l’état français ne s’est pas enrichi et si les « petits colons » ont fait une mauvaise affaire, des fortunes de gros propriétaires se sont constituées, pas que des Français d’ailleurs, il y eut des Suisses et quelques arabes.

    Quant aux infrastructures si souvent évoquées, Max Gallo (ou Ferro j’ai oublié) signale que les services hospitaliers suffisaient à peine à la population européenne.


  • Krokodilo Krokodilo 3 janvier 15:01

    Il y a un lien entre la guerre et l’esclavage : les esclaves étaient une part du tribut payé par le vaincu, le paiement en nature. Les seules civilisations n’ayant pas connu l’esclavage semblent être celles de taille réduite ET n’ayant pas connu la guerre, ou peu, et vivant dans un environnement très difficile. Ca fait pas beaucoup de monde : les Inuits, peut-être ? Les Aborigènes ?


    • sylvain sylvain 3 janvier 15:53

      @Krokodilo
      Si on prend le mot « civilsation » au sens traditionnel, les inuits et les aborigenes ne vivent pas en civilisation. Et aucune d’elle ne s’est developpe sans l’esclavage, qui etait par contre inexistant dans les societes sans etat


    • Eric F Eric F 3 janvier 17:35

      @sylvain
      Etes vous certain que dans un contexte tribal sans état, des razzias entre tribus avec prise d’esclaves ne se produisaient pas ? 


    • @Krokodilo

      Votre commentaire part d’une idée répandue mais historiquement inexacte : l’esclavage de masse et systématique (chasseurs d’esclaves professionnels, razzias organisées sur des milliers de kilomètres, commerce triangulaire transcontinental, esclavage héréditaire sur plusieurs générations) n’est pas un simple « tribut de guerre » banal que toutes les civilisations pratiquaient dès qu’elles faisaient la guerre.

      Quelques faits qui contredisent fortement la thèse universaliste :

      1. De très nombreuses sociétés guerrières antiques ou médiévales n’ont pas développé d’esclavage de masse durable :
        • Les Celtes, les Germains, les Vikings eux-mêmes : les prisonniers de guerre étaient très majoritairement rançonnés, échangés, intégrés comme serfs ou tués, pas systématiquement réduits en esclavage héréditaire massif.
        • Les royaumes d’Afrique de l’Ouest pré-islamiques (Ghana, Mali avant conversion) : la guerre existait, mais l’esclavage à grande échelle n’apparaît vraiment qu’avec l’intégration au réseau arabo-musulman transsaharien.
        • L’Empire byzantin, pourtant en guerre permanente : les prisonniers étaient souvent échangés ou convertis, pas transformés en marchandise à l’échelle industrielle.
      2. Le cas des Barbaresques (et plus largement du djihad esclavagiste arabo-musulman) est exceptionnel par son ampleur, sa durée (plus de 10 siècles), son caractère racialisé/religieux systématique et son organisation marchande :
      3. → On parle d’un million d’Européens (chiffre bas) sur près de 4 siècles, mais des millions d’Africains subsahariens sur plus de 1 400 ans via la traite orientale/transsaharienne.
        → C’est l’un des rares systèmes esclavagistes de l’Histoire où la capture d’esclaves était une finalité économique et religieuse déclarée de la guerre (théorie du butin humain comme partie intégrante du jihad).
      4. Votre exemple des Inuits et Aborigènes est un contre-exemple faible : ce sont des sociétés très petites, sans État, sans surplus, sans possibilité logistique de garder/revendre des centaines de captifs. Comparer cela à des États organisés de plusieurs millions d’habitants (ottoman, barbaresques, sultanats swahilis, etc.) n’a pas grand sens.
      La guerre produit souvent des captifs, oui. Mais transformer systématiquement ces captifs en marchandise transnationale héréditaire sur des siècles, avec une idéologie religieuse qui le légitime explicitement, c’est loin d’être une constante universelle. C’est même une des particularités les plus marquantes (et les plus longues) de l’histoire islamique médiévale et moderne.

      On peut critiquer l’Occident sur bien des points (traite atlantique, colonialisme, etc.), mais nier la spécificité et l’ampleur exceptionnelle de la traite barbaresque/orientale ne rend pas service à l’Histoire.

    • Krokodilo Krokodilo 3 janvier 18:10

      @Eric F Comme dans le western « Un homme nommé cheval » ! En tout cas, les tribus amérindiennes étaient guerrières pour la plupart, et se piquaient au minimum chevaux et femmes. Il est probable que de si petits groupes humains ne pouvaient pratiquer l’endogamie sans encourir des problèmes de consanguinité. 


    • Krokodilo Krokodilo 3 janvier 18:56

      @Giuseppe di Bella di Santa Sofia Ah mais je ne cherchais pas à nier quoi que ce soit, en fait je suis tout à fait d’accord avec votre article. Je pense juste qu’avant de devenir un business à grande échelle, le principe de l’esclavage est né de la guerre. L’empire romain a probablement dû sa chute en partie à des questions économiques lorsque son expansion a pris fin : plus de nouveaux esclaves, accroissement de la classe moyenne avec l’affranchissement assez fréquent, plus de terres à offrir aux vétérans, plus d’or et d’argent, inflation galopante. 
      Effectivement, les choses se compliquent si on fait la distinction entre esclavage à petite échelle (Celtes, Vikings, Amerindiens ?), intégrés ou pas (serfs, possibilités d’affranchissement, mariages), héréditaire ou pas.
      A noter que D. Graeber, dans son bouquin « Dette, 5000 ans d’histoire » traite longuement de l’esclavage, avec de nombreux exemples dans diverses civilisations, au travers du prisme de la dette (guerres, rapts, mais aussi condamnation, ou vente des enfants ou de soi-même), mais également de l’honneur (estimation juridique de la valeur d’une personne, celle de l’esclave étant nulle). Impossible à résumer.


    • sylvain sylvain 4 janvier 09:08

      @Eric F
      Pour les esclaves, dans les societes sans etat oui j’en suis certain. Je suis tout aussi certains qu’il y avait une violence notable entre tribus, avec vols de materiels, de femmes, d’enfants. Mais ces enfants ou ces femmes ne devenaient pas des esclaves, ils devenaient des membres a part entiere de la tribu.

      Il y avait des choses tres etranges parfois : chez les indiens tupi, les prisonniers de guerre etaient traites avec tous les egards, ils se mariaient meme parfois, avaient des enfants qui devenaient membres de la tribu. Ils etaient un facteur de prestige pour leur vainqueur. Et puis un beau jour, souvent apres la mort d’un proche par la tribu ennemi, ce prisonnier etait mange en represaille... 

      Les societes sans etat etaient tres variees dans leur fonctionnement. Certaines etaient vraiment pacifistes, ce n’etait pas la majorite. Il y en avait aussi ou la violence etait omnipresente, ou 30 a 40% des hommes mourraient de mort violente. La plupart se situaient entre les deux, mais aucune n’exploitait l’energie d’un autre, n’asservissait les individus, que ce soit en interne ou en externe


    • SilentArrow 4 janvier 13:08

      @sylvain
       

      Pour les esclaves, dans les societes sans etat oui j’en suis certain.

      Même les Bédouins pré-islamiques ?

    • sylvain sylvain 4 janvier 18:20

      @SilentArrow
      je sais pas de quelle societe vous parlez precisemment


  • Decouz 3 janvier 15:10

    La question du financement de l’Algérie française est justement complexe, parce que  deux affirmations sont en partie vraies : financement local et financement depuis la France, selon les périodes et selon ce qu’on regarde (budget courant, investissements, guerre, transfert.

    Colonie « intégrée » : cela implique deux choses : un budget local algérien, des transferts depuis la métropole, comme pour n’importe quel territoire français (on paye pour un département pauvre à partir des ressources de départements riches).

    L’Algérie avait : un budget algérien propre, des impôts locaux, des recettes liées à l’agriculture coloniale, vins, céréales, agrumes, des mines, les ports et le commerce. Pour les dépenses ordinaires (administration, routes, ports, écoles européennes, police, etc.), le budget algérien finançait une large part.

    Pour la part métropolitaine, il y a les investissements de structures les frais liés à l’armée, et ensuite à partir de 54 le coût de la guerre. Les Européens (≈10 % de la population) bénéficiaient de la majorité : des infrastructures, des écoles, des soins les populations musulmanes étaient largement sous dotées. C’est pour ça que même chez les Français non favorables à l’indépendance totale, et surtout après la deuxième guerre mondiale cet aspect est devenu plus perçu (mais les deux populations sont restées étrangères)/


  • Mustik 3 janvier 18:12

    Quiconque examine n’importe quelle carte du Maghreb depuis l’origine des temps est forcé de constater que la désignation « Algérie » est, dès sa première apparition associée à l’adjectif « française » .

    « Volens nolens » comme dirait un certain Jean-Marie !

     smiley


  • Jean Keim Jean Keim 4 janvier 08:13

    Qui se pose la question suivante : pourquoi des êtres humains réduisent en esclavage ou même simplement exploitent d’autres êtres humains ?

    Une réponse convenue du genre ‘’c’est culturel’’ est d’une stupidité sans nom, elle dénote une paresse intellectuelle, celle qui consiste à chercher dans un livre ou une vidéo une réponse et s’en contenter.


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