mardi 17 mars - par Jean-Paul Foscarvel

Crise géopolitique : interprétation

Nous pouvons considérer que les événements en cours sont dus à la rationalité humaine, ou sont complètement irrationnels.

Nous supposerons ici un mélange des deux, avec un fond rationnel constitué par le désir d’optimisation des profits capitalistes et une part irrationnelle par des dirigeants influencés par un cours nihiliste, lié à une pulsion de destruction. La recherche de profit se transforme alors en un désir d’à tout prix les optimiser, y compris via la destruction massive d’une partie de l’humanité.

 

Le capitalisme classique avait également pour but d’optimiser ses profits, mais avait pour cela besoin d’une main d’œuvre dont la reproduction lui était nécessaire. Pour produire d’abord, avec des conditions de vie qui s’apparentaient à la survie, avec un capitalisme protestant qui prônait l’austérité y compris pour lui-même, vivant malgré tout dans de splendides demeures, mais qui ne faisait pas étalage de ses dépenses. À partir du modèle fordien, la main d’œuvre entrait également dans la chaîne de profit non seulement comme producteur, mais comme consommateur. Le capitalisme devient keynésien, l’État a pour rôle de réguler et de permettre le développement de la société de consommation basé sur des produits matériels de plus en plus techniques, mais dont la base du profit était la fabrication physique.

À partir des années quatre-vingt du siècle passé, le capitalisme, via d’abord les logiciels de Microsoft qui ont enrichi Bill Gates1, à une vitesse et des niveaux inégalés et impossibles dans la production matérielle, les profits étaient en majorité issus de la conception, de la qualité d’information transmise dans le produit et non issus de la production physique via le temps de travail assurant la transformation matérielle des produits. La quantité de travailleurs assurant les chaînes de production devenait obsolète.

Depuis, le capitalisme classique industriel s’est transformé en turbo-capitalisme immatériel et les grands pays capitaliste originels, les USA, le Royaume uni, la France, moins l’Allemagne, n’ont eu de cesse de se désindustrialiser. La part de travailleurs dans la production de profit capitaliste diminuait drastiquement, avec la nécessité de leur reproduction, mais également de leur consommation, lorsqu’il s’agissait de produits matériels classiques.

Le modèle capitaliste est alors passé du keynésianisme avec intervention de l’État, notamment sur les aspects sociaux, à l’ultra-libéralisme imposant la privatisation de ce que Bourdieu appelait la main gauche de l’État, sa part sociale (Éducation, hôpitaux, culture, services sociaux, etc. ; la main droite étant l’État répressif, police, armée, etc.), puisque la reproduction de la main d’œuvre et sa consommation de produits matériels n’était plus une nécessité.

Dans le même temps, et probablement pour des raisons similaires, l’URSS s’effondrait. La croissance financière des pays capitalistes et le développement de technologies, notamment l’informatique, ont rapidement surpassé les pays de la sphère soviétique. Le modèle socialiste était en berne, et la concurrence des années cinquante à quatre-vingt du vingtième siècle, qui imposait au capitalisme des avancées sociales, n’existait plus. L’ultra-libéralisme pouvait désormais couper les budgets sociaux sans crainte de révolution marxiste. Est apparu à ce moment le modèle confidentiel appelé NOCP2 (New Original crime paradigme), établissant une barrière sociale entre ceux qui sont suffisamment dans le marché pour en obtenir du profit (le marché de la détresse, comme les EHPAD, désormais possédés par les financiers comme centres de profits, ou les organisations humanitaires), ou ceux qui doivent être éliminés, étant hors marché. C’était une première étape sur la voie de la destruction humaine.

Désormais, nous sommes à une autre étape du capitalisme, suite au développement de l’IA.

Deux hypothèses s’offrent à nous.

A :Soit l’IA est un échec, dû à l’utilisation d’énergie nécessaire à son fonctionnement qui grève les profits et le rendent moins profitable que, par exemple, les logiciels. Une fois téléchargés, ceux-ci ne généraient pas pour son producteur de besoin énergétique ; par contre, l’IA étant produite par des centres serveurs, c’est le fournisseur qui en assure les coûts.

B : Soit l’IA génère effectivement suffisamment de profits et assure une rentabilité importante. Elle peut donc se développer sans contrainte.

Selon l’hypothèse A, le turbo-capitalisme immatériel connaît une crise qui le conduit à un nouveau modèle, et celui-ci peut être le militaro-capitalisme postindustriel. La génération de profits ne provient pas de la consommation, ni matérielle ni immatérielle, mais du développement d’armements commandés par les États et financés par les impôts prélevés sur la population. Cela assure des profits convenables, et notamment gonflés par l’utilisation de hautes technologies intégrées dans ces systèmes, permettant de retrouver une part de profits immatériels. Mais pour cela, l’usage de ces armes est nécessaire, ce qui implique le déclenchement et la prolifération de guerres tous azimuts déclenchées et surtout fiancées par l’Occident. D’où l’imposition par les USA à l’Europe de budgets militaires conséquents. L’Europe finance alors directement les profits des entreprises états-uniennes. Dans cette hypothèse, ce qui crée le profit, c’est l’usage des armes, pas la destruction directe de la population. L’usage de la mort atomique n’est pas le but. Cependant la guerre contre l’Iran peut être considérée à multiples objectifs. Certes affaiblir l’Iran, mais par l’escalade sur les matières premières, ruiner les États vassaux des USA, et affaiblir la propre population états-unienne.

Selon l’hypothèse B, le turbo-capitalisme se transforme en thanato-capitalisme. Non seulement les ouvriers deviennent surnuméraires, mais aussi les ingénieurs, les écrivains, les scénaristes, les acteurs, les journalistes, etc. bref, quasiment l’ensemble de la population terrestre. L’optimisation des profits passe alors par sa destruction. La guerre sert certes à créer du profit directement, mais l’objectif final est la destruction physique des populations, populations dont l’existence grève directement les budgets des grosses entités capitalistes via notamment les impôts, les services sociaux, la production de produits sans taux de profits élevés, etc. L’usage de la mort atomique peut être le but ultime d’une oligarchie prête à tout pour son bien propre et qui a prouvé via le réseau Epstein de quoi elle était capable.

Quelles sont les parades à ce funeste destin ?

L’oligarchie occidentale a déjà échoué à mettre en place rapidement le programme NOCP. Les différents essais, d’étendre l’usage des drogues, de ruiner les États, de créer des maladies contagieuses, et autres, n’ont pas eu les effets escomptés du fait d’une réalité qui leur échappe. La résilience des peuples victimes s’oppose de fait au moins en partie à ces destructions.

Aujourd’hui, de nouvelles armes, développées par des non occidentaux, permettent de transpercer les bunkers les plus profonds. L’oligarchie, en cas de destruction atomique, pourrait bien être prise au piège de sa propre hybris.

Une hypothèse, C, n’a pas été envisagée, mais est également parfaitement plausible. Le faible niveau intellectuel de nos dirigeants ne leur permet pas de voir plus loin que le bout de leur nez, réagissant de façon intempestive et instantanée à des soucis de communication, pris dans la toile de leur propre hybris et décidant sans aucune conscience des conséquences de leurs actes, comme des individus sous stupéfiants ou narcotiques. Se considérant eux-mêmes à la fois infaillibles et intouchables, ils considèrent leur propre peuple comme étant constitué de contre-hommes auxquels ils peuvent tout faire et les nations hors de la sphère occidentale comme des contre-nations auxquels le droit international ne s’applique pas et qu’ils peuvent anéantir. Dans l’arrogance de leur toute puissance ils sont au-delà de l’incompétence, dans le cadre d’une impéritie3 qui les amène à faire n’importe quoi, ayant atteint une fois au pouvoir leur niveau de Pieter. Alors, rien ne peut être dit de leurs actes futurs parfaitement aléatoires et irrationnels.

Dans tous les cas, les peuples occidentaux ont intérêt à s’unir, à exiger la cessation de toutes ces guerres actuelles et futures, et au remplacement, l’arrestation et la condamnation de leurs dirigeants.

 

1Une objection déjà faite est que la conception dans la théorie marxiste est incluse dans le capital fixe, et se traduit dans le prix des produits via les amortissements, ce qui ne génère pas de profit. C’était vrai du temps de Marx, mais Microsoft ne produit rien d’autre que du logiciel, donc de la conception. Le profit est bien généré par le travail de conception de ses ingénieurs, et pas par la production de ses disquettes au départ, jusqu’au téléchargement aujourd’hui.

2Emil Georg, Le marché de la détresse, suivi de New Original Crim Paradigm, Parc Edition, 1998

3La différence entre l’incompétence et l’impéritie est que celui ou celle qui en est atteint se croit un expert en son domaine.



6 réactions


  • Com une outre 18 mars 08:00

    Il faudrait aussi « démondialiser » le capitalisme pour revenir à des échelles économiques à taille humaine plus facilement gérables, et très certainement moins coûteuses. C’est possible hors énergies et matières premières rapidement. A condition d’avoir des dirigeants qui se moquent que certains oligarques se plantent, ce qui n’a rien de choquant dans un marché libéralisé. Il est désolant de voir qu’aujourd’hui encore, nous sommes comme des siècles en arrière, dans la lutte contre les privilèges de puissants privés comme de puissants états.


  • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 18 mars 10:10

    J’ajoute en commentaire un supplément sur le droit international.


    Dans le système occidental capitaliste actuel, la notion de droit est variable.

    Elle s’applique plus ou moins bien aux citoyens ordinaires entre eux, mais ne s’applique ni aux sur-citoyens qui peuvent sans souci enfreindre la loi, ni aux contre-citoyens, auxquels les droits ne s’appliquent pas, considérés comme des contre-hommes au sens sartrien*. Les sur-citoyens ont tous les droits, jusqu’aux crimes les plus abominables, les contre-citoyens n’en ont aucun.

    Sur le plan géopolitique, en ce qui concerne le droit international, il en va de même avec les États. Les États-Unis se considèrent eux-mêmes comme un sur-État, Israël, Le Royaume uni et l’Allemagne également. La France et l’Italie aussi, à condition qu’ils montrent leur vassalité. L’Australie et le Canada le sont par protectorat, appartenant à la couronne britannique. L’Occident considère par contre les pays non occidentaux comme des contre-États. L’Afrique, l’Amérique latine, la Russie, la Chine et les pays du Moyen-Orient hors Israël sont également des contre-État. De la même façon, un sur-État a tous les droits et un contre-État n’en a aucun. Les chefs des contre-États sont alors eux-mêmes considérés comme des contre-citoyens auxquels on peut ôter la vie sans souci ni justification aucune. Bien entendu, en contrepartie, les chefs d’États des sur-États sont eux-mêmes des sur-citoyens renforcés.


    Mais l’évolution du monde a pour résultat que certains contre-États progressivement dépassent les sur-États dans bien des domaines, voire tous. D’où la folie du chaos actuel, où les soi-disant sur-États pensent qu’ils ont encore une fenêtre d’opportunité pour détruire les contre-États, avant que ceux-ci n’aient la possibilité de les détruire à leur tour. Mais il est probablement trop tard.


    _

    * : notion développée par Jean-Paul Sartre dans la Critique de la raison dialectique


  • microf 18 mars 12:21

    Très bon article et ce passage " Dans tous les cas, les peuples occidentaux ont intérêt à s’unir, à exiger la cessation de toutes ces guerres actuelles et futures, et au remplacement, l’arrestation et la condamnation de leurs dirigeants« .

    Ce passage est profond et vrai, les peuples occidentaux doivent se réveiller et demander des comptes aux Dirigeants qu´ils ont élus, car les politiciens sont les employés des peuples qui les donnent un Mandat pour gouverner á leur compte, et lorsque le compte n´est pas bien ou n´est plus bon, alors, ces peuples doivent réagir, mais le pourront-ils ? La réponse c´est NON.

    Car il sera très difficile pour que ces peuples occidentaux de se soulèver et demander des comptes aux Dirigeants á qui ils ont donné un Mandat.

    Ces peuples occidentaux pendant des décénnies ont été lobotomisés par un lavage de cerveau, »oui nous sommes les meilleurs, oui nous sommes les plus forts, oui nous devons civiliser les autres« ont-ils entendus toute leur vie, et ils y croient vraiment. Nourris aussi á la sur-consommation, leurs cerveaux ne fonctionnent plus rationnelement, bien sûr avec des exeptions, sinon la masse a un tel cerveau lavé plus blanc que la neige, et avec un tel cerveau lavé et lessivé, ces peuples occidentaux sont devenus irrationnels, car avec ce qui se passe dans le monde depuis la fin de la guerre froide, ils auraient déjá dûs réagir.

    Lorsqu´on constate et voit les effets négatifs des politiques occidentales aujourd´hui dans le monde, effets qui occasionnent des dégats, de la souffrance, le désespoir, la misère aux autres... alors lorsqu´un peuple arrive á ce niveau d´irrationalité, il   n´ya plus rien á faire pour lui, son sort est gélé, il faut seulement attendre sa chute, après, il se relèvera et se rangera, car le monde ne peut s´arrêter parcequ´un peuple est entrain de perdre la raison.

    Il ya un film malheureusement que la censure a supprimé á youtube, ce film, c´est » Attila le Hun " qui commence par ce générique 

    « malgré la corruption et la décadence, affaiblie par les rivalités politiques et les guerres, l´Empire Romain était toujours la plus grande puissance sur la terre.
    Puis un nouveau peuple les Huns, fiers et indépendants, surgit des terres de l´Est.
    Une ancienne prophétie raconte qu´un jour, un homme surgira de ce peuple, unira les tributs et disputera á Rome le droit de règner seul sur le monde ».

    D´après ce film, cette prophétie se réalisa. Un peuple, les Huns, fiers et indépendants, surgit des terres de l´Est.
    De ce peuple un homme ATTILA, qui réussit á unir les tributs Huns et autres peuples, qui mirent fin au droit de Rome de règner seul sur le monde.
    D´après toujours ce film, á la mort d´ATTILA, l´Empire Romain en moins d´une décénnie s´éffondra, ce fut la période la plus sombre que connut l´Occident, ceci est dit á la fin dans le film.

    Lorsqu´on regarde ce film et les évènements qui se passent aujourd´hui dans le monde depuis la chute du mûr de Berlin, ils cadrent exactement comme dans le film.
    L´Empire Romain d´hier ressemble á cet Empire Occidental d´aujourd´hui, décadent, corrompu, affaiblie par les rivalités politiques et les guerres, et de nouvelles puissances qui se lèvent aujourd´hui pour lui faire barrage et l´empêcher de règner seul suir le monde.

    Souhaitons seulement que cet Empire occidental se ressaisisse et accepte sans être forcé, de son plein gré de devenir raisonnable, sinon, comme l´auteur le souhaite, plus les peuples occidentaux de demander des comptes mais les peuples du monde multipolaire qui sont déjá en marche, même si pour le moment cette marche va á pas lents.
     

     


  • Étirév 18 mars 16:27

    « Satan » sait qu’il lui reste peu de temps… car l’histoire est sur le point de subir un tournant radical de libération du mal et, pour cela, il réagit avec une grande fureur... une « Epic Fury » !
    Depuis que l’erreur règne, l’âme des foules est écrasée par l’égoïsme des oligarchies régnantes (religieuses ou laïques), fauchant tout dans leur poursuite insensée de la domination, de la gloire, de l’argent, et détruisant le rêve sacré de l’unité des esprits dans la vérité absolue.
    Pendant 2.500 ans l’humanité a vécu sous un régime d’incohérence fait de toutes les folies accumulées :
    - Folie de la domination qui a voulu tout soumettre à l’ambition de quelques despotes qui prétendaient dominer la Terre, se déchirant entre eux, ou, plutôt sacrifiant leurs peuples pour eux.
    - Folie des dogmes qui a imposé des croyances ineptes, des morales absurdes et cruelles qui ont enserré l’âme humaine dans un carcan de douleur et ont avili les races.
    - Folie d’accaparement de richesses folles, entassées par les plus audacieux et les plus rusés aux dépens des masses réduites à la gêne et à la misère.
    - Folie de la réglementation de ceux qui se sont crus autorisés à faire des lois, des règlements, des décrets pour diriger la vie des autres, pour leur donner la permission d’agir, la permission d’écrire, la permission de parler, la permission de penser… et même de respirer puisqu’ils ont fait de tous les actes de la vie des prétextes pour prélever des impôts, réduisant l’humanité à l’état d’automates, mus par un réseau compliqué d’ordonnances et sans cesse surveillée pour saisir et punir le moindre écart de cet assujettissement voulu.
    Pour ces puissants du vieux monde, gouverner c’est pressurer, c’est contraindre, c’est réprimer, c’est punir.
    Le monde actuel est un corps social dans lequel la flamme vitale, sans cesse diminuée, va s’éteindre tout à fait si elle n’est renouvelée.
    Nous vivons sous le régime de l’universelle imposture ; le caractère qui domine tout, c’est le mensonge, la vaine apparence des choses, qui furent réellement grandes et saintes dans les temps passés, mais qui se terminent en comédies, en simulacres ; c’est l’achèvement de toutes les parodies.
    Pour refaire la Société, il faut remonter à la source des idées, reprendre l’œuvre tout entière, reconstituer l’évolution mentale, édifier la science et rectifier l’histoire.
    Rien ne saurait arrêter une idée ou une révélation dont l’heure est arrivée, dit le poète.
    L’heure est donc venue de supprimer tous les despotismes et toutes les orthodoxies pour faire place à la Vérité qui ne s’impose pas par la Force, mais se propose par la Douceur. L’heure est venue de clore l’ère des persécutions.


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