lundi 11 octobre 2010 - par Daniel Salvatore Schiffer

Contre la peine de mort

C’était, ce dimanche 10 octobre 2010, la journée mondiale contre la peine de mort et donc, parallèlement, pour son abolition. Un événement qui, malgré la mobilisation, aux quatre coins de la planète démocratique, de dizaines d’organismes humanitaires, de centaines d’intellectuels et de milliers de militants, n’aura somme toute recueilli, comparé à bien d’autres informations de moindre importance, que peu d’échos dans les principaux médias.
 
 Ce paradoxe est d’autant plus surprenant, au regard de notre conscience morale, que l’abolition de la peine de mort, sentence aussi barbare qu’inutile par rapport à son supposé effet de dissuasion, mais surtout contraire à la déclaration universelle des droits de l’homme, s’avère une étape fondamentale pour le progrès, non seulement de la Justice, mais de notre civilisation, sinon pour l’avenir de l’humanité tout entière.
 
 Ce fut par ailleurs là un des arguments qu’employa Robert Badinter, lorsqu’il était le Garde des Sceaux du Président François Mitterrand, dans son magnifique et historique plaidoyer, prononcé du haut de la tribune de l’Assemblée Nationale, le 30 septembre 1981, pour l’abolition de la peine de mort.
 
 Semblable position philosophique était déjà celle, du reste, d’humanistes aussi prestigieux, unanimement reconnus pour leur sens éthique, qu’Albert Camus et Arthur Koestler, lesquels, en leurs « Réflexions sur la peine capitale », ouvrage publié en 1957, s’insurgèrent avec une rare force argumentative, l’un contre la pendaison (Koestler) et l’autre contre la guillotine (Camus), contre cet ignoble châtiment.
 
Leur modèle intellectuel n’était d’ailleurs pas, à ce sujet, le moindre des écrivains puisqu’il s’agissait là, bien qu’ils fussent eux-mêmes athées, du Dostoïevski de L’Idiot, dont on sait ce que cette figure charismatique doit à celle du Christ, pour qui pardon et compassion constituent les deux principales composantes de la charité chrétienne.
 
 Mais c’est un motif plus strictement rationnel, doublé d’un constat essentiellement politique, sur lequel tant Camus que Koestler se fondaient alors, mais l’analyse vaut peut-être encore plus aujourd’hui, pour condamner la peine de mort : le fait que les principales causes du crime sont à rechercher, selon eux, dans la misère, avec tous les fléaux qu’elle engendre (alcoolisme, drogue, violence familiale, analphabétisme, ignorance…), mais une pauvreté sociale, surtout, dont l’Etat lui-même, bien plus que l’individu, est, toujours d’après eux, le premier responsable.
 
Et, en effet, n’est-ce pas là précisément, pour en revenir à l’actualité, ce qui vient de se dérouler aux Etats-Unis, avec l’emblématique mais douloureux cas de Teresa Lewis, cette jeune femme américaine qui, accusée d’avoir commandité le double meurtre de son mari et de son beau-fils, a été exécutée ce 23 septembre 2010, par injection létale malgré sa notoire déficience mentale, dans le pénitencier de Greensville, en Virginie, spécialement aménagé pour ce genre de mise à mort, particulièrement barbare malgré son aspect cyniquement « high tech » !
 
D’autant plus intolérable qu’elle s’est faite, contrairement à ce qui s’est passé pour Sakineh Mohammadi-Ashtiani, dans l’indifférence quasi générale, sinon l’anonymat le plus complet, comme si l’indignation de certains de nos chers intellectuels en col blanc se révélait, en matière de droits humains tout autant que de principes universels, aussi sélective qu’arbitraire, à géométries variables ou en fonction de sensibilités purement subjectives et partisanes, selon le pays où ce genre de crime a lieu.
 
Bref : un injuste et injustifiable « deux poids, deux mesures », celui des affaires Sakineh-Teresa, qui n’aura donc de cesse d’interpeler désormais, de la manière la plus tragique qui soit, notre conscience d’homme libre et se voulant doté, du moins idéalement, d’une certaine honnêteté intellectuelle.
 
Ainsi viens-je de signer moi-même, avec quelques dizaines d’intellectuels internationaux, une pétition, contre la peine de mort, qui se verra bientôt présentée, en guise de prologue à une possible résolution allant en ce sens, à l’ONU. Reste à espérer, bien évidemment, que cette initiative, pour urgente et nécessaire qu’elle soit, ne demeurera pas un vœu seulement pieux, voire vain ! 


57 réactions


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 11 octobre 2010 10:07

    Est-il encore permis de s’opposer à la « pensée unique » en cette affaire ?

    Du principe de la peine de mort.


    • friedrich 11 octobre 2010 10:49

      Article intéressant Llabrés, mais aucune piste n’ est donnée pour savoir comment ressusciter le mort en cas d’ erreur judiciaire. Un autre lien peut-être ? 


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 11 octobre 2010 10:53

      Partant, les jurés devant statuer en matière de peine de mort, comme d’ailleurs en matière de réclusion perpétuelle avec ou sans peine de sûreté, doivent toujours demeurer ouverts à l’idée qu’il peut exister un doute raisonnable même si ce doute peut paraître invraisemblable.

      À l’inverse, le risque d’erreur judiciaire ne doit pas, pour autant, leur faire refuser de voir les cas dans lesquels aucun doute n’est à retenir.


    • Tetsuko Yorimasa Tetsuko Yorimasa 11 octobre 2010 11:23

      Sur votre blog vous dites vouloir ne pas faire souffrir le condamné à mort en lui administrant une dose de somnifère avant son exécution.
      En plus de lui enlever la vie, vous lui interdisez de faire face à sa propre mort, et je vous en prie, ne me parlez pas du condamné à mort comme d’un monstre, qualificatif un peu facile et réducteur afin de déshumaniser le condamné, rendant son élimination moins culpabilisatrice.
      Savez-vous qu’au Japon le condamné à mort ne connait pas la date de son exécution, elle lui est communiquée quelques minutes avant son exécution, la famille n’étant au courant qu’après.
      Tout ceci fait que les condamnés japonais entrent dans la pièce de pendaison dans un état mental proche de la démence.

      Et oui c’est horrible, la justice n’est pas là pour réparer l’horreur d’un crime car le retour de la victime est impossible, mais pour punir le criminel.
      La condamnation à mort n’est pas une punition, elle est une vengeance par le biais de l’état, ce qui n’est plus la justice.

      En parlant de « primo-criminel », tout les condamnés à mort noir-américains innocentés étaient selon la justice de leur pays des « primo-criminels » avérés.

      comment fait on alors ?

      La seule solution acceptable est la mise à l’écart de notre société, dont les criminels en sont aussi le produit.


    • Fergus Fergus 11 octobre 2010 11:28

      100 % d’accord, Tetsuko.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 11 octobre 2010 13:33

      Par Tetsuko Yorimasa (xxx.xxx.xxx.91) 11 octobre 11:23
      "vous lui interdisez de faire face à sa propre mort« 
      Conformément à votre suggestion implicite, s’il le souhaitait, il n’y aurait aucun problème à prévenir un condamné de la date de son exécution ; avec un délai suffisant pour qu’il puisse apprécier le temps lui restant à vivre ou/et à angoisser un maximum dans la perspective de l’heure fatale...

       »et je vous en prie, ne me parlez pas du condamné à mort comme d’un monstre« 
      Nulle part, je n’ai utilisé le mot »monstre" ; cette utilisation est votre initiative.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 11 octobre 2010 14:05

      Par parkway (xxx.xxx.xxx.169) 11 octobre 13:14
      « Llabrés,
      Vous avez bien raison de rester anonyme »
      1)
      J’apprécie beaucoup les gens qui parlent sans rien savoir de l’anonymat réel ou supposé des autres.
      2)
      Votre commentaire est-il une menace ?
      3)
      Pour délit d’opinion contre la « pensée unique » et la « bien pensanse », pourrais-je être condamné à mort par un opposant à la peine de mort ?...


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 11 octobre 2010 14:08

      Erratum :
      « bien pensance »


    • Francis JL 11 octobre 2010 14:31

      JPLlabrés écrit : « pourrais-je être condamné à mort par un opposant à la peine de mort ?... »
       
      Cette phrase est réellement « tordue » dans le sens pervers et inepte, et démontre s’il le fallait, qu’avec ce personnage (on dirait un robot), aucune discussion n’est possible.

      Qui a dit : « Le style c’est l’homme » !?


    • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 11 octobre 2010 21:32

      Le risque d’erreur judiciaire n’est pas seulement un argument contre la peine de mort, c’est un argument contre toutes les peines d’emprisonnement.

      Le risque d’erreur est un argument contre toute action, donc contre la vie.


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 12 octobre 2010 00:12

      "À l’inverse, le risque d’erreur judiciaire ne doit pas, pour autant, leur faire refuser de voir les cas dans lesquels aucun doute n’est à retenir.«  : C’est ce qui se passe en général au pays des Bisounours, oui.

      Mais dans la réalité, les affaires qui peuvent engendrer la Mort sont très médiatisées. Juges, procureurs et jurés se retrouvent au milieu d’une tornade médiatique et au lieu d’un procès juste et équitable, la pression sociale et médiatique monte pour pousser la Justice à tuer, pour satisfaire la soif de sang des »braves et honnêtes gens« pour qui le verdict de culpabilité ne fait aucun doute dès l’annonce de la suspicion. C’ est une véritable »Chronique d’une mort annoncée" qui se met en place pour de bon.


    • Francis JL 12 octobre 2010 09:05

      Senatus populusque nous donne là un échantillon de son immense bêtise. Pour lui éviter de répondre, je lui dirai simplement qu’une erreur judiciaire est irréparable quand le condamné a été exécuté, et dans ce cas seulement.

      Mais bon, c’est un troll, rien de plus.


    • Agoravix 17 octobre 2010 14:56

      Merci de nous parler de l’etat mental des victimes.


  • Francis JL 11 octobre 2010 10:39

    Puisque vous citez de grands noms d’opposants à la peine de mort, il faut ici citer Victor Hugo !

    A tous les anti Llabrès de ce site, je conseille le roman « Claude Gueux », court mais inoubliable.

    Et n’oublions pas non plus ce magnifique film : « Dancer in the dark » de Lars Von Trier.


  • Fergus Fergus 11 octobre 2010 11:36

    Bonjour, Daniel.

    Pour ce qui est de la pétition, il est à craindre qu’elle reste sans effet.

    J’ai moi-même participé, lorsque j’étais à Amnesty, au recueil de signatures dans le cadre d’une pétition internationale remise aux autorités américaines lors des JO d’Atlanta. Des centaines de milliers de signatures collectées sur la planète auprès d’intellectuels et de simples citoyens.

    Une initiative restée sans lendemain. Et pour cause : l’abolition ou le maintien de la paine de mort est une décision politique qui ne peut être prise que dans le cadre d’une société apaisée, certainement pas en période de crise ou d’instabilité politique.


  • sisyphe sisyphe 11 octobre 2010 11:51

    Enfin, une pétition pour l’abolition, PARTOUT DANS LE MONDE !!!


    Il était plus que temps, après tout le foin fait autour du seul cas de Sakineh, quand en Chine surtout, puis aux USA, de même que dans 55 autres pays, dont l’Arabie Saoudite, cette pratique barbare continue d’être appliquée, au mépris des droits de l’homme.... 

    C’est marrant que personne ne remette jamais en cause la Chine qui détient, de loin, le record mondial d’exécutions ; realpolitik oblige....

    Pour ma part, je me permets d’enfoncer le clou quant à  Rizana Nafeek, afin d’intervenir pour que le pire soit évité.. 

  • Aldebaran Aldebaran 11 octobre 2010 12:41
    << ce qui vient de se dérouler aux Etats-Unis, avec l’emblématique mais douloureux cas de Teresa Lewis (...)
    contrairement à ce qui s’est passé pour Sakineh Mohammadi-Ashtiani, dans l’indifférence quasi générale
     « deux poids, deux mesures » >>
     
    l’auteur,
    Vous ne pouvez mettre sur le même plan la mise à mort d’un opposant politique, d’un homosexuel, d’une femme simplement adultère avec l’exécution d’un criminel sanguinaire de droit commun. 
    A l’extrême, vous ne pouvez pas comparer Hannibal Lecter avec Adolf Eichmann. 
    Votre position pourrait contribuer malgré vous à « banaliser le mal » dans une fusion de tous les crimes et une identité de tous les chatiments.
    Hors contexte exceptionnel (lutte anti-terroriste ou situation guerrière), je signerai néanmoins votre pétition avec plaisir, sachant qu’aucune peine même capitale (qui est toujours une horreur) ne peut jamais réparer les horreurs subies.


  • pastori 11 octobre 2010 12:48

    totalement d’accord avec sisyphe ! une abomination est une abomination, partout où elle se produit.


    par contre, à ceux qui sont pour la peine de mort chez nous, et ils sont nombreux, ont-ils imaginé qu’il faut aussi exécuter la peine, tuer le condamné. seraient-ils prêts à le faire ?

     si un jour il devait y avoir un référendum sur le sujet, il faudrait que sur leur bulletin de vote figure la mention : 
    « je m’engage par ce vote à accepter d’être tiré au sort pour déclencher la guillotine ou administrer le poison au condamné. »

    c’est trop facile de le faire par quelqu’un d’autre et d’avoir bonne conscience quand on a des convictions, on les assume. !


    • friedrich 11 octobre 2010 12:57

      Bien dit !


    • sisyphe sisyphe 11 octobre 2010 13:02

      Oui, Pastori. 


      Et, d’ailleurs, selon la loi, l’exécuteur devrait lui-même être mis à mort, puisqu’il a tué sciemment, et avec préméditation.... 

      Cruel dilemme... 
       smiley 

    • Louise Louise 11 octobre 2010 15:44

      Tout à fait d’accord !


    • vinvin 12 octobre 2010 00:57

      @PATCHOULI. ( Pardon je voulais dire PASTORI).


      Vous dite : ( Si un jour il devait y avoir un référendum sur le sujet, il faudrait que sur le bulletin de vote figure la mention : JE M’ ENGAGE PAR CE VOTE A ACCEPTER D’ ETRE TIRE AU SORT POUR DÉCLENCHER LA GUILLOTINE OU LE POISON AU CON-DAMNE.
      Quand on a des convictions, on les assume !) fin de citation.

      Effectivement, cela pourrait dissuader beaucoup de gens a voter en faveur de la peine de mort, MAIS PAS MOI !

      Je voterais POUR même en sachant que je risque un jour d’ être amené a avoir L’ INSIGNE HONNEUR d’ être le bourreau, car sachez qu’ a l’ époque où je conduisais « bourré » si j’ avais tué accidentellement quelqu’un, soit j’ en serais devenu fou, soit je me serais suicidé, mais je ne m’ en serais jamais remis. En revanche ôter la vie a une GROSSE ORDURE VOLONTAIREMENT ne me gênerais nullement, bien au contraire je considérerais cela comme un devoir et un service rendu a la société. (Principalement pour les crimes d’ enfants......)

      Bien sur la vie de tout-être humain VICTIME est sacrée, mais la vie d’ un enfant est encore plus que sacrée. 


      Libre a vous d’ analyser ma philosophie comme bon vous semble !.......



      Cordialement.




      VINVIN. 

    • Agoravix 17 octobre 2010 14:58

      Bien dit. Merci


    • celuiquichaussedu48 celuiquichaussedu48 22 octobre 2010 20:39

      Et le droit d’être libre en cas d’erreur judiciaire est tout aussi sacré, ce qui est impossible avec la peine de mort.


  • Aldebaran Aldebaran 11 octobre 2010 13:07

    à la limite, j’aurais accepté d’être le bourreau d’Adolf Eichmnann en 1962 ou d’Ernst Kaltenbrunner en 1946. De même que je n’hésiterais pas à tirer sur un terroriste prêt à se faire sauter dans la foule. Conditions exceptionnelles.


    Ce qui me gêne je le répète, dans cet article c’est la mise en équivalence des « fautes », au nom de l’abolition générale de la peine de mort qui est tout à fait légitime pour autant. 
    Nous plaçant devant devant le pour ou contre, le 0 ou le 1, l’auteur se croit autorisé à mettre sur le même plan une mise à mort pour raison politique ou sexuelle avec l’exécution d’une criminelle de droit commun. Je comprends que pour lui la fin justifie les moyens, mais les parallèles que l’auteur emploie me semblent déréalisés.
    Je ne suis pas du tout d’accord avec une telle abolition d’échelle de valeurs.

    • Mmarvinbear Mmarvinbear 12 octobre 2010 00:15

      Si les lois étaient appliquées comme il faut, la France entière serait une prison...


  • Aldebaran Aldebaran 11 octobre 2010 15:02

    Vous parlez de compassion. Je préfère la réserver aux victimes des criminels. Je préfère la réserver aux opposants politiques exécutés, aux femmes lapidées, aux homosexuels pendus et non aux criminels notoires.

    C’est vrai que l’exécution à mort est horrible et que ceux qui la pratiquent pourraient la rendre plus jouissive en insérant aux derniers vivants des cocktails euphorisants. Imaginez mourir sous un rush d’héro-cocaîne saturée de barbito-amphétamine, ça doit avoir un autre goût qu’une piqure, un choc électrique ou une pendaison.
    Trêve d’humour noir, et à propos des lunettes roses, je suppose que les post-humanistes et anciens nouveaux philosophes pourraient faire du bon boulot à Amnesty International, surtout quand ils se taisent. Le monde n’est pas fait pour les bisounours.
    Et les donneurs de leçons de France feraient également bien de commencer à s’interroger sur les conditions carcérales de leurs compatriotes détenus dans leur beau pays, plutôt que regarder chez les voisins. Je rappelle que les conditions carcérales françaises sont très mal notées sur le plan international.
    Mais je suppose que BHL & cie n’en ont que faire : c’est moins glorieux comme auréole, c’est moins immédiat. Nul n’est prophète en son pays.



    • Annie 11 octobre 2010 15:14

      C’est un point intéressant parce que la prison est censée priver un délinquant de liberté mais pas de dignité. Le problème est que si les conditions pénitentiaires respectaient la dignité des prisonniers, elles pourraient être comparées à leur avantage avec les conditions de vie de nombreuses personnes qui vivent dans la misère la plus abjecte en France.


  • Menouar ben Yahya 11 octobre 2010 15:11

    « A L’auteur ! » Monsieur vous citez Camus ; Koestler ; Badinter, ensuite vous parlez de conscience morale, d’Humanité...comme vous le voyez il y a des résistances, l’Humanité peine à se lever au dessus du bourbier, la soif de vengeance est tenace,et je suis sur qu’il y a eut des nostalgiques du supplice de la roue, de l’écartèlement, du plomb fondu qu’on versait sur les plaies purulentes... mais a un moment les consciences se sont élevées pour être capable de ne plus accepter ces supplices barbares. Peut être qu’aujourd’hui les consciences ne sont pas encore arrivées à un stade ou nous pourrions dépasser ces barbaries ! Les Julos Beaucarne ne sont pas légions mais pourtant c’est eux qui nous montre la voie.


  • Cogno2 11 octobre 2010 15:22

    Article intéressant Llabrés, mais aucune piste n’ est donnée pour savoir comment ressusciter le mort en cas d’ erreur judiciaire. Un autre lien peut-être ?

    On se contente de les réhabiliter à titre posthume, ce ne sont pas quelques morts innocents qui vont remettre en cause cet instrument de pacification qu’est la peine de mort, non mais sans blague.

    Je passe le mensonge qui prétends que la peine de mort est dissuasive, cela n’a jamais marché, et cela ne marche toujours pas, car dans la majorité des cas, le coupable part du principe qu’il ne se fera pas prendre.

    Le seul intérêt éventuel de la peine de mort est peut être économique, une pendaison comme sur la photo, ça coute pas cher, mais je vous défie de proposer en tel spectacle en France.


  • Louise Louise 11 octobre 2010 15:51

    Quelques soient les circonstances, la peine de mort ne doit pas s’appliquer. Même si le condamné est une noire crapule.

    La « morale naturelle » interdit de tuer, cela est valable pour tout le monde (sauf légitime défense, etc...), et les Etats s’autoriseraient à le faire ?


    • Papybom Papybom 11 octobre 2010 16:05

      Bonjour Louise  :

      « La « morale naturelle » interdit de tuer, cela est valable pour tout le monde (sauf légitime défense, etc...), Parlez- en à René Galinier…

      Moi, j’accepterais d’être le Bourreau…. de votre cœur  !

      Cordialement.


  • cmoy patou 11 octobre 2010 16:17

    Les Etats qui pratiquent encore la peine de mort sont au même niveau que ceux qu’ils exécutent.


    « Se venger d’une offense, c’est se mettre au niveau de son ennemi ; la lui pardonner, c’est se mettre au dessus de lui. »
    Proverbe Anglais


  • Louise Louise 11 octobre 2010 16:36

    Il arrive aussi que les condamnés « officiels » soient innocents, ou en tous cas ne soient pas eux-mêmes des assassins.


  • non667 11 octobre 2010 16:37

    j’accuse !
    badinter de toutes les récidives
    on a échappé a celle de patrick henry parce qu’il a été ré enfermé pour un autre délit il était bien reparti sur la mauvaise pente !
    j’accuse tout ceux qui sont contre la peine de mort de complicité
    bonne nuit les bisounours !


    • friedrich 11 octobre 2010 17:53

      J’ accuse les assassins de Christian Ranucci, j’ accuse ceux qui n’ ont pas réussi à tuer Patrick Dils, c’ est à dire vous, non667


    • non667 11 octobre 2010 21:11

      a friedrich
      pour christian ranucchi je ne culpabilise pas qu’il ait été zigouillé il était coupable vous n’avez aucune preuve du contraire et ce n’est pas le livre du rouge (indice d’esprit tordu ) du rouge gilles perrot (celui qui a force de pétitions avec ses camarades avait fait libérer le violeur luc tangore ,celui ci a peine dehors avait récidivé !!!! ) ce ne sont pas les élucubrations de ce sinistre individu gilles qui vont me faire changer d’avis ,il fait du tord au cause qu’il défend !
      pour Patrick dills il ne doit son innocence qu’au fait que les enquêteurs a l’époque n’ont pu imaginer qu’un extraordinaire concours de circonstance avait amené francis haulme a prendre son parti contre les 2 enfants qui lui jetaient des pierres et à les assassiner avec l’aide de patrick pour les tenir .

      d’un autre point de vu on est 7 milliards sur terre ,or il n’y a de la place écologiquement que pour 2 . la société s’améliore en se débarrassant des ordures plutot que les ordures tuent les gentils  smiley


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 12 octobre 2010 00:41

      Sauf que si on veut respecter les « lois naturelles », alors il est important au contraire de laisser les forts éliminer les faibles.

      C’est ainsi que marche le monde animal et végétal : le plus puissant, le plus fort, le plus malin, chasse et dévore le rival faible, malade, ou imprudent. Sans question de morale. Il se reproduit ensuite et les générations suivantes font la part encore plus belle aux prédateurs.

      On rigolera encore plus quand les écolos auront enfin compris que Mère Nature est une salope.


    • Francis JL 12 octobre 2010 09:12

      « Mère Nature est une salope » (mmarvinbear)

      Un pervers croit que deux plus deux ça fait cinq, et ça l’arrange bien.

      La croyance que « Mère nature est une salope » est de cet ordre. La mère en question a permis que des milliards d’être humains, même ceux qui la baisent, vivent jusqu’à aujourd’hui.

      Ce n’est pas « mère nature » qui est une salope, mais ceux qui la violent sont des salopards.

      Comparer la peine de mort et la sélection naturelle, est le mélange des genres le plus ridicule que j’aie jamais vu.


    • non667 12 octobre 2010 14:34

       à jl
      pour cette réaction à mmarvin toutes les critiques que vous lui faîtes s’appliquent plus justement à vous (pervers ,ridicule,salopard ) un seul exemple  :
      « ...La mère en question a permis que des milliards d’être humains.... »
      ce n’est pas dame nature qui a fait bondir la population de 1,5 milliards en 1850 à 7 actuellement ,c’est bien l’homme par les progrès médicaux et techniques ,....j’arrête la ... smiley


    • Francis JL 12 octobre 2010 14:38

      non667, parce que l’homme est plus fort que la nature ? Pauvre idiot !


    • Francis JL 12 octobre 2010 14:54

      non667, pauvres idiots pour trois raisons : en appeler aux cruelles lois de la nature pour justifier la peine de mort, c’est un mélange des genres des plus ridicules qui soient. Comparer l’homme et la nature en est un autre, tout aussi ridicule. Dire que la nature est une salope en est un troisième. Vous l’aurez compris, vous êtes dans le déni le plus total du bon sens.

      L’esprit scientifique procède par étayages. « La croyance s’affranchit très aisément du principe de non-contradiction » (Frédéric Pierru) et procède par clivages. A bon entendeur ...


    • Francis JL 12 octobre 2010 14:59

      « La mise à l’épreuve empirique du néolibéralisme révèle que celui-ci, loin d’être le constat « objectif » d’une « nécessité incontournable », n’est, en réalité, qu’une croyance à laquelle sont attachés des agents de l’économie qui, par ailleurs, aiment à se présenter et à se représenter comme hautement « rationnels ».  « Le déni est « un énoncé sur le monde ou sur soi (ou sur la connaissance du monde ou de soi) qui n’est ni littéralement vrai ni un mensonge délibéré pour tromper autrui mais qui ouvre l’étrange possibilité de savoir et de ne pas savoir en même temps. L’existence de ce qui est dénié doit être d’une façon ou d’une autre connue, et les formes d’expression de ce déni doivent être d’une façon ou d’une autre crédibles. »

      Jeter le bébé pour garder l’eau du bain ? Petit bréviaire du croyant néolibéral par temps d’apocalypse capitaliste, par Frédéric Pierru)


  • Aldebaran Aldebaran 11 octobre 2010 16:53

    Oui oui, vous avez raison Omar : vous et d’autres intellectuels ont signé une pétition. lol !

    C’est bien mon petit.
    Ceux qui ne l’ont pas signée sont des mécréants, des fourbes, des traitres, etc. etc.. on connait votre chanson habituelle.

    Changez de registre mon coco et puis si vous vouliez empêcher l’exécution de Saddam Hussein et Ceaucescu, il fallait vous y prendre plus tôt.
    N’empeche que la mise en spectacle de la mort de ces salopards a fait d’eux des victimes.

    Par contre, ce serait bien de parler aussi de parler des pollueurs, des trolls, homards et langoustines, payés 50 centimes le mot pour débiter inlassablement les mêmes inepties. A moins qu’ils soient bénévoles, ce qui serait bien plus grave pour leur quotient intellectuel et la qualité de ce site.

  • AniKoreh AniKoreh 11 octobre 2010 17:37


    Bonjour à toutes et à tous,

    Les autorités saoudiennes ont exécuté au moins 158 personnes au cours de l’année 2007, et au moins 102 personnes en 2008. Depuis le début de l’année 2009, au moins 67 autres condamnés ont été exécutés.

    « En Arabie saoudite, les peines de mort sont invariablement prononcées et appliquées à l’issue de procès iniques et secrets. » (Amnesty International)
     

    --------------------------------

    http://www.amnesty.org/fr/news-and-updates/saudi-arabian-man-beheaded-and-crucified-20091208


    En Arabie saoudite, un condamné a été décapité et crucifié


    Amnesty International a condamné l’exécution, en Arabie saoudite, d’un jeune homme de vingt-deux ans qui a été décapité puis crucifié.

    Muhammad Basheer bin Saoud al Ramaly al Shammari avait été déclaré coupable de l’enlèvement et du viol de quatre personnes en février 2009. Il a été décapité lundi à Hail.

    Sa tête a été recousue sur son corps, qui a ensuite été suspendu à un mât dans un lieu public – une pratique appelée crucifixion en Arabie saoudite.

    « Amnesty International s’oppose à toutes les exécutions car elles constituent une violation du droit à la vie et la pire forme de châtiment cruel, inhumain ou dégradant qui soit, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International. La crucifixion du corps du condamné après sa décapitation renforce le caractère dégradant de ce châtiment et est totalement abjecte. »

    On dispose de très peu d’informations sur le procès de Muhammad al Shammari. En Arabie saoudite, les peines de mort sont invariablement prononcées et appliquées à l’issue de procès iniques et secrets.

    La condamnation à la peine de mort et à la crucifixion a été confirmée par une cour d’appel en novembre, puis par la Cour suprême.

    Muhammad al Shammari n’a pas pu bénéficier de l’assistance d’un avocat lors de son procès et, selon certaines informations, il souffrait de troubles psychologiques.

    Si tel était le cas, cette exécution constitue une violation de la résolution de la Commission des droits de l’homme de l’ONU qui demande aux États maintenant ce châtiment de « ne pas prononcer la peine de mort dans le cas de personnes atteintes d’une quelconque forme de maladie mentale, ni d’exécuter un condamné atteint de maladie mentale ».

    Les condamnés à mort sont rarement crucifiés en Arabie saoudite. C’est la deuxième fois cette année qu’un tel châtiment est infligé, après la crucifixion le 29 mai, à Riyadh, d’Ahmed bin Adhaib bin Askar al Shamlani al Anzi.

    La crucifixion est pratiquée après la décapitation. La tête qui a été tranchée est recousue sur le corps du supplicié, qui est ensuite suspendu à un mât dans un lieu public ; cette pratique est censée avoir un rôle dissuasif. Le mât a parfois la forme d’une croix, d’où le terme de crucifixion.

    Les autorités saoudiennes ont exécuté au moins 158 personnes au cours de l’année 2007, et au moins 102 personnes en 2008. Depuis le début de l’année 2009, au moins 67 autres condamnés ont été exécutés.

    Amnesty International dispose d’informations indiquant qu’au moins 140 personnes sont actuellement détenues dans le quartier des condamnés à mort. On pense toutefois que ces chiffres sont très en deçà de la réalité.

    « Nous exhortons les autorités saoudiennes à s’aligner sur le reste de la communauté internationale et à ordonner immédiatement un moratoire sur les exécutions », a ajouté Malcolm Smart. 

    Pour en savoir plus :

     Un homme a été décapité et crucifié en Arabie saoudite (nouvelle, 1er juin 2009)
    Arabie saoudite : les exécutions ciblent les étrangers de façon disproportionnée (rapport, 14 octobre 2008)

  • Aldebaran Aldebaran 11 octobre 2010 17:41

    correctif :

    je ne savais pas que l’ami Omar ne savait pas faire de citation. J’ai repris les mots à son compte.

    @Omar, pour faire une citation, utilisez les guillemets ou l’italique, et évitez de signer (surtout en début de texte), c’est ridicule puisque vous avez un pseudo.

    @Omar, vous nous parlez de condamnés à morts en sursis à Gaza, qui se sont tirés une balle dans le pied en se ralliant au Hamas et qui envoient des roquettes sur Israel et se font exploser parmi les civils pour tromper l’ennui.
    Vous nous parlez des nostalgiques de Saddam dont l’idée même de démocratie leur donne la colique.
    Vous nous parlez des talibans qui ont tout fait pour l’amélioration de la condition féminine et la démocratie.
    Vous avez oublié les milices du Hezbollah qui s’amusent à jouer aux échecs sous les ordres du nabot crasseux et du concombre à moustaches.
    Je comprends que vous soyez contre l’extinction des dictateurs, ce sont vos amis.
    Concernant la sécurité des passagers aéronautiques, je vous invite à vous reconvertir en hôtesse de l’air. On se sentira en sécurité avec vous.



  • Aldebaran Aldebaran 11 octobre 2010 18:18
    Non, la justification du terrorisme par la fausse victimisation est une posture insupportable et irresponsable.
    Ce fil a touché le fond dès son départ (comme beaucoup) à vouloir mélanger la condamnation à mort d’innocents (homosexuels pendus en Iran, femmes adultères lapidées, opposants décimés) avec celle de meurtriers (condamnés à mort de droit commun), en amalgament tout au détriment du fond, lequel aurait du être de débattre préalablement sur la nature des responsabilités et des punitions. J’ignore si l’auteur est une quiche mais vous vous êtes faits enquicher.
    Dès lors, tout était permis, y compris le fait de grossir le trait par provocation, comme le fait M. Omar, dans son apologie larmoyante du Hamas et apparenté et qui dès qu’il aborde un sujet c’est pour le couler au fond. Quant aux formules lapidaires de ceux qui tranchent en une phrase et se font eux-mêmes juges, ils sont non à la proue du débat mais dans la soute à points ^^ ! 
    Les autres commentateurs font bien de revenir au sujet inlassablement.

  • AniKoreh AniKoreh 11 octobre 2010 18:20


    Quant au choix de la photo cette fois - rien moins qu’innocent - illustrant la production du jour de M. Schiffer, tartinée pour AVox, entre la poire, le fromage, et la tantième pétition signée tout à sa posture de soi-disant « intellectuel » en veux-tu, en voilà..

    Car, en effet, quel était encore une fois l’intérêt de ces lignes - qui n’ont strictement aucun intérêt, soyons justes -, sinon celui de les illustrer par CETTE photo.. Cette photo-là, justement ?

    Ci-dessous, ’y a de quoi lire, par contre, et de quoi réfléchir :


    -------------------------------------

    http://www.legrandsoir.info/L-hypocrisie-des-Etats-Occidentaux-face-a-l-Iran.html

     
    L’hypocrisie des Etats Occidentaux face à l’Iran

    par Pascal SACRE

    Messieurs nos délégués occidentaux, rasseyez-vous, et répondez aux questions du président iranien ! Au nom de quoi tous les citoyens d’Europe, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, d’Australie, du Canada devraient-ils accepter une guerre avec le régime iranien ?

    Pourquoi les Occidentaux devraient-ils haïr Mahmoud Ahmadinejad au point de vouloir une guerre contre son pays [1] ? Parce que l’Iran est une dictature religieuse intolérante à toute contestation, et réprimant toute opposition ? Le caractère religieux d’une dictature n’ajoute rien à son caractère oppressif, les opposants au régime nazi d’Hitler, à Staline, à Somoza, à Mobutu, à Franco, ou à Augusto Pinochet peuvent en témoigner.

    L’acharnement médiatique sur le côté religieux, comme si, par cette particularité, cela rendrait l’Iran pire que tout, ne fait que répondre au besoin qu’ont les Etats-Unis de disposer d’un nouvel ennemi, un adversaire religieux, l’Islam radical, pour justifier leur politique orientée vers la guerre et le contrôle du monde.

    Après la chute du Communisme, les Etats-Unis ont utilisé le concept de « Choc des Civilisations », puis les attentats du 11 septembre 2001, pour diaboliser l’Islam et se choisir un nouvel ennemi de taille adéquate, le musulman, un ennemi suffisamment hypertrophié, diabolisé, prétendument organisé et en tout point contraire aux « idéaux » occidentaux pour justifier leurs projets d’invasions [2].

    Selon nos politiciens et nos « journalistes », les citoyens étatsuniens canadiens, australiens, européens devraient détester Ahmadinejad et soutenir, voire exiger, une guerre contre le régime iranien en raison de son caractère tyrannique.

    Pourquoi cette allergie occidentale subite à la tyrannie, au point de vouloir une guerre dont nous ne pouvons qu’imaginer les conséquences désastreuses pour nous tous ? Pourquoi la tyrannie en Iran serait-elle brusquement plus insupportable que celle en Chine, au Sri-Lanka, en Birmanie, au Honduras (depuis le coup d’état), au Kosovo, en Egypte, en Indonésie, en Palestine (opprimée par Israël), en Colombie, en Grande-Bretagne, en Russie, en Arabie Saoudite ?

    Dans ce dernier pays, déjà fournisseur du plus grand nombre des pirates de l’air (15 sur 19) du 11 septembre 2001 dans la version officielle US [3], où la charia est appliquée sans pitié, où le taux d’exécutions par habitant est le plus élevé du monde [4], il n’est pas rare de voir des condamnés à mort décapités puis crucifiés, une fois la tête recousue au torse [5].

    En Arabie Saoudite, comme aux Etats-Unis [6], la peine de mort est appliquée sur des malades mentaux, ou des personnes souffrant de troubles psychologiques, à l’issue de procès sans l’assistance d’un avocat ou dont les procédures ont été bâclées, les preuves, fabriquées [7].

    Si la tyrannie et le despotisme bestial devaient être ce qui nous met en colère, en Europe, en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, au point de déclarer une guerre, c’est bien à l’Arabie Saoudite et à son régime monarchique moyenâgeux que nous devrions le faire.

    Les droits du chilien sous Pinochet, de l’homme guatémaltèque, de la femme nigérienne, du paysan sri-lankais, du moine birman n’ont jamais intéressé personne, en tout cas pas la majorité de toutes celles qui aujourd’hui se découvrent une allergie subite à l’injustice et à l’oppression qui seraient pratiquées en Iran.

    En mettant de côté le caractère religieux qui est une diversion à la mode et bien vue des Etats-Unis, la tyrannie extrême déjà imposée par le régime iranien sous Mohammad Reza le Shah d’Iran, entre 1967 et 1979, n’a jamais dérangé les Etats-Unis [8], nos « leaders occidentaux », nos journalistes au point d’entraîner par des diatribes ou des articles partiaux les populations occidentales dans une guerre meurtrière de plus.

    Avant 1991, avant que les Etats-Unis, encore eux, n’aient besoin pour se doper d’envahir l’Irak [9], un pays pas trop coriace, mais pas trop petit non plus, qui dans nos populations se souciait vraiment du Kurde [10] ou du Chiite opprimés par Saddam Hussein ? Les actes du dictateur irakien ne sont devenus vraiment intolérables en Occident que lorsque les Etats-Unis l’ont décidé, leur complexe militaro-industriel ayant faim d’une bonne guerre, et leur gouvernement, besoin d’une bonne diversion.

    C’est à nouveau le cas avec l’Iran aujourd’hui, dont le caractère religieux, pas plus que le caractère tyrannique, ne dérangeaient pas trop les gouvernements occidentaux avant que les Etats-Unis, et Israel, n’en décident autrement, poursuivant des objectifs bien différents que ceux auxquels nos journalistes et certains de nos politiciens voudraient nous faire croire.

    Au vu de tous ces précédents, l’utilisation du prétexte de la tyrannie iranienne, symbolisée par un président que certains n’hésitent pas à qualifier d’Hitler iranien [11], pour cautionner une guerre de plus, est insupportable dans tous nos pays pour qui le génocide palestinien [12], le traitement des Noirs en Afrique du Sud, l’apartheid [13], la déportation des Roms, l’oppression des Haïtiens sous couvert d’« aide humanitaire » [14], sont systématiquement ignorés, minimisés, enjolivés, méprisés par la majorité de nos journalistes et hommes politiques.

    Chefs de parti d’opposition arrêtés, grèves réprimées, subventions aux journaux en fonction de leur loyauté au régime, prisonniers politiques, condamnation à la lapidation [15]… En Iran, chaque infraction supposée aux droits de l’homme subit une analyse journalistique pointue.

    Les « reporters » occidentaux étudient et dissèquent la tyrannie iranienne, usant de formules partiales et orientées, mais s’abstiennent du même zèle professionnel sur Abou Graib en Irak occupé [16], sur Guantanamo Bay [17], sur le traitement des dissidents politiques en Israel [18], sur les prisons secrètes dans le monde, donjons sordides où la CIA sous-traite la torture de ses suspects de terrorisme [19].

    Le nom donné aux opposants aux Etats-Unis, mais aussi à tous les manifestants contre les multinationales ou contre le système capitaliste qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres, est terroriste.

    Dans la prison de Guantanamo se trouvent 800 « terroristes » [20]. 3 ont été poursuivis et condamnés. Le pourcentage de détenus qui n’auraient pas commis d’actes hostiles contre les Etats-Unis ou leurs alliés de la coalition est de 55%. 40% des détenus sont reconnus, même par leurs tortionnaires, comme n’ayant aucun lien avec Al Quaïda.

    Tous les détenus sont enfermés dans des cellules individuelles sans fenêtres pendant 22 heures par jour, selon Amnesty International. Les détenus y subissent régulièrement des « techniques renforcées d’interrogatoire » ou des « pressions psychologiques intensives » : c’est l’expression, en Occident, pour torture [21].

    Quand il s’agit de l’Iran, surtout aujourd’hui, c’est bien ce dernier mot qui est utilisé et répété, mais pas à Guantanamo.

    Par contre, toujours aux yeux des journaux occidentaux, il n’y a pas de terroriste en Iran, ni d’espion, ni même d’opposant farouche au régime, juste de malheureux blogueurs [22], des minorités écrasées, des dissidents politiques, des touristes randonneurs injustement emprisonnés (http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_e...), ou des réalisateurs censurés [23].

    Pourtant, chez nous, avons-nous vu, sur des chaînes nationales, aux heures de grande écoute les films contestant la version officielle des Etats-Unis sur les attentats du 11 septembre 2001 ? Comme Zero, 911 Mysteries ou 911 Press for Truth [24] ? Ces films existent, certains ayant été plébiscités sur de nombreux sites web hébergeant des vidéos [25].

    Ici, les autorités laissent réaliser des films mais les dénigrent, les privent de publicité et de financement adéquat, les excluent « subtilement » des filières médiatiques officielles, « grand public », alors que dans une véritable démocratie ces films et reportages devraient bénéficier d’un support et d’une publicité identiques à ceux qui sont flatteurs envers le Pouvoir.

    La censure en Occident, si elle est plus hypocrite qu’en Iran, est tout aussi efficace et inadmissible.

    Pour nos « journalistes », tous les manifestants, même violents, qui s’opposent au régime d’Ahmadinejad sont des « dissidents injustement et brutalement réprimés » tandis qu’en Occident, il n’y a pas, et ne peut y avoir, de comité anti-guerre, ces derniers étant obligatoirement des groupes de soutien aux terroristes et donc des traîtres antipatriotiques [26].

    Je pourrais continuer ainsi infiniment tellement l’hypocrisie de l’Occident pour justifier ses propres actions et pouvoir quand même faire la morale à Ahmadinejad, après Saddam et Slobodan [27], n’a aucune limite.

    « En Grande-Bretagne, début 2006, Amnesty International juge « accablant » le bilan du gouvernement en matière de droits de l’homme : étrangers détenus plusieurs années sans jugement, mise en résidences surveillée de suspects sans recours aux tribunaux, déportation de suspects vers des pays recourant à la torture… » [28].

    Peu auparavant, le Premier ministre Blair, future « Médaille de la Liberté », voulait étendre la garde à vue de 14 à…90 jours [29].

    Les droits de l’homme, la défense des opprimés, la dignité de la femme, s’ils sont des prétextes abstraits mobilisateurs utilisés par nos gouvernements occidentaux, au travers de nos journaux partiaux, sont très éloignés de leurs motivations réelles et concrètes.

    La nucléarisation de l’Iran devrait finir d’emporter notre adhésion aveugle à ce projet de guerre sinistre.

    Pourquoi ?

    Cette nucléarisation, en tout cas ses visées militaires, est loin d’être prouvée [30]. Plus de 10.000 ogives nucléaires sont déployées dans le monde et 90% d’entre elles sont détenues par les Etats-Unis et la Russie [31], que vont changer quelques têtes nucléaires iraniennes ?

    Israel, qui en 1967 a attaqué le USS Liberty [32], un navire militaire US, tuant 34 soldats étatsuniens, et qui, plus récemment, s’en est pris dans les eaux internationales à des bateaux de la Flottille de la Liberté, assassinant des civils non armés, dont des Turcs, a un armement nucléaire « clandestin » [33], non déclaré, non détaillé, et nous devrions avoir peur de l’Iran, au cas où il voudrait disposer, lui aussi, d’armes de dissuasion, dans une région particulièrement dominée par Israel ?

    En quoi la nucléarisation de l’Iran, même à visée militaire - ce qui reste à prouver -, nous menace-t-elle nous, citoyens états-uniens, européens, canadiens, australiens ? Est-ce vraiment ce combat-là, aujourd’hui, que nous devons mener ? Est-ce vraiment à cela, combattre Ahmadinejad et son régime, que nos gouvernements doivent consacrer notre énergie politique, journalistique, militaire et surtout financière ? Notre argent, nos ressources, nos enfants ?

    Si cette guerre, comme celles d’Irak et d’Afghanistan le sont déjà, sera une nouvelle aubaine pour le complexe militaro-industriel occidental, et pour les entreprises de reconstruction [34] de la coalition, elle ne profitera à aucun citoyen étatsunien, européen, australien, canadien, déjà durement éprouvé par une crise des banques qui ont pris de l’argent public pour se remettre à flots, ne cessant pas pour autant leurs pratiques des bonus [35].

    Poursuivre les guerres de l’Occident, c’est gaspiller des milliards de dollars, ou d’euros, et les détourner d’un usage social et civique, les seuls réellement bénéfiques pour les populations occidentales dans le collimateur du FMI [36]. C’est créer des millions de déportés, de réfugiés et de miséreux qui déstabiliseront des pays voisins stables jusque-là, donnant naissance à de nouveaux foyers terroristes en puissance.

    C’est provoquer des centaines de milliers de blessés, et de morts parmi des civils. Des destructions à perte de vue. C’est accepter d’envoyer de nouvelles recrues occidentales vers la mort et le meurtre, promis à d’énormes souffrances physiques et psychologiques, le taux de suicide parmi les forces d’occupation en Irak et en Afghanistan atteignant des taux alarmants [37].

    Voulons-nous tous cela ? Laisserons-nous faire nos gouvernements ? Combien de temps continuerons-nous à lire et croire nos journalistes ?

    Ces mêmes gouvernements qui nous entraînent vers cette guerre, la main sur le cœur, ces mêmes journaux qui nous encouragent à haïr et juger le président iranien, sont ceux qui nous préparent également à un ouragan d’austérité, sans égratigner dans leur programme les paradis fiscaux, sans prévoir une réglementation indispensable des sociétés de clearing (Clearstream, Euroclear), sans revenir sur la cause véritable de nos ennuis : le capitalisme débridé, les spéculateurs et la toute puissance des corporations sans foi ni loi (comme BP !) [38].

    Dans un article du New York Times du 3 janvier 2010, six millions d’Etatsuniens, soit une personne sur 50, ne vivent qu’avec un revenu de 100 à 200 dollars par mois en coupons alimentaires [39]. Depuis juin 2010, on estime à plus de 41 millions le nombre d’Etatsuniens qui se nourrissent au moyen de bons alimentaires. Concernant la pauvreté par habitant, les Etats-Unis occupent désormais le troisième rang des pays « développés » [Associated Press, 2009]. Près de 51 millions d’Etatsuniens n’ont plus d’assurance santé. Certains Etats, au bord de la faillite, ne peuvent assurer le paiement des allocations de chômage [40]. A New York, le troisième état le plus riche des USA, le nombre de SDF a explosé, passant à 39 256 en janvier 2010 [41] dont plus de 16 000 enfants [42]. Il y a 1,5 millions d’enfants SDF aux USA [43]. La faim menace plus de 3,5 millions d’enfants de moins de cinq ans dans tout le pays [44].

    La Grande Bretagne se prépare à subir les pires coupes dans les dépenses publiques depuis la deuxième guerre mondiale [45]. Sous la pression du FMI et des agences de notation, tous les pays européens se préparent à abaisser les salaires, augmenter les impôts et les taxes, reculer l’âge de la retraite, supprimer ou réduire fortement tous les acquis sociaux des dernières décennies [46].

    Par ailleurs, les dix plus grandes sociétés d’armement du monde proviennent soit des Etats-Unis (Boeing, Lockheed Martin, Northrop Grumman, General Dynamics, Raytheon, L-3 Communications), de France (Thales), du Royaume-Uni (Baesystems), d’Europe de l’Ouest (EADS) ou d’Italie (Finmeccanica) [47]. Le budget militaire des Etats-Unis, de 680 milliards de dollars en 2010 [48], représente à lui seul 41,5 % de l’ensemble des dépenses militaires de la planète [49].

    Le prix Nobel d’économie 2001 Joseph Stiglitz a chiffré le coût de la guerre en Irak à 3 mille milliards de dollars [50] !

    Nous n’avons plus besoin de délégués occidentaux lâches, hypocrites et fuyant des questions [51] que les familles de victimes du 11 septembre elles-mêmes ont posées à leur gouvernement.

    Nous n’avons plus besoin de journalistes qui manient le mensonge, l’omission et ne jouent plus leur rôle de contre-pouvoir et d’information équitable.

    Nous n’avons plus besoin de politiciens peureux, arrogants et soumis aux grandes firmes internationales, qu’elles soient militaires, pharmaceutiques, alimentaires ou biotechnologiques.

    Nous devons refuser les guerres actuelles, d’Afghanistan et d’Irak, ainsi que les interventions militaires au Pakistan, au Yémen, en Amérique du Sud, en Afrique…et manifester notre refus bruyamment et collectivement.

    La guerre d’Iran que veulent les Etats-Unis et Israël n’enrichira que les entreprises et les actionnaires, milliardaires, déjà rendus immensément riches par les guerres livrées par les Etats-Unis et leurs alliés dans cette région. Elle siphonnera l’énergie et détruira les biens des peuples occidentaux déjà laminés, déviant leur juste colère de leurs gouvernements hypocrites vers un ennemi imaginaire et lointain.

    Pourquoi tous les citoyens d’Europe, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, d’Australie, du Canada devraient-ils l’accepter ?

    Al-Qaïda, Ben Laden, Ahmadinejad, le virus H1N1, après Saddam, Slobodan, le virus H5N1…Les professionnels de la diversion vous dupent sans cesse.

    N’en avez-vous pas assez ?

    Pascal Sacré

    ---------------------------


    • Agoravix 17 octobre 2010 15:08

      LOL ! et merci pour ce message.

      J’ai a peine vu la photo de l’auteur qui a commis cet article et la photo des 2 pendus iraniens pour vite comprendre ou veut en venir ce redacteur avatar et sous produit de BHL. Encore une fois comme dans d’autres de ses articles, la diabolisation de l’Iran est de mise. Il ne s’agit nullement dans cet ecrit d’humanisme mais bien d’un message camouflé politique sioniste que malheureusement Agoravox a laissé passer.


  • Aldebaran Aldebaran 11 octobre 2010 18:43

    J’ignore si la photo d’illustration est pour l’auteur un choix inconscient ou une provocation.

    Je ne pense pas non plus qu’une référence à M. AHMADINEJAD et à son gouvernement en matière de droits de l’homme et de libertés soit une bonne référence. Certes il n’y a pas que lui, on a même parlé de Pétain, c’est dire qu’on n’a pas de tabous.
    Mais brandir M. AHMADINEJAD comme argument-réponse à la peine de mort me parait risible. Affreusement. Quant à ses craintes d’être attaqué, c’est plutôt paranoiaque, comme d’habitude : arroseur arrosé qui prêche de rayer certains états de la mémoire du temps et qui au nom de la vie n’hésiterait pas à semer la mort et se plaindrait en plus de se sentir attaqué.

    • AniKoreh AniKoreh 11 octobre 2010 19:59


      Choix inconscient ou provocation, vous demandez-vous ? Il semblerait en ce cas que vous n’ayez pas tout à fait pris la mesure de ses intentions sous-jacentes..


      Pour le reste (« brandir ».. ?), qu’ajouter, sinon ce que je suggérais déjà ci-dessus : prendre cinq minutes, lire M. Sacré dans le développement de son propos et, oui, réfléchir au sens de toutes ces diabolisations convergentes.. 

  • Aldebaran Aldebaran 11 octobre 2010 20:29

    Bah on se doutait bien que le responsable des peines de mort finirait sur Israel : c’est courant sur ce genre de site mais le gros problème est que ça n’épate que la galerie, et pendant que celle-ci pérore, d’autres agissent en vrai.

    Bonne nuit ! 


    • Menouar ben Yahya 12 octobre 2010 11:33

      Le sujet de l’article est la peine de mort et je ne sais par quelles contorsions neuronales, nous en arrivons à parler du « conflit » Israélo/Palestiniens ? Tous de suite, pointe les désaccords ! Et nous allons avoir les pour et les contres et comme sur ce sujet, je suis plutôt de l’avis de « Omar », j’aurais tendance à lui mettre plus, alors que sur la peine, je serais en totale contradiction avec lui mais je serais aussi en désaccord sur la peine de mort avec « Aldebaran » qui aura plutôt des affinités avec « Omar ».
      Si on revient au sujet de l’article et que l’on parle de peine de mort et que l’on reste sur le sujet, on se rend compte que parfois notre « ennemi » peut nous ressembler ! On peut avoir des points communs ! On se rend compte alors que les conditions qui ont fait que je suis dans ce camp et lui dans l’autre me dépasse et dans la plupart du temps ne dépendent pas de moi.(Parents, lieu de naissance, riche, pauvre...) Enfin tous cela pour faire un parallèle avec ces conditions dont l’auteur parle et qui ont fait que tel individus, mon semblable a perpétré ce crime affreux qui lui vaut la peine de mort. L’abolition de la peine de mort partout de le monde, implique une autre perception du monde et de la vie, c’est peut être une étape vers plus d’éthique, plus de considération pour toutes les vies humaines.


  • celuiquichaussedu48 celuiquichaussedu48 17 octobre 2010 02:16

    « aux quatre coins de la planète démocratique » dans le premier paragraphe.

    Déjà une bourde de collégien, quand on connait le nombre de peines de mort prononcées aux USA...

    démocratie et peine de mort ne sont pas incompatibles.


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