mardi 21 juillet - par Fergus

Comment aider ses enfants à devenir propriétaires

Fonds d'image Ouest-France {JPEG}

Entre les difficultés économiques de notre pays, la persistance d’un niveau élevé de chômage, la baisse du pouvoir d’achat des classes populaires, les incertitudes concernant l’avenir, et la frilosité des banques de prêt, il est de plus en plus difficile, voire impossible, pour de nombreux jeunes d’accéder à la propriété. Certains pourraient pourtant être aidés à y parvenir dans un cadre parfaitement légal...

La plupart des parents rêvent de voir leurs enfants s’épanouir dans la vie, et cela passe très souvent par une assise financière leur permettant de se loger convenablement à un prix raisonnable. Malheureusement, le parc locatif social est très insuffisant pour faire face à la demande. Les jeunes doivent par conséquent se tourner le plus souvent vers le marché privé où, à l’exception des communes périurbaines excentrées et des petites villes en déclin, les prix s’envolent depuis des années. Conséquence : le poste « logement » dans les budgets des ménages est un ogre qui, de plus en plus, dévore peu ou prou les autres postes budgétaires au détriment de la qualité de vie.

L’accession à la propriété est à l’évidence une bonne solution pour les finances d’un couple de jeunes adultes afin d’éviter de s’engager dans une voie locative en forme de tonneau des danaïdes. Encore faut-il, pour mener à bien un projet, disposer d’un minimum d’économies, se prévaloir d’emplois stables avérés, et croiser les doigts pour obtenir de banquiers de plus en plus frileux le feu vert au déblocage des crédits nécessaires à l’achat d’un bien immobilier. Une quête qui relève très souvent du parcours de combattant et, en définitive, n’aboutit pas dans de trop nombreux cas.

Par chance, et même s’ils ne constituent qu’une minorité du genre, des papy-boomers retraités disposent d’un bon niveau de pension et souvent d’économies peu ou pas utilisées. Des sommes immédiatement disponibles qui permettraient à leurs enfants de réaliser enfin leur désir d’accession à la propriété, synonyme à terme d’amélioration significative de leurs propres conditions de vie et de celle de leurs enfants déjà nés ou à venir.

C’est là qu’intervient le « don manuel  ». Conformément aux dispositions de l’article 757 du Code général des impôts (CGI), ce dispositif permet aux parents (les « donateurs ») de transmettre à chacun de leurs enfants (les « donataires ») une somme maximale de 100 000 euros par parent – possiblement transmissible en plusieurs fois –, soit 200 000 euros par enfant pour un couple. Et cela sans avoir à payer le moindre centime de droits de donation. L’opération peut être renouvelée dans les mêmes conditions tous les 15ans aux dates anniversaires de la déclaration à l’administration fiscale.

Ce don manuel doit effectivement, depuis le 1er janvier 2026, faire obligatoirement l’objet d’une déclaration en ligne sur le site Impôts.gouv.fr dans la rubrique « Déclarer » (sous-rubrique « Déclarer un don manuel ») afin que la somme concernée puisse être intégrée dans la succession en cas de décès des donateurs avant le terme de la période de 15 ans. À noter que les personnes dispensées de déclaration en ligne sont tenues de remplir le formulaire de Déclaration de don manuel (Cerfa n°2735) disponible aux guichets des Centres des Finances publiques.

Bon à savoir : les dons manuels peuvent également être effectués au profit des petits-enfants à hauteur de 31 865 euros par grand-parent et aux petits-enfants pour une somme maximale de 5 310 euros par arrière-grand-parent. 

Au-delà des 200 000 euros sans frais, c’est possible !

200 000 euros pour un enfant, c’est déjà une belle somme qui permet l’accession à la propriété dans la plupart des petites villes et des bourgs de notre pays. C’est toutefois bien loin d’être suffisant dans Paris intra-muros et, à un degré moindre, les communes de la Petite couronne francilienne ainsi que dans les quartiers les plus prisés des métropoles régionales et des régions côtières où les prix de l’immobilier sont particulièrement élevés.

Dès lors, les candidats à la propriété qui veulent habiter dans ces secteurs – principalement pour des raisons familiales ou professionnelles – doivent trouver des solutions de financement complémentaires afin de pouvoir acquérir un logement de taille suffisante pour répondre à leurs besoins. Certes, les parents peuvent, s’ils en ont les moyens, aller au-delà des sommes transmises dans le cadre du don manuel. Mais en exposant leurs enfants à devoir payer des droits de donation non négligeables.

Qu’à cela ne tienne, il existe une solution qui permet de contourner le problème : le prêt familial. Admettons que le fils du couple X ait besoin, pour acquérir le bien qu’il convoite, de 300 000 euros venant compléter ses propres ressources. Les deux tiers de cette somme, 200 000 euros, pouvant être transmis sans frais par la voie du don manuel, il suffit à M. et Mme X d’octroyer un prêt de 100 000 euros supplémentaires à leur fils, à charge pour ce dernier de signer une reconnaissance de dette dans laquelle figureront le taux d’intérêt et la date d’échéance de ce prêt. En l’occurrence un taux zéro et une date de recouvrement postérieure à la durée de vie du don manuel, soit 15 ans écoulés, ce qui permettra ipso facto à M. et Mme X de transformer, le moment venu, les 100 000 euros du prêt en nouveau don manuel exonéré de frais.

Important : le prêt familial est, comme le don manuel, soumis à une obligation de déclaration à l’administration fiscale. En cas de non-déclaration, la somme versée par le donateur sera réputée être un don manuel complémentaire dépassant le plafond d’exonération des droits, et par conséquent exposé à une taxation par les services du fisc. Cette déclaration peut être effectuée en ligne dans la rubrique « Déclarations annexes » ou au moyen du formulaire de « Déclaration de contrat de prêt » Cerfa 2062. Il en coûte 125 euros, le prix de la transparence !

Il va de soi que ces différentes démarches peuvent être faites par l’intermédiaire d’un notaire qui établira un acte authentique. En réalité, eu égard à la simplicité des démarches sous seing privé dont le poids juridique n’a rien à céder à l’acte authentique dès lors qu’elles font l’objet d’enregistrements en bonne et due forme par l’administration fiscale, passer par un notaire ne sert pratiquement à rien, sinon à augmenter le chiffre d’affaires des tabellions.

Une dernière remarque : il est important, pour un donateur, de se poser les bonnes questions sur l’usage de son argent lorsqu’il souhaite en faire bénéficier l’un de ses enfants à l’exclusion des autres, un don manuel sélectif pouvant être à l’origine de situations conflictuelles au sein d’une fratrie.



14 réactions


  • Laconique Laconique 21 juillet 08:55

    « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. »


    • Fergus Fergus 21 juillet 08:57

      Bonjour, Laconique

      Je ne comprends pas le rapport entre cette citation des « contes et légendes de Palestine » et le contenu de l’article.


    • Laconique Laconique 21 juillet 10:12

      @Fergus

      Culturellement il est impossible aux boomers de s’intéresser aux générations suivantes. François Bayrou l’a payé de son poste. Ce n’est donc pas la nature qui vous a dicté cet article, c’est une force supérieure. Encore faut-il ajouter que votre propos ne vise qu’à mieux transmettre le capital au sein d’une même famille, ce qui ne fait en définitive que perpétuer les inégalités. Une vision vraiment objective consisterait à partager la dette nationale au lieu de la refiler aux générations suivantes, en baissant les pensions de retraite par exemple. Êtes-vous prêt à cela Fergus ?


    • Fergus Fergus 21 juillet 11:14

      @ Laconique

      « Culturellement il est impossible aux boomers de s’intéresser aux générations suivantes »

       ???

      Il y a près de 18 millions de Français retraités, dont une forte proportion de « boomers ». Une part importante d’entre eux - probablement des millions - viennent en aide à leurs enfants et petits-enfants sous différentes formes, y compris au plan financier, à hauteur de leurs moyens.

      Cela précisé, je vous accorde que dans la grande majorité des cas, ces aides interviennent « au sein d’une même famille ». Ce qui est naturel, et même « culturel ».

      « partager la dette nationale au lieu de la refiler aux générations suivantes » me semble en effet un objectif de gouvernance vers lequel il faudrait tendre.

      « Êtes-vous prêt à cela Fergus ? » Sans la moindre hésitation !


    • Aristide Aristide 21 juillet 11:33

      @Laconique

      Vous avez des enfants ? Vous êtes retraité ?


    • Aristide Aristide 21 juillet 11:42

      @Fergus

      « partager la dette nationale au lieu de la refiler aux générations suivantes » me semble en effet un objectif de gouvernance vers lequel il faudrait tendre.

      « Êtes-vous prêt à cela Fergus ? » Sans la moindre hésitation !

      Pas moi, surement pas moi... Le Pen a dit de nombreuses conneries dans sa carrière politqiue, mais il en a pourtant rapporté une qui mérité reflexion : 

      «  Je préfère mes filles à mes nièces, mes nièces à mes cousines, mes cousines à mes voisines, mes voisines à des inconnus et des inconnus à mes ennemis.  »

      Il me semble que l’impôt est là pour rétablir l’égalité. Libre à Laconique de vider ses comptes épargne et de faire don à l’État de toute son épargne ...



    • Fergus Fergus 21 juillet 11:46

      @ Aristide

      Voilà une différence entre nous. Il me semble légitime que tous ceux qui le peuvent participent à ramener la dette de la nation à un niveau raisonnable, précisément pour alléger le poids de cette dette sur les générations futures.

      Encore faudrait-il que l’effort demandé ne soit pas détourné de cet objectif !


    • Aristide Aristide 21 juillet 14:40

      @Fergus

      Assez gonflé de la part d’un affilié au régime des retraites de la RATP ultra-déficitaire, dont vous êtes Fergus, un régime qui, pour payer VOTRE retraité de boomer, doit ponctionner sévèrement dans le budget de l’État et bientôt piquer sans vergogne dans le régime de retraite complémentaire AGIRC-ARCO des salariés du privé !!! 

      Avant de vouloir ramener la dette, etc., etc., proposez donc à votre régime d’aligner les retraites pour éviter ce pillage des deniers publics et des cotisations des salariés du privé !!!! Une baisse très substantielle de votre retraite pour mettre vos actes en accord avec vos paroles. C’est pour quand ?

      Vous êtes impayable d’incohérence… mais quoi d’étonnant quand on sait vos engagements politiques passés...


  • Aristide Aristide 21 juillet 11:35

    Aider ses enfants au démarrage de leur vie adulte est à mon sens un devoir. 


    • Fergus Fergus 21 juillet 11:43

      Bonjour, Aristide

      100 % d’accord avec vous. A hauteur de ses moyens.


    • Aristide Aristide 21 juillet 11:46

      Et pas seulement du point de vue financier. Par exemple, combien de grands-parents reçoivent leurs petits-enfants pour les vacances en été et gardent leurs petits-enfants à la sortie de l’école ? Combien aident à l’acquisition de leur premier véhicule ? ...

      Il existe de nombreuses manières d’aider ses enfants. 


    • Fergus Fergus 21 juillet 11:50

      @ Aristide

      En effet. C’est bien pour cela que j’ai écrit plus haut « de différentes manières ».

      Les gardes des petits-enfants notamment représentent pour de nombreux parents une économie non négligeable.

      Ou bien la mise à disposition à titre gracieux d’une habitation qui pourrait être louée à des tiers.

      Etc.


  • Rinbeau Rinbeau 21 juillet 14:50

    @ L’auteur

    Je pense que vous n’avez pas bien retenu la feuille de route de DAVOS.. Vous n’aurez plus rien et vous serez heureux.. Mais il ne faut pas avoir beeeuuuur ! Comme dirait l’enfoiré de Claude Schwab !


  • Rinbeau Rinbeau 21 juillet 15:03

    Autre chose à laquelle vous n’avez rien compris.. Mon pauvre Fergus.. C’est qu’il n’y a aucune possibilité de réduire la dette de la France tant que les banques privées détiennent le monopole de la création monétaire.. Tous les politiciens le savent bien et c’est pour cela qu’il mentent quand ils proposent chacun leur solution.. Voilà pourquoi nous avons un parlement composé d’oppositions d’opérettes.. mais qui travaille en réalité pour le capitalisme bancaire d’aujourd’hui..


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