mardi 27 janvier - par Sigurdhur

Charles Alloncle, ou la méthode républicaine de l’exigence

Depuis plusieures semaines, le nom de Charles Alloncle s’est imposé dans le débat public à travers les travaux de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. Jeune député, souvent décrit comme pugnace, il assume une méthode qui tranche avec le parlementarisme feutré : celle de l’exigence républicaine appliquée à une institution centrale, France Télévisions. Son objectif, qu’il revendique ouvertement, est l’« apurement » — non au sens d’une épuration idéologique, mais d’une clarification des pratiques, des responsabilités et de l’usage des fonds publics.

Dans la tradition républicaine française, le contrôle parlementaire n’est ni une option ni une formalité. Il constitue l’un des contre-pouvoirs essentiels garantissant que l’administration et les organismes financés par l’impôt rendent compte de leurs actes. C’est dans ce cadre que Charles Alloncle inscrit son action. En tant que rapporteur, il estime que France Télévisions, en raison de son poids financier, de son rôle culturel et de son influence symbolique, doit faire l’objet d’un examen rigoureux, sans complaisance ni tabou.

La méthode Alloncle repose sur trois piliers. Le premier est la transparence. Auditions publiques, questions précises, demandes de documents : il considère que l’opacité est incompatible avec un service public moderne. Pour lui, la République ne peut tolérer des zones grises là où l’argent du contribuable est engagé. Cette insistance sur la publicité des débats, souvent critiquée comme excessive, relève pourtant d’un principe classique : ce qui est financé par tous doit pouvoir être examiné par tous.

Le deuxième pilier est la responsabilité. Charles Alloncle refuse l’idée d’une responsabilité diluée dans des organigrammes complexes. Sa démarche vise à identifier clairement les chaînes de décision, les arbitrages éditoriaux et les choix budgétaires. Cette approche heurte parfois des dirigeants habitués à une large autonomie, mais elle s’inscrit dans une conception exigeante du service public : l’indépendance n’exonère pas du contrôle démocratique.

Enfin, le troisième pilier est la neutralité républicaine. Le rapporteur affirme ne pas juger les opinions, mais les pratiques. Là où certains dénoncent une chasse idéologique, il répond par le droit et les faits : respect des missions définies par la loi, pluralisme effectif, conformité aux obligations de service public. L’« apurement » qu’il défend n’est donc pas une mise au pas, mais une remise en conformité.

Cette méthode suscite inévitablement des résistances. Dans un paysage médiatique habitué à se penser comme un contre-pouvoir autonome, l’irruption d’un contrôle parlementaire ferme est vécue comme une intrusion. Pourtant, l’histoire républicaine montre que la vitalité démocratique repose précisément sur cette tension entre indépendance et responsabilité.

Qu’on approuve ou non le style de Charles Alloncle, sa démarche pose une question centrale : le service public audiovisuel peut-il durablement échapper à une exigence de clarté et de reddition des comptes ?

En revendiquant une méthode républicaine, parfois rugueuse mais assumée, le député rappelle que la République n’est pas un décor consensuel, mais un régime de règles, de contrôle et de responsabilité.



15 réactions


  • Jules Seyes Jules Seyes 27 janvier 14:15

    Quelle horreur.
    Avec des méthodes comme ca, les différents groupes de pressions qui profitent de la république et la controlent perdraient leurs avantages.
    Ce serait le début de ce que ces gens nomment le fascisme, autre nom pour fin de la république des amis.
    Ensuite, le CNC ? Les niches fiscales ? La DGFIG.
    Pardon, je suis horrible.


    • sylvain sylvain 27 janvier 16:04

      @Jules Seyes
      Non le probleme c’est la gauche en fait. Notre auteur prolifique, qui en profite pour vendre ses « tasses mugs et sweats » le dit plus clairement. 

      Vous avez un exemple vivant de ce que sera « ce que les gens nomment le fascisme » en amerique. Toutes nos « forces fascistes » l’ont pris pour exemple. Ce n’est plus la republique des amis, c’est la dictature des potes !


    • Sigurdhur Sigurdhur 27 janvier 18:18

      @sylvain
      Ce que je crois, c’est que lorsqu’un gouvernement de droite dirige le pays, la gauche fait bien son travail et dénonce les abus que la classe de droite réalise : normal, la gauche à les juges dans la poche. Par contre, lorsque la gauche est au pouvoir, les syndicats s’éteignent, les juges se reposent sur des petites affaires et lorsque la droite soulève un lièvre, alors là, on crie tout haut à la dérive fasciste !
      J’affirme donc que : pour que le peuple soit défendu, la droite doit être au pouvoir et la gauche dans l’opposition.


    • sylvain sylvain 27 janvier 19:18

      @Sigurdhur
      Non ca c’est pour que le capital soit defendu. Et puis la gauche au pouvoir c’etait quand ? les francais y ont crus avec mitterand, dommage. Sinon je vois pas.

      Et venez pas me dire que le PS c’est la gauche au pouvoir, je vous dirais pas macron c’est la droite au pouvoir. Ces gens meritent parfaitement leur qualificatif d’extreme centre, en fait d’oligarchie compradore au service du capital mondialise. ils ne sont ni de droite ni de gauche ils nient l’existence du peuple voir meme l’idee de citoyennete.

      Et la gauche n’a certainement pas les juges dans sa poche, ce n’est pas parce qu’un delinquant multirecidiviste a ete president etiquete a droite que les juges sont de gauche. Surtout qu’en fait il est celui qui a vendu le peu qui nous restait de souverainete a l’empire, il merite donc toute sa place dans la categorie ci dessus 


  • sylvain sylvain 27 janvier 16:08

    Moi je serais ravi qu’on remette en cause le systeme mediatique actuel, pour en faire un qui aurait quelque chose de democratique.

    Mais quand tout un camp ideologique,qui detient deja quasi l’ensemble du champ mediatique se reunit pour taper sur ce qui n’est pas encore a lui, ben j’ai juste envie de lui dire d’aller se faire mettre, et ce meme si ce reste est effectivement et un peu corrompu et un peu nul. 


  • Octave Lebel Octave Lebel 27 janvier 16:48

    Déjà posté ailleurs mais comme l’auteur se répète, je me permets aussi.

    La chasse aux couillons.

    Je laisse deviner à ceux que l’on prend pour des couillons ici au profit de quelle famille politique cette chasse quasi hebdomadaire en ce moment a lieu. Dernière précision importante pour les amateurs débutants, cette chasse est ouverte tout au long de l’année .Parce que les besoins sont importants et que ce gibier, dont l’intelligence est largement sous-estimée par l’auteur, ne se laisse pas prendre si facilement. D’où les battues à répétition. Heureusement, MLP et Jordan proposent de tout privatiser comme cela tout sera plus simple et puis il faut bien être reconnaissant.

    Ici donc le sermon habituel qui recycle les indignations sur commande (je me suis toujours demandé si ces gens n’éclatent pas de rire en se regardant, sitôt la caméra coupée) afin d’en faire la fleur qui vient se piquer dans le plantureux bouquet du catéchisme façon CNEWS sans le nommer. Cela devient un peu lassant.Il me semble que nous méritons mieux.

    « La liberté d’expression n’a pas de prix » selon la devise de la chaîne et son milliardaire. La morgue en magesté de quelques milliardaires , de sa cour et de ses mercenaires. Comme dans le football d’ailleurs dont Coluche disait qu’il était devenu un sport où des chômeurs allaient voir jouer des milliardaires. La morale, comme le sport, comme la liberté et la responsabilité de la presse, se fonde sur des valeurs qui ne sont pas à vendre même si certains en ont fait un commerce lucratif.

    À nous de ne pas être dupes et de faire les distinctions qui s’imposent nous éloignant et nous protégeant des démagogues si puissants soient-ils, géants aux pieds d’argile si nous ne nous laissons pas mener par le bout du nez.

    À propos, le directeur de l’information de France Inter vient de BFM ( comme le journaliste Duhamel qui n’a rien changé de ses méthodes et contenus) en remplacement d’une directrice qui venait elle de TF1.

     


    • Sigurdhur Sigurdhur 27 janvier 18:38

      @Octave Lebel
      Je regarde CNEWS de temps en temps, et ce que les téléspectateurs n’ont toujours pas compris, c’est que CNEWS n’est plus une chaine d’information, mais c’est devenu une chaine d’opinion. Après, soit on adhère, soit on adhère pas. Mais leurs travail (aux employés de la chaîne), c’est de garder les téléspectateurs derrière l’écran pour engranger les dollars de la pub...
      Toute entreprise fait cela !


    • Octave Lebel Octave Lebel 27 janvier 20:35

      @Sigurdhur

      Vous évacuez le problème de la démocratie et celui  de l’information en démocratie et de la concentration des moyens de presse alors que nous avons pu en voir les dangereuses conséquences pour celle-ci depuis le fin du XIX siècle et tout au long de la III république comme s’il n’y avait rien à dire ni à voir. Par contre vous encensez un Charles Alloncle et « sa méthode républicaine de l’exigence » ( rien que ça) tout en étant arrivé ici en vous présentant comme un gentil citoyen souhaitant sans parti-pris discuter du fonctionnement de celle-ci. Avouez que vous avez très rapidement marqué des points en méritant l’honneur de rentrer dans l’équipe bien connue ici des chasseurs de couillons.Un peu téméraires et laborieux à mon avis de croire qu’ils allaient faire facilement leur marché ici.Ils y en a qui font cela depuis des années avec le résultat que l’on connaît. Au service d’une famille politique qui a de plus en plus de mal à garder ceux qu’elle croyait empapaoutés pour longtemps  dans ses fausses promesses et vraies supercheries et gavés de sondages magiques. À prendre les gens pour des ignorants et des imbéciles, on les vexe, on les stimule, on les pousse à réfléchir. Merci de vos contributions si éclairantes.

       


    • Sigurdhur Sigurdhur 27 janvier 21:07

      @Octave Lebel
      J’ai rallumé l’ordinateur pour vous répondre !

      Vous m’attribuez l’intention « d’évacuer » des questions essentielles — démocratie, information, concentration des médias — sans jamais citer un propos précis où je le ferais. Or discuter d’un sujet donné n’implique ni l’ignorance ni le déni de tous les autres. La République, son fonctionnement institutionnel, les méthodes de contrôle et d’exigence démocratique peuvent être analysés en tant que tels, sans que cela constitue une esquive ou une dissimulation.

      L’évocation de la fin du XIXᵉ siècle et de la IIIᵉ République mérite mieux qu’une référence incantatoire. L’histoire de la presse française est complexe, conflictuelle, parfois excessive, mais elle ne se résume pas à une lecture univoque opposant mécaniquement médias et démocratie. La convoquer sans analyse précise n’éclaire pas le débat.

      Qualifier une démarche ou une méthode ne revient pas à idolâtrer une personne ni à s’y rallier politiquement. L’examen critique d’une approche républicaine n’est ni une profession de foi ni un ralliement partisan. Assimiler toute analyse à un engagement dissimulé relève d’un procès d’intention, non d’un raisonnement.

      Enfin, substituer l’étiquetage et l’amalgame à la discussion d’idées n’enrichit pas l’échange. Les désaccords sont légitimes ; ils gagnent à être argumentés plutôt qu’adossés à des soupçons de manipulation ou d’appartenance supposée. La démocratie ne progresse pas par la disqualification morale, mais par la confrontation rigoureuse et loyale des arguments.


    • Octave Lebel Octave Lebel 8 février 10:54

      @Sigurdhur

      Désolé pour le retard, je n’avais pas vu votre réponse.

      Il y des méthodes qui deviennent lassantes quoiqu’elles aient le mérite de disqualifier de plus en plus la famille politique qui a fini par perdre le peu de crédibilité que pouvaient lui apporter la surexposition médiatique ou le bourrage de crâne tenté par la prolifération de sondages fondés sur ses thèmes électoraux servis généreusement par la collusion entre les chaînes d’info et les instituts d’opinion aux mains d’une oligarchie aux abois, à la recherche d’une roue de secours.

      Ne jamais répondre sur le fond tout en se victimisation sur le thème « c’est pas moi qui y est, c’est toi ».

      Vous soutenez sans le dire un député d’extrême-droite ( qui a fait circuler entre autres en cours de commission des commentaires provocateurs sur les réseaux sociaux) en croyant que les lecteurs d’Agoravox n’y voient que du feu de même qu’ils seraient les moutons attendus des manœuvres des chaînes d’info. Remarquez que je ne vous ai pas fait l’injure de vous traiter d’idiots utiles.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Alloncle

       


  • jakem jakem 27 janvier 18:22

    Très bonne chronique !


  • Com une outre 27 janvier 22:19

    Les cours de gestion des fonds publics par l’extrême droite, mort de rire. La chaîne publique n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de mauvaise gestion des services de l’Etat par des gens nommés par l’Etat, qui comme dans le privé, ne sont là que pour s’engraisser. Et qu’un député râle sur les avantages des autres, c’est du foutage de gueule, tout simplement. C’est la paille et la poutre.


  • Goldo Du Goldo Du 28 janvier 18:27

    Alloncle ?. Le puceau qui passe son temps à streamer en pleine séance ?

    C’est ça ton sens de l’exigence ? Et ben, exigeant, tu l’es pas trop, mec !


    • Sigurdhur Sigurdhur 29 janvier 12:52

      @Goldo Du
      Ce gars connaît très bien son dossier et est très perspicace dans sa recherche. 
      Ne vous en déplaise !


Réagir



https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://simseam.ft.uns.ac.id/https://sipil.ft.uns.ac.id/slot gacorhttps://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/slot gacorhttps://akperstg.ac.id/https://fisip.uisu.ac.id/https://web.pn-sidrap.go.id/
https://hormon-osteoporosezentrum.de/judi bolahttps://saopaulodeolivenca.am.gov.br/slot gacor