vendredi 7 novembre 2025 - par ddacoudre

Budget national : l’éternel débat entre riches et salariés

 

Intro : La mécanique invisible du budget

Chaque automne, le rituel budgétaire rejoue la même pièce : les gouvernants, les députés, les experts et les commentateurs s’écharpent sur la répartition de l’effort national.
Les uns promettent de “faire payer les riches”, les autres de “libérer le travail”. Mais derrière cette querelle théâtrale se cache une vérité plus dérangeante : le budget, qu’il soit d’État ou d’entreprise, est toujours un instrument de transfert du risque vers ceux qui n’ont pas les moyens de s’en défendre.

Ce qui change d’un camp à l’autre, ce n’est pas la justice du système, mais le discours qui le maquille.
L’un parle d’équilibre économique, l’autre de solidarité nationale — tous deux se gardent bien de révéler que le plan comptable, matrice de la richesse moderne, a été conçu pour protéger le capital et dissoudre la responsabilité.

 

Ainsi, année après année, les mêmes débats nourrissent la même illusion : celle d’un choix politique qui n’existe plus, dans un cadre financier qui s’impose à tous.
Ce texte en démonte les ressorts et révèle la face cachée du glaçon budgétaire : là où s’écrit la véritable histoire du pouvoir d’achat, celle des chiffres et non des discours.

Chaque année, le vote du budget ravive le même affrontement rituel entre les riches et les pauvres, entre ceux qui possèdent et ceux qui produisent.
Depuis des décennies, la scène ne change pas :

  • À droite, on promet de ne pas “ponctionner ceux qui gagnent”, d’alléger les impôts pour “libérer le pouvoir d’achat” et “préserver la compétitivité”.

  • À gauche, on veut augmenter les salaires, taxer les riches et supprimer leurs avantages fiscaux.

C’est la vieille potion magique des temps post-keynésiens : faire croire qu’il existe une équation où tout le monde gagne.

Le mirage gagnant-gagnant

Depuis les années 1970, chacun a tiré profit, à sa mesure, du modèle libéral soutenu par le crédit.
Les salariés ont vu croître leur patrimoine et leurs garanties sociales.


Les riches, eux, ont vu exploser la valeur de leur capital.
On a appelé cela gagnant-gagnant, malgré la persistance d’une frange de pauvreté — non la misère extrême, mais la pauvreté de ceux qui n’ont pas accès à ce qu’ils produisent.

Tout semblait pour le mieux dans le meilleur des mondes comptables.
Sauf que ce monde repose sur une architecture invisible, qui redistribue la richesse… à rebours du discours politique.

Le grand malentendu du pouvoir d’achat

Les débats budgétaires s’appuient sur une illusion persistante : croire que le pouvoir d’achat, c’est ce qu’il reste du salaire une fois toutes les charges payées.
Erreur : le pouvoir d’achat, c’est le salaire brut — la totalité de ce que la collectivité met à disposition d’un individu pour vivre en société.

Les prélèvements obligatoires ne sont pas une perte, mais un financement mutuel : ils permettent à chacun d’acheter indirectement des services collectifs (santé, sécurité, justice, éducation).
Les citoyens réclament des services publics tout en demandant la suppression de leur financement : un contresens civique majeur.

Là où la solidarité publique s’efface, les services privés prennent le relais — plus chers, car augmentés du taux de profit qui ne revient jamais à ceux qui paient.

Le glaçon budgétaire : ce que cache la surface

Ces jours-ci, des députés se félicitent d’avoir “fait payer les riches” ou “taxé les grandes entreprises”.
Mais sous la surface, l’iceberg budgétaire révèle une autre vérité :
toutes ces taxes et impôts finissent par retomber sur les salariés et les consommateurs.

Pourquoi ?
Parce que le plan comptable est ainsi conçu.
Les taxes, impôts et contributions figurent dans le compte 6 des charges : elles entrent dans le coût de revient d’un bien ou d’un service.
Or ce coût, inévitablement, est répercuté dans les prix de vente.

Autrement dit :

Ce que l’on croit “prendre aux riches” est en réalité payé, à terme, par ceux qui achètent — c’est-à-dire les salariés eux-mêmes.
Le cercle vicieux de l’autofinancement social

Les travailleurs financent donc, sans le savoir, les charges de leur propre exploitation.
Le système s’auto-entretient :
les prélèvements sur les entreprises sont intégrés dans le coût des produits,
les hausses de prix rognent les salaires,
et le pouvoir d’achat s’évapore dans une boucle close où tout revient au point de départ.

Les politiques budgétaires de droite et de gauche, si opposées dans le discours, se rejoignent dans la pratique : elles cherchent toutes deux comment faire payer les salariés — tout en leur laissant croire que ce sont les riches qui contribuent.

Pour un débat de fond : faire fondre le glaçon

Le véritable débat national n’est pas celui de l’immigration, ni celui des identités nostalgiques.
C’est celui du système économique lui-même, fondé sur un plan comptable hérité du capitalisme industriel, où la valeur se déplace toujours des mains qui produisent vers celles qui détiennent.

Tant que cette architecture ne sera pas repensée, les querelles budgétaires resteront une mise en scène.
Les riches continueront à “payer” sans jamais rien perdre,
et les salariés continueront à “gagner” sans jamais rien garder.

Je crois que sans attendre une presse indépendante du pouvoir et des riches comme le propose la LFI, le NFP pourrait faire le forcing pour imposer se débat salutaire d’éclaicisement sur le droit de ceux qui produisent la richesse d’en bénéficier sans dénier ou renier l’apport de ceux qui entreprennent et dont la société à bsesoin de leurs talent et compétances qu’ils doivent à la république.

 Conclusion

Il serait temps de regarder la partie invisible du glaçon :
celle où s’organise la mécanique des transferts cachés,
celle où les chiffres comptables traduisent en équations l’exploitation moderne.

Le débat budgétaire ne se joue pas à l’Assemblée nationale, mais dans les comptes des entreprises et les bilans de l’État.
Et tant que la comptabilité sera écrite par les puissants, la justice économique restera une fiction — et le citoyen, un payeur consentant.

Ouand la justice devient un compte de résultat

Tant que la comptabilité primera sur la conscience, le budget ne sera pas un acte politique, mais une opération de maintenance du capital.
Tant que la richesse se mesurera en dividendes plutôt qu’en savoirs partagés, les pauvres financeront les riches, et les citoyens applaudiront leur propre appauvrissement.
Il ne s’agit plus de redistribuer, mais de repenser la matrice — celle du chiffre, du coût et de la valeur — pour que la société ne soit plus comptée, mais comprise.


13 réactions


  • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 7 novembre 2025 17:59

    Et si on revenait au stade de l’animal.

    Comme je l’ai écrit : « Les animaux ont quelques différences importantes par rapport aux hommes. Ils ne connaissent pas l’argent. Dans leur transhumance, ils ne reconnaissent pas les frontières. Ils n’ont aucune croyance. La guerre avec des armes leur est inconnue. Ils se bagarrent entre mâles pour conquérir des femelles et se reproduire. Ils n’ont ni écriture, ni technologies, ni exploitations, ni agriculture, ni industries, ni propagandes, ni mensonges, ni idéologie à défendre terrestre ou divine... Mais ils sont opportunistes qui comprend le vol avec le principe de base de manger en tant que prédateurs et d’éviter de l’être en tant que proies. Ce que les animaux n’ont pas : esprit de la culture. L’animal n’a pas de doute. Il est. Il ne sait pas qu’un jour, il ne sera plus »


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 8 novembre 2025 09:53

      Je ne viens plus envoyer de billets sur Agoravox.
      Je n’aime plus les contrôleurs médiateurs contraire à la liberté d’expression. 
      Je passe désormais outre par les commentaires..
      Mon dentier billet n’est plus disponible ici, mais l’est toujours sur mon site « Un Geek après l’heure » sanas médiation.


    • Mustik 8 novembre 2025 10:59

      @Réflexions du Miroir
      Les animaux ont quelques différences importantes par rapport aux hommes.

      Pas tant que ça en fait. Bien que ta conclusion soit séduisante.
      C’est la raison pour laquelle, il est vain de combattre le libéralisme au profit d’un partage des richesses « équitable » du style « à chacun selon ses besoins ».
      Qui a envie de se lever à 5Hr pour ouvrir la boulangerie et la soir venu remettre sa recette au Commissaire politique du Quartier qui la partagera entre les habitants ?
      Idem les Artisans, les Charpentiers sur les toitures, les peintres qui respirent des peintures toxiques...
      Le reste à l’avenant !


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 10 novembre 2025 10:22

      @Mustik
      Je n’ai jamais cru mais j’ai toujours pensé.
      Je suis un solitaire de formation.
      Je suis libertaire. Me liberté s’arrête là où commence celle des autres.
      En 2015, j’écrivais Le paradigme du partage 
      Je ne suis pas boulanger. Je suis un intello.
      Le reste est à l’avenant.


  • Mustik 8 novembre 2025 10:49

     : celle d’un choix politique qui n’existe plus, dans un cadre financier qui s’impose à tous.


    Je suis toujours curieux de savoir le choix exprimé en 2005 par les râleurs d’aujourd’hui.

    Comment ne pas douter de la sincérité de leur réponse ?


    • ddacoudre ddacoudre 8 novembre 2025 18:12

      @Mustik
      bonjour
      j’ai lu tes commentaire un peu surprenant. cela se comprend si le boulangé paie un droit de circulation sur les routes, car elles ne sont pas gratuite des salariés les ont faites et ils doivent manger. idem pour les éboueurs etc, etc ect
      cordialement. ddacoudre overblog https://ddacoudre.over-blog.com/2025/09/ne-me-dites-pas-que-c-est-impossible.html


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 10 novembre 2025 10:36

      @Mustik
       Personne n’est sincère. Tout le monde est devenu chaque pour soi. On ne peut pas être solidaire si personne ne sait que la solidarité va dans les deux sens.
       Si tu ne le sais pas encore, sache que les Belges (que je suis) vous considèrent comme des râleurs « naturels ». Mais vous êtes contagieux, pire que le Covid.
       La Belgique est divisée en deux parties : la Wallonie francophone qui va souvent plus mal que la Flandre flamande avec Bruxelles qui se cherche au milieu.
        Bruxelles avec ses 190 nationalités à bord qui parlent 120 langues différentes n’a toujours pas de gouvernement après les élections plus de 500 jours. Les manifestations sont quotidiennes au niveau fédéral. Aujourd’hui, c’est l’enseignement.  Nous avons un 1er ministre nationaliste flamand Bart Dewever doit trouver dix milliard
      s.
       Je viens de lire un billet traduit du flamand sur daardaar.be : 

      Pourquoi la Flandre ne peut pas « laisser tomber » Bruxelles

    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 10 novembre 2025 10:40

      Mustik,
       Vous français, je ne vous ai jamais compris.
        Vous râler sur votre gouvernement, Macron & Co, et vous restez en France.
        Il y a tant d’endroits qui peuvent vous accueillir si vous avez des compétences nécessaires, bien entendu.


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 10 novembre 2025 10:45

      Je suis retraité depuis 20 ans.
      Je reçois encore des offres d’emplois de LinkedIn.
      Mais la branche des concepts numériques qui fut mienne, je suis devenu très vite obsolète. 
      La tête y est encore comme le disait hier matin : Pasquale ramène sa science - Notre cerveau est à son meilleur à 60 ans ! 
      Avec mon site, écrit depuis 20 ans, je le prouve.


    • Francis Francis 10 novembre 2025 10:53

      @Réflexions du Miroir
       
       ’’ Vous français, je ne vous ai jamais compris.
       Vous râlez sur votre gouvernement, Macron & Co, et vous restez en France.
       Il y a tant d’endroits qui peuvent vous accueillir si vous avez des compétences nécessaires, bien entendu
      . ’’
      >
      Pourquoi c’est nous qui partirions ?
       


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 10 novembre 2025 11:04

      @Francis
       La réponse est dans la question.
       Si vous ne la trouvez pas, c’est que vous avez un problème.
       Non, « Douce France » chanté par Trenet, n’existe plus.


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 10 novembre 2025 11:17

      @Francis,
       
       J’ai jeté un coup d’œil sur votre « A propos » qui miraculeusement sur Avox, existe. Il contient pelle-mêle des citations

      J’y trouve : « Les peuples qui ne réfléchissent pas sur leur passé sont condamnés à le revivre  » (George Santayana). "
      Je vous réponds par mon billet : Si pas de patrimoine, pas de futur 

      « Le désir de l’ennemi est précisément que nous renoncions à comprendre » 

      C’est çà le problème principal.

      Comme conclusion je trouve "La vérité, les riches n’en veulent pas, les imbéciles en ont peur et les gens honnêtes n’en ont pas les moyens. Le QI d’une foule est égal au QI du plus sot de ses membres. Un groupe de joueurs d’échec a battu un ordinateur : les coups joués contre la machine étaient ceux qui recueillaient le plus de voix. Une foule est un groupe d’humain agités par une même émotion : la peur, la haine, la joie, etc.

      Quelles sont vos compétences qui sont nécessaires aujourd’hui ? 
      çà je ne trouve pas de citation dans ce sens.
      Mon billet « Arpentage du numérique » y réponde parfaitement.
      Il faut pouvoir s’adapter à l’actualité.
      Elle ne regarde pas après vous. 
      Souchon a une bonne chanson pour répondre.


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 10 novembre 2025 14:45

      @Réflexions du Miroir
       Sorry, Erreur de lien de Souchon à corriger


Réagir



https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/