Bataclan : qui sont les responsables ?
130 morts, et toujours pas les bonnes questions
Hier, la France rendait hommage aux 130 victimes du Bataclan.
Un moment de recueillement national, un moment où l’on devrait oublier les clivages partisans pour se souvenir de ce que fut cette nuit : un acte de guerre sur notre sol.
Mais voilà : même dans l’hommage, certains préfèrent trier.
Anne Hidalgo a une nouvelle fois jugé bon de ne pas inviter les représentants du RN et de Reconquête, comme si deux partis pesant plusieurs millions de voix ne faisaient pas partie de la nation.
Une manière de dire que la douleur de leurs électeurs, leur vision, leur parole… ne compteraient pas.
Une décision d’autant plus indécente que ce sont précisément ces forces politiques qui portent, depuis des années, le cri de colère et d’inquiétude d’une partie du peuple face à la montée de l’insécurité, à l’explosion du terrorisme, et à un modèle d’intégration qui ne fonctionne plus.
Mais madame Hidalgo, elle, préfère faire la morale.
On imagine que les dizaines de milliers d’euros dépensés dans sa garde-robe, révélés récemment, ne l’empêchent pas de se considérer comme appartenant à un niveau moral supérieur à ceux qu’elle refuse d’inviter aux commémorations…
Pendant ce temps, une question reste soigneusement évitée.
On parle de mémoire, oui.
On parle d’hommage, oui.
Mais quand parlera-t-on enfin des causes ?
Quand osera-t-on nommer ce que beaucoup ressentent :
la sensation que, pendant que notre pays subit des attaques répétées, aucun responsable politique n’ose interroger sérieusement les raisons profondes de la violence qui frappe la France ?
Notre président, lui, semble toujours plus prompt à commenter des conflits lointains qu’à regarder en face ce qui se passe chez nous.
À croire que la guerre qui nous est menée ici mérite moins d’attention que celles qui se déroulent ailleurs.
La mémoire ne suffit pas.
Le recueillement ne suffit pas.
L’émotion, seule, ne suffit pas.
Un jour, il faudra se décider à regarder la réalité en face.
Pour rendre hommage aux victimes, les vraies, celles qui n’ont jamais été consultées, ni triées, ni sélectionnées.


