samedi 5 juin 2010 - par Gaëtan Pelletier

Business : arme de destruction massive

 
 
« Les barbares n’ont pas de champs, le massacre est pour eux ce que le labour est pour nous »
— Li Po (701-762), in Quand les Chinois cesseront de rire le monde pleurera de José Frèches
Des mouches aux mains d’enfants espiègles, voici ce que nous sommes pour les dieux ; ils nous tuent pour s’amuser. Shakespeare, Le roi Lear.
 
***
Le dieu du 20e et 21e siècle : la trilogie du business, de l’État, et du matérialisme démesuré…
 
Au début du siècle dernier, les frères Wright « inventaient » l’avion, Ford, la production en chaîne, et les banquiers suivaient de près… Voler à la vitesse des chaînes de production.
Depuis des siècles, le mal a détruit des civilisations, par les guerres, l’avidité, le pouvoir.
Pourtant, le 20e siècle était prometteur : il devait de par sa technologie et ses sciences enfin soustraire l’être humain à certaines tâches pénibles.
Le progrès. Un mot certain, une notion en charpie…
Après un siècle, c’est le constat d’un échec : celui d’une autodestruction possible et de plus en plus vraisemblable.
Dans le golfe du Mexique, le pétrole coule à flot... Un incident (sic ) qui aurait pu être évité.
 Le groupe pétrolier BP était sérieusement préoccupé par sa plate-forme Deepwater Horizon, mais a néanmoins violé ses propres règles de sécurité, a rapporté tard samedi le New York Times, citant des documents de la compagnie.
Le 22 juin 2009, des ingénieurs de BP estimaient que l’enveloppe métallique que la compagnie voulait utiliser pourrait céder sous une forte pression, selon la même source.
« Cela serait certainement le pire scénario », mettait en garde dans un rapport interne Mark Hafle, un ingénieur spécialiste en forage chez BP.
La groupe pétrolier a néanmoins maintenu sa décision d’utiliser ce coffrage, mais seulement après avoir obtenu la permission d’autres responsables de BP car une telle mesure violait les propres règles de sécurité de la compagnie, poursuit le journal citant le rapport. Cyberpresse
 
L’alliage venimeux
La cupidité a toujours fait partie de ce monde. Ce que l’on a détruit pour civiliser a laissé des traces dans l’Histoire : les Conquistadors espagnols, non seulement détruisirent les civilisations de la Mésoamérique , mais certains s’entretuèrent pour l’or.
C’était au temps où briser une civilisation « barbare », au sens de différente, n’avait pas d’effet sur une planète. Des boutons d’acné dans le visage d’un humain adolescent.
C’est la supériorité technologique qui permit ces « victoires ». C’était là le commencement de la « preuve faite » de la supériorité du développement technologique, ce dieu si cher à l’Occident.
Si l’idée de Civilisation fut longtemps liée à celui de religion et d’organisation selon un modèle « précis et fermé », la nouvelle religion de l’argent pour l’argent est en train d’avaler une planète. Car l’alliage d’une finance corrompue avec celles de développements technologiques vient de souder le diable à la machine.
Le monde ne sera plus jamais le même…
Connaître et savoir : l’eau de javel au service du barbarisme cravaté
Le barbarisme actuel est la censure de la différence appuyé par le rouleau compresseur des machines à produire des Inc. par procédé de robotisation.
Le « piton »…
Dès lors, les responsables n’ont plus de nom, mais seulement des acronymes : BP, GS, PC, PLC, ONE, ONU, et le reste… On a les Attila techno-monétarisés virtuels… Des Attila de claviers…
On ne sait plus trop qui pendre…
Pendre des lettres ou les passer à la guillotine ?
On n’a jamais autant dormi dans un monde ou l’on vend de la « connaissance » pour camoufler le savoir…
Le savoir se distingue par divers traits d’un ensemble de connaissances en particulier par la dimension qualitative : l’acquisition d’un savoir véritable suppose un processus continu d’assimilation et d’organisation de connaissances par le sujet concerné, qui s’oppose à une simple accumulation et rétention hors de toute volonté d’application. Au niveau individuel le savoir intègre donc une valeur ajoutée en rapport avec l’expérience vécue et de multiples informations contextuelles. Savoir, Wiki
 
Il est importantde faire la différence puisque nous vivons de plus en plus sur une accumulation de connaissances fascinantes, mais confuses, désordonnées, chaotiques…
Le « spécialiste » est le Satan du siècle… 
On est loin du petit amérindien catholicisé, tiré de sa tribu, rasé et civilisé selon UN code. Nous voilà en face de pays, de continents, et d’une boule bleue…
Mais toujours UN code…
Les squeegees fluo
Quand les barbiers de la finance vous font une coupe, soyez sûr que vous vous retrouverez avec le crâne d’un squeegee, non plus au coin d’une rue, mais sur un blog ou dans le Golfe du Mexique à décrasser les macules mondialisées.
Nous sommes devenus les « femmes de ménage » de la saleté des banquiers, des requins aux dents en or… C’est ce qui nous pâme… Ils jouent de l’argent comme Jimmy Hendrix jouait de la guitare.
Des requins rock : avec la distorsion qui s’ensuit…
On ne mâche pas les proies, on les dépèce du corps à l’âme : Monsanto, BP, GS, … Fabuleux ! Hitler avait Éva comme couverture… Les amours des avaricieux ont tous des amants acronymes. Ils sèment entre eux et se récoltent entre eux… Un monde Monsanto capable de créer un plante résistante aux poisons.
Satan n’a d’intérêt que pour les ombres… Les noirs, jadis, n’avaient pas d’âme… Nous voilà à l’ère des nègres fluo à laver des vitres grandes comme les océans.
Peut-on aller aussi bas dans « l’acceptation » ?
Peut-on aller aussi loin dans l’auto tricotage des chaînes ?
Je pense que oui…
Le « rôle » de la démocratie
Théoriquement, la démocratie serait efficace.
Comme les rois de jadis. Mais elle s’est trouvé une religion : « la banquise ». C’est froid, inhumain, mais ça a l’effet d’un stroboscope : on est étourdi et on perd de vue l’essentiel.
Regarde avec tes oreilles, disait Shakespeare. Sinon c’est la brisure entre le savoir et la connaissance.
La démocratie ?
La voilà devenue un château de pierres dormantes, une catatonie (forme de schizophrénie caractérisée par des périodes de passivité et de négativisme alternant avec des excitations soudaines) dans une soutane blanche comme un lavabo de PDG.
La démocratie est l’ombre de la finance. On ne peut pas être plus « volatile » et léger… Elle ne marche que si la finance « marche »… C’est un crédo souffreteux qui nous empoisonne l’existence.
C’est une reine qui vit dans un château, mais qui n’a plus de pouvoirs.
Il est minuit moins cinq…
Nos « représentants » portent maintenant le ridicule de leur attribut.
Comme les vendeurs de « brosses »….
L’argent soûle…
 
Sagesse et technologie
C’est là le drame… On a cultivé, en un siècle, une technologie enivrante – et ce dans de nombreux domaines – sans y lier le « savoir » nécessaire. De sorte que nous nous retrouvons avec des dirigeants et « spécialistes » en culottes courtes, les poches bourrées d’argent, comme les enfants avec des jeux vidéo.
Nos dirigeants sont niais et ignorants, joufflus pourprés, les jambes blanches comme la tête, à sautiller devant leur réussite sans faire le lien avec le phénomène de la naissance du « Je » fabriquée par un « Nous ». Tout est relié… On appelle cela la socialisation… Ni conscients des forces de la Vie. Des « supérieurs » répugnants avec un discours d’eau de Cologne. Les rois de jadis ne se lavaient pas, ils se parfumaient…
On n’a jamais autant camouflé les odeurs de la pestilence de ce dieu qui passent dans nos vies comme les lucioles que nous attrapions, enfants, et placions dans des bocaux.
***
La « machine » vient de surpasser l’Homme incapable de la contrôler ou de s’en servi à bon escient.
Tout cela peut se résumer dans le film Avatar que plusieurs critiques ont dénigré. « Avatar, n’est pas un grand film ! ». 
Non, ce n’est pas un grand film pour les non-voyants de l’Histoire.
Pourtant, il la résume en 162 minutes : refuser de voir la grandeur de la différence, de la Nature, et de l’humanité dénuée de technologie : des nègres bleus à convertir… Il ne peut y avoir de cohabitation entre les humains si les humains perdent le lien qui les unit : l’échange, le don de soi, la fraternité.
Ce n’est pas un choix, c’est une nécessité pour la survie.
 
Tout le « mouvement » humain est désormais soumis à une technocratie de paperasse, de lois à contourner, de règlements. Nous voilà « machines issues de la machine »…
Prenons cinq minutes de silence, comme si quelqu’un d’important allait mourir…
Nous.
Les simples, les travailleurs, les éclopés, les croyants naïfs… Les gens qui luttent contre cette trilogie de poisons organisés qui se prennent pour des dieux. 
Courez pour vous procurer des iPad…
Le grand problème est qu’on ne peut y déplacer des nappes d’huile avec un doigt. La planète n’est pas « virtuelle »…
C’est le miroir du 21e siècle pour les indigènes aux cerveaux stérilisés et manipulés.
En jetant un œil « en arrière » sur l’Histoire, c’est à se demander si elle n’est pas davantage une destruction « chanceuse » mais persistante.
La survie n’est pas une réussite, c’est un échec de la Vie.
Pourtant, on avait tout pour réussir… La cupidité à la Ponzi est une arme atomique…
J’ai toujours trouvé que la cravate ressemblait à une épée suspendue au cou de ces gens « propres »…
 

Les 7 du Québec



4 réactions


  • hunter hunter 5 juin 2010 14:30

    Aux auteurs,

    Superbe texte, résumant à mon humble avis, de manière magistrale la situation actuelle : après tout, à quoi bon se poser de questions, c’est bientôt les vacances d’été, et puis il y a le foot , faut acheter le dernier ipad, la dernière connerie consummériste à la mode !

    Alors que faire ?
    Pour ma part, je renonce à faire prendre conscience aux gens, ça n’en vaut plus la peine !
    Il faut se préparer à titre individuel, où bien à plusieurs si on a la chance de pouvoir regrouper une petite communauté (l’union faisant la force), s’organiser et être prêt pour le chaos à venir !

    Tout discussion est vaine, il n’y a (toujours à mon humble avis ) qu’une solution : le temps de la violence va venir, d’une répression forte, d’une mise en coupe !

    La majorité s’y résignera, contre quelques faibles compensations que les puissants leur accorderont, car ils savent que l’accroissement de leurs pouvoirs est à ce petit prix :  !les soumis se contentent de peu, ils le savent bien ! n peu de foot, un peu de cul, du bourrage de crâne à la télé, et ça peut durer comme ça des centaines d’années !

    La majorité de l’espèce humaine, a une mentalité de soumis et d’esclaves, que peut-on y faire ?

    D’autres minorités, résisteront, se battront, payeront cher (de leurs vies), leur résistance, mais certains survivront  !
    Peut-être rallieront-ils de nouveaux sympathisants, peut-être la lutte s’intensifiera-t-elle, peut-être même vaincra-t-elle ? Qui sait ?

    Nous sommes prêts, nous attendons !

    Une seule chose pour conclure : ceux qui se préparent, augmenteront leurs chances de survie, même si elles n’atteindront jamais celles de ceux qui se soumettront !

    Mais s’il faut choisir entre vivre 100 ans soumis exploité et opprimé, et n’en vivre que 50 en se battant pour ce qu’on croit juste, nous avons choisi !

    Bon courage à tous ceux qui se préparent et se battront !

    Les autres, esclaves et soumis,.... ?

    Juste un conseil, ne vous mettez pas sur notre chemin, quand viendra le temps du grand chaos !

    Cordialement

    H /


    • Hermes Hermes 7 juin 2010 17:50

      La violence ...

      C’est la seule réponse à laquelle se sont préparés les pouvoirs. Alors si vous vous engouffrez là !

      Plus encore c’est la réponse qu’ils attendent pour légitimer la suite.

      L’histoire est remplie de cette violence et elle n’a jamais pu éradiquer la graine de violence qui est dans chaque personne. Car c’est en réalité de notre responsabilité à chacun.

      De ce point de vue on est en fait chacun son propre champ de bataille, et les adversaires ne sont que les fantomes dont l’information nous abreuve en nous hypnotisant.

      Sortir de cette hypnose est le premier pas nécessaire pour commencer à agir avec humanité et construire la liberté intérieure qui permet de découvrir les solutions au présent.


  • Le chien qui danse 5 juin 2010 19:38

    Merci pour ce texte,mais il est certainement vrai qu’être préparé (activement) à ramasser les pots cassés semble être la seule attitude à adopter, la bête fait ventre de tout même les luttes diverses sont devenues son dessert. En attendant faut subir...


  • Gaëtan Pelletier Gaëtan Pelletier 7 juin 2010 19:08

    Merci à tous pour vos commentaires....
    Nous cherchons tous des solutions. Mais notre pouvoir semble s’amenuiser...
    Soit que l’on transforme le système politique qui a le pouvoir de briser la chaîne de l’économie et la ramener au réel... Soit que l’on attende.
    Ou que le système politique se transforme pour une véritable démocratie en donnant le pouvoir AU PEUPLE.
    Bonne journée !
    Gaëtan


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