samedi 16 janvier - par Jean de Beauce

Blanquer et l’impossible protocole anti-covid

L'arrivée de la neige et du covid version british n'arrangent pas le climat scolaire, pollué depuis la rentrée par l'odeur du gel hydro-alcoolique, les masques obligatoires et les restrictions d'usage. Le premier ministre Jean Castex a donc dévoilé son nouveau plan de bataille contre le covid-19. Rien de bien original : assignation à résidence pour tous dès 18h plus écoles ouvertes malgré la propagation d'une variante qui s'attaquerait aux enfants... 

Désormais condamné à rentrer s'enfermer chez lui en sortant de son travail, le brave français devra se contenter de boites de conserve et d'eau claire pour s'alimenter, les centres commerciaux fermant vers 17h45. Aucune étude n'a d'ailleurs abordé les conséquences médico-sociales de tout ce délire digne d'un régime totalitaire depuis un an. Combien de morts collatéraux à cause des confinements ? Combien de suicides ? Ce brave type retrouvé pendu chez lui dans le patelin voisin du mien, avec pompiers et gendarmes en intervention, c'était un cas isolé ? Attendons un reportage des chaines TV sur le sujet, ou sur youtube, de plus en plus censuré comme en temps de guerre. 

Mais revenons au sort réservé à notre jeunesse. Le ministre Blanquer, lors d'un discours à la limite du ridicule, a énoncé qu'il ne fallait pas fermer les écoles pour ne pas nuire aux "décrocheurs". On attendait une explication de texte de la part de nos journalistes diplômés. Mais comme d'habitude, c'est au citoyen de décrypter le vocabulaire médiatique. On entendrait par "décrocheur" le jeune qui a laissé tomber les cours en distanciel, faute de motivation et/ou d'avoir le matériel informatique nécessaire à la maison, et son attitude incivique nuirait à l'économie française. Plus franchement, c'est plutôt le souci d'assurer la paix sociale dans certains quartiers en scolarisant les jeunes pour les occuper, et éviter qu'ils trainent dans les cages d'escaliers comme durant le premier confinement. Chacun se souviendra des matchs de foot sur les terrains du 93 en avril dernier...

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Comment gérer en conséquence la crise dans les écoles et collèges ? Ne riez pas : en interdisant les cours de sport en intérieur et en espaçant les repas dans les cantines. Traduction : les élèves feront de l'EPS dans les cours de récréation ou dans les jardins publics des grandes villes, faute de pratiquer dans les gymnases. A défaut de covid, ils auront droit à une bonne bronchite en bravant le froid hivernal. Pour les repas scolaires, il s'agit de faire manger les uns à 11h, les autres à 12h, les derniers à 13h ou 14h (?)... Avec quels personnels supplémentaires ? Comment les emplois du temps seront aménagés ? Le mystère reste entier.

Le brassage est inévitable dans les écoles, qui est d'ailleurs un lieu de rencontres et d'échanges, sinon à quoi servirait la scolarité ? Le refus de fermer quelques jours les établissements est un manque de courage et de bon sens. Nos pouvoirs publics bricolent des mesures démagogiques sans savoir, ni pouvoir, contenir la crise sanitaire.

Quand élèves et enseignants seront-ils vaccinés ? Combien d'établissements sont actuellement touchés par un "cluster" ? Quelles sont les conséquences sur les résultats des enfants des mesures prises depuis septembre (masque en cours toute la journée) ? Voilà les vrais questions qui devraient être abordées si nous étions encore en démocratie. Priver les gens de liberté, de loisirs et de produits frais, les marginaliser en détruisant les petits commerces, cela n'a rien de démocratique et rappelle les pires dictatures du XXème siècle (couvre-feu, autorisations de sorties...). Comment le peuple réagira-t-il à ces mesures autant démagogiques que liberticides ? Les jours à venir nous le diront...



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