mardi 15 septembre - par Michel DROUET

« Collectivités territoriales – Les dérives financières et politiques de la décentralisation » (1)

Lors des incendies de forêt en France, des bénévoles, des élus et les services communaux ont été en première ligne pour aider la population. L’échelon communal est bien identifié. Par contre, qui est capable d’identifier les compétences des autres strates administratives ? Qui fait quoi ? C’est la question à laquelle personne n’est en mesure de répondre.

Pas moins de 7 strates s’occupent de nous, dont 5 pour les collectivités territoriales dirigées par des élus (communes, intercommunalités, syndicats, départements et régions) et 2 pour l’Etat, (préfectures et opérateurs). C’est beaucoup trop !

Ce trop-plein provoque enchevêtrements, redondances, et suradministration qui coûtent cher : 7.5 Milliards/an de surcoût (2). La mauvaise répartition des compétences entre l’Etat et les collectivités territoriales est à l’origine de ces dérives.

Un système fait pour les élus

Comme le dit un député (3) : « La décentralisation, c’est le désordre. Les lois sont trop souvent faites autour des carrières des élus ». La place des citoyens et de la société civile demeure très limitée. C’est bien la classe politique qui tire les bénéfices de cette organisation « faite par des élus, pour des élus, et pour faire de grands élus » (4), un tremplin pour politiciens désireux de faire carrière...

Ce système endogamique produit surtout du conformisme. Peu d’idées nouvelles émergent et, comme il promeut « les meilleurs », on obtient au final un résultat identique partout, en matière de dépenses publiques. L’anticipation et l’efficacité n’ont pas leur place (on le voit actuellement en matière de canicule…). Une classe politique de notables, qui mène le pays vers le déclin.

A l’heure où on demande des efforts au français pour boucler le budget 2027, on attend une initiative forte des élus pour corriger leur écosystème inefficace et ruineux pour les finances publiques.

8 propositions pour mettre fin à ce scandale

Dans mon livre, je formule 8 propositions destinées à mettre fin à ces dérives. Je parle aussi du « Grand acte de décentralisation » présenté par le Premier Ministre, (retoqué par la classe politique…), transformé au final en un projet de loi ressemblant fort à un retour de la tutelle de l’Etat, sans tirer de conséquences sur les dérives constatées et les surcoûts.

  1. Livre publié aux éditions L’Harmattan le 3/09/2026
  2. Rapport Ravignon (2024)
  3. Thierry Benoit, Député d’Ille-et-Vilaine – Vidéo Assemblée Nationale du 11/02/2026
  4. Jacques Rondin, sociologue (« Le sacre des notables »)


2 réactions


  • Com une outre 15 septembre 12:27

    Les strates remplissent parfaitement leur fonction, c’est-à-dire éloigner le citoyen des décisions, donc de toute démocratie. De plus, le système en place est corruptif dans sa conception. Le but recherché est la centralisation, pas la décentralisation, et effectivement dans un but d’enrichissement personnel.


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