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Contradiction - AgoraVox le média citoyen
lundi 24 novembre 2014 - par alinea

Contradiction

Dans mon ignorance, j'ai connu un monde que j'aimais ; les enfants aiment leur monde, même le pire. Dans ma vie, j'ai remarqué toujours que j'aimais les choses telles que je les rencontrais, mais qu'elle s'abîmaient jusqu'à disparaître et défigurer par leur manque ce qu'il en restait.

J'ai remarqué aussi que la première version d'une œuvre, et qui me touchait, était définitivement celle que je préférais. Il se trouve qu'en l'occurrence, la chance et les connaisseurs que j'ai rencontrés, me donnaient à découvrir des musiques dans leur meilleure interprétation ; cela n'empêche pas ma conviction qu'écoutant d'abord la pire, ce fut elle que mon cœur jusqu'au bout aurait préférée, même si l'étudiant, la connaissant savamment, j'aurais admis qu'une autre fut meilleure.

Quand on est môme, on aime son quartier, sa maison, son école ; on n'y porte aucun jugement de valeur esthétique, mais c'est là, c'est soi. Et un pincement au cœur si, longtemps plus tard on y revient et que l'on est contraint de constater, avec sa superbe culture d'esthétisme acquise, que c'est laid. Et c'est cette attache qui nous fait aimer des choses laides, inutiles, juste parce qu'elles viennent de notre enfance, s'y rapportent ou nous y font penser.

Pourtant, la détérioration réelle du monde, qui bétonne, goudronne, construit, pille et déforeste, nous laisse dans la même veine un sentiment mauvais, selon les jours de haine, de dépit ou de chagrin. Adulte, on peut faire la part des choses ; oui, cette affreuse bicoque que l'on ne retrouve plus n'est pas, en soi, un mal ; en revanche non, ce ruisseau, ces arbres, ce chemin de terre désormais goudronné, c'est une perte, une vraie.

Permettez... je suis réactionnaire, nostalgique et j'ai toujours pris soin avec grand soin de ce qui m'était octroyé, non en propriété, mais en lieux de vie, de travail, de bonheur ; mais, non, je ne suis pas innocente, j'ai quelques priorités et si j'en découds trois fois par an avec les ronces, je rêve de les exterminer ; mais face à leur incroyable férocité à vivre, je les soumets, je les maintiens dans une taille acceptable pour mon appétit de pouvoir ; mais ce n'est pas pour moi, mais pour eux, mes équidés ; ce n'est pas un alibi correct, eux sont moi, disons un moi agrandi, quand je soigne mes bêtes, c'est de moi que je prends soin. Je le sais depuis que moi détruite, je ne le peux plus guère. Et j'arrache sans remords la hièble venimeuse, les chardons proliférant, le datura et ces lampourdes si intelligentes qu'elles s'expatrient accrochées au poil de tous ceux qui les croisent. Nous sommes confinés sur quelques hectares épars et disséminés ; je cours derrière la nature, avec mes petites mains et je ne cours jamais assez vite.

Les chevaux sont comme ça : ils feront un désert dans un coin de bonne herbe et retarderont le plus possible de lipper les moins bonnes ; ils sont en haut de ma hiérarchie, ils s'en débrouillent. Au point que, interrogatifs sur mes manquements, je les transhume quand par trois fois j'ai croisé leur regard.

J'ai fait des kilomètres de clôtures et je demandais pardon aux pousses exubérantes de les ratiboiser ; c'est un choix, comme celui de tuer les chatons d'une chatte aimée que je ne voulais pas stériliser, ni même contracepter. J'en ai fait des conneries mais n'ai jamais trouvée la solution ; qu'y puis-je, moi, si les chats sont en notre demeure, si les chevaux longtemps furent nos obligés ? Je les respecte, accepte leur « non », les incite néanmoins au savoir vivre ensemble.

Je suis sur une corde raide, je ne peux ignorer mon prochain qui me guette et, pour la paix, je ne peux que composer.

Oui, contradiction, c'est pas sûr, composition est plus exact.

Je n'ai pas idée de ce que je pourrais être si je n'étais pas ce que je suis ; dans un monde parfait, le serais-je ? Si tout m'était permis, jusqu'où irais-je ?

J'ai un 4X4 ; un vieux. Il me sert à monter dans la forêt pour y charger mon bois, coupé, respect, et descendu aux pistes en brouette. Il me permet de porter l'eau en tonne dans des prés où il n'y en a pas ; et puis transporter le foin du temps où on en faisait.

Que n'ai-je pas entendu !! Que j'étais polluante et que je n'avais pas intérêt à la ramener. Non. Ceux qui me disaient ça faisaient cent bornes par jour pour aller bosser. Mais c'est vrai qu'ils ne nous gonflaient pas tous les jours sur la perte de la biodiversité.

Je coupe les arbres morts, ou mourant qui gênent un jeune ; au tarif horaire actuel, mon stère me coûterait un lingot ! Heureusement que mon temps n'est pas argent et que je ne vends rien. Ça craint : je ne respecte pas le rythme naturel, de vie et de mort des arbres ; j'interviens. En ai-je le droit ?

Eux, pour leur cheminée achètent le bois aux forestiers ; bon, il faut rentabiliser, chemins au bull et coupes à blanc ; bon, c'est bonne œuvre, ils aident à un emploi.

Des poux dans ma tête, ils voulaient tellement en trouver, qu'ils en voyaient ; pourquoi pas, je vis, je tue, je pollue. C'est une question de dose ? Peut-être pas. À les entendre, j'aurais le droit de vivre en grotte, manger cru et dormir sur la paille. Sinon, boucle la.

Je m'étais heurtée très jeune à l'insupportable prédominance des hormones ; j'ai très vite compris que mon humeur, ma beauté, ma laideur, mon énergie, ma flemme leur devaient tout. J'avais une nature inadaptée à la volonté et au travail, capable du meilleur, ou de rien, mon existence n'était qu'une adaptation obligée à quelque chose qui me dépassait. Rien n'est venu de mon mental, parfois des choses y transitaient. Alors mon attention s'aguerrissait au moindre indice et celui-ci, avec toute sa raide lourdeur, tâchait de suivre, mémorisant, classant, organisant ; et puis je lâchais prise, m'en remettant au monde qui, de toutes façons me dominait largement. Je n'avais aucun enclin à la maîtrise mais juste le vécu d'un summum et celui du pire ; je tâchais donc d'aller vers le summum, mais vivait souvent le pire.

Je me suis de fait toujours vécue humblement, rivée à ma nature, ma raison ne donnait jamais raison à mes égarements tandis que mon instinct, lui, ne se les mettaient pas à dos en les brimant.

J'ai donc été très tôt amenée à considérer que notre animalité était une base solide parce qu'indépassable. Sauf à se faire du mal, mais pourquoi donc ?

Aussi je sais que la supériorité, indiscutable, de l'homme dans les sphères qu'il a posées comme primordiales, ne sont dues qu'à sa pauvreté hormonale ; la femme, à cause de sa richesse en ce domaine et de son obligée dépendance, n'a jamais eu l'occasion d'avoir l'idée de la poser comme supérieure. On ne peut poser comme supérieure l'adéquation au monde et d'y être liée.

C'est vrai que les femmes aujourd'hui échappent à leur nature grâce à tout un tas de chimie bien dosée, qui les rend carrées comme des mecs, et quel que soit leur âge. Je pourrais dire bravo au progrès si le but de cet état étal était autre que manager sans états d'âme un monde abject, et je donnerais cher pour connaître le contenu des prescriptions de Merkel Lagarde et compagnie ; à moins qu'elles ne fussent de naissance, déficientes. Ce qui ne m'étonnerait pas. Mais toutes sont réglées comme du papier à musique et n'ont que leur mental pour décider de leurs ébats ou de leur insémination. Un progrès indéniable dont le hors de prix ne se calcule pas ; surtout qu'il en arrange beaucoup.

Étant donc consciente très jeune de ma dépendance à ma nature, qu'aucun recul artificiel dans un état d'innocence n'eut comblée, je me mis toute entière, conscience et mental compris, au service de celle-ci, non pas comme subordonnée ou asservie volontaire, mais comme partie d'un tout que je devais appréhender, avec mes maigres moyens. De là découle mon sens aigu de ce qu'on nomme « écologie » mais qui pour moi n'est qu'appartenance. Cela m'allait, j'aimais enfin me sentir appartenir à un Tout, n'ayant jamais ressenti ce confort en famille, en groupe ou en clan. Aussi, tout de moi se mit en alerte tranquille, en « attention » et je vis le monde tout autrement. Mon intuition était mon guide, auquel je me fiais de plus en plus sûrement et je n'eus plus jamais de jugement sur quiconque, le sachant tout comme moi sujet à ses déterminants. Ceux-ci étaient nombreux, variés, complexes et extrêmement intéressants.

J'approfondis mes connaissances en psychologie, continuai l'astrologie, me mis à la sociologie, tâtai de l'éthologie, renâclai devant la biologie qui, me semblait-il était portée par des douteux qui n'avaient pas mes buts : et surtout, surtout, j'écoutai, j'écoutais, regardais encore et encore. De là à penser que la moindre sauterelle avait sur terre la même importance que moi, le pas fut aisé ; j'appartenais à un tout si excitant, bien plus qu'une famille, une classe sociale, un sexe, une race, que sais-je, que je ne risquais pas de m'en extraire de sitôt ; qui a le plus a le moins, et plus que Tout, je ne le concevais pas. Mais ce Tout contenait tout ce que l'homme put faire, et, de la langue aux abeilles, en passant par la musique et les taureaux, je sautillai ma vie, plantais des arbres, construisais une maison, éduquais des chevaux, mangeais du pollen, cousais le cuir... ça n'en finira pas, tout, tout est si beau.

J'oubliais mon image, sage, le gain, vain, mais trouvais Dieu dans du lierre en fleurs ou sur le cul blanc des biches qui giclaient devant moi, apeurées.

C'était ma seule tristesse ; alors je me mis à exercer l'absence de mon humanité ; je la laissais dehors et traversais sans déranger personne, une bergerie de quatre cent brebis, ou bien dormais au pied d'une vache qui se sentait chargée de la mission de me protéger. Emmêlée au milieu des cornes de mes taureaux, je vivais le paradis sur terre, l'osmose sécure, même la nuit quand il me prenait de balader chez eux et que le bruissement de leurs pas dans les fourrés m'était un signe de reconnaissance, une paix, une acceptation. La première. Je ne dérangeais pas plus les bêtes que les bêtes elles-mêmes et je voyais les chevreuils voler dans les hautes herbes, les biches au dessus des clôtures tandis que les pic bœufs dormaient sur la croupe des chevaux, les sangliers se glissaient dans les taillis des taureaux ; mais les oiseaux toujours s'envolaient à mon arrivée, jamais réussi à être assez transparente pour eux.

Il m'arrivais de rompre en passant, à pied ou à cheval, des toiles géantes d'épeires champêtres, tendue entre deux arbres ou entre deux murs et l'instant de dépit et de honte devant mon importunité se consolait de la certitude d'une reconstruction entêtée, toujours recommencée. Mon simple passage destructeur devenait partie intégrante d'un monde sans cesse en mouvement, j'y étais acceptée malgré ma lourdeur,et, ma propension à l'observation sans participation de peur de déranger ou détruire, s'incarnait en un élément vivant, accueilli. J'étais pardonnée. C'était des moments de joie pure , les seuls où je trouvais ma place et je devinais l'éternité en m'éloignant du monde temporel des hommes.

Jamais je n'aurais quitté ce monde de moi-même.

Il y avait parfois des échanges verboyants qui me faisaient croire à l'esprit sain, ils faisaient affluer mon sang dans des contrées désertées d'ordinaire ; puis l'inanité de ces débordements s'avérait dans la fatigue et ce dégoût, non pas nausée, mais goût ôté, quand l'ordinaire se pointait à nouveau au cœur du quotidien ; je cherchais la poésie active en mes actions, la concordance des temps pour les acteurs et le spirituel comme lien indéfinissable mais profond et complet avec la vie que je gardais secrète. Si j'avais vécu le parfait, je ne tolérais plus l'à peu près d'actes inhabités ou peu fébriles à une quête de fusion. Des temps morts qui s'éternisaient jusqu'à ce que je sois en mesure de les broder d'ors à nouveau. Tout dépendait de moi et j'avais peu de prises. Mais quand pendant longtemps j'évitais les humains, plus rien n'arrêtait l'enluminure de ma vie ; les taureaux jouaient avec moi comme une des leurs et mes chevaux m'accompagnaient, par dix, par douze sur les chemins par dessus les fossés, nomades, allant voir l'herbe plus verte de l'autre côté.

L'humain m'a tout ôté, par folie par mégarde, par méchanceté, par haine.

Il a tué mes animaux puis s'est acharné sur moi. Alors de la fusion ne reste qu'une mémoire, du bonheur qu'une empreinte. J'ai perdu la vue aiguë et nocturne et j'ai appris que le cerveau fonctionne, dans un fauteuil roulant ou dans un canapé ; l'espace s'est rétréci, j'y rôde encore un peu fantôme, avant d'en disparaître.

photo d'illustration : Robert Vavra, equus

deuxième photo : bernard bouyé ( ses merveilles photos de toros ne sont pas disponibles sur le net, alors, pour faire la nique aux anti corrida !!!!)



45 réactions


  • Le p’tit Charles 24 novembre 2014 09:35

    Des choses intéressantes..mais on remarque très vite la différence entre un animal et un humain...pas en faveur de l’humain bien sur..incapable de respect de son environnement..
    L’intelligence de l’animal sur nous..est qu’il nous survivra et c’est tant mieux..car nous sommes trop prétentieux à nous croire au dessus de tout..plus intelligent...
    Notre mémoire n’est qu’un miroir déformant..avec le temps les images se déforment et notre vision de la réalité est tout autre...C’est la vieillesse et la perte de nos neurones...Les yeux d’un enfant sont différents de ceux d’un adulte.. !


    • Fergus Fergus 24 novembre 2014 12:06

      Bonjour, P’tit Charles.

      La survie de l’animal ? Pas si sûr, beaucoup d’espèces, incapables de s’adapter aux évolutions trop rapides de la planète sous l’action humaine, ont disparu ou sont en voie de disparition.

      Il ne faut pas non plus idéaliser les animaux : on trouve parmi eux (y compris chez les chevaux chers à Alinea) des pervers, des méchants, des gentils, des homosexuels, des courageux, des lâches, etc. Mais il est évident qu’aucun ne peut rivaliser avec l’Homme pour détruire son milieu !


    • Le p’tit Charles 24 novembre 2014 13:21

      Un conseil cher ami...allez plus souvent près des animaux pour mieux les connaitre.. !


    • Fergus Fergus 24 novembre 2014 13:38

      @ P’tit Charles.

      Un grand merci pour le conseil. Sachez toutefois que je suis issu du monde paysan et qu’aujourd’hui encore, je les côtoie très souvent, les animaux, qu’ils soient domestiques ou sauvages. 


    • Le p’tit Charles 24 novembre 2014 14:04

      Vous côtoyez peut être...mais sans les comprendre forcément..comme la majorité des 7,2 milliards de gens qui vivent sur la planète mais qui sont incapable de voir plus loin que le bout de leur nez.. !
      Quand à vos origine elle sont comme les miennes..mais je n’en fais pas étalage..a quoi bon..la modestie est plus importante que la fatuité.. !


    • Fergus Fergus 24 novembre 2014 14:13

      @ P’tit Charles.

      J’avoue ne pas avoir bien compris le motif de ce procès d’intention que vous me faites depuis que j’ai souligné, d’une part, ce qui est connu de tous (la disparition des espèces animales), et d’autre part, ce que chacun peut observer du comportements des bêtes, dès lors que l’on s’intéresse un tant soit peu à elles.

      Bonne journée.


    • Le p’tit Charles 24 novembre 2014 17:00

      Aucune attaque juste une remarque ?


  • Ruut Ruut 24 novembre 2014 10:08

    L’humain n’est qu’un animal qui se croie intelligent car il arrive a tout détruire.

    Nous ne somment même pas capable de parler avec d’autres civilisations terriennes comme les fourmis.

    La communication entre humains est elle aussi chaotique. Cf Ukraine, mali, Afghanistan, Syrie, France (chef de l’état a 11 %) , grèves au sein d’un même pays car discutions impossibles etc...


  • Fergus Fergus 24 novembre 2014 10:23

    Bonjour, Alinea.

    Houla ! que voilà un regard désabusé sur la vie ! Et un tantinet misanthrope. Je crains qu’ayant tant intellectualisé les étapes de ta vie, tu n’en subisses aujourd’hui les conséquences sous la forme d’un spleen - pour reprendre le mot utilisé par De Rivas dans un autre article du jour - dont le rappel incessant aux étapes douloureuses du chemin ne soit porteur d’une insupportable pérennité. Encore une fois, que ne te tournes-tu pas quasi-exclusivement vers cette nature que tu connais si bien et qui t’a apporté, jusque-là, infiniment plus de joies que de tracas ?


    • alinea alinea 24 novembre 2014 10:30

      Désabusé, tu es sûr ? Chagriné, plutôt.
      Se tourner exclusivement vers la nature ; oui, je ne fais que me demander comment faire !! parce que je suis une fille très active ! la contempler en marchant ne me va que quand j’écris !!
      Je ne suis pas désabusée !! je suis anéantie, je tâche de me soigner !!


    • Fergus Fergus 24 novembre 2014 12:01

      @ Alinea.

      Tu est mieux placée que quiconque pour juger du terme le plus approprié. Disons donc « chagriné ». Et pour ce qui est de la nature, j’ai quand même pris le soin de mettre « quasi » devant « exclusivement », s’en remettre à la seule nature revenant à se créer les conditions d’un ermitage de fait.

      Un mot sur le 4x4 : autant je déteste voir ces engins dans les villes où ils ne sont d’aucune autre utilité que de permettre à leur proprio de frimer, autant je reconnais qu’ils sont souvent d’une grande utilité dans les zones rurales, particulièrement pour atteindre des lieux inaccessibles avec une voiture ordinaire et de surcroît incapable de transporter des charges lourdes.


  • Passante Passante 24 novembre 2014 11:22

    heureux ceux qui ont vécu la vie qu’ils ont choisie, & comme il l’entendaient.

    et quel beau voyage, j’ai tout traversé là, au millimètre.
    si l’éternel retour existe, et s’il n’existe pas à reprendre tout cela, en intégral, 
    que de jaloux - mais ils ne sont rien, sinon ceux qu’ils sont, de n’avoir pas lieu, ce lieu, 
    tous ces lieux.
    les humains ? moui, faut rien généraliser surtout, 
    et pas oublier que chaque âge a ses plaisirs, 
    distinguer par exemple entre justement les hormones en flux, pour tous, âge des jouissances, 
    et plus loin, lorsqu’enfin ça se décante, et vient l’heure des plaisirs, moins dévorateurs, 
    beaucoup plus nuancés, rusés, millimétriques, se gorgeant de riens, farceurs...
    vous y êtes, et je vous suis à la trace sang d’août, 
    pourquoi donc regarder en pertes ce qui scintille aussi en gains... 
    rien ne se perd, rien ne se crée... etc.
    merci - smiley

  • Aafrit Aafrit 24 novembre 2014 12:30

    Joli texte !

    Je rejoins Fergus qui vous disait que, vous avez beaucoup « intellectualisé » et c’est tant mieux pour nous, à l’image d’un côté Kazantzakis qui abuse d’intellectualisation dans tout au point de rester indécis même sur des futilités et de l’autre Zorba qui, lui, tranche avec sa hache légendaire tout ce qui se met sur sa route, même les choses les plus complexes, autrement on aurait jamais lu un de ces beaux textes.
    Je rejoins aussi Passante, on doit y voir le bon côté des choses.. rien ne se perd tout se trans...porte : les beaux souvenirs, les odeurs magnifiques, le moindre détail d’une vie simple et rude à la fois y compris votre bois dans le 4x4 smiley
    Merci Alinea

  • bakerstreet bakerstreet 24 novembre 2014 16:54

    Alinea


    C’est toujours un grand plaisir d’entendre votre petite voix toujours jeune et combattante, s’élever comme une figure de samothrace comme une fleur parmi les ronces.
     Tant pis pour ce cliché mais ça pousse comme ça sous mes doigts. 
    Je vous envie l’espace et les chevaux, et les cheveux au vent.

    • alinea alinea 24 novembre 2014 18:24

      Aucune ronce ne pousse sous vos doigts bakerstreet : vous qui faites lever la pâte et la cuisez de sorte que l’odeur en arrive jusque chez moi !
      Merci


  • Neymare Neymare 24 novembre 2014 17:09

    « Dans mon ignorance, j’ai connu un monde que j’aimais ; les enfants aiment leur monde, même le pire »
    C’est vrai. Et savez vous pourquoi ? Parce que les enfants acceptent les choses sans condition. Parce que les enfants ne regardent pas les choses avec leur intellect, leur ego, mais avec le coeur. Comme disait st Exupery « on ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux ». Les adultes perdent cette faculté, car pour un adulte, le monde doit etre tel qu’il le veut et non tel qu’il est. Or, le monde n’étant jamais tel qu’on le souhaite, on perd le meilleur de nous meme dans ce vain combat.
    La moindre contrariété, meme si on n’y est absolument pour rien, meme si ça se passe a l’autre bout du monde est capable de nous gacher la journée. Et on finit par etre désabusé. Notre esprit finit par se cristalliser sur nos rancoeurs, sur notre désarroi, sur notre impuissance.
    Néanmoins, il est possible de retrouver cette vision du coeur, et le monde se réenchante, il n’y a pas de fatalité


    • alinea alinea 24 novembre 2014 18:21

      Je ne suis pas désabusée Neymare, loin de là ; meurtrie, oui mais toujours neuve pour retourner au casse-pipe !!
      je n’ai jamais perdu ma vision du coeur, et c’est sûrement pour cela que tout est si difficile !!! Je suis neuve à chaque fois et c’est pourquoi je me fais avoir ! Sans me faire passer pour une demeurée, mais j’ai toujours foi en la vie !! Et c’est bien parce que je n’ai pas ce côté adulte que je suis si vulnérable : ceci dit, on m’a vraiment nui !


  • Jacques_M 24 novembre 2014 17:37

    Un texte magnifique, Alinea, merci.

    J’espère que vous allez bien (le dernier paragraphe était un peu inquiétant).
    Quels beaux commentaires en plus.
    .


    • alinea alinea 24 novembre 2014 18:28

      Je ne suis pas sur un fauteuil roulant, cependant, l’image n’est pas si fausse !!!
      Je ne suis pas fataliste, mais je m’en remets au destin. Sans la chirurgie je serais morte il y a quelques temps ; alors, je m’abandonne !!!
      Mais j’ai idée que c’est le sort de beaucoup !!!
      Merci Jacques


  • Xenozoid 24 novembre 2014 19:03

    ah les adultes,sans avoir les mots pour dire,on appelle cela la tristesse

    L’adulte a tout ôté, par folie par mégarde, par méchanceté, par haine.

    Il a tué les animaux puis s’est acharné sur le reste

    c’est dure la tristesse mêllé de folie,je pense,tu penses il pensent nous pensons, vous pensez....
    ils pensent qu’ils savent,moi aussi je suis fatigué d’être des fois, mais je m’en fous d’avoir,allez c’est la bohême,sur la route les chemins sont souvent de nouvelles routes,sans selles ou avec


    • Xenozoid 24 novembre 2014 19:40

      mois je connais des expères de selles qui suive celle ci pour trouver un chemin, et c’est pas forcément Que cela viens de l’auteur(l’odeur)...m’enfin


    • Xenozoid 24 novembre 2014 19:55

      on appelles cela différemment aussi,fecae,etc je sais ce qu’est la merde, mais j’aime ton commentaire, je vais te laisser dedans


  • Jean Keim Jean Keim 24 novembre 2014 19:40

    Notre plus gros handicap est la mémoire. Nous concevons le monde à notre image et les outils informatiques vont de plus en plus vite et ainsi les réactions sont de plus en plus volumineuses et notre désir de tout conserver nous fait concevoir des téra mémoires remplies de choses inutiles.


    • Xenozoid 24 novembre 2014 19:51

      tu penses que les animaux n’ont pas de mémoire, Jean ?


    • Jean Keim Jean Keim 24 novembre 2014 21:00

      Si bien sûr Xenozoid, ma minette se rappelait une quantité de choses et les animaux sauvages ont besoin d’avoir de la mémoire pour survivre mais ils n’inventent pas un futur d’après des expériences passées et ainsi ils ne s’embarrassent pas d’une mémoire psychologique. Nous les humains devont porter ce fardeau. 


  • Xenozoid 24 novembre 2014 21:03

    mais ils n’inventent pas un futur d’après des expériences passées et ainsi ils ne s’embarrassent pas d’une mémoire psychologique. Nous les humains devont porter ce fardeau.
    commen sais tu cela,Jean ?


    • Jean Keim Jean Keim 25 novembre 2014 09:31

      Xenozoid, vous cherchez la petite bête smiley


    • Xenozoid 25 novembre 2014 16:21

      peut être, n’empêche tu sais pas ce qu’ils pensent ’les Animaux’


    • foufouille foufouille 25 novembre 2014 16:26

      toi, tu sait ?
      es tu un animal ou très proche ?


    • Xenozoid 25 novembre 2014 18:04

      oh foufouille,c’est la fête au village, pourquoi tant de haine ?qu’on faient les animaux ?


    • foufouille foufouille 25 novembre 2014 18:07

      on dirait que tu as jamais eu d’animaux.


    • Jean Keim Jean Keim 26 novembre 2014 09:37

      Bonmatin Xenozoid,

      Je ne comprends pas le sens de vos propos et pourquoi avoir introduit les animaux ? La pensée s’appuie sur la mémoire, cela est facile à constater, le fait d’avoir des mémoires génère-t-il obligatoirement des pensée ? Il faut qq. chose en plus, un élément déclencheur, la pensée chez la majorité d’entre nous tourne en boucle, est-ce également le cas chez certains animaux ? Cela je ne le sais pas, il me semble qu’ils sont plus dans l’action que dans la réaction, chez l’humain c’est plutôt l’inverse.
      Bonne journée.


    • Xenozoid 26 novembre 2014 17:58

      tu as dis
      Xenozoid, vous cherchez la petite bête 

      tu disais que les animaux n’ont pas de conscience, je te répond , comment sais tu cela ?


    • Jean Keim Jean Keim 26 novembre 2014 19:36

      Je n’ai jamais dit ou écrit cela ???

      Votre 1ère question porte sur la mémoire, la 2ème sur la pensée, la 3ème sur la conscience, la suivante sera ... 


    • Xenozoid 27 novembre 2014 14:10

      sélective 


  • Karol Karol 25 novembre 2014 08:37

    Bonjour Alinéa,
    Hier, après une première lecture de votre très beau texte sur votre condition humaine parmi les humains, écrit aux temps du passé, j’en avais déduis que vous renonciez définitivement au combat. A la lecture du fil je me réjouis qu’il n’en est rien. L’humain ne vous a pas encore ôté totalement votre capacité de vous indigner et de vous insurger. On a besoin de personnes comme vous, encore capables de réagir, dans ce monde qui ne cesse de nous anesthésier et de nous anéantir.


  • JMBerniolles 25 novembre 2014 09:04

    Merci pour ce très beau texte.. 

    Un peu auto centré mais ce n’est pas une critique, au contraire on y trouve la racine des sentiments ... et beaucoup de nostalgie... 
    Tout cela me fait penser à la camargue... de l’extérieur il peut sembler que la camargue aie conservé son authenticité. 

    • alinea alinea 25 novembre 2014 10:26

      Oui je le trouve trop auto centré aussi, et ça me met mal à l’aise !
      merci, à tous...


    • alinea alinea 25 novembre 2014 10:32

      La personne avec qui j’ai travaillé toutes ces années est de Camargue, et de ce que j’en vois et de ce que j’en sais, c’est au contraire de l’intérieur que la Camargue est authentique ; ces gens qui ne vivent pas du tourisme et je vous garantis que ces gens-là ne sont pas ordinaires !!! un monde dans le monde, mais qui se décime sérieusement, vieillissement et...alcool ! mais il y a encore tout : la musique, les copains, la bonne bouf, les toros, les marais et les chevaux !!


  • JMBerniolles 25 novembre 2014 13:06

    Mais quand on est une personne intéressante, il n’y a aucun problème pour parler un peu de soi avec sincérité.


    Je pense que la camargue, ses habitants.. se sont battus pour garder cette authencité. C’est certainement une leçon de vie. On ne peut rester soi-même sans se battre..


    • alinea alinea 25 novembre 2014 13:18

      « On ne peut rester soi-même sans se battre.. »
      C’est vrai si « soi » est un groupe, mais à la vitesse à laquelle celui-ci se déglingue, il n’existera plus sous peu ! Ils supportent la perte, les portes qui se ferment, l’horizon qui se charge, et oui, il y a encore de la vie, et quelle vie ! Mais des drames aussi ; parce que les vrais autochtones ne sont pas des militants politiques ou écologiques, ils chanteront et joueront de la guitare, jusqu’à devant leur cercueil !!
      Parce qu’ils ne comptent plus leurs morts...


    • alinea alinea 25 novembre 2014 13:23

      J’ai fait un lapsus de compréhension !! j’ai lu : on peut rester soi-même sans se battre.
      C’est bizarre, ces gens-là, ne se battent pas, enfin pas comme on l’imagine ; ils louvoient, se débrouillent pour rester eux mêmes dans des méandres de plus en plus étroits...le cercle se rétrécie, plus rien ne vient le nourrir, ils vivent sans avenir et c’est poignant.


  • escudo escudo 26 novembre 2014 00:15

    Très beau texte ! Merci Alinéa d’emmener dans ce monde de brutes un peu de beauté par la magie des mots.


  • Le Gaïagénaire 6 décembre 2014 20:44
    @ par alinea (son site) 
    lundi 24 novembre 2014

    « mais les oiseaux toujours s’envolaient à mon arrivée, jamais réussi à être assez transparente pour eux. »




    • alinea alinea 6 décembre 2014 21:55

      sauf ceux qui nous prennent pour leur mère !!
      c’est rageant cet instinct du prédateur qu’il reconnaissent à cent mètres ; je ne suis pas celle que vous croyez, leur dis-je en langage aérien, c’est-à-dire en silence ; rien n’y a jamais fait. J’en ai conclu que les oiseaux sont cons !!! smiley


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