vendredi 20 novembre 2009 - par Peuples.net

Camus au Panthéon : c’est « l’ouverture » post-mortem

Nicolas Sarkozy n’a jamais fait l’exégèse de l’oeuvre d’Albert Camus, peut-être ne l’a-t-il tout simplement pas lu. Mais une chose est certaine, il souhaite voir ses restes entrer au Panthéon, et pour cela il s’est contenté de « vanter le non-conformisme de Camus par rapport aux élites françaises » pour justifier sa volonté.

Là où je voyais jusqu’à aujourd’hui un Homme anarchiste, libertaire épris de vérité et inexorablement attiré par le néant, Nicolas Sarkozy y voit lui, plutôt un "non-conformiste" façon défaut de cuirasse. Et gardez-vous bien de penser qu’il parle de Camus ! il parle évidemment de lui et de sa courtelinesque approche de la culture qui se doit d’être comparée à celle des élites bien entendu. Alors que je voyais du génie chez Albert Camus, le président n’y voit qu’un talon d’Achille.

Mais de quelles élites parle donc Nicolas Sarkozy au juste ?

Nicolas sarkozy parle avec ses mots à lui "des sachants" bien entendu : ce sont ceux qui ont étudié, ceux qui ont un capital culturel que lui ne possède pas. Et en cela "ces sachants" sont dangereux puisqu’ils ne réagissent, pas tous, comme le commun des mortel au processus de stimuli pression/humiliation qui doit de toute évidence engendrer la soumission - Soumission à sa volonté, soit dit en passant - Il y aurait donc des "sachants" dans la nature capables de ne pas suivre sa volonté de fer. Allez donc les lui chercher, diantre !

Las, force est de constater que ce combat là ne se gagne qu’avec des mots et un peu de culture, et celle-ci ne peut être achetée chez Géant-Casino. C’est précisément dans cette catégorie là que je classerais Albert Camus : celle des "hommes révoltés" inaliénables. La boucle est bouclée, sous ses faux airs d’Humaniste, Albert Camus a été un redoutable philosophe, il est resté cependant inclassable, puisque sa chapelle n’était que celle de l’Homme athée dévêtu de son impuissance originelle. Il est donc un "sachant" de première, et il se classe naturellement au sein de cette "élite", et au tout premier plan qui plus est.

Albert camus est le meilleur symbole de la gauche intemporelle

Je fais partie de ceux qui ont été irradié par la chaleur et la permanence du soleil de "L’étranger" au travers des pages de ce livre, je devait avoir 17 ans. Je me suis senti alors confronté à une force rare et déroutante qui m’affectait physiquement pour la toute première fois : une espèce de candeur inquiétante qui chauffait mon corps et mon esprit. J’ai donc été sous l’emprise de cette force puissante qui relie un lecteur à un auteur. Cette force-là a été également capable de forger la pensée de l’adolescent que j’étais. j’ai ensuite seulement découvert le reste de son oeuvre.

Il est d’ailleurs étrange de voir ce titre phare d’Albert Camus : "l’étranger" revenir sur le devant de la scène aujourd’hui. Ce livre étant aux antipodes du chassez-croisé pré-électoraliste dont se drape officieusement le débat actuel sur l’identité nationale.

Nous souhaitons donc célébrer "l’étranger" au moment même où ce débat sur l’identité nationale se déploie. Ne nous trompons pas au sujet de cette mise en scène, elle n’est là que pour stigmatiser davantage encore "cet étranger" qui frappe à notre porte.

Conseil à la famille d’Albert Camus

Albert Camus fait indubitablement partie de notre patrimoine. Il est, de plus, un des écrivain qui symbolise le mieux l’intégrité et la probité au sens Humain du terme. Albert Camus a bien sa place au Panthéon, même si je ne suis pas persuadé que l’universalisme dont cette institution est porteuse lui ait été agréable.

Mais de grâce, ne laissez pas votre aïeul, notre aïeul, devenir le énième porte-Flambeau du combat politique de ce chef de l’état. Ce combat n’a jamais été le sien, cette instrumentalisation trahirait sa mémoire, et cela personne n’en veut. Attendez donc un président plus respectable pour envisager une telle perspective.

 

Peuples.net



20 réactions


  • TSS 20 novembre 2009 10:38


    Talonnettes 1er doit croire que c’est le père de jean claude Camus le copain de johnny... !!


  • Vilain petit canard Vilain petit canard 20 novembre 2009 11:08

    Bien vu, on croyait que c’était de l’ouverture, et en fait, Sarkozy, c’est toujours et encore de lui-même qu’il parle, malheureusement à son niveau, les mots manquent un peu.

    Du fond de son inculture, il se pense « non-conformiste » (alors qu’on n’a pas vu plus perclus de préjugés de classe depuis longtemps), face à une fantasmatique armada de gauchistes rassis, censée diriger la France depuis sa naissance. Et donc, au gré de sondages fumeux, pour se re-glorifier dans le rôle du « non-conformiste », il attribue donc cette fameuse « qualité » à qui lui est soufflé par ses conseillers : Camus, Georges Mandel, et pourquoi pas Jaurès, ou Johnny Halliday ?

    Qualifier Camus de « non-conformiste par rapport aux élites françaises », faut vraiment rien y comprendre pour sortir une telle bourde, pardon, les termes balourdise, cuistrerie ou bouffonnerie pédante seraient plus justifiés.


  • Massaliote 20 novembre 2009 11:37

    Bientôt, Guy Môquet, icône sarkozienne.


  • Gabriel Gabriel 20 novembre 2009 12:33

    Ben c’est ben une bonne idée qu’il a là le ch’tit, pourrait même en profiter pour relire « l’étranger » avec pendant que Besson lui cire les pompes, dès fois que ca leur donnerait quelques idées pour l’identité nationale....


    • 65beve 65beve 20 novembre 2009 16:28

      Bonjour Gabriel
      L’Etranger ?
      C’est pas dans ce roman qu’un français nommé Meursault est condamné à mort en Algérie pour avoir tué un arabe ?
      ça serait bien la première fois.....


    • MICHEL GERMAIN jacques Roux 20 novembre 2009 19:44

      Oh non s’il vous plait, pas avec Sartre, sinon Le Juste va choper La Nausée. Mais qu’importe finalement car ce qui nous reste de lui est à notre Panthéon personnel depuis bien longtemps...


  • Gazi BORAT 20 novembre 2009 16:29

    C’est sans doute la Facel Vega d’Albert Camus, la voiture « bling-bling » de l’époque, qui a séduit Nicolas Sarkozy..

    http://www.tuningfever.fr/pics-med-14974-327623-facel-vega-fv.jpg

    gAZi bORAt


    • Ali 20 novembre 2009 19:39

      Camus a terminé sa course avec une Ford Comète carossée par Facel coupé nettement plus sympa que la FV du cliché


  • ddacoudre ddacoudre 20 novembre 2009 23:05

    bonjour peuple net

    notre président continue les appropriations symboliques qui donnent une bonne identité, heureusement que nous savons que c’est un illusionniste.

    cordialement.


  • sisyphe sisyphe 21 novembre 2009 09:06

    Camus n’en aurait probablement rien eu à faire d’être au Panthéon, lui qui a toujours prôné la révolte, et la solidarité :
    « Je me révolte, donc nous sommes »


    « La solidarité des hommes se fonde sur le mouvement de révolte et celui-ci, à son tour, ne trouve de justification que dans cette complicité "

    « La fin justifie les moyens ? Cela est possible. Mais qui justifie la fin ? À cette question, que la pensée historique laisse pendante, la révolte répond : les moyens ».

    La récup est énorme ; tant toute l’œuvre de Camus, toute son action, tous ses engagements d’homme sont à l’exact opposé de la politique de destruction et de division menée par le kondukator.

    "Pour moi, je sais que ma source est dans l’Envers et l’Endroit, dans ce monde de pauvreté et de lumière où j’ai longtemps vécu et dont le souvenir me préserve encore des deux dangers contraires qui menacent tout artiste, le ressentiment et la satisfaction.

    La pauvreté, d’abord, n’a jamais été un malheur pour moi : la lumière y répandait ses richesses. Même mes révoltes en ont été éclairées. Elles furent presque toujours, je crois pouvoir le dire sans tricher, des révoltes pour tous, et pour que la vie de tous soit élevée dans la lumière. Il n’est pas sûr que mon coeur fût naturellement disposé à cette sorte d’amour. Mais les circonstances m’ont aidé. Pour corriger une indifférence naturelle, je fus placé à mi-distance de la misère et du soleil. La misère m’empêcha de croire que tout est bien sous le soleil et dans l’histoire ; le soleil m’apprit que l’histoire n’est pas tout. Changer la vie, oui, mais non le monde dont je faisais ma divinité"
    (extrait de la préface de « L’envers et l’endroit »)

    " lorsque la pauvreté se conjugue avec cette vie sans ciel ni espoir qu’en arrivant à l’âge d’homme j’ai découverte dans les horribles faubourgs de nos villes, alors l’injustice dernière, et la plus révoltante, est consommée : il faut tout faire, en effet, pour que ces hommes échappent à la double humiliation de la misère et de la laideur.
    (...)
    Mais une fois qu’on a connu les faubourgs industriels, on se sent à jamais souillé, je crois, et responsable de leur existence."

    Mais l’hôte de l’Elysée espère ainsi voir un peu de la grandeur de Camus lui profiter...

    Puisse -t-il subir le sort de Don Juan, en provoquant ainsi les forces qui le dépassent...


    • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 22 novembre 2009 13:18

      C’est quand même moins pire que MItterrand, ami de Bousquet et titulaire de la francisque, récupérant Jean Moulin en 1981.


    • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 22 novembre 2009 13:26

      Sans oublier François MItterrand collaborateur de la revue pétainiste « France, revue de l’Etat nouveau » en 1942, avec son nom à côté de celui de Pétain dans le sommaire.


    • sisyphe sisyphe 23 novembre 2009 02:36

      Oui, oui, Courouve, on la connait ta chanson frelatée...

      Tous les gens honnêtes savent que Mitterrand, après avoir été blessé sur le front dès 39, a passe 18 mois dans un stalag, avant d’être appelé dans le gouvernement Pétain, où il a pu, de son poste, aidé des juifs à échapper à la Gestapo, et favvorisé des évsaions, avant de passer, très rapidement, dans la résistance active sous le nom de Morland. C’est d’ailleurs à ce moment là, faisant office d’agent secret de la résistance, qu’il a été décoré de la Francisque, par le gouvernement Pétain, qui ignorait qu’il appartenait, en même temps, au Rassemblement National des Prisonniers de Guerre, et qu’il restait au gouvernement Pétain, à la demande des résistants :
      "Selon Jean Pierre-Bloch, chef de la section non militaire du Bureau central de renseignements et d’action à l’époque, « c’était sur notre ordre que François Mitterrand était resté dans les services de prisonniers de Vichy. Lorsqu’il a été proposé pour la francisque, nous avons parfaitement été tenus au courant ; nous lui avions conseillé d’accepter cette “distinction” pour ne pas dévoiler. »[11]"

      Puis, en 43, il est passé totalement à la résistance, et fut activement recherhé par la Gestapo
      Le fait de faire entrer Jean Moulin au Panthéon fut donc totalement logique et cohérent avec ses engagements.

      Mais, toi, en bon petit soldat de la droite extrème, tu continues ton petit travail de désinformation et de mensonge, alors que tu ne peux ignorer tout celà ; tu es un être veule et méprisable ; tu nous en donne la preuve à chacune de tes interventions.

      Et puis, ne viens pas ici salir la mémoire de Camus, avec tes assimilations honteuses ; tiens toi loin d’une dignité qui t’est tout à fait étrangère.


    • sisyphe sisyphe 23 novembre 2009 04:30

      De plus, falsificateur Courouve, ce n’est pas Mitterrand qui a fait entrer Jean Moulin au Panthéon ; mais bien De Gaulle, avec le discours célèbre d’André Malraux.

      François Mitterrand avait planifié les cérémonies d’inhumation de René Cassin en 1987, de Jean Monnet en 1988 ou encore du couple de physiciens et chimistes Pierre et Marie Curie en 1995. 


      Caramba ! Encore raté !


    • Massaliote 23 novembre 2009 10:06

      Avez vous lu le chapitre intitulé « François » dans le dernier livre d’ Aussaresses "je n’ai pas tout dit ? Le rôle de Tonton est assez différent de l’histoire officielle.


  • Rose Carabine 21 novembre 2009 22:39

    Quelle peste s’abat encore sur nous ? Quel choléra, quelle liquéfaction étreint encore nos tripes ? Camus au Panthéon... Une raison de plus de quitter la France, désormais au comble de la putasserie ambiante, délirante, éclatée, répandue sur toutes les places, à tous les frontons.

    Un homme digne et sobre, inaliénable tant qu’il était vivant, réduit désormais en poussière au delà de la poussière elle-même. Ecrabouillé dans sa mémoire, anéanti dans sa pensée, mis en conserve pour servir la soupe à des ignorants, crétins, pauvres en tout, arrivés au sommet par la grâce d’une France inculte, timorée et triste.

    La peste des temps modernes est bien là, dans cet irrespect du vivant tout autant que des morts. La pensée escamotée, vrillée, asservie, mise au service d’une misère intellectuelle même pas affamée, juste passive et sournoise. La honte. La honte.

    Jusqu’à quand ? Jusqu’où ira-t-il ce mécréant malhonnête qui nous gouverne ? Jusqu’à quelle hauteur cette fille sans joie remontra-t-elle sa jupe, déjà si courte, déjà si sale ?

    Un jour il ira trop loin, et ce sera peut-être pour un détail, une bêtise, une anecdote bien moins signifiante qu’un Camus au Panthéon. Ce jour-là, sans comprendre, il tombera à son tour dans la fosse, face à la réalité de son show. Et nous le regarderons.


  • zelectron zelectron 22 novembre 2009 07:54

    « L’approprionisme » transcende tous les partis qu’il soient de gôôche comme de droâte. Sarkosy veut imiter Mitterrand en ce qu’il avait de plus faux, mais là il le dépasse haut la main si je puis dire.


  • non666 non666 23 novembre 2009 10:10

    Sarkozy ne chante pas la gloiire de Camus.
    Comme certains posteurs plus haut, je suis sur qu’il ne l’a pas lu (Sauf peut etre « la peste » , contraint par sa prof de français....) et surement pas compris.
    Non effectivement, c’est de lui dont il s’agit.
    Il copie, non, il singe plutot, tous les symboles, toutes les attitudes, tous les gestes que ses predecesseurs ont eu.
    Apres le Bling-bling, la « rupture » qui a fait pschitt , les services de renseignements payants (les instituts de sondages...) de ses copains lui indiquent qu’il n’est plus populaire .
    Pas son camps, pas sa politique , si tant est qu’il en ait une, non  : LUI tout seul.
    Alors il saute, il bondit, il fait visualiser les archives Tv par ses think tank, ses spin doctors et il cherche dans des attitudes , des discours, des poses ce qui pourrait lui donner une attitude de président (aux yeux des français...) ....enfin !
    Malgrès qu’il soit a peine moins grand que Mitterand, il reste un petit, aux yeux de la foule.

    Mitterand citait Guy Mocquet, Blum , Mendes France ?
    Moi tout pareil reponds le roquet, écrit moi un discours Hervé Guaino , s’il te plait !
    Mitterand rends hommage à Malraux, plutot gaulliste ?
    Moi tout pareil, bondit le chef des lemmings , je veux rendre hommage à quelqu’un plutot de gauche , au Pantheon, quitte a l’y faire entrer moi-meme !
    De Gaulle Incarnait la France ?
    Moi tout pareil , j’incarne parfaitement les amis d’Israel et ceux des etats unis.....répondit l’echo..... !
    C’est pas un homme, ce n’est pas un président, c’est une caricature manipulé de l’extérieur pour nous soumettre en nous humiliant


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