Crise géopolitique : interprétation

Nous pouvons considérer que les événements en cours sont dus à la rationalité humaine, ou sont complètement irrationnels.
Nous supposerons ici un mélange des deux, avec un fond rationnel constitué par le désir d’optimisation des profits capitalistes et une part irrationnelle par des dirigeants influencés par un cours nihiliste, lié à une pulsion de destruction. La recherche de profit se transforme alors en un désir d’à tout prix les optimiser, y compris via la destruction massive d’une partie de l’humanité.
Le capitalisme classique avait également pour but d’optimiser ses profits, mais avait pour cela besoin d’une main d’œuvre dont la reproduction lui était nécessaire. Pour produire d’abord, avec des conditions de vie qui s’apparentaient à la survie, avec un capitalisme protestant qui prônait l’austérité y compris pour lui-même, vivant malgré tout dans de splendides demeures, mais qui ne faisait pas étalage de ses dépenses. À partir du modèle fordien, la main d’œuvre entrait également dans la chaîne de profit non seulement comme producteur, mais comme consommateur. Le capitalisme devient keynésien, l’État a pour rôle de réguler et de permettre le développement de la société de consommation basé sur des produits matériels de plus en plus techniques, mais dont la base du profit était la fabrication physique.
À partir des années quatre-vingt du siècle passé, le capitalisme, via d’abord les logiciels de Microsoft qui ont enrichi Bill Gates1, à une vitesse et des niveaux inégalés et impossibles dans la production matérielle, les profits étaient en majorité issus de la conception, de la qualité d’information transmise dans le produit et non issus de la production physique via le temps de travail assurant la transformation matérielle des produits. La quantité de travailleurs assurant les chaînes de production devenait obsolète.
Depuis, le capitalisme classique industriel s’est transformé en turbo-capitalisme immatériel et les grands pays capitaliste originels, les USA, le Royaume uni, la France, moins l’Allemagne, n’ont eu de cesse de se désindustrialiser. La part de travailleurs dans la production de profit capitaliste diminuait drastiquement, avec la nécessité de leur reproduction, mais également de leur consommation, lorsqu’il s’agissait de produits matériels classiques.
Le modèle capitaliste est alors passé du keynésianisme avec intervention de l’État, notamment sur les aspects sociaux, à l’ultra-libéralisme imposant la privatisation de ce que Bourdieu appelait la main gauche de l’État, sa part sociale (Éducation, hôpitaux, culture, services sociaux, etc. ; la main droite étant l’État répressif, police, armée, etc.), puisque la reproduction de la main d’œuvre et sa consommation de produits matériels n’était plus une nécessité.
Dans le même temps, et probablement pour des raisons similaires, l’URSS s’effondrait. La croissance financière des pays capitalistes et le développement de technologies, notamment l’informatique, ont rapidement surpassé les pays de la sphère soviétique. Le modèle socialiste était en berne, et la concurrence des années cinquante à quatre-vingt du vingtième siècle, qui imposait au capitalisme des avancées sociales, n’existait plus. L’ultra-libéralisme pouvait désormais couper les budgets sociaux sans crainte de révolution marxiste. Est apparu à ce moment le modèle confidentiel appelé NOCP2 (New Original crime paradigme), établissant une barrière sociale entre ceux qui sont suffisamment dans le marché pour en obtenir du profit (le marché de la détresse, comme les EHPAD, désormais possédés par les financiers comme centres de profits, ou les organisations humanitaires), ou ceux qui doivent être éliminés, étant hors marché. C’était une première étape sur la voie de la destruction humaine.
Désormais, nous sommes à une autre étape du capitalisme, suite au développement de l’IA.
Deux hypothèses s’offrent à nous.
A :Soit l’IA est un échec, dû à l’utilisation d’énergie nécessaire à son fonctionnement qui grève les profits et le rendent moins profitable que, par exemple, les logiciels. Une fois téléchargés, ceux-ci ne généraient pas pour son producteur de besoin énergétique ; par contre, l’IA étant produite par des centres serveurs, c’est le fournisseur qui en assure les coûts.
B : Soit l’IA génère effectivement suffisamment de profits et assure une rentabilité importante. Elle peut donc se développer sans contrainte.
Selon l’hypothèse A, le turbo-capitalisme immatériel connaît une crise qui le conduit à un nouveau modèle, et celui-ci peut être le militaro-capitalisme postindustriel. La génération de profits ne provient pas de la consommation, ni matérielle ni immatérielle, mais du développement d’armements commandés par les États et financés par les impôts prélevés sur la population. Cela assure des profits convenables, et notamment gonflés par l’utilisation de hautes technologies intégrées dans ces systèmes, permettant de retrouver une part de profits immatériels. Mais pour cela, l’usage de ces armes est nécessaire, ce qui implique le déclenchement et la prolifération de guerres tous azimuts déclenchées et surtout fiancées par l’Occident. D’où l’imposition par les USA à l’Europe de budgets militaires conséquents. L’Europe finance alors directement les profits des entreprises états-uniennes. Dans cette hypothèse, ce qui crée le profit, c’est l’usage des armes, pas la destruction directe de la population. L’usage de la mort atomique n’est pas le but. Cependant la guerre contre l’Iran peut être considérée à multiples objectifs. Certes affaiblir l’Iran, mais par l’escalade sur les matières premières, ruiner les États vassaux des USA, et affaiblir la propre population états-unienne.
Selon l’hypothèse B, le turbo-capitalisme se transforme en thanato-capitalisme. Non seulement les ouvriers deviennent surnuméraires, mais aussi les ingénieurs, les écrivains, les scénaristes, les acteurs, les journalistes, etc. bref, quasiment l’ensemble de la population terrestre. L’optimisation des profits passe alors par sa destruction. La guerre sert certes à créer du profit directement, mais l’objectif final est la destruction physique des populations, populations dont l’existence grève directement les budgets des grosses entités capitalistes via notamment les impôts, les services sociaux, la production de produits sans taux de profits élevés, etc. L’usage de la mort atomique peut être le but ultime d’une oligarchie prête à tout pour son bien propre et qui a prouvé via le réseau Epstein de quoi elle était capable.
Quelles sont les parades à ce funeste destin ?
L’oligarchie occidentale a déjà échoué à mettre en place rapidement le programme NOCP. Les différents essais, d’étendre l’usage des drogues, de ruiner les États, de créer des maladies contagieuses, et autres, n’ont pas eu les effets escomptés du fait d’une réalité qui leur échappe. La résilience des peuples victimes s’oppose de fait au moins en partie à ces destructions.
Aujourd’hui, de nouvelles armes, développées par des non occidentaux, permettent de transpercer les bunkers les plus profonds. L’oligarchie, en cas de destruction atomique, pourrait bien être prise au piège de sa propre hybris.
Une hypothèse, C, n’a pas été envisagée, mais est également parfaitement plausible. Le faible niveau intellectuel de nos dirigeants ne leur permet pas de voir plus loin que le bout de leur nez, réagissant de façon intempestive et instantanée à des soucis de communication, pris dans la toile de leur propre hybris et décidant sans aucune conscience des conséquences de leurs actes, comme des individus sous stupéfiants ou narcotiques. Se considérant eux-mêmes à la fois infaillibles et intouchables, ils considèrent leur propre peuple comme étant constitué de contre-hommes auxquels ils peuvent tout faire et les nations hors de la sphère occidentale comme des contre-nations auxquels le droit international ne s’applique pas et qu’ils peuvent anéantir. Dans l’arrogance de leur toute puissance ils sont au-delà de l’incompétence, dans le cadre d’une impéritie3 qui les amène à faire n’importe quoi, ayant atteint une fois au pouvoir leur niveau de Pieter. Alors, rien ne peut être dit de leurs actes futurs parfaitement aléatoires et irrationnels.
Dans tous les cas, les peuples occidentaux ont intérêt à s’unir, à exiger la cessation de toutes ces guerres actuelles et futures, et au remplacement, l’arrestation et la condamnation de leurs dirigeants.
1Une objection déjà faite est que la conception dans la théorie marxiste est incluse dans le capital fixe, et se traduit dans le prix des produits via les amortissements, ce qui ne génère pas de profit. C’était vrai du temps de Marx, mais Microsoft ne produit rien d’autre que du logiciel, donc de la conception. Le profit est bien généré par le travail de conception de ses ingénieurs, et pas par la production de ses disquettes au départ, jusqu’au téléchargement aujourd’hui.
2Emil Georg, Le marché de la détresse, suivi de New Original Crim Paradigm, Parc Edition, 1998
3La différence entre l’incompétence et l’impéritie est que celui ou celle qui en est atteint se croit un expert en son domaine.

