jeudi 21 mai - par Marc Dugois

Comment l’économie actuelle génère-t-elle automatiquement l’esclavage ?

Une fois que l’on a compris que le PIB ne chiffre que le négoce effectué en un lieu et en un temps donnés, on peut s’intéresser à l’origine de ce qui est vendu et à l’origine de ce qui sert à payer.

Si l’on voit simplement le PIB comme la valorisation de tout ce qui est vendu ou tout ce qui est acheté, on présuppose l’existence de marchandises à vendre. Si l’on voit simplement le PIB comme la somme de tout ce qui est dépensé ou encaissé, on présuppose l’existence de l’argent. Arithmétiquement c’est la même chose mais l’hypothèse, le présupposé, est inverse. L’exportation comme la diminution de stock présuppose aussi l’existence de marchandises, l’importation comme l’augmentation de stock présupposant elles, l’existence de l’argent.

Dans une économie normale, c’est l’énergie humaine qui fabrique les marchandises et c’est le constat que ces marchandises sont vues comme des richesses qui permet la création de monnaie. Dans une économie normale le paragraphe précédent n’aurait aucun intérêt puisque les deux hypothèses viennent d’une énergie humaine dépensée intelligemment, donc d’une même hypothèse de départ.

Mais aujourd’hui les machines fabriquent en continu des marchandises et les banques fabriquent en continu de la monnaie. Cela fait donc un PIB fantastique dans lequel l’homme ne sert plus que de petit messager entre les machines et les banques, en consommant, en empruntant et en se reposant de ce travail difficile. Le PIB n’est plus que le constat chiffré d’un système qui valorise les machines et les banques au détriment des hommes qu’elles remplacent toutes les deux. Mais comme le système a un besoin vital de petits messagers pour faire le lien et pour exister, il les entretient en réinventant en parallèle une économie réelle fondée sur l’esclavage : un esclavage dans le temps avec la dette, un esclavage dans l’espace avec le mondialisme et des esclavages ici et maintenant avec la paupérisation des classes moyennes, le chômage et l’immigration.

Est-ce par inconscience ou par cynisme que nous félicitons tous les 10 mai d’avoir aboli l’esclavage ? Ne pourrions-nous pas enfin reprendre conscience que dans une économie normale, c’est l’énergie humaine qui fabrique les marchandises et que seul le constat que ces marchandises sont vues comme des richesses, permet la création de monnaie ? Il paraîtrait que c’est trop demander !

Faut-il vraiment baisser les bras ?

 



14 réactions


  • Allexandre 21 mai 14:16

    Le 10 mai, c’est par cynisme que nous commémorons la Loi Schoelcher.

    L’esclavage est la condition sine qua non du NOM (nouvel ordre mondial) souhaité ardemment par les ultra libéraux et par la petite minorité qui dirige le mondegrâce à leur pouvoir économique et politique (cf J. Attali et son « gouvernement mondial » avec Jérusalem pour capitale)


    • Le421 Le421 21 mai 18:36

      @Allexandre
      L’esclavage pose un problème en France.
      En effet, la tradition ancestrale prévoit ici que le maître assure le gîte et le couvert.
      Il va encore falloir négocier avec la CFDT pour la taille de la niche et la garniture du sandwich quotidien...
      Ce pays ne pourra jamais avancer !!  smiley


    • Allexandre 21 mai 20:30

      @Le421
      En tout cas, aucun souci pour ta connerie !! Elle s’épanouit de jour en jour davantage !


    • Le421 Le421 22 mai 08:10

      @Allexandre
      Tiens, on se connaît ?
      Dimitrius ?
       smiley  smiley  smiley


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 21 mai 14:43

    Encore un effort et vous allez découvrir l’existence de « classes sociales ».


  • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 21 mai 15:50

    Il n’y a jamais eu abolition de l’esclavage mais le remplacement d’une forme de traite par une autre plus conforme aux nouveaux besoins issues des mutations technico-éconnomiques.

    Dans un article en cours de préparation, j’ose justement écrire :

    « Il convient donc de remettre les choses en perspectives, l’économie de marché n’a jamais eu pour but d’améliorer le sort de l’humanité, mais de la soumettre à des normes définies et contre-nature. Est-ce un hasard si le Slavery abolition act en 1833 https://fr.wikipedia.org/wiki/Anti-Slavery_Society s’est concrétisé au même moment que la loi de Speenhamland en 1834. https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Speenhamland

    Non certainement pas si on estime que le marché généralisé nécessitait une autre forme de main d’œuvre. A cela s’est ajouté le mouvement des enclosures https://fr.wikipedia.org/wiki/Enclosure et l’exode rural de cet nouvelle main d’œuvre dans les villes et les usines. »


  • assouline assouline 21 mai 17:02

    Dans une économie normale

    .

    Qu’est-ce qu’une économie normale ?


  • assouline assouline 21 mai 17:24

    c’est le constat que ces marchandises sont vues comme des richesses qui permet la création de monnaie.

    .

    Si ces marchandises sont vues comme des richesses, c’est qu’elles en sont.

    L’Homme n’est pas maso.

    Il ne paie le prix que de ce qu’il désir ou de ce qu’il a besoin...

    Même les cigarettes sont une richesse pour le fumeur.

    Tout ce qui satisfait un désir ou un besoin est une richesse...

    Même ce qui nuit...


    • Marc Dugois Marc Dugois 21 mai 18:04

      @assouline

      Toute la difficulté est le lien entre la richesse en effet subjective et la monnaie théoriquement objective.

      Dans une société harmonieuse, la richesse devient presque objective car la monnaie est stable. Dans la notre c’est la monnaie qui devient subjective.


  • Ecométa Ecométa 22 mai 12:28

    « La perfection des moyens et la confusion des buts semblent caractériser notre époque ».

    Albert Einstein

    Le but fondamental, qui malheureusement ne dirige pas notre système économique ; ce but « fondamental » de l’économie c’est la satisfaction des besoins humains « individuels » et « collectifs », ceci, en termes d’entendement, de bonne intelligence, de « raison » raisonnable, et non exclusivement de « rationalisme ». 

    Comment peut-on qualifier de « richesse » un simple bien de consommation tellement éphémère ? On est dans les jeux du cirque de l’antiquité pour distraire la plèbe, et nous détourner de l’enrichissement des nantis. Il conviendrait d’en finir avec ce concept de création de richesse que serait l’économie ; ça c’est bon pour les riches qui entendent s’enrichir de plus en plus, ceci, par un système qui leur va comme un gant. À en croire certains, comme le Sieur Macron, ce sont uniquement les riches qui font l’économie qui n’est qu’une affaire de richesses et de riches ! Un homme que je ne qualifierai pas de Président de la République car c’est un « traitre à la « République », à la « Res-publica », à cette « chose publique », à cette « République » qu’il n’a de cesse de vouloir détruire !

    Nous ne faisons pas réellement de l’économie au sens complexe et étymologique du terme, de celui d’« éconnomia » (« Eco » la maison et par extension l’ensemble, et « nomia » la règle) : de la règle d’ensemble ! Nous ne faisons pas, comme il siérait à une économie qui se respecte, de l’économie au sens de la « règle d’ensemble ». Ce que nous pratiquons, et sans aucune « Éthique », on peut même dire, sans aucune « Ontologie » et forcément sans aucune « Déontologie » ; ce que nous pratiquons c’est la « règle particulière » du « capitalisme », et désormais du « financiarisme » qui a inventé la nouvelle pierre philosophale en faisant de l’argent à la nanoseconde ! Dans de telles perspectives pourquoi financer l’économie réelle : celle sociétale ?

    Il est évident que la science économique, ou plus exactement que les sciences économiques, car elles sont pléthores, comme autant de moyens çà mettre en œuvre, qui, le plus souvent, s’ignorent les uns les autres, voire se combattent ; il est évident que ces sciences économiques n’étudient pas réellement l’économie mais qu’elles l’agitent en fonction de principes de nature exclusivement rationalo positivo technoscientiste on ne peut plus dogmatiques ! Que ces sciences se regardent technoscientifiquement le nombril, comme si elles étaient sans objet sociétal : sans aucune finalité sociétale !

    En matière d’économie, de sciences économiques, les économistes, classiques et même néoclassiques, nous donnent le bâton pour nous faire battre, et nous le saisissons à pleines mains !


    • Marc Dugois Marc Dugois 23 mai 07:15

      @Ecométa

      Merci de souligner que nous sommes responsables de ce qui nous arrive et que c’est notre propre conception du savoir qui est en décalage avec la réalité.

      Epistémologie a beau être un mot difficile et mal compris, c’est notre devoir de remettre en question avec bon sens toutes les sciences, comme ceux qui se disent savants en se nommant eux-mêmes scientifiques. On vient de voir comment des malotrus prétentieux qu’on a fait professeurs pour leur servilité, ont paniqué un peuple en énumérant les morts tous les soirs alors qu’il n’y a qu’une pandémie de la peur et que ce coronavirus ne fait pas plus de morts que toutes les grippes saisonnières. En comptant les morts un par un et en détournant l’attention de leur propre incompétence, ils réussissent à nous faire oublier qu’il y a en France en moyenne 50.000 morts par mois et pas assez de naissances.


  • Un des P'tite Goutte Un des P’tite Goutte 22 mai 23:16

    Merci pour ces éclairages, Marc Dugois, Ecométa et autres commentateurs. L’économie emmerde pas pal de monde, j’en ai peur ; j’ai tjrs été nul en ce domaine et pourtant, il faut en connaître un minimum.


    • Marc Dugois Marc Dugois 23 mai 07:19

      @Un des P’tite Goutte

      C’est agréable d’avoir un commentaire qui refuse le formatage. L’économie est très simple et votre bon sens vous suffit pour la comprendre. Ce sont les économistes qui, pour exister, en font un galimatias incompréhensible.


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