mercredi 22 juillet 2009 - par
Ainsi le Parti Socialiste serait-il mort et, de tous bords, on se presse pour en signer l’acte de décès. Mais pour une fois la décomposition aura précédé la mort attirant les éternels vautours des médias ou ceux qui trépignent pour un strapontin ou un trône. C’est oublier un peu vite que ce processus de « décomposition » de la gauche est ancien quand on se souvient comment, d’un congrès à l’autre, les luttes internes donnaient l’image d’un parti en bout de course, sans imagination ni avenir.
Contre les jeux du cirque
Ainsi le Parti Socialiste serait-il mort et, de tous bords, on se presse pour en signer l’acte de décès. Mais pour une fois la décomposition aura précédé la mort attirant les éternels vautours des médias ou ceux qui trépignent pour un strapontin ou un trône. C’est oublier un peu vite que ce processus de « décomposition » de la gauche est ancien quand on se souvient comment, d’un congrès à l’autre, les luttes internes donnaient l’image d’un parti en bout de course, sans imagination ni avenir.L’enterrement qu’il vienne de Bernard-Henri Levy ou de Manuel Valls, est pour le moins prématuré. Mieux, il n’aura pas lieu.
Mais je ne verserai guère de larmes ni ne me réjouirai s’il s’avérait que ce parti venait à disparaître. Pourtant je n’y crois guère, étant convaincu que l’Histoire n’a rien de prédictible, qu’elle se construit au contraire d’accidents survenus parfois par le fait du hasard et plus souvent par glissement invisible par rapport à ce qui était programmé. Relisez l’actualité d’hier et constatez combien rien ne se passe comme prévu, comment la flèche dérape toujours de la cible et crée cet incontrôlable que les politiques doivent, jour après jour, gérer. Il n’y a que les éditorialistes et les politologues qui s’emploient à écrire l’avenir quand pourtant leurs analyses ou prédictions sont toujours erronées. Qu’importe ! Elles glissent dans le flux de l’actualité, elles alimentent « la vie politique » et surtout on ne relit pas ce qui était écrit le mois d’avant !
Donc la politique qui devrait être liée à une pulsion de vie est désormais conçue comme une arène où seule la mise à mort importe. Spectacle odieux où la critique ne jouit que du cadavre exposé. Car s’il est légitime de combattre en politique, de se moquer et parfois de légitimer la fin en dépit des moyens, la politique quand elle est vertueuse, n’est pas un meurtre, bien au contraire !
Il m’arrive ici ou là d’avoir la dent dure contre un untel ou untel mais toujours pour appeler à plus de prudence, plus de jugement, plus de morale. Ainsi, dans un commentaire à la suite d’un texte récent, me reprocha-t-on mes attaques contre le Ministre de la Culture en arguant du fait que celui-ci était notoirement « fragile et dépressif ». Dans lequel cas la faute en revient à ceux qui ont jeté dans l’arène un homme qui n’avait pas la carapace nécessaire : rappeler les égarements passés d’un Ministre est légitime de même qu’il faut dénoncer l’utilisation par le pouvoir d’un homme pour le seul nom qu’il porte et ceux qui mènent ce jeu pervers qui consistera demain à jeter en pâture à la foule ce qui n’était que vide et démesure : hier, Rachida ou Laporte, demain Fred .
Il m’arrive ici ou là d’avoir la dent dure contre un untel ou untel mais toujours pour appeler à plus de prudence, plus de jugement, plus de morale. Ainsi, dans un commentaire à la suite d’un texte récent, me reprocha-t-on mes attaques contre le Ministre de la Culture en arguant du fait que celui-ci était notoirement « fragile et dépressif ». Dans lequel cas la faute en revient à ceux qui ont jeté dans l’arène un homme qui n’avait pas la carapace nécessaire : rappeler les égarements passés d’un Ministre est légitime de même qu’il faut dénoncer l’utilisation par le pouvoir d’un homme pour le seul nom qu’il porte et ceux qui mènent ce jeu pervers qui consistera demain à jeter en pâture à la foule ce qui n’était que vide et démesure : hier, Rachida ou Laporte, demain Fred .
Les jeux du cirque, encore. Les victimes pour nourrir ce qu’il y a de vil en nous.
Dénoncer les compromissions, les coups tordus et toutes les atteintes à la Démocratie sont salutaires. Mais l’ennemi de la Démocratie ce sont ces jeux du cirque, ces gladiateurs tour à tour idoles et victimes devant les gradins d’un certain peuple dévoyé par le strass, les ors, les hurlements et l’abêtissement du fanatisme. La mise à mort c’est le contraire de la politique.
Parler de la mort d’un parti est une absurdité. Rien ne meurt dans l’Histoire, tout se transforme. Ces prophéties sont nauséabondes parce qu’elles révèlent les fantasmes de ceux qui les profèrent et illusoires mais elles tendent à se substituer au débat. Rappelons-nous, quoiqu’on pense du personnage, comment la mise à mort de Bayrou fut savamment mise en scène dans cette télévision où se distribue le « panem et circensem » contemporain.
Ce qu’on oublie toujours c’est le citoyen même si l’on flatte toujours l’électeur. Et cette mort qui excite tant de commentateurs est davantage la leur, eux qui jouent dans l’illusion d’un présent éternel dans lequel la politique ne serait qu’une forme de leurre et la Démocratie une sorte de mal nécessaire. Ce qu’on occulte encore c’est qu’il existe une « vie démocratique » qui, elle, survit aux partis.
Alors que le Parti socialiste se déchire, se transforme ou éclate, la vie qui anime ses militants la volonté de ses électeurs survivront. Que ceux-ci aillent où ils voudront, leur histoire, elle, ne mourra pas. Juste une page qui se tournera. Une respiration. Un espoir.
L’histoire de la gauche, de la démocratie, ou plus simplement celle de la vie politique continuera à s’écrire bien longtemps après que les petits philosophes auront oublié ce qu’ils disaient hier. Un peu de sagesse leur dicterait que l’Histoire est faite d’accidents, d’imprévus, que rien n’est écrit.
A nous d’écrire toujours une nouvelle page. Et que celui ou celle qui l’incarnera ne soit pas pour nous la source d’un aveuglement.
A nous d’écrire toujours une nouvelle page. Et que celui ou celle qui l’incarnera ne soit pas pour nous la source d’un aveuglement.
Est-il nécessaire de tuer l’autre en politique dans une démocratie ?
Renvoyons le cirque à son Antiquité.

