Campagne suspendue ?
En tout ca si elle est suspendue, elle l'est au bénéfice exclusif de Sarkozy qui ne se prive pas de faire le Président à tout bout de champ. Le débat sur la récupération est faussé, puisque celle-ci se déroule au plus haut niveau de l’état en toute impunité. Les circonstances font que le candidat Sarkozy, sautant sur l’aubaine, a quitté les habits du candidat (un peu étriqués) pour endosser en toute impunité l’habit prestigieux et solennel du Président de la république. A lui les caméras et les micros, les minutes de silences, les cérémonies religieuse, les enterrements, il est partout, omniprésent. Et la campagne serait suspendue ?
Mais de qui parle-t-on sans cesse ? Du candidat de l’UMP à l’élection présidentielle ? Non, mais en transparence nécessairement oui. La campagne est peut être suspendue, mais elle est devenu à 30 jours du premier tour complètement illisible. La récupération est partout, selon le point de vue de chacun, quelque soit le positionnement et les propos, il y a récupération. Le président lui ne récupère pas, parait-il puisqu’il préside !
Cet attentat en pleine campagne pose un sérieux problème, sommes nous en situation de voter "libre de toute entrave ?". Alors que la campagne était déjà sérieusement « entravée » du fait que le président sortant n’avait toujours pas présenté un programme et son chiffrage. C’est triste à dire, mais le drame de Montauban et de Toulouse l’autorise à continuer d’avancer masqué.
Comment faire pour sortir de cet étau ? Il n’y a rien à attendre du candidat de l’UMP qui s’est juré de faire feux de tout bois pour conserver son siège à l’Elysée. Est-ce la peur des affaires et de perdre son immunité présidentielle comme l’affirme Ségolène Royale, je ne sais pas. Par contre je suis sûr que c’est l’orgueil, l’immensité de son orgueil qui le pousse et le motive.
La chape de la peur est tombée sur nous, elle est de plomb et pèsera lourd sur les consciences. C’est tout un peuple qui s’embarque pour une séquence obscure, bardée de mauvais sentiments, c’est la lente montée de tout un inconscient où le pire est à attendre.
Et dire qu’il a déjà fallu des décennies, plus d’un siècle déjà, pour faire de Victor Hugo à Léon Blum en passant par Jean Jaurès, que la conscience collective se nourrisse un peu plus d’idéal social, d’égalité et de justice, et que s’éteignent peu à peu les feux de la haine, du racisme et l’antisémitisme, vieux démons de notre vieux pays !
A l’aube de ce millénaire naissant, dans une vaste Europe en proie aux tourmentes, ces scrutins du 22 avril et du 6 mai revêtent un enjeu essentiel, déterminant pour notre avenir collectif. Une ré-élection de Nicolas Sarkozy déclencherait une séquence brutale… éloignée de toute unité nationale, l’égoïsme l’emporterait à tous les niveaux sur la solidarité, l’avenir serait injurié par un présent de court terme, les équilibres de notre société perdraient leurs fondamentaux : laïcité, égalité, justice, respect, humanité, progrès, espoir.
Seul un sursaut des consciences nous permettrait d’échapper à cette sorte de « finitude » à laquelle le sarkozysme nous mènerait inexorablement par cynisme et matérialisme outrancier. Les consciences seront-elles assez nombreuses au rendez-vous, nul ne le sait encore.

