mercredi 30 septembre - par Elyse

Blocus lycéens : entre colère légitime et dérives destructrices, où est passée la contestation

On connaît le scénario par cœur. À chaque rentrée ou à chaque grand mouvement social, les lycées se barricadent, les poubelles s’amoncellent et les fumigènes s'embrasent. Sur le papier, l'intention part souvent d’un constat lucide. Il faut être aveugle pour nier l'état actuel de notre système éducatif. Mais entre revendiquer de meilleures conditions d'études et transformer sa ville en zone de non-droit, il y a un gouffre que certains prennent un malin plaisir à franchir. Et là, soyons honnêtes : ça ne va plus du tout.

Reprenons les faits. Pourquoi les jeunes descendent-ils dans la rue ? Parce que la situation dans les lycées est devenue ubuesque.

  • Des infrastructures en ruine : Des plafonds qui fuient, des salles de classe mal isolées où l'on gèle en hiver et étouffe en été, des équipements informatiques antédiluviens...
  • La pénurie structurelle : Des profs absents non remplacés pendant des mois, des classes surchargées où l'individualisation relève du miracle, et des emplois du temps dignes de puzzles impossibles.
  • Le mépris institutionnel : Un sentiment général d'abandon, où l'éducation nationale ressemble davantage à une machine administrative qu'à un tremplin d'avenir.

Face à cela, oui, manifester est un droit fondamental et une nécessité absolue. Crier sa colère, bloquer pacifiquement pour forcer le dialogue et politiser le débat, c'est indispensable. Le problème, c'est ce que certains font de cette tribune.

À quel moment brûler du mobilier urbain, casser des abribus, piller des vitrines ou mettre le feu à des poubelles devant son propre lycée fait avancer le schmilblick ? C'est d'une hypocrisie totale.

  • Le mépris pour les travailleurs de l'ombre : Pendant que les casseurs se prennent pour des révolutionnaires de pacotille, ce sont les agents d'entretien, les techniciens municipaux et les équipes de voirie qui vont devoir ramasser les pots cassés, nettoyer le bitume calciné et réparer les dégâts au mépris de leur sécurité et de leur charge de travail.
  • L'autosabotage : Détruire les équipements de sa propre ville ou de son lycée, c'est scier la branche sur laquelle on est assis. Les millions d'euros dépensés pour réparer ces dégradations, ce sont des budgets en moins pour le matériel pédagogique, les sorties scolaires ou la rénovation des bâtiments.

Mais le plus gerbant dans ces mouvements, c'est la bascule vers une violence décomplexée et lâche. Depuis quand s'en prendre physiquement ou verbalement à des professeurs résout quoi que ce soit ?

Traiter de "con" ou brutaliser un enseignant qui est là, souvent dans des conditions précaires, pour tenter de faire cours, cela relève de la pure violence gratuite. Quel message est envoyé à la société ? On ne combat pas le manque de moyens par le lynchage ou l'humiliation. C'est de la lâcheté pure, cachée derrière des capuches et l'effet de masse.

Un véritable article de fond doit poser les vraies questions. La jeunesse a le droit et le devoir d'être en colère. Elle a le droit de refuser la casse programmée de son avenir. Mais la violence aveugle et la destruction des biens communs ne sont pas des actes de résistance : ce sont des exutoires stériles qui desservent la cause.

Le jour où la colère saura se structurer intellectuellement plutôt que de s'exprimer par des flammes et des insultes, elle fera trembler les politiques. En attendant, on assiste surtout au spectacle pathétique d'une génération qui brûle son propre décor en pensant faire la révolution.



16 réactions


  • Com une outre 30 septembre 19:02

    Pourtant, ne pas écouter les revendications des citoyens conduit toujours au même résultat. L’Etat le sait, et cependant il laisse pourrir les choses jusqu’au bout, puis fait l’aumône de quelques mesures avec force communication. Vous pensez que c’est un comportement responsable des pouvoirs publics ? Pour moi pas plus que celui de lycéens excédés, sauf qu’eux sont au pouvoir, malheureusement pour le pays.


  • confiture 30 septembre 19:35

    à chaque election de nouveau pseudos-pseudos apparaissent  smiley


  • jakem jakem 30 septembre 22:29

    Il ne s’agit pas de manifs avec des revendications, mais d’émeutes séditieuses.

    Le cocktail habituel : racailles + black blocks + islamo-gauchistes de LFI, le tout sous les encouragements du Fureur et de ses propagandastaffelistes.


    • Alex la Plume Alex la Plume 1er octobre 07:35

      @jakem
       

      La fameuse « ingérence intérieure » est le fait des freePalestine et des Viva-l’Algérie.
      Bon sang ! Ils n’ont rien à faire dans les lycées de France !
      C’est l’islam qui attaque.

  • Alex la Plume Alex la Plume 1er octobre 07:33
    On nous assène du matin au soir que les lycéens se révoltent faute de moyens dans les lycées et les collèges. Durant ces émeutes on peut y voir nombre de drapeaux palestinien et algérien : ces drapeaux que l’on retrouve un peu partout, accompagnés d’actes d’incivilité et de vandalisme.
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    Sortez le décodeur : l’idéologie de l’Intifada s’installe doucement mais sûrement, comme si chaque « manifestation » était une répétition générale avant le « grand soir ».
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    À ce rythme-là, si les Français ne sortent pas de leur longue léthargie et si rien ne change dans les prochains mois, le point de bascule pourrait être atteint bien plus vite qu’on ne le pense : celui au-delà duquel nous ne reconnaîtrons plus la France.

  • Decouz 1er octobre 08:41

    Les infrastructures : elles dépendent maintenant des collectivités locales, elles ont fait beaucoup de travaux, bien plus que l’état auparavant, notamment en matière d’isolation, mais leurs ressources sont variables, certaines sont plus riches.

    Elles ont aussi la charge de l’informatique (pas pour la politique mais pour les achats), les différences de ressources peuvent donc expliquer des différences dans les équipements (l’état peut subventionner).

    Le recrutement des professeurs c’est l’état.


  • Decouz 1er octobre 08:43

    État → contenu de l’enseignement, enseignants, programmes, diplômes
    Collectivités → bâtiments, terrains, travaux, mobilier et équipement matériel


  • Octave C Lebel Octave C Lebel 1er octobre 11:10

    Qu’y a-t-il de nouveau ? Quand on laisse pourrir les situations, il y a toujours des débordements incontrôlés et les responsables de la situation les dénoncent bien sûr. Et il y de belles âmes pour faire la morale et donner des conseils.

    De quels lycéens parle-t-on ? Des enfants de Bernard Arnault ou des derniers ministres de l’Education Nationale ? Les lycéens comme les étudiants ne sont pas idiots. Ils connaissent et vivent les difficultés et les soucis de leurs parents. Ils ont parfaitement compris la langue de bois en cours et qu’une éducation et une formation de qualité pour le plus grand nombre n’est plus la priorité des dirigeants politiques avec une forte inflexion à la baisse depuis Sarkozy. Ils ont l’âge des grandes questions sur l’avenir et du pourquoi et comment. Ils voudraient bien pouvoir se sentir citoyens ou le devenir. Dans un monde qui leur soit ouvert où tous les talents puissent s’exprimer et être reconnus. Ils savent qu’il y a de la compétition mais ils voudraient qu’elle soit juste et équilibrée comme dans les discours officiels. Et pas simplement les cibles de marchands d’illusions, de bouffe et de gadgets et de sornettes. Ils réfléchissent, ils écoutent, discutent et regardent agir les responsables politiques et trouvent de l’intérêt et de la matière à discussion dans les analyses et les propositions d’un mouvement politique qui parle aux français de la classe populaire et moyenne et à tous ceux qui veulent une démocratie citoyenne, une écologie responsable et défendre un ordre mondial altermondialiste basé sur la paix, le droit international et la coopération entre peuples. Le tout  articulé dans un ensemble indissociable.

    ►Complément pour mieux comprendre et se faire une idée : 

    → L’invité des Matins - Blocage des lycées : d’où vient la colère ? (1/10/26- 40 mn)

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-invite-e-des-matins/blocus-des-lycees-d-ou-vient-la-colere-3986215

    Avec Fabien Truong, sociologue, enseignant à l’université Paris 8 et membre du Centre de Recherches sociologiques et politiques de Paris (Cresppa-CSU), et Anne Muxel, directrice de recherche émérite en sociologie et en science politique au CNRS et chargée de mission auprès du directeur du Centre de Recherches politiques de Sciences-Po (Cevipof).

     

     

     

     


  • ZenZoe ZenZoe 1er octobre 11:29

    Moi je suis plutôt agée, et par conséquent plutôt réac. J’estime que la place des mineurs est en classe, pas dans la rue. J’estime que quand on n’a pas encore le droit de vote, on n’a pas le droit de manifester non plus...

    Au train on on va, on va bientôt avoir des gosses de maternelle en couches culottes qui vont mettre le feu aux poubelles pour protester en faveur des Palestiniens ou contre les FDO, voire pour de meilleurs goûters à 4 heures et plus de crayons de couleur...


  • Léon 1er octobre 12:06

    En 1990, révolte lycéenne et estudiantine. Les causes : manque d’enseignants, locaux dégradés...

    https://www.facebook.com/share/v/19MG9k5ibx/?mibextid=wwXIfr

    En 2026, l’absence de perspectives générée par Parcoursup s’ajoute au tableau général de la situation dégradée de l’école

    Dans un premier temps, la reponse de l’Etat se résume à l’envoi de la police et son cortège de provocations.

    Ce sont le Premier ministre Rocard et le ministre de l’éducation Jospin qui ouvrent des négociations et finissent par débloquer la situation.

    À quel résultat arrivera de nos jours lâ droite lâ plus bête du monde ?


  • jakem jakem 1er octobre 12:32

    Le chaos rêvé de l’exécrable Méluche ...


  • Enki Enki 1er octobre 12:42

    Eh bien de décor est planté avec cet article.

    D’une côté un Etat obèse, impotent, dysfonctionnel ; corrompu, dont tout le monde qu’il ne remontera pas le score du PISA déjà en bas. De l’autre une jeunesse qui arrive et ne sait plus faire la distinction entre revendication et délinquance.


    • Enki Enki 1er octobre 12:46

      dont tout le monde sait qu’il ne remontera pas le score du PISA...

      Bon, j’arrête pour aujourd’hui.


  • Goldo Du Goldo Du 1er octobre 19:17

    « Le jour où la colère saura se structurer intellectuellement plutôt que de s’exprimer par des flammes et des insultes, elle fera trembler les politiques. En attendant, on assiste surtout au spectacle pathétique d’une génération qui brûle son propre décor en pensant faire la révolution. »

    On dirait une dissert’ de seconde...

    Quelle profondeur !


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