Comme en 2019 une loi factieuse est proposée pour assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme, ce qui est historiquement absurde
Le 12 novembre 2019 le député de la république en marche Sylvain Maillard dépose une proposition de loi pour assimiler l'antisionisme à l'antisémitisme. En 2026 on remet ça et cette fois le gouvernement sera à la baguette. (Info du jour)
À la fin du XIXème siècle les premiers antisionistes et possiblement les plus virulents ont été les « Sages de la Torah » quasi unanimement, jugeant le sionisme naissant comme une hérésie démoniaque. Et certains persistent de nos jours, les Neturei Karta (Les gardiens de la cité) par exemple.
Pourquoi ? Parce que les sionistes en revendiquant la création d’un état israélien contredisaient la Torah qui annonçait, grosso modo, la venue d’un Messi, la destruction du monde puis la ressuscitation des juifs, le peuple élu emmené par Dieu vers la terre promise. Faut-il comprendre que seuls les juifs mériteraient d’être sauvés ?
Ces rappels approximatifs expliquent néanmoins que l’antisionisme ne peut pas être assimilé à de l’antisémitisme. Des dignitaires juifs antisionistes opposés à la création d’un état juif ne peuvent pas être antisémites ! Juifs et anti juifs !
La loi serait une protection contre ceux en France qui voudraient la disparition d’Israël. Il y en aurait, parait-il. Mais il faut tendre l’oreille pour les entendre. D’autres prétendent que ça été dit mais de manière détournée, qu’ils ont pourtant déchiffré, eux.
Dieu n’existe pas. C’est une invention.
Ma conviction est fondée sur la raison, la logique, le bon sens, l’esprit cartésien français, les connaissances scientifiques après avoir lu « Dieu existe-t-il ? » écrit par le Cardinal Robert Sarah pour connaitre le point de vue de l’église : en résumé, Dieu existe parce que c’est écrit dans les livres saints.
La religion raconte un mythe, une légende, une fable, une allégorie :
-
Dieu aurait créé l’univers environ 4500 ans avant J.C alors qu’il est établi que l’univers a 15 milliards d’années, la terre 4 milliards et notre espèce humaine 300 000 ans ;
-
Josué a arrêté la course du soleil ;
-
Dieu a ouvert la mer rouge en deux ;
-
Adam, Noé, Mathusalem ont vécu plus de 900 ans ;
-
Le déluge, la terre plate entière submergée alors qu’elle est une sphère dont plus de la moitié des continents était alors inconnue ;
-
etc.
Je ne suis pas athée, je suis rationnel.
Je pense que toutes les religions du livre, judaïsme, christianisme, islam ont exploité la crédulité et/ou l’angoisse des êtres humains pour construire leur pouvoir et leur fortune.
Suis-je antisémite, anti-chrétien, islamophobe pour autant ?
Je suis laïc : les croyants sont libres de croire ce qu’ils veulent et ne doivent pas être persécutés pour ça. Mais ils ne doivent rien imposer de leur foi, de leurs dogmes à ceux qui pensent différemment d’eux. Plus de guerre de religion, de conflit sociétal. On n’y est pas : sur l’avortement, sur la PMA, sur le droit à mourir, etc.
Suis-je condamnable de quelque façon que ce soit pour cette conviction ? En démocratie véritable, non bien sûr.
Et pourtant à la lumière de cette nouvelle loi, en fonction de qui la fait appliquer, sait-on jamais ?
Aujourd’hui dire que le gouvernement israélien conduit une politique génocidaire, d’épuration ethnique, de spoliation, d’expatriation, d’extermination n’a rien d’antisioniste puisque c’est juste un constat rationnel basé sur les faits. Lesquels sont rarement évoqués par tous ceux qui se sont précipités pour soutenir ce gouvernement dans les premiers jours.
Par exemple, madame Yael Braun Pivet qui s’est rendue sur place, mandatée par personne, pour affirmer haut et fort son « soutien inconditionnel » à celui qui est devenu le bourreau des gazaouis, des libanais et de la population civile iranienne. A-t-elle au moins financée sa démarche personnelle sur ses deniers ? Elle a seulement regretté le mot « inconditionnel ». Sinon tout va bien alors.
Pour avoir dit cela est-on condamnable pour antisémitisme ? Impossible.
Surtout qu’il existe déjà un arsenal juridique qui, par exemple, a permis de condamner pour antisémitisme par deux fois au moins Jean Marie Le Pen et quelques autres membres du front national ancêtre du Rassemblement National.
Jean Marie Le Pen dont Jordan Bardella a dit qu’il n’était pas antisémite !
C’est en escomptant un manque d’érudition du citoyen moyen français, que nos dirigeants politiques, médiatiques en rabâchant partout, tout le temps les mêmes slogans, les mêmes fausses bonnes idées, parviennent à lui inculquer.
Prétendre que certaine forme d’antisionisme pourrait s’apparenter à de l’antisémitisme déguisé est une aberration. Toute loi la condamnant serait illicite et inique.
En même temps cela permet de détourner l’attention des vraies difficultés qui tourmentent les français.
Avantage pour les promoteurs de ce genre de loi ne coûtant rien : apparaitre magnanime voire chevaleresque à peu de frais.
Autres intérêts, décrédibiliser certains pour un bénéfice électoral en les accusant d’encourager voire de susciter l’antisémitisme ; discréditer d’autres pour leur origine même s’ils sont citoyens français, souvent nés en France.
Les français ont toujours été plutôt antisémites : l’affaire Dreyfus, Mauras, Pétain même De Gaulle qualifiant « les juifs, un peuple sûr de lui-même et dominateur » (27 novembre 1967), Le Pen, etc.
En octobre 2017 l’institut Ipsos enquête sur la vision qu’ont les français des juifs. En voici les résultats en partie : 64% pensent que les juifs disposent de lobbies très puissants ; 52% qu’ils ont beaucoup de pouvoir ; 51% qu’ils sont plus riches que la moyenne ; 38% qu’ils sont trop présents dans les médias ; 38% pensent qu’ « on parle trop de la mémoire de la Shoah ».
Alors est-il si urgent, primordial aujourd’hui, en France, dans la situation économique actuelle d’ajouter à l’attirail juridique existant une loi contestée, imprécise donc difficilement applicable ? Sauf si le but recherché n’est pas celui prétendu.


