Bigeard capitule avant les Bleus
Le « vieux con glorieux », comme lui-même se qualifiait, a passé l’arme à gauche un 18 juin, cocasse, quelques jours avant la disparition sans fleurs ni couronnes de jeunes cons peu glorieux qui à défaut de combattre ont préféré battre en pré-retraite en Afrique du Sud.
Où en sont -ils ? Hier, on guettait des réactions, des paroles, du courage d’affronter les micros. Que dalle. Toulalan seul envoyé spécial, lui qui ne jouera pas contre l’Afrique du Sud. C’est-à-dire le seul qui a déjà terminé sa Coupe du Monde. Toulalan courageux, donc, qui n’élude pas mais botte en touche à coup de « c’est pas fini », « c’est vous qui dites ça », « c’est sûr qu’on n’a pas bien joué »…Cette dernière remarque identique à celle de Zidane jeudi soir. « L’équipe de France n’a pas très bien joué ». Fabuleux footballeur Zidane, total respect mais par pitié, s’il pouvait désormais se taire, ça nous éviterait de le détester. Toulalan donc, seul au front, sans couverture, offert aux mitraillages, mais pas de mitraillage en vue, une presse finalement bien soft par rapport à ce qu’on pouvait lire dans les quotidiens. Il aurait fallu obliger Anelka à répondre aux questions, ou Abidal, ou mieux encore Govou. Et Evra…oui, mais ce pauvre Patrice avec sa larmichette pendant l’hymne qui déclare qu’on a joué comme une « petite nation ». Il n’a pas tort, à petit capitaine, petite équipe. Non Patrice, n’essaie pas de nous vendre ta déception, ta soi disant peine, on n’y croit plus, on n’a même pas envie d’essayer d’y croire. Tout sonne tellement faux dans ce bus bleu là, flanqué de ce slogan, « le rêve bleu »…sans déconner. Non, hier rien n’a changé, les Bleus ont continué à s’entraîner à huis clos, sauf Ribéry qui n’avait plus envie, sauf Evra, tiens donc, sauf Malouda, re-tiens donc. Il se dit que Domenech a parlé à ses joueurs….Pour dire quoi ? Qu’il faut y croire ? La seule chose que Domenech aurait dû faire c’est les engueuler, tous, et puis un par un ensuite, ou alors se taire, et les abandonner jusqu’à la fin, mardi.
On aurait bien aimé savoir aussi comment va Gourcuff, l’homme par qui la zizanie est arrivé, fusillé selon certains par Ribéry en personne, c’est Scarface qui flingue Plus Belle La Vie. Pauvre Gourcuff, déjà miné par une saison blanche avec Bordeaux, maintenant plombé par une Coupe du Monde de cauchemar avec les Bleus. Pas sûr qu’il s’en remette. On aurait bien aimé entendre aussi monsieur Escalettes, qui n’a dit mot depuis le fiasco, et qui a même osé demander « un peu de respect » aux journalistes. Mais pour qui se prend il ? C’est lui qui a imposé, puis maintenu Domenech à la tête des Bleus, et aujourd’hui où le bateau sombre, il regarde ailleurs ? Un peu d’honneur, monsieur Escalettes, un peu de courage. On aurait aimé aussi savoir ce que les joueurs pensaient de l’infirmière venue leur rendre visite dans leur douleur, Roselyne Bachelot, qui les trouvé « tristes mais pas abattus ». Elle a peut-être tenté de les piquer avec du Tamiflu, pour les revigorer. Sacré Roselyne. C’est pas Yade qui aurait osé affronter les perdants nantis, que de la gueule la secrétaire d’Etat aux sports !
Non, on est déçus, une nouvelle fois. On attendait des mots, au moins, et puis rien. Que des commentateurs en colère qui hurlent leur dégoût, partout, sur les blogs à la radio à la télévision, toute la journée, en boucle. Ils parlent tous à la place de ces joueurs, tellement haïs, autant haïs qu’ils ont été adulés depuis 1998. De l’excès, partout, tout le temps. Et des audiences télé record, sans doute encore pour la mise à mort finale, mardi, contre l’Afrique du Sud, qui n’en demandait pas tant. Nous, on en demande plus encore : au-delà de la mort, l’autopsie, la vrai, avec grand déballage et rebondissements comme dans les séries, avec maîtresses et prostituées, maîtres et esclaves, César et Brutus, voleurs et menteurs, coups bas et coups de boule, on veut tout savoir et surtout ce qu’ils ne veulent pas dire, du monde de ces divas inaccessibles au vocabulaire souvent limité et à l’esthétisme exacerbé, qui sont, n’en doutons pas les « héros » d’aujourd’hui, les « grands hommes » de notre temps sans guerre, comme autrefois ces généraux qui conduisaient les hommes à la victoire, via l’abattoir. Si au moins ces « Bleus » s’étaient comportés comme des « guerriers », on aurait quelques scrupules à les tondre.

