mardi 23 octobre 2012 - par Henry Moreigne

Chacun pour soi ou tous ensemble ?

La crise qui frappe l'Europe ne doit pas être sous-estimée. Dans un incroyable revirement dont l'histoire a les secrets, l'Euro et les nations n'apparaissent plus comme la solution mais bien comme le problème. Pour la première fois depuis l'après-guerre, la dynamique ne va plus dans le sens de l'élargissement de la communauté de vie mais de son rétrécissement. Plus grave, ce sont les mécanismes même de la solidarité qui sont remis en cause à commencer par la péréquation des richesses.

Sur fond de revendications autonomistes, les régions "riches" ne veulent plus payer pour les régions "pauvres". C'est vrai en Espagne, en Italie et en Belgique et même au Royaume-Uni avec l'Ecosse. Demain peut être en France si l'on continue à pousser le renforcement des prérogatives des régions pour tendre vers un ersatz de landers en lien direct avec Bruxelles.

Car le ver est dans le fruit. Même dans une vielle nation comme la notre. Comme le pointait Laurent Davezies, dans un essai publié en 2008, dans toutes les régions françaises, la somme des prestations sociales et des salaires versés par le service public est supérieure à la somme des salaires versés par secteur privé.

L'importance de ce constat ne doit pas être sous-estimé. Il explique pourquoi jusqu'à présent la France a relativement bien encaissé les soubresauts de la crise, grâce aux amortisseurs sociaux. Il est également une source d'inquiétude.

Le tournant d'une austérité qui ne dit pas son nom, imposée par les marchés financiers, va conduire inéluctablement à une fermeture partielle des robinets sociaux.

Or, de façon mécanique, moins de dépenses publiques et sociales conduira à plus d'inégalités territoriales. Le risque demain c'est le décrochage de certaines régions et l'amplification de leur paupérisation.

A l'inverse, notamment dans une période de crise, une politique d'aménagement du territoire national pilotée par l'Etat est indispensable. Ne mettons pas nos régions en concurrence les unes avec les autres. Le salut ne viendra pas du chacun pour soi mais du tous ensemble.



4 réactions


  • Anaxandre Anaxandre 23 octobre 2012 15:04

      Tous ensemble pour quoi ? Pour payer encore et toujours plus pour l’Europe des Régions, pour des États surendettés auprès des Marchés privés (on n’imagine pas les masses colossales de richesses qui partent des poches des contribuables français - et donc de la France - directement dans celles de richissimes étrangers, sans même qu’un char ne nous menace et avec le consentement de nos dirigeants traîtres), pour le fonctionnement de l’UE et de tous ses récents organismes (FESF, MES, etc) qui nous tueront plus sûrement qu’ils ne nous sauverons, pour aider non pas des peuples - grecs ou espagnols entre autres - mais leur système bancaire à continuer de créer de la richesse virtuelle en détruisant de la richesse réelle ?


      Voilà le beau travail des européistes et de leurs maîtres - désormais nos maîtres - les banquiers. Et les anciennes solidarités nationales sont bien évidemment fragilisées par une solidarité devenue abstraite, transnationale et écrasante pour le contribuable. Aujourd’hui l’UE est un tel instrument dictatorial qu’on a plus de chances de voir des référendums sur l’autonomie de certaines régions vis à vis de leur État national que concernant la sortie de l’UE ! Une Catalogne autonome ne serait pas pour déplaire à Bruxelles ; L’UE pense depuis longtemps qu’il sera bien plus facile de diriger et de dominer une myriade de petites régions que de grandes et anciennes Nations. C’est un calcul risqué puisqu’après que ces régions autonomistes se seront désolidarisées de leur État, la prochaine étape logique pour elles ne sera-t-elle pas de se désolidariser de régions du fin fond de l’Europe ? Et donc de sortir de l’UE ? De même pour l’économie, le pari de nos élites c’est qu’après des cures d’austérité drastiques, certains pays redeviennent « compétitifs » et que le chômage baisse : nous serons bienheureux alors de travailler pour un salaire chinois en plein Paris !

      Les Maîtres de l’Europe ne sont pas stupide, ils ont un projet qui avance et progresse depuis quarante ans, le problème c’est qu’on ne peut pas éternellement faire que l’abstraction l’emporte sur le réel, surtout quand ces abstractions commencent à paupériser et à détruire les peuples aussi sûrement que la guerre. Et toujours dans l’intérêt des mêmes...

      Tous ensemble pour sortir de l’UE et mettre en place une nouvelle politique de coopération directe entre États souverains, qu’ils soient d’Europe ou pas !

    • lionel 24 octobre 2012 09:45

      Anaxandre, entièrement d’accord avec votre commentaire ! Je dirais même plus !


      -Tous ensemble pour sortir de l’UE et mettre en place une nouvelle politique de coopération directe entre États souverains, qu’ils soient d’Europe ou pas !

      Respect

  • lulupipistrelle 23 octobre 2012 15:26

    Sur fond de revendications autonomistes, les régions « riches » ne veulent plus payer pour lesrégions « pauvres ».

    Si vous visez la Corse,c’est une région pauvre...

    Sinon, je vous signale que la région PACA, supposée riche, absorbe pas mal de pauvres venus de toute la France, et que son taux de chomâge et de RSA est gonflé par ces transfuges... Qu’est-ce que vous suggérez : une condition de résidence de trois ou quatre ans..pour avoir accès à l’aide sociale ? pour redistribuer l’aide aux régions d’origine ?


  • Soi même Soi même 23 octobre 2012 17:27

    Lire absolument les écrits de Pierre Hillard, tous est dit.
    En autre comment les indépendantistes régionaux sont des partie soutenues et financés en partie par l’UE.


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