Choc de défiance
Les avantages fiscaux, la rupture, la poigne, l’activisme, le « il n’y a aucun tabou », le non-repentir, le volontarisme économique et diplomatique, les coups d’éclat, la communication reine, enfin beaucoup d’éléments amplement amplifiés par les médias devaient créer un choc de confiance tel qu’on allait voir ce qu’on allait voir. Un siècle d’immobilisme serait balayé par six mois d’action magique et la France allait briller dans le firmament mondial comme le soleil dans notre galaxie avec pour phare un - enfin - vrai président qui gouverne. Il a été élu pour cela ! Mais voilà, voilà que les grains de sable s’ajoutant les uns aux autres comme un sablier qui si vide inexorablement (plutôt des cailloux de petit poucet) viennent se mêler au conte et qu’au bout du chemin personne ne sait ce que l’on va trouver.
En effet, il y a un mois je pensais tout haut dans un article ici non publié qu’il faudrait moins de trois mois pour que la popularité du chef de l’Etat soit plus une impopularité grandissante qu’une envolée au zénith ou au panthéon de la gloire républicaine. Les [courbes->http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/figmag_decembre.pdf] de confiance - même question et même institut de sondage TNS Sofres pour le Figozky (euh pardon Le Figaro) (et pour faire savant et impartial j’ajouterai que les sondages ne sont que : 1 seulement un instantané et 2 juste une tendance ) - depuis le mois d’août suivent des pentes radicalement différentes, ascendante pour la plus mauvaise bien sûr. A ce jour Sarkozy a franchi vers le bas la barre des 50 % de satisfaits (moins que son score du second tour et surtout moins de la moitié des sondés) pour faire un palier de décompression à 49 - autant que d’insatisfaits - avant sans doute d’enfoncer son record d’apnée à 38 % son score de premier tour.
Alors que Fillon, lui avait déjà fait le grand saut qui se poursuit à 51 % de défiance contre 44 (il passe de - 3 à - 7), tous les indicateurs vont du rouge sang pour le rôle de la France dans le monde ( 53 % perte d’influence à + 7 contre 26 à - 5) au rouge sombre pour la lutte contre les prix avec un catastrophique 83 (+2) contre un microscopique 9 % de confiance (le choc sans doute, un choc qui tue), en passant par ce rouge désespérant de 73 % de défiance quant à la lutte contre le chômage inchangé d’un mois sur l’autre contre un misérable 21 de confiance et le tout dans un climat de confiance au pessimisme de 73 % (+ 11 !) contre seulement 13 d’optimisme (-6). Tableau plutôt sombre.
D’un côté la cote du président-premier ministre-ministre chute et d’un autre c’est l’environnement socio-économico-politique qui est extraordinairement "favorable". De plus ce n’est pas la popularité des pseudo-ministres qui va aider notre guide puisque tous baissent qu’un seul reste au-dessus de 50 % (Kouchner 52 avec - 2), seuls deux dépassent les 30 % (Borloo avec 48 et Dati la favorite en coulée vertigineuse avec - 7 à 39) et mis à part deux rescapés à un peu plus de 25 (ce qui n’est pas un gros score vous l’avouerez (Bachelot avec 26 et - 4 et Bertrand avec 25 et + 2). On le voit clairement l’avenir en matière de popularité est loin d’être au rose (ce qui de toutes façons conviendrait mieux au PS) ni même au bleu ciel.
Du côté des partis, les verts restent en tête avec moins de 50 à 46 (solde >0 à + 2 en différentiel bonnes/mauvaises opinions) suivi dans l’ordre par l’UMP (41 et - 7), le PS (39 mais un beau - 13), le MoDem (38 avec un - 7 comme l’UMP), enfin l’UDF (32 et - 18) et le champion de tous, le satellite de l’UMP, le Bayrou killer à un magnifique 19 % et un différentiel de - 37 de quoi faire rêver son leader qui plafonne lui à 9 %, Morin, lui qui est allé chercher dans les îles son financement et qui se croyait un vrai leader est au fond des océans. Ce qui est remarquable pour ceux qui nous prédisent c’est que ce même Bayrou, qui ne cesse de recevoir de torpilles, est second du classement avec + 2 et 48 % Il est en tête de toute l’opposition même si Royal remonte à 40 %. Il progresse en places et en cote.
La conclusion de tout cela est que Sarkozy n’a réussi ni sa rupture, ni son choc de confiance, ni son ouverture, que peu de monde le prend au sérieux en politique étrangère, pour lutter contre les prix, pour lutter contre le chômage. Il va être un temps - enfin - où comme dans le célèbre conte nous ne serons plus seulement quelques-uns à dire que le roi est nu, que la communication ne fait pas tout et que les faits sont têtus. Le problème qui pourrait être inquiétant, hormis le fait que la France s’enfonce, c’est la réaction de Sarkozy lui-même. Quand il aura accusé la terre entière, maudit les incompétences de ses ministres, stigmatisé ses adversaires et copieusement insulté tout le monde que va-t-il faire ?


C’est vrai que je suis un peu énervé au boulot en ce moment. Poster entre deux engueulades n’amène pas l’aménité. Je me suis pourtant défoulé sur l’i-phone ...
Heureusement, c’est bientôt Noël. 