Biathlon : Julia Simon condamnée, quelle sera la sanction fédérale ?
Le vendredi 24 octobre, le tribunal correctionnel d’Albertville a rendu son verdict : Julia Simon, convaincue de plusieurs vols commis au sein de l’équipe de France de biathlon, a été condamnée à trois mois de prison avec sursis* et 15 000 euros d’amende. Il appartient désormais à la Commission de discipline de la Fédération Française de Ski (FFS) d’en tirer les conséquences avec toute la rigueur qui s’impose…
Bien qu’il y ait eu, a rappelé le procureur lors du procès, d’autres vols avérés ainsi que les soupçons de plusieurs de ses coéquipières en équipe de France de biathlon (Anaïs Chevalier, Chloé Chevalier, Caroline Colombo et Lou Jeanmonnot) à l’encontre de Julia Simon, c’est sur la base des deux plaintes déposées puis maintenues par la biathlète Justine Braisaz-Bouchet et la kinésithérapeute de l’équipe de France pour « vol et usage frauduleux de carte bancaire » que s’est déroulé le procès d’Albertville.
Conseillée par son avocat, et confrontée aux preuves présentées par les enquêteurs, Julia Simon – jusque-là dans la négation affirmée « haut et fort » de sa culpabilité – a reconnu « la totalité des faits » qui lui valaient cette comparution devant les juges. En cause notamment : des actes commis en Suède en novembre 2021, puis en France et en Norvège en août et septembre 2022. En l’occurrence, des vols suivis de l’usage délictueux des cartes bleues de ses deux victimes à des fins d’achats de matériel high-tech et autres produits sur des sites du web.
En réalité, les choses auraient pu être réglées beaucoup plus tôt si Julia Simon avait reconnu les faits et accepté un règlement de l’affaire à l’amiable dans le cadre d’une conciliation fédérale. Une procédure qu’elle a rejetée en s’enfermant dans une posture de dénégation des délits, commis « à [m]on insu », prétendait-elle, Ce faisant, la biathlète a exposé durant près de 3 ans sa coéquipière, suspectée de dénonciation calomnieuse par les admirateurs de Julia Simon, à des violentes insultes et à des propos haineux sur les réseaux sociaux ainsi qu’en bord de piste.
Toute décision laxiste serait une faute lourde
La sanction pénale prononcée, la balle est dans le camp de la FFS dont la Commission de discipline devrait se réunir « dans les plus proches délais », a dit son président, pour statuer sur le cas de Julia Simon. Eu égard à la gravité des faits, celle-ci ne devrait pas échapper à une sanction disciplinaire pouvant aller de l’avertissement à une suspension de plusieurs mois, voire à la radiation à vie. On ose espérer que la décision qui sera prise – officiellement en toute indépendance – tiendra compte uniquement de la réalité des faits et non du calendrier sportif de la prochaine saison.
Dans moins de quatre mois se dérouleront en effet les Jeux Olympiques d’hiver 2026 en Italie (ils se dérouleront du 6 au 22 février à Milan-Cortina). Et forte sera, pour les instances fédérales, la tentation de permettre à Julia Simon de participer à ces JO, elle qui totalise à ce jour 10 titres de championne du monde (4 au plan individuel et 6 en relais) et faisait jusque-là figure de pilier incontournable de l’équipe de France. Au risque de maintenir dans l’effectif national au contact de ses victimes une biathlète condamnée au plan pénal pour les vols commis à leur égard.
Si une décision de mansuétude devait être prise, ce serait incontestablement une faute lourde de la part des membres de la Commission de discipline. D’une part, parce que cela constituerait un grave manquement aux valeurs d’éthique du sport en termes de probité, de respect et d’exemplarité. D’autre part, parce que cela enverrait un message négatif aux jeunes skieurs en dévalorisant le rôle des éducateurs sportifs et en niant la portée des messages qu’ils délivrent aux aspirants champions dont ils ont la charge.
Compte tenu de la gravité des faits commis à plusieurs reprises par Julia Simon et de la personnalité de ses victimes – ses propres coéquipières ! –, la biathlète doit, sans faiblesse, être interdite désormais de porter la combinaison de l’équipe de France. Julia Simon doit être radiée à vie !
* Avec inscription au volet B2 du casier judiciaire.



