samedi 30 octobre 2010 - par Raphael JORNET

Chérèque, Parisot, le gouvernement et la bombe d’artifice à mèche rapide

Avant, ça bloque, ça grève, ça défile et ça défie.

Ça avance sans reculer.

Puis, le :... 

21 octobre 2010 :

Les sénateurs se disent : adoptons un amendement pour faire un signal à la CFDT.

25 octobre 2010 :

François Chérèque, recevant le signal et mettant ses pas dans ceux des sénateurs, dit tout haut : engageons une "négociation sur l’emploi des jeunes et des séniors", 

Laurence Parisot, « dans les pas de Chérèque » : je suis "d’accord pour qu’on ouvre une délibération sociale, pour voir si on peut, sur ces sujets évoqués par François Chérèque, commencer à travailler ensemble".

26 octobre 2010 :

Christine Lagarde, très au courant de l’actualité : « Le conflit sur les retraites est à un tournant ». Elle salue le "retour de la raison et du dialogue".

Eric Woerth, dans les pas de Laurence Parisot qui étaient dans ceux de François Chérèque, lequel avait glissé les siens doucement dans ceux des sénateurs, « saisit la perche que lui a tendue la CFDT ».

François Fillon : «  Le mouvement de contestation de la réforme des retraites n’a plus de sens maintenant que le projet de loi est en passe d’être adopté au Parlement, "La phase de démocratie politique est achevée, le mouvement n’a plus de sens".

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Bernard Langlois, très en colère, dans sa chronique sur Politis du 26 octobre 2010, écrit que le « Schtroumpf jaune, fidèle à sa réputation, a profité de son passage d’hier soir sur France 2 pour enterrer le mouvement contre la « réforme » des retraites. », que Chérèque est « le fossoyeur du mouvement social », que le « chevelu de la CGT était « ravi que le compère de la centrale concurrente accepte encore une fois de se charger du sale boulot. ».

Et de conclure :

« Et chacun, comme d’hab’, dans le cercle de la raison politico-médiatique, de saluer le réalisme et le sens des responsabilités de nos grands féodaux syndicaux, capables à la fois de donner le change à leurs troupes et de les trahir en douce, en parfaite complicité avec le gouvernement et le patronat. E finita la commedia. A moins que ? »

Velveth, lui, voit en Chérèque un « naufrageur récidiviste ». Ce qui fait demander, par un commentateur du billet : « On veut nous prendre pour des cons ?!! ».

Oh , le gros mot !!!

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Aujourd’hui, ça reculerait en faisant semblant d’avancer, et nous, on ne comprendrait rien à rien ?

Bonnes manifs unitaires à tous !

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4 réactions


  • paul 30 octobre 2010 11:26

    Concernant le titre, je verrais plutôt une bombe à mèche lente que les artificiers du gouvernement
    ont désamorcé grâce - en partie - à un défaut (récurrent ) de la charge, la CFDT .
    Comme en 68, les syndicats pourraient être facilement débordés par la contestation populaire de
    ce gouvernement . Lequel garde encore l’avantage par l’asphyxie économique des grévistes .


  • Razzara Razzara 30 octobre 2010 15:22

    le « Schtroumpf jaune, fidèle à sa réputation, a profité de son passage d’hier soir sur France 2 pour enterrer le mouvement contre la « réforme » des retraites. », Chérèque est « le fossoyeur du mouvement social », le « chevelu de la CGT était « ravi que le compère de la centrale concurrente accepte encore une fois de se charger du sale boulot. ».

    Il n’y a rien de plus à ajouter, car ceci est l’exacte vérité ! Ces deux syndicats bien en vue sont des alliés du pouvoir en place. Ils servent juste à canaliser les choses, et leur plus grande trouille est de se faire déborder par la base ... D’ailleurs c’était pas loin sur ce coup là. Mais j’ai comme dans l’idée que cette fois ci la pilule que l’on cherche à nous enfoncer de force dans le gosier aura beaucoup de mal à passer ... la rancœur est palpable et aigre.

    Attendons la suite avec la réforme de la Sécu ...

    Razzara


  • ddacoudre ddacoudre 30 octobre 2010 23:16

    bonjour raphael

    avant même le début du conflit je disais à mes anciens camarades que la CFDT est devenue le maillon faible de toutes unions syndicales. mais le conflit n’échoue pas parce que la CFDT est devenu pro réaliste de l’économie de marché, mais parce que les citoyens ont perdu leur conscience de classe et se sont écartés des structures qui leur permet de résister aux tyrannies du pouvoir qu’il soit économique ou d’état.

    la recherche de considération moteur de l’individualisme humain forge plus facilement les sentiments d’égoïsmes, et si notre société à mis l’accent sur la victoire de l’individualisme après la chute du mur de Berlin c’est moins dans l’intérêt de ceux à qui l’on vendait le concept que celui de ceux qui le développaient, la solidarité ne tient qu’a un fil. je crois qu’après cet échec, d’autre remises en cause vont se faire et le démantèlement des principes de solidarité égoïste vont disparaitre au bénéfice de compagnie privé.

    la première tentative en ce sens à échoué en 1976 car les organisations syndicales étaient puissantes et retiraient leur puissance de la peur des gouvernements occidentaux de voir s’installer le communisme ; depuis 1989 cette peur à disparu et le syndicalisme est regardé presque comme une verrue dans l’unité de pensé, et c’est tout juste si l’usage de la grève et des actions de rapport de force ne les situent pas au niveau d’activistes délinquants.

    la faiblesse du syndicalisme est le fruit d’une absence de conscience politique et de classe entretenu par les pouvoirs, il veulent bien les avoir comme interlocuteur, mais passif et sans pouvoir d’opposition.
    ce mouvement conflictuel est un succès de mobilisation compte tenu du délabrement actuel du monde syndical, mais un gouvernement décrèterait la suppression de la représentation syndicale que ceci passerait comme lettre à la poste.

    en début d’année seulement 37% des salarié faisaient confiance aux organisations syndicales et confirmait le peu de participation dans les scrutins professionnels, il est fort à parier que ce conflit sur les retraites à bénéficié du report de l’impopularité du chef de l’état.

    j’ai fait les défilés et je ne peux pas dire que les salariés du privé y étaient en masse ; j’en ai entendu ailleurs plutôt se plaindre de ces actions de grève qui les empêchait d’aller au travail, même si le mouvement bénéficiaient de 70% d’opinion favorable ; cela ne signifie pas qu’ils acceptent la gêne du conflit.
    la plupart des salariés sont des « faibles » qui se positionnent toujours du côté des tyrans, individuellement on peut leur faire croire qu’ils sont des chefs ou des dominants parce qu’ils consomment mais quand il faut passer à la défense de leurs intérêts ils épousent la cause et le point de vue de ceux qui les gouvernent. la Boétie est toujours en vigueur.

    je ne sais pas ce que sera demain je n’ai pas rencontré mes camarades, mais sur le sujet il faudra revenir dessus et en plus s’y greffera les prestations du chômage car le cout des retraites vont se reporter sur les allocations chômages je ne vois pas par quel miracle les entreprises qui virent leurs salariés devenus coûteux et moins productif à partir de la cinquantaine deviendrait des sur actifs pour arriver à 62 ans.

    cordialement.


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