jeudi 16 décembre 2010 - par Golden Théo

Cette liberté que nous n’aimons pas

Le Christ étant réapparu à Séville après quinze siècles d’absence, le Grand Inquisiteur le fit arrêter, puis vint lui rendre visite en prison. Dans une tirade passionnée, il dénonça le fardeau de cette liberté que Jésus avait voulu imposer à l’humanité, fardeau dont les dirigeants de l’Église mirent des Siècles à la délivrer. « Les hommes se sont réjouis d’être de nouveau conduits comme un troupeau et d’être délivrés du don funeste (de la liberté) que tu leur avais fait, cause de tant de tourments pour eux. Nous donnerons un bonheur humble et paisible à ces êtres faibles et lâches, le seul qui leur convienne. »

Dostoïevski nous interroge sur cette liberté que nous proclamons, dont nous faisons en France le premier terme de notre devise : la voulons-nous vraiment, l'aimons-nous ?

Sous l'Ancien Régime, les choses étaient simples : le peuple était un troupeau, le Roi était son berger. Il était inconcevable de remettre au peuple les clés de son destin, parce qu'il n'aurait su qu'en faire, pas plus que des moutons ne sauraient survivre seuls en montagne. Seule la férule sévère mais bienveillante de ses aristocratiques maîtres pouvait lui procurer « un bonheur simple et paisible ».

Avec la Révolution, les choses se compliquent : le Peuple acquiert sa majuscule, tout pouvoir doit émaner de lui. Mais est-il pour autant adulte, peut-il se prendre en main ? Il doute de lui-même. La Noblesse a été décapitée, mais une nouvelle élite se doit de lui montrer la route, pour son bien. Le Peuple est ignorant, arriéré, il est soumis a de fugaces passions. S'il faut pour le remettre dans le droit chemin un génocide, eh bien soit : mieux vaut être mort que de vivre dans l'erreur. Le fil conducteur de l'Histoire française des deux derniers Siècles, avec ses « hommes forts », de Bonaparte à de Gaulle, et ses « fers de lance de la Nation », des « hussards noirs de la République » aux « grands commis de l'État », est la tension permanente entre l'idéal démocratique proclamé et la conception du monde aristocratique (au sens premier du terme : « artistos » : le meilleur) dont nous sommes profondément imprégnés. Nous voulons la Démocratie, mais nous nous méfions du Peuple, nous nous méfions de nous-mêmes, donc nous voulons qu'une élite éclairée exerce le pouvoir en notre nom. Le Peuple peut se rebeller contre ses dirigeants, il le fait souvent, mais c'est une rébellion d'adolescent, qui se complaît dans son irresponsabilité.

Retenez-moi ou je fais un malheur !

« L'homme devait discerner lui-même désormais, par le jugement spontané de son cœur, le bien et le mal[…]. Il était impossible de les livrer à une plus grande confusion et à de plus terribles tourments que tu ne l’as fait en leur laissant tant d’inquiétude et de problèmes insolubles ». Ce tourment de la liberté, que dénonce le Grand Inquisiteur, le Législateur a sagement décidé de l 'épargner aux Français.

Ainsi avons-nous institué un corpus de lois mémorielles dont l'objectif est de protéger nos esprits de tout mensonge qui ne serait pas préalablement approuvé par les dirigeants. Oui, parce qu'il y'a aussi des mensonges « acceptables » : ainsi Claude Gayssot, député instigateur de la loi éponyme qui réprime le crime de négationnisme, a-t-il pendant toute sa carrière de syndicaliste puis de député communiste nié le Goulag et les crimes de l'URSS. Il y'a ignominie et ignominie ; heureusement, la Loi dicte quelle est la bonne et quelle est la mauvaise. Autant de gagné pour notre quiétude intellectuelle.

Ainsi les responsables médiatiques se sont-ils arrogés le droit, non, le devoir, de déterminer quelles informations pouvaient être partagées avec le Peuple, et desquelles il était préférable qu'il restât ignorant. Il est vrai que l'Internet bouleverse ce verrouillage subtil. Il serait douteux aujourd'hui qu'un Président de la République puisse indéfiniment subvertir l'appareil de l'État pour garder secrète l'existence de sa fille illégitime, comme le fit François Mitterrand avec le consentement tacite de la classe politico-mediatique. Il avait été décidé que le Peuple ne devait pas savoir, parce qu'il aurait pu, en sa stupidité, en tirer une « mauvaise » conclusion : mieux valait ne pas prendre ce risque. Grand bénéficiaire de cette auto-censure : le Front National, qui a puisé dans les non-dits institutionnels, sur l'immigration, sur l'insécurité (que l'on a pendant longtemps euphémisée en « sentiment d'insécurité »), toute sa force et sa légitimité.

Ainsi est-il bien vu d'exprimer le plus profond scepticisme envers le referendum, péjorativement qualifié de « plébiscite ». Le Peuple est incapable de comprendre la question qu'on lui pose, il risquerait de donner la « mauvaise » réponse. Argument imparable : si on avait laissé le Peuple décider, on aurait encore la peine de mort, n'est-ce pas ? Or, on « sait » qu'il faut être contre la peine de mort, donc il ne faut pas laisser le Peuple décider. CQFD. Regardez ce qu'il a fait avec la Constitution Européenne : il « fallait » être pour, or il a voté contre. Il a mal voté. Heureusement qu'on a pu rattraper les dégâts, déplacer trois virgules et la rebaptiser « Traité de Lisbonne ». Cette fois, on n'a pas répété l'erreur de le soumettre à referendum. Une ratification parlementaire, et l'affaire est dans le sac ! Sinon, on n'aurait jamais eu Herman van Rumpuy, et ne serait-ce pas grand dommage ?

Arrière, marauds !

Que le Peuple se mette en travers de ses dirigeants donc, et le vernis démocratique disparaît bien vite. Il n'y a pire colère que celle de nos éditocrates et doxologues quand ils sont contrariés. Les ci-devant démocrates se muent alors en féroces contempteurs de cette masse stupide et veule qui ose lui barrer la route. Rendons-leur justice : aucun Peuple n'échappe à leur souverain mépris, comme on a pu le voir lors des référendums « ratés » (c'est à dire ne retournant pas le « bon » résultat) sur la Constitution Européenne aux Pays-Bas, en France puis en Irlande.

Alain Duhamel : « « Comme toujours dans les campagnes référendaires, c’est le triomphe des fantasmes les plus absurdes, des rumeurs les plus saugrenues, des mensonges les plus éhontés qu’Internet transporte, décuple, centuple et théâtralise à l’infini. On plonge de nouveau dans la démocratie d’opinion avec ses démagogues , ses populistes , ses affabulateurs et ses mythomanes . » La démocratie d'opinion, voilà l'ennemie !

Franz-Olivier Giesbert, du Point : Là, on n’est plus dans les raisonnements logiques mais dans l’ irrationnel absolu, l’obscurantisme populiste , la preuve est faite par l’Irlande. »

Jean-Michel Aphatie, chroniqueur a RTL et a Canal+ : le « non » ne possède aucun contenu . Des ultra libéraux l’ont prôné, au nom de la liberté sacrée qui doit être reconnue à chacun, et puis aussi l’extrême gauche irlandaise, au nom de la lutte contre le libéralisme. Plus idiot que cela , ça n’existe pas. »

Christophe Barbier, de l'Express : « c’était trop compliqué, trop obscur, trop ambigu, trop ambitieux peut-être, pour l’état de maturité des peuples ». Qu'en des termes suffisants ces choses-là sont dites !

Exception française, nous avons créé, pour nous diriger, une Noblesse d'Etat, définie par ses seuls diplômes. A quoi servirait-il au Peuple de réfléchir collectivement à son destin quand elle en assume si généreusement le fardeau ? Les Sévillans avaient le Grand Inquisiteur. Les Français ont les Grands Commis de l'État, ils seraient bien ingrats de leur mettre des bâtons dans les roues.

Une omelette un peu trop salée

Cette profonde ambivalence vis-a-vis de la Démocratie se reflète dans les idéologies que nous épousons. Oui, nous voulons la Liberté et la Démocratie, mais... il y'a toujours une valeur supérieure qui justifie qu'on les mette sous le boisseau, oh, temporairement bien sûr, juste le temps qu'« on » éduque le Peuple. Alors seulement, une fois qu'il sera correctement formaté et qu'on sera sûr de pouvoir lui faire confiance, on lui rendra toutes ses prérogatives. C'est cette ambivalence qui explique la fascination que les Français ont éprouvée pendant des décennies envers le Communisme, alors que celui-ci ne parvenait pas à prendre pied dans les démocraties mieux enracinées. Comme Saint-Augustin suppliant le Seigneur « rends-moi chaste, mais pas tout de suite », les intellectuels communistes voulaient la Démocratie, mais pas tout de suite. En attendant, comme il leur était enivrant de s'introniser Fer de Lance de la Révolution, eux dont l'omnipotence serait légitimisée par leur « conscience avancée ». La résistance ? On la massacre (« on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs »). La vérité ? Un luxe (« il ne faut pas désespérer Billancourt »). Tout ceci au nom de la Cause la plus noble, la plus inattaquable qui soit : le Progrès, l 'Égalité. Le Peuple ne comprenait pas ou était son intérêt, ils feraient donc son bien malgré lui, il faut ce qu'il faut. Aux libertés « formelles » de la démocratie bourgeoise, ils opposaient les libertés « réelles » dont ils étaient seuls garants. Le Grand Inquisiteur, toujours : « Nous saurons les convaincre d’ailleurs qu’ils ne seront libres qu’à partir du moment où ils auront renoncé à faire usage de leur liberté et nous l’auront sacrifiée dans un esprit de soumission sans retour. » Ah ! La belle idéologie que le Communisme, et quel vide il a laissé !

Mais alors, le Communisme disparu, ne resterait plus que ce repoussoir : le Libéralisme ? Tremblez dans les chaumières, allez coucher les enfants, voilà le Monstre qu'on ne peut sortir en public que flanqué, en guise de garde-chiourme, de préfixes et d'épithètes infamants. En France, on n'est pas « libéral », on est « ultra-libéral ». Il n'y a pas de « libéralisme », il n'y a qu'un « libéralisme sauvage ». Dans « libéralisme », il y'a « liberté », et ca, la liberté, on n'y croit pas tellement sous nos cieux.

Qu'à cela ne tienne. Comme aimantée par une force supérieure, la France trouve toujours une nouvelle idéologie qui justifiera la mise sous le boisseau (temporaire, c'est promis !) de la lourde et torpide volonté populaire, ennuyeuse duègne qui ne s'enthousiasme jamais assez des scintillantes promesses téléologiques qu'on lui fait. Et ô miracle ! On en a encore une, à peine cabossée : l'Europe ! Que retentisse l'Hymne à la Joie, que claque le drapeau étoilé : nous allons apporter la Fraternité, l'Union entre les Peuples ! C'est beau, c'est noble, c'est grandiose ! Sentez-vous vos âmes pleines d'un ardent et noble espoir ? En échange de ces immenses bienfaits, nous demandons, oh pas grand chose en somme : que les Français, Allemands, Britanniques et Grecs cessent cette obstination ridicule et archaïque à se considérer comme Français, Allemands, Britanniques et Grecs. Ils refusent, ces âne bâtés ? Vous voyez bien, il faudra donc faire l'Europe sans eux, malgré eux. Ils nous seront reconnaissants un jour, vous verrez. Puisque les Peuples se sont disqualifiés d'eux-mêmes par leurs votes stupides du débat européen, eh bien, tant pis, ou plutôt tant mieux, nous allons définir un espace politique dont ils seront absents. Comme l'écrivait, pour s'en féliciter, Jean Quatremer dans Libération : « C’est le second effet du vote du 29 mai 2005. La démocratie directe, du moins en France, a sans doute son avenir derrière elle. Surtout en matière européenne. » Privés de voix, puisque vous avez mal voté ! Ah oui, mais malgré tout, comme le dit Laurent Joffrin : « « Il se trouve qu’en démocratie, le peuple est souverain, c’est très désagréable , mais le peuple est souverain ». Très désagréable. Soit, nous leur donnerons un Parlement Européen a ronger. Ils sentiront peut-être confusément que ce n'est qu'un simulacre de démocratie, une démocratie sans « demos », mais ils ne trouveront pas les mots pour le dire, et nous pourrons toujours leur faire le coup de la Vertu Offensée : « mais enfin, nous vous avons donné un Parlement, sans même que vous ne le réclamiez, il est élu au suffrage universel, ce n'est tout de même pas de notre faute si vous n'en comprenez pas la signification et si vous ne vous déplacez pas lors des élections ! ». Puis, cette ennuyeuse intrusion des Peuples promptement réglée, nous pourrons enfin, ô jouissance !, construire un espace politique en apesanteur, entre nous, gens de bien. Nous pourrons inventer un « Modèle Social Européen », aux termes duquel les salariés seront enrôlés dans un syndicalisme « fort et responsable », abdiquant ainsi, tiens donc, leur autonomie individuelle au profit d'entités collectives plus « protectrices » (puisque c'est pour leur bien !). Nous proclamerons la suprématie de « la Politique », sur « les Marchés », un peu comme, sous Staline, Lyssenko avait décrété que le Communisme devait supplanter la Génétique. Ivresse d'un fonctionnement « à vide », qui se prolongera tant qu'il n'existera pas de « demos » européen à qui on puisse rendre des comptes, c'est-à-dire indéfiniment !

Comme un test de rorschach, l'Europe reflète les complexes et les frustrations obscurs des peuples qui la constituent :

-pour les Allemands, c'est un rempart contre la « bête immonde » qui veille toujours en eux.

-pour les Belges, c'est l'entité supérieure qui transcende leurs insolubles divisions.

-pour les Italiens, c'est le dernier recours contre leur État irrémédiablement mafieux et défaillant.

-pour les Irlandais, c'est un échappatoire au tête-à-tête étouffant avec la Grande-Bretagne.

-pour les pays « de l'Est », c'est un adoubement « occidental » après l'oppression soviétique.

Et pour les peuples sûrs d'eux, ceux qui ont confiance en eux-mêmes et en leurs institutions ? Certains sont des membres sceptiques et distants de l'Union Européenne (GB, Danemark, Suède), les autres s'en tiennent soigneusement a l'écart (Suisse, Norvège).

Pour les Français : on n'est pas européen bien que l'Europe ne soit pas démocratique. On est européen parce que l'Europe est ontologiquement a-démocratique : la promesse d'un espace politique « légitimement » délivré du contrôle populaire est au cœur du pouvoir d'attraction de l'idéal européen pour nos élites.

Pauv' fille

De fait, pas d'angélisme : le Peuple n'a pas de sagesse particulière, pas plus que ses dirigeants. L'homme est faillible, et aucun système, aucune institution ne peut empêcher qu'il ne se trompe. Le meilleur espoir est donc, par le débat et par une société ouverte, d'identifier et de corriger au plus tôt ses erreurs. Il n'est pas de chercher à identifier une caste qui, par ses diplômes ou sa position sociale, serait imperméable à l'erreur. A vouloir court-circuiter le processus de discussion publique par crainte qu'elle n'aboutisse pas aux résultats souhaités, nous commettons des fautes beaucoup plus graves.

Comme une fille perdue, vouée à des suborneurs qui la trompent et la battent, notre démo-aristo-cratie schizophrène n'en finit pas de se livrer à des hommes et des idéologies qui lui promettent la quadrature du cercle : concilier la réalité d'un pouvoir aristocratique et un cadre institutionnel formellement démocratique. Vain espoir, quête sans cesse déçue mais sans cesse renouvelée. Plus de deux Siècles après la Révolution, il est temps de finir le travail : Français, ayez confiance en vous-mêmes, instaurez enfin la Démocratie ! Alors enfin pourra-t-on envoyer nos Grands Inquisiteurs à la retraite.



6 réactions


  • Philou017 Philou017 16 décembre 2010 14:15

    Excellent texte. Mais réclamer la démocratie pour les peuples, n’est-ce pas irresponsable ?


  • ELCHETORIX 16 décembre 2010 16:41

    Ce n’est pas réclamer la démocratie seulement mais un état socialiste , vraiment démocratique qui tire son « essence » de la doctrine communiste de K M !
    Le peu sera gouverné pour l’intérêt de tous , il sera gouverné parles représentants progressistes du peuple , donc une gouvernance par et pour le peuple , et , non par des élites corrompues et je dirais dégénérées par leur cupidité et leur égoïsme !
    RA .


    • ELCHETORIX 16 décembre 2010 17:11

       Correction - " le peuple sera gouverné ....
      RA .


    • LeLionDeJudas LeLionDeJudas 19 décembre 2010 18:37

      Même si je suis sympathisant des idées de KM, je ne vois pas comment on pourrait a priori fonder une démocratie digne de ce nom, c’est à dire non pas une démocratie populaire mais une démocratie du Peuple, en fixant un projet de vie en commun avant le nécessaire dialogue de tous avec chacun quelque soit son opinion (même brune) son âge son sexe son statut...

      Pour moi une démocratie doit se renouveler en permanence et sans cesse répondre aux questions suivantes : chacun a-t-il la même liberté et droit de parole au sein de tout espace qu’il « habite » ? quelles types d’institutions ou de constitutions peuvent garantir l’unité et la sécurité d’un état sans entraver la liberté des individus qui y vivent ?

      S’il est désormais patent que le système représentatif a atteint depuis fort longtemps ses limites par tout type de collusion d’intérêts et auto-entretien de sa position, à tel point qu’il met en péril la notion de démocratie, il faut être réaliste, on ne peut pas se mettre à 64 millions autour de la table pour définir un projet de vie.
      La démocratie c’est avant tout la parole et le dialogue plus que le vote, même si celui-ci est nécessaire pour désigner des représentants destinés à dialoguer à un échelon supérieur.
      Le dialogue n’est pas quelque chose qui va de soi lorsque les visions du monde et les intérêts de chacun sont si différents, il n’y a qu’à lire les commentaires des uns et des autres sur Agoravox (moi le premier qui perd parfois mon sang froid, à mon grand regret, j’ai tort et ne dois pas répondre à la provocation ni à la bêtise sinon je me mets à leur niveau, mais bon je ne prétends pas non plus être Gandhi alors si de temps en temps ça part, ben c’est dommage mais c’est ainsi).

      Pour moi tout le monde doit participer au dialogue, celui-ci devrait être permanent et occuper tous les espaces habités, à commencer par les écoles qui devrait se contenter de donner les clés pour se forger sa compréhension et son rapport au monde, nous apprendre à apprendre et à respecter la liberté des autres comme unique condition de sa propre liberté.
      Le dialogue en entreprise me parait primordial, et non pas que pour parler de la manière la plus efficace ou rentable de travailler, mais pour définir ensemble le projet commun de l’entreprise, de l’agence, du service... y’en a peut-être pas mal que ça ne dérange pas d’obéir aux instructions des supérieurs hiérarchiques (très souvent emplis du sentiment de leur importance) sans qu’on leur demande leur avis, mais à moi comme à beaucoup c’est un motif de gène, et quand je suis gêné...
      Le dialogue avec ses voisins un peu comme le premier échelon démocratique de définition du vivre ensemble dans un lieu habité en commun, tout le monde devrait y participer, tant le voisin que l’épicier qui n’est dans le quartier que pour travailler ou le rom qui n’y est que pour mendier, bref tous ceux qui passent une partie de leur vie dans ce lieu, les enfants aussi s’ils ont intégrés les principes du dialogue. Dialoguer, apprendre à se connaître, les intérêts et les visions des uns des autres, désamorcer les haines fantasmées.
      Puis les échelons supérieurs : le quartier, l’arrondissement, la commune, le département, etc... ou se produirait les dialogues entre représentants désignés par l’échelon inférieur.
      Chaque échelon prendrait des décisions selon ses prérogatives elles-mêmes définies par l’échelon supérieur. Interdiction totale de cumul et de se représenter pendant 2 ans après avoir effectué son mandat, même dans un autre lieu ou un autre échelon : ceci autant pour empêcher la constitution auto-entretenue d’une caste politique que pour empêcher que la politique se professionnalise.

      Enfin, tout ça c’est que des idées un peu convenues c’est vrai, certes je manque d’imagination, les objections ne manquent pas, mais je fais confiance au dialogue et à l’ingéniosité humaine pour en créer d’autres plus lumineuses en gardant toujours à l’esprit les deux questions : chacun a-t-il la même liberté et droit de parole au sein de tout espace qu’il « habite » ? quelles types d’institutions ou de constitutions peuvent garantir l’unité et la sécurité d’un état sans entraver la liberté des individus qui y vivent ?


  •  C BARRATIER C BARRATIER 17 décembre 2010 14:58

    La démocratie ne garantit rien ni même la République(il y a des républiques islamiques). C’est notre République issue de la Révolution qu’il faut défendre..Elle ne peut être sauvée que si les citoyens s’en mêlent, contrôlent, s’informent. Des moutons passifs ne peuvent pas garder leur République de liberté, d’égalité.
    Avec PETAIN on avait cru au sauveur suprême. Il était un liquidateur, nous avons fait la même erreur avec SARKOZY.

    http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=170

    Eh oui, de nouveau la République nous appelle, j’ai ouvert un site sur ce thème et je ne suis pas le seul.


  • vinvin 20 décembre 2010 01:54

    La liberté, c’ est comme la démocratie, c’ est une utopie, ça n’ existe pas !



    VINVIN.

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