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Bronislav Kaminski : le « Dirlewanger russe » que même les SS ont fini par fusiller - AgoraVox le média citoyen
jeudi 4 décembre 2025 - par Giuseppe di Bella di Santa Sofia

Bronislav Kaminski : le « Dirlewanger russe » que même les SS ont fini par fusiller

Un ingénieur polonais alcoolique, militant communiste zélé exclu du Parti en 1929, ancien agent du NKVD, condamné pour viols et pillages, que Himmler transforme en général SS et lâche sur les civils avec une armée privée de 15 000 criminels et déserteurs russes.

Plus de 200 villages rasés, participation active au massacre de Varsovie aux côtés, entre autres, du colonel SS pédocriminel Oskar Dirlewanger… jusqu’à ce que les Allemands eux-mêmes le fassent disparaître en août 1944.

Voici l’histoire de Bronislav Kaminski, le véritable monstre que le IIIe Reich a créé et finalement exécuté quand il est devenu beaucoup trop gênant.

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Du communisme militant aux geôles du NKVD

Né en 1899 d’un père polonais et d’une mère allemande dans l’Empire russe, Bronislav Kaminski adhère très jeune au Parti bolchévique, participe à la guerre civile dans les rangs de l’Armée rouge et se montre si zélé qu’il est rapidement exclu en 1929 pour "excès de brutalité et alcoolisme" ; dans les années 1930 il collabore malgré tout avec le NKVD comme indicateur avant d’être lui-même arrêté en 1937 pour délits sexuels et violences, condamné à cinq ans de Goulag. Ironie suprême pour un ancien communiste convaincu.

 

 

Libéré par l’avance allemande en 1941, il se retrouve à la tête de l’administration de la région de Lokot et, grâce à une lettre de recommandation de Gottlob Berger (le même qui sauvera Oskar Dirlewanger), Le Reichsführer-SS Heinrich Himmler le réhabilite totalement et lui confie la création de la "Russische Volksbefreiungsarmee" (RONA), une milice anti-partisans de 15 000 hommes recrutés parmi les prisonniers de guerre soviétiques, les criminels libérés et les déserteurs, dont la seule règle est : tout est permis tant que l’on massacre des "bandits" et des Juifs.

 

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Biélorussie et Pologne : la politique de la terre brûlée

De 1942 à 1944, la brigade Kaminski opère avec une sauvagerie qui dépasse même les standards des Einsatzgruppen : plus de 200 villages entièrement rasés, habitants brûlés vifs dans leurs maisons, femmes violées puis égorgées, enfants jetés dans les puits avant dynamitage, le tout accompagné de pillages systématiques qui rapportent à Kaminski des fortunes en or et fourrures.

 

 

Les rapports allemands eux-mêmes, pourtant peu regardants, décrivent les hommes de la RONA comme "indisciplinés, ivres en permanence et dangereux même pour nos propres troupes" ; pourtant, Himmler continue à décorer Kaminski, le nomme SS-Brigadeführer (équivalent de général de division) en août 1944 et l’envoie, aux côtés de Dirlewanger, écraser le soulèvement de Varsovie.

 

 

Varsovie, août 1944 : le summum de l’horreur

Dès leur arrivée dans la capitale polonaise en révolte, les unités Kaminski et Dirlewanger se livrent à une orgie de massacres qui choque même les officiers SS réguliers : hôpitaux incendiés avec les blessés dedans, viols collectifs dans les rues, exécutions de milliers de civils dans le quartier de Wola : jusqu’à 50 000 morts en quelques jours.

 

 

Mais cette fois, les hommes de Kaminski franchissent la ligne rouge : ils se mettent à piller systématiquement les entrepôts allemands et à violer les femmes des Volksdeutsche ; le SS-Obergruppenführer Eric von dem Bach-Zelewski, chargé de la répression, obtient enfin l’autorisation de se débarrasser de cet allié devenu trop encombrant.

 

La fin expéditive d’un monstre devenu inutile

Le 28 août 1944, Kaminski est convoqué à Litzmannstadt (Łódź) pour une "réunion". Il disparaît. La version officielle allemande parle d’une embuscade de partisans polonais ; en réalité, il est exécuté sommairement par la Gestapo ou par des hommes de von dem Bach-Zelewski, son corps brûlé ou jeté dans une fosse commune.

Sa brigade RONA, jugée trop incontrôlable, est dissoute dans les semaines suivantes ; la plupart de ses hommes seront envoyés comme chair à canon sur le front de l’Est ou fusillés pour indiscipline.

 

L’oubli et la mémoire tardive

Pendant des décennies, Kaminski reste un nom presque inconnu en Occident, éclipsé par les grands noms du nazisme ; en Russie et en Pologne, il symbolise la trahison absolue et la barbarie collaborationniste.

Ce n’est qu’avec l’ouverture des archives soviétiques et allemandes dans les années 1990-2000 que l’ampleur de ses crimes est pleinement reconnue, notamment par l’historien russe Oleg Budnitskii et l’Institut polonais de la Mémoire nationale.

 

Quand le IIIe Reich fabrique puis élimine ses propres monstres

Bronislav Kaminski, ancien militant communiste exclu du Parti, ancien indicateur du NKVD, montre à quel point les deux totalitarismes du XXe siècle pouvaient se rejoindre dans la même brutalité autoritaire et la même capacité à instrumentaliser les pires individus.

 

World War II in caricatures — history, photo

 

Quand il a commencé à tuer et piller dans le mauvais sens, le système nazi l’a purement et simplement effacé, exactement comme le système soviétique l’aurait fait.

Comme Dirlewanger, il incarne la preuve terrifiante que la barbarie n’a pas besoin d’idéologie cohérente : elle a juste besoin d’un uniforme et d’une impunité totale.

 



3 réactions


  • juluch juluch 4 décembre 2025 16:14

    Il y eu pire....les Oustachis et leurs camps de concentrations qui dépassent en exactions ceux des nazis.

    Ils eurent une fin à la hauteur de leurs forfaits.


  • Spirit 4 décembre 2025 21:49

    Toute ressemblance avec des faits se déroulant actuellement ne peut être qu’une coïncidence fortuite.....


  • Doume65 5 décembre 2025 14:29

    Contempteur de la Russie (ce qu’il a ale droit d’être), Giuseppe est tout heureux de nous sortir un Russe plus nazi que les nazis, histoire de contrebalancer les accusation (justifiées) sur ce site contre le bandérisme ambiant en Ukraine.

    Il nous a donc trouvé un fils de polonais et d’allemande qui s’est fait exclure de l’armée rouge pour son zèle.

    Nous le remercions pour l’honnêteté de son récit, mais il comprendra qu’on aura du mal, après cette description d’assimiler un tant soit peu les Russes à cet étranger de la Russie.


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