mardi 16 juin - par Dr. salem alketbi

Ce que la crise George Floyd a vraiment coûté à l’Amérique

Observant les vastes manifestations que les villes américaines ont vécues ces derniers jours après le meurtre de George Floyd, des articles d’opinion et des analyses ont traité les choses avec un esprit de vœux pieux ou de parti pris idéologique de l’auteur plutôt qu’avec objectivité. Des termes tels que «  révolution,  » «  soulèvement  » et d’autres qualificatifs figuraient au premier plan de l’interprétation des événements.

S’agissait-il vraiment d’une «  révolution  » contre le système politique américain ? Ou bien une vague de colère passagère ? Ces protestations vont-elles donner le jour à un changement social dans la structure du système américain ou vont-elles passer à la trappe ?

La crise a suscité une foule de questions. La plupart d’entre elles, la prochaine période en déterminera les réponses. Quoi qu’il en soit, les démonstrations énormes aux États-Unis ont occasionné des pertes sensibles. On peut même dire sans exagération qu’elles ont déformé profondément le modèle américain.

Le modèle américain est devenu une risée. Des millions de personnes dans le monde entier le critiquent maintenant que le meurtre de George Floyd a dévoilé des aspects inavoués du système américain.

Publicité

Pour mémoire, récemment en réponse aux critiques du Département d’État américain sur les droits de l’homme à Hong Kong et la répression des manifestants par la Chine, le ministère chinois des affaires étrangères a rétorqué en trois mots : «  I can’t breathe.  » Ces trois mots, qui veut dire «  Je peux pas respirer,  » sont les derniers du citoyen américain George Floyd, dont la mort a déclenché de grandes vagues de protestations aux quatre coins des États-Unis, après son apparition dans une vidéo où il luttait pour reprendre son souffle tandis qu’un policier blanc lui pressait le genou sur le cou.

Le Département d’État américain avait récemment lancé une forte campagne de critique contre la Chine au sujet des récentes politiques menées à Hong Kong. «  C’est un moment crucial pour le monde,  » a twitté Morgan Ortagus, porte-parole du Département d’État. «  Les gens qui aiment la liberté dans le monde entier doivent s’opposer à l’État de droit et tenir pour responsable le Parti communiste chinois, qui a ouvertement manqué à ses promesses envers le peuple de Hong Kong.  »

Le fait est que les mobilisations aux États-Unis contre les politiques racistes mettent fortement en cause les justifications de Washington pour réclamer la protection des droits de l’homme ailleurs.

Les États-Unis ont toujours joué cette carte sur table dans leurs relations internationales, que ce soit par le biais du rapport annuel sur les droits de l’homme publié par le département d’État américain, ou en plaçant la protection des droits de l’homme parmi les principaux enjeux des relations de Washington avec le monde, surtout avec les pays en développement et les adversaires stratégiques des États-Unis comme la Chine.

Le rapport s’attache à critiquer les pays désignés par les États-Unis comme des adversaires ou des concurrents stratégiques tels que l’Iran, le Venezuela, la Chine, Cuba et certaines des critiques recherchées par d’autres pays, tels que les pays arabes.

Publicité

Ce rapport annuel regroupe de multiples accusations de violations des droits de l’homme dans plusieurs pays asiatiques et africains. Il assure un suivi annuel, du point de vue américain, de ce que Washington considère comme une violation des principes des droits de l’homme dans ces pays. Il s’agit d’un document essentiel et influent pour faire pression sur les États, que ce soit pour qu’ils modifient leur politique dans d’autres domaines conformément aux intérêts des États-Unis ou pour qu’ils acceptent le discours américain sur certaines questions ou événements.

En outre, il existe souvent un lien entre les résultats du rapport et l’aide américaine reçue par certains pays. On sait déjà que les conclusions de ce rapport sont utilisées politiquement en fonction des intérêts stratégiques des États-Unis ou de l’un de leurs proches alliés, comme Israël. Pour les experts et les spécialistes des sciences politiques, le rapport américain sur les droits de l’homme est une carte maîtresse par laquelle les États-Unis peuvent s’affirmer comme seul pôle mondial.

Bien que le rapport du département d’État sur les droits de l’homme contienne des critiques variées sur un large éventail de pays, il n’affecte que négativement ses relations avec certains pays, tandis que d’autres sont habitués au contenu du rapport comme un cliché de sa relation avec Washington. Le rapport n’indique pas une approche spécifique des États-Unis vis-à-vis de ces pays, sauf dans certains cas où les politiques de la Maison Blanche sont en accord avec le département d’État et le Pentagone.

Certes, les manifestations populaires et les émeutes qui ont eu lieu pendant plusieurs jours dans de nombreuses villes et États américains ont fait du tort à l’économie, à la sécurité et même à la santé publique en augmentant les risques d’une épidémie de coronavirus. Mais la réputation des États-Unis comme parrain des droits de l’homme et des libertés dans le monde a été gravement ternie.

Bien que les dommages causés par les suites de la disparition de George Floyd ne soient pas les premiers du genre, des événements et des scandales tels que l’affaire de la prison d’Abu Ghraib en Irak en 2004 ayant précédé, la réputation des États-Unis, qui se profilent comme un modèle mondial en matière de valeurs, de libertés et de droits de l’homme a été le grand perdant de cette affaire.



7 réactions


  • Jean 16 juin 15:50

    la réputation des États-Unis, qui se profilent comme un modèle mondial en matière de valeurs, de libertés et de droits de l’homme

    faut oser écrire un truc pareil, cela devrait être desintoxiqué


    • Hugo Drax Hugo Drax 17 juin 10:15

      @Jean

      C’est le bla-bla des démocrates qui apportent le carpet bombing en même temps que les droits de l’homme, la liberté, et, leurs valeurs.
      Ça fait des économies d’échelle ! Certes petites, mais 15% de la populasse rectifiée, ça dégage certains bénéf.


  • Agapit Agapit 16 juin 17:39

    Ce qui frappe lorsqu’on lit des articles sur l’affaire [Floyd], c’est ce manque de placer les faits dans leur contexte réel. Ainsi le rédacteur du présent article parle de meurtre, alors que selon la loi judiciaire, il s’agit de provocation d’une mort sans intention de l’avoir donner. Si on parle de meurtre cela veut dire que le policier avait l’intention de le tuer et non pas de le maîtriser. L’expression juste, c’est : [après la mort de George Floyd] et non pas le meurtre parce qu’il n’y a pas de meurtre, sinon dans les esprits manipulés par les mass médias ou de ceux qui cherchent à alimenter le brasier. Cela d’une part, d’autre part, le rédacteur veut nous faire croire que les états unis n’ont plus le droit de parler de droits de l’homme et de liberté à cause des dernières événements. Eh bien ces événements ont été provoqués par les démocrates et les républicains affiliés à la cabale sioniste constamment approvisionnée par l’argent des pays du golfe qui ont peur de faire face à l’Iran et qui cherchent à créer des conflits pour garantir le maintient de leur pouvoir. Ce que les monarchies du monde arabe doivent faire c’est de plier bagage et laisser les peuples vivre en paix, car ces monarchies sont un véritable poison pour l’Afrique du nord et du moyen orient. Idem pour les régimes militaires qui sont des monarchies non proclamées.


  • Ecureuil66 17 juin 06:15

    que les américains restent chez eux , règlent leurs problèmes internes et foutent la paix au reste du monde US GO HOME

    L’American way of live ne convient pas forcément à tout le monde...

    je sais c’est un peu primaire mais ça défoule ...


  • zygzornifle zygzornifle 17 juin 09:00

    Les états punis ou on remplace les étoiles du drapeau par des trous de balles (trous d’armes pas trou du cul quoique cela pourrait aussi faire l’affaire)….


  • caillou14 rita 17 juin 09:43

    Rien en fin de compte !

    C’est déjà du passé !

    Au suivant... smiley


  • Djam Djam 17 juin 11:22

    Hormis les 68tards, ces pauvres esprits formatés par l’idéologie débutante de la mondialisation (du pognon et des profits privés, s’entend...), qui peut admirer et envier l’american way of life ?

    A vrai dire, le « modèle » américain est un véritable bubon, une excroissance ratée et cancéreuse d’une Europe qui croyait pouvoir inventer une nouvelle société dite « libre » à tous les niveaux. Ce laboratoire à ciel ouvert n’est qu’une expérience chimique (artificielle) qui fait long feu depuis 250 ans (entendez par « long feu », la véritable signification de la formule : c.à.d. un pétard mouillé).

    Tout y aura été expérimenté puis exporté partout dans le monde via l’hégémonie de leurs médias « meanstream ») : massacre d’autochtones (indiens), séparatisme (sud esclavagiste contre nord libéral), multiculturalisme et ethnocentrisme, individualisme obsessionnel et armé de surcroît (300 millions d’individus armés), abrutissement généralisé (entertainment hollywoodien 24h sur 24), création d’un nouvel homme malsain (marketing du satanisme ordinaire dans le monde de la « musique » de masse), politique d’opérette (un gouvernement miné par en-dessous par l’état profond composé de néocons obsédés par la principe de guerre sans fin) et destruction assumée de l’environnement (multinationales toute puissantes).

    Ce type de régime use du principe idéologique Mandevillien (Man Devil, comme le nommait les anglais) du « ruissellement des riches sur les pauvres ». Mandeville théorisa le principe d’une économie d’enrichissement fondé sur le choix de soutenir les actions malveillantes chez n’importe qui parce que cela générait « forcément » de l’enrichissement. Ex : un voleur de fruits permet de créer la police laquelle permet de créer les formateurs de policiers etc... on créé des emplois (!) donc on enrichit par le fameux « ruissellement »). Un délire qui n’a jamais été démontré nulle part.

    Les EU finiront par exploser. Les latinos reprennent année après années les territoires qui leur ont été spoliés (mexicains), les communautés afro américaines continueront à se déchirer parce qu’elles ne parviennent nulle part à dépasser leur passé, l’économie artificielle (FED et marchés virtuels) s’effondrera et la course pathologique à la violence exporté se retournera contre eux.

    Ne nous en déplaise, ce sont la Chine et plus largement l’Eurasie qui reprendront la flambeau... pour le meilleur et le pire, comme tous les empires. L’Europe s’est tellement aplatie devant Washington et est tellement parasitée par les porte paroles des mondialistes qu’elle est déjà morte, zombifiée.

    Restent les peuples, déjà largement massifiés partout, qui pourraient se redresser et reprendre leur destin en main, mais pour cela, il faudrait avant tout qu’ils sachent repenser par eux-mêmes... quand on voit les manifs actuelles, on a toutes les raisons de douter de cette capacité.


Réagir