Voici le résumé :
Prenez une compagnie d’assurance prospère (GPA) constituée d’un réseau de commercialisation salarié filiale à 100% d’un groupe d’assurance tout aussi prospère (Generali, qui commercialise par ailleurs via des agents généraux, des courtiers, internet, grands-comptes, etc)
A l’occasion d’une fusion-absorption, décidez de spécialiser le rôle de chacun :
- au réseau salarié : la rentabilité
-au autres réseaux : le chiffre d’affaire c’est à dire la puissance
Pour réussir cette augmentation de la rentabilité du réseau GPA déjà très rentable, modifiez le contrat de travail de telle sorte :
- qu’il soit inaceptable par une partie des salariés car il modifie en profondeur l’exercice du métier (course à la signature des produits les plus rentables pour la compagnie sans se préoccuper un instant des besoins des clients) et diminue drastiquement le montant des rémunérations
- de créer un mode de management basé sous la soumission complète des salariés restants et des nouveaux recrutés.
Créez une soumission d’une partie des représentants syndicaux de telle sorte qu’ils valident l’ensemble du processus (au sein de Generali, il s’agit de la CGC, de la CFTC, de la CFDT et, malgré sa renonciation ultérieure de l’accord , de la CGT, seuls FO et UNSA refusent ce dictact et jouent leur rôle de représentants des salariés).
Virez les salariés fautifs de refuser ce marché de dupes sous prétexte de sauvegarde de la compétitivité de l’entreprise (les arguments présentés paraissent de bon sens mais ne résistent pas à l’analyse , voir notre étude à l’adresse : http://blogs.mediapart.fr/blog/vincent-prudor/160311/generali-des-licenciements-sans-cause-reelle-ni-serieuse), faites un PSE de misère (sous le regard bienveillant des représentants syndicaux complaisants), des mesures d’accompagnement uniquement destinées à engraisser une entreprise d’accompagnement de vos amis et comptez sur la dispersion des licenciés sur l’ensemble du territoire pour qu’ils ne puissent se mobiliser. Et voilà le travail !
C’était en janvier 2007. Depuis, un certain nombre des licenciés s’est regroupé pour mener cette affaire devant les prud’hommes, construire un argumentaire complet avec tous les justificatifs nécessaires où il ressort :
- que du fait de la fusion absorption, l’entreprise qui nous a licenciés n’existait plus
- que les arguments de la direction utilisés pour justifier la prétendue sauvegarde de la compétitivité sont faux
- qu’aucune mesure n’a été prise pour tenter un reclassement interne des salariés avant licenciement
- que les règles d’accompagnement édictées dans le PSE n’ont pas été honorées
- que l’employeur s’est unilatéralement dégagé de la clause de non conccurence afin de ne pas l’indemniser
En faisant ces recherches (lourdes), nous nous sommes également apperçu que notre ancien employeur appliquait sur notre dos un abattement illégal de charges sociales lui ayant permis ’’d’économiser’’ plus de 78 millions € en 10 ans. Mais bizarement, les ministères et organismes concernés au premier chef par ce scandale ne bougent pas !!!
Au bout de 51 mois : qu’en est-il ?
- Les juges des prud’hommes ne se mettent pas d’accord fin 2009
- La juge de départage ne lit ni nos conclusions, ni nos pièces justificatives et valide entièrement les thèses de l’employeur en triturant tant le droit que les faits
- l’appel est prévu en octobre 2012 et la direction de Generali a prévenu dès 2009 qu’elle irrait jusqu’en Cassation (soit vers 2015), elle sait pertinement qu’elle sera condamnée mais cherche à nous essoufler.
Des mesures de médiation sont prévues par les textes, des demandes en ce sens ont été faites à maintes reprises, relayées par quelques parlementaires.
Alors, vous comprendrez aisément que nous sommes exaspérés et au lieu de mettre des bouteilles de gaz dans les bureau de Generali , nous avons fait le choix de porter cette violence contre nous-même.
Notre demande est des plus simples :
- jusqu’à présent, la justice prud’hommale a été incapable de prendre notre dossier avec la rigueur nécessaire
- la direction de Generali cherche par tous les moyens à fuir ses responsabilités
- nous demandons une intervention politique qui mette en place une médiation collégiale afin qu’une solution soit trouvée dans les plus brefs délais