samedi 11 juillet - par Joseph

D’une Unité Occidentale au sein d’un monde multipolaire en coopération

Dans un monde en pleine mutation de nouveaux rapports de forces ont émergé et montrent un affaiblissement croissant de la domination Occidentale au profit des pays du Sud qui semble tendre vers un monde multipolaire. Nous verrons donc dans cet article ce que nous entendons par Unité Occidentale et pourquoi elle semble nécessaire à la survie de notre civilisation. Un livret de la Shell Petroleum Company sur une projection d’avenir concernant le partage des ressources énergétique selon deux scénarios possibles servira de fil rouge sur ce que nous appelons un principe de coopération. Enfin nous relieront l’ensemble aux vues des évènements actuels, que ce soit en Ukraine ou au Moyen Orient.

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Si l’Occident a dominé le monde durant des siècles, nous voyons donc durant ces dernières décennies une montée en puissance des pays du Sud. Que ce soit à un niveau économique, militaire, d’alliances géopolitiques ou autres.

L’histoire nous a souvent montré que lorsqu’un empire ou une civilisation est en perte de puissance face à des rivaux elle peut réagir de manière violente. Mais cette même histoire nous a aussi montré que cet ultime sursaut tendait à affaiblir davantage ces anciennes puissances au profit des nouvelles. Ce qui est donc des plus contre-productif.

S’il semble que nous assistions à la fin d’un cycle, la fin d’un cycle n’est pas non plus une fin en soi. C’est aussi le début d’un nouveau cycle.

A partir de là nous avons le choix de préparer ce nouveau cycle au mieux, ou de répéter les erreurs du passé par la violence en perdant plus que de raison. Ou encore en appliquant des modalités de fonctionnement qui ont peut-être marché hier, mais plus pour ce nouveau cycle en préparation.

Nous allons maintenant tenter de voir les différents chemins possibles qui s’offrent à nous en se basant sur l’histoire et les sciences modernes.

Les sciences nous montrent déjà que nous avons tendances à nous rejoindre par ressemblance, affinité et intérêt. Il en va de même des groupes sociaux, mais aussi des états et des civilisations. De la même façon nous avons tendance à rejeter ce qui est différent de nous. La chose fait consensus.

Cette affinité se retrouve aussi dans les travaux post darwinien qui montrent des comportements plus positifs entre organismes étant génétiquement proches.

Ainsi les civilisations de même type ont toujours eu tendance à se regrouper et tisser des liens plus étroits entre elles.

Basiquement le monde comprend les civilisations Occidentales, Arabes, Africaines, Asiatiques et d’Amérique Latine. Ces dernières civilisations font partie des pays du Sud. Ce sont elles qui montent en puissance et commence à inverser les rapports de force géopolitiques conjointement avec la Russie.

La Russie qui est de culture Slave Orientale (et culture Slave qui est partagée par certains pays européens) pourrait dans une optique de simplification être vue comme un carrefour entre l'Orient et l'Occident, comme représenter une civilisation à part entière que certains pourraient qualifier d’Eurasienne.

Enfin ces différentes civilisations peuvent aussi se rapprocher par des similarités culturelles, linguistiques, religieuses, etc.

Alors si ces pays du Sud comprennent différentes civilisations, elles sont aussi réunies par une volonté de ne plus subir la domination du monde Occidental.

Ainsi beaucoup de ces pays du Sud ont des velléités de revanche envers le monde Occidental, ce qui tend donc à leur donner un but commun pour coopérer et atteindre ce but. Nous l’avons vu avec la création des BRICS. Mais aussi avec un remaniement des forces en présence à un niveau géopolitique.

Nous avons par exemple vu dans un article précédent une perte d’influence récente de l’Occident en Afrique subsaharienne au profit de pays du Sud. Un exemple parmi tant d’autres.

Ainsi on a pu voir aussi une perte d’influence certaine au Moyen Orient. Quant est-il par exemple des liens que la France avait savamment entretenu au sein des pays Arabes ? Une perte certaine depuis les premières guerres du golfe.

Mais aussi à un niveau économique avec la croissance économique constante des pays du Sud ces dernières décennies et le début de la fin du monopole des transactions énergétiques en dollars qui en sont les exemples les plus visibles. Et encore à un niveau technologique, de moyens militaires, ou autres.

Face à cette montée en puissance et une redistribution des cartes, on parle de plus en plus de monde multipolaire.

Là encore l’histoire nous montre qu’un monde multipolaire n’est pas forcément un facteur de paix assuré. Mais de la même façon que cette même histoire nous montre qu’un monde unipolaire ou bipolaire ne sont pas non plus des facteurs de paix assuré. Tout dépend de la manière dont seront gérées les relations internationales et bien d’autres choses.

Mais si nous quittons un monde unipolaire dominé par l’Occident pour aller vers ce monde multipolaire, encore faut-il que des rapports de forces soient préservés pour éviter que nous retombions vers une autre unipolarité qui ne tarderait pas à se faire aux détriments de l’Occident le moment venu. Donc lorsque des rapports de force issus des pays du Sud seront suffisant pour qu’un autre groupe vienne prendre la place de l’Occident.

Nous avons donc vu que lorsque qu’une puissance commençait à perdre de l’influence et aller contre le cours de l’histoire, si elle prenait le choix émotif de la violence pour tenter de maintenir sa domination, alors elle risquait surtout de favoriser ses adversaires.

En l’espèce, si l’Occident prend le chemin de la guerre pour tenter de garder son hégémonie elle risque de perdre plus que de raison. C’est d’ailleurs certainement ce qu’attendent patiemment certaines puissances, voir au moins l’Occident s’affaiblir dans certaines guerres ou autres pour pouvoir prendre le dessus le moment venu, comme placer leurs pions en attendant.

En raison des antagonismes civilisationnelles, mais aussi des velléités de revanche de la part de l’ensemble des pays du Sud envers l’Occident, ce même Occident semble avoir tout intérêt à s’unir dans le but de survivre au mieux au futur qui se prépare dans le but de pouvoir conserver un rapport de force suffisant au maintien d’un équilibre au sein du monde qui se prépare.

Ainsi si nous avons dit que les groupes avaient tendances à se réunir par ressemblance et rejeter ce qui était différent d’eux, donc déjà à un niveau civilisationnel, on peut aussi voir cet état de fait au sein du monde Occidental.

Ainsi nous voyons les civilisations Anglos Saxonne être plus proches que les autres civilisations Occidentales, donc plus proches que les civilisations Européennes en quelque sorte.

Cette proximité peut notamment se voir au niveau du monde du renseignement par ce que l’on appelle les cinq yeux. C’est un groupe qui rassemble les services de renseignement des pays Anglos Saxons (Etats-Unis, Royaume Unis, Canada, Australie, Nouvelle Zélande).

Contrairement au reste des autres services de renseignement Occidentaux, les cinq yeux ont un principe de « partage intégral » des informations et bénéficient d’un niveau de coopération plus élevé. Au-delà de cette proximité, il y a donc aussi une sorte de mise à l’écart des autres puissances Occidentales.

Mais si nous voyons des affinités civilisationnelles au sein même d’une civilisation comme l’Occident, que dire des affinités des différentes civilisations des pays du Sud vis-à-vis de l’Occident ?

Alors cette Unité Occidentale dont nous parlons ne pourrait se faire aux détriments des uns ou des autres. Elle devrait respecter l’identité et la souveraineté de chacun au sein d’un rapport d’égal à égal. Simplement parce que ce sont les conditions minimums nécessaires à une coopération réussie selon la science pour que tout se passe au mieux.

Actuellement certaines ambiguïtés persistent à ce propos.

Au-delà de ce groupe restreint, le reste l’Europe subit par exemple des agressions économiques de fortes ampleurs de la part des certains de ces alliés dont certaines portent même atteinte à des enjeux de souveraineté nationale.

Mais un affaiblissement de l’Europe entraînerait un affaiblissement de l’ensemble de l’Occident. Une simple logique mathématique.

Si cet affaiblissement de l’Europe devenait effectif, alors l’Occident dans son ensemble perdrait de sa force. Et dans ce cas le monde Anglo Saxon se retrouverait seul à terme face aux pays du Sud.

Entre les liens civilisationnels et les velléités de revanche envers l’Occident il fait peu de doute que même les alliances actuelles avec certains pays du Sud risquent de se retourner contre nous le moment venu, lorsque l’affaiblissement sera effectif et suffisant. Lorsque cet affaiblissement entraînera des intérêts moins avantageux pour tenir ces alliances. Lorsque des puissances émergentes offriront des intérêt plus interressants en rapport. On a vu que les choses avaient d'ailleurs déjà au moins commencé en Afrique subsaharienne.

Alors si certains tendent implicitement à vouloir diviser notamment la Russie et la Chine dans le but de les affaiblir, en tout état de cause la Chine, la Russie et d’autres n’ont qu’à attendre patiemment de voir l’Occident s’affaiblir s’il se divise par des guerres économiques ou autres, si une partie du monde Occidental tente de prendre l’avantage sur l’autre.

Si par exemple l’Europe ou le groupe Anglo Saxon s’affaiblissait, les rapports de force visant à maintenir une multipolarité du monde deviendraient donc bien fragile face aux pays du Sud qui auraient alors toutes les chances de prendre l’avantage. Le reste de l’Occident se retrouvera donc seul face aux pays du Sud, il n’y aurait donc plus la puissance nécessaire pour maintenir ce rapport de force.

C’est donc en ce sens que nous parlons de préserver l’Unité Occidentale dans le but de ne pas la diviser et de pouvoir maintenir les rapports de force nécessaires à la préservation d’un équilibre, à éviter que l’Occident tombe sous le joug d’une domination quelconque.

Et cette Unité n’a donc rien à voir avec une uniformité ou une absence de souveraineté de chaque pays qui la compose.

Et que cette souveraineté soit d’ordre décisionnelle, militaire, économique, technologique ou autre.

Ensuite cette Unité n’exclut en rien une coopération avec les pays du Sud, bien au contraire.

En ce sens, le livret de la Shell Petroleum Company, une des compagnies pétrolières mondiale majeure, en ce qui concerne une projection d’avenir est des plus intéressant.

Cette projection qui s’intitule « Blueprint and Scramble » (le Plan et la Brouille) montre basiquement deux voies possibles en ce qui concerne le partage des ressources énergétiques dans le monde. La voie coopérative globale qui passe aussi par des solutions locales adaptées (le Plan), ou la guerre et les tensions où basiquement chacun utilisera la force à son avantage pour obtenir ces ressources énergétiques (la Brouille).

Là encore depuis au moins les travaux de Şerif, la science nous a montré que la seule façon de régler les conflits liés aux ressources entre groupes antagonistes étaient le principe de coopération. Ce livret comme les études scientifiques qui ont suivis les travaux de Şerif confirment ce point.

Bien sur la coopération n’est pas la solution qui assure la paix à 100%, elle nécessite des modalités de fonctionnement adaptées. Les avancés scientifiques modernes ont justement les solutions pour mettre en place ces modalités.

En revanche, ce qui est sûr c’est que sans coopération ce sont les tensions assurées, donc l’échec. Il ne reste donc que la voie de la coopération comme solution viable et pertinente sur le long terme.

Cette coopération pourra prendre bien des formes, et Shell montre qu’elle apportera des avantages certains en termes de prospérité en plus de paix.

Cette coopération pourra notamment se faire au niveau scientifique dans le but de trouver des solutions aux problématiques énergétiques, mais aussi démographiques, climatiques et toutes autres problématiques que l’humanité devra affronter.

Là encore les sciences modernes ont des solutions à offrir en ce sens pour l’ensemble à condition que l’esprit partisan ou mercantile d’une minorité accepte de les voir au lieu de les refuser par peur de perdre des intérêts à court terme qu’ils pourraient d’ailleurs bien souvent retrouver à long terme. Que la science puisse servir l’ensemble à l’aide d’une vision objective, et non pas pour servir ces intérêts partisans ou mercantiles.

Et pour que cette coopération fonctionne, elle nécessite aussi ces mêmes rapports de forces dont nous parlions. Donc déjà cette force par le biais de cette Unité Occidentale telle que définie sans quoi l’Occident ne pourrait pas voir les fruits d’une telle opportunité face à certaines velléités de revanche qu’il n’est jamais trop tard d’apaiser par des efforts diplomatiques adaptés au lieu de les exacerber.

De la même façon qu'un principe de coopération, pour pouvoir fonctionner au mieux, s’appuie aussi sur un avantage d’ordre supérieur compris par tous les acteurs par rapport à celui ne pas coopérer. Le livret de Shell, et ils ne sont pas les seuls, y montre bien des avantages potentiels d’ordre supérieurs, qu’ils soient énergétiques, économiques, innovationnels, etc. Le point de vue n’est donc pas moral, mais bien pragmatique et en lien direct avec la survie et la résilience optimum d’une espèce et d’une nation au sein d’un milieu donné en plus des avantages socio-économiques possibles. L'autre problématique étant que ces avantages d’ordre supérieurs doivent être compris sur le long terme, ils peuvent donc être moins visibles par tous si une communication ou encore une vision s’oriente principalement sur les avantages à court terme. Ou encore si l’on pense qu’il n’y a pas de solution viable alors que ces solutions existent.

Enfin, un monde multipolaire semble propice à une logique de coopération sous toutes ses formes.

Alors bien sûr les évènements récents au Moyen Orient tendent encore avec l’Ukraine à nous orienter vers le chemin de la « Brouille ». Mais aussi de la division au sein du monde Occidental.

Nous voyons en effets des voix contradictoires face à qui se passe actuellement. Des voix contradictoires en Europe, mais aussi au sein de l’administration Américaine et du monde Anglo Saxon.

Cette forte dissonance montre bien souvent que nous empruntons une voie qui n’est pas la bonne.

Et d’autant plus que l’Occident a une carte supplémentaire à jouer au sein d’un tel monde. De par la présence d’une population d’origine étrangère issus de l’immigration de l’ensemble des pays du Sud en son sein, [c][s]es citoyens Occidentaux d’origine étrangères pourront faciliter la mise en place de ponts civilisationnelles dans le but de faciliter cette coopération, mais aussi participer à faciliter à une baisse des tensions par proximité culturelle, civilisationnelle.

La seule certitude sur la voie de la Brouille, et selon les spécialistes de la guerre, c’est que le résultat d’une guerre est justement incertain. Les avantages ne sont donc pas certains à long terme.

Ces dernières années, tout comme les évènements récents au Moyen Orient, l’ont encore démontré. Le point de vue est donc une fois de plus des plus pragmatique.

Il semble donc bien que le monde se trouve à un carrefour où il devra choisir entre la voie coopérative intra et extra Occidental, ou la voie de la Brouille et un probable effondrement de la civilisation Occidentale à long terme aux profits des pays du Sud, si ce n’est pire.

Il semble donc grand temps que l’Occident renoue avec la prospérité en préparant au mieux cet avenir.

Mais en tout état de cause il ne semble exister qu’une voie possible en ce qui concerne la survie à long terme du monde Occidental, comme de la stabilité du monde dans son ensemble d’ailleurs.

Nous avons d’ailleurs vu ces derniers siècles le centre de gravité du pouvoir se déplacer de l’Europe vers les Etats-Unis. La force sous toutes ces formes fut majoritairement utilisée pour se maintenir durant ces périodes. Cela n’a pas fonctionné sur le long terme. D’abord par une perte d’influence au profit des Etats-Unis, et maintenant au profit des pays du Sud.

Alors il est peut-être temps de penser une nouvelle étape civilisationnelle qui ne se base plus majoritairement sur la force brute, la manipulation ou encore le contrôle à tout prix pour avancer, mais plutôt sur la pertinence et l’intelligence des relations entre les différents acteurs concernés. Une certaine invitation à la réflexion.

Cet article reprend de manière simplifiée et adaptée un chapitre de mon livre en libre téléchargement et protégé par droit d'auteur sur l'étude des causes de la violence.

 



13 réactions


  • La Bête du Gévaudan 11 juillet 22:20

    c’est beau les utopies, ah ah !

    En gros, vous pensez entourlouper les puissances émergentes... « ne profitez pas de votre ascendant futur pour imposer votre force »...

    c’est une démarche assez hypocrite sur le fond : l’occident s’affaiblit relativement et demande aux autres de ne pas profiter à leur tour de leur suprématie.

    Je pense que, quand l’occasion leur sera fournie, les autres empires se comporteront comme ils l’ont toujours fait dans la longue histoire, et comme tous les empires humains le font : ils feront sentir leur puissance.

    Je vous rejoins néanmoins sur un point : l’Occident doit se préparer à faire face et survivre, en restant suffisamment uni, et en usant aussi bien de la négociation que de la force (les deux fonctionnent ensemble)... bref, rien que de très classique.

    Quant à « l’humanisme et la coopération » chez BP, ça me fait sourire... c’est quoi la coopération ? Le socialo-communisme ? On a déjà essayé, et c’est sanguinaire et inefficace ! Le doux commerce ? Cela reste la meilleure solution. Mais dans ce cas, évitons les mots trompeurs de « coopération », et parlons tout simplement de commerce.

    Mais le doux commerce ne dispense pas de disposer d’une armée à même de dissuader les éventuels importuns. Telle est la condition humaine.


    • La Bête du Gévaudan 11 juillet 22:23

      rappelons que disposer d’une force dissuasive est le moyen d’amener l’autre à la négociation...

      les gens dépourvus de force ne négocient pas mais se soumettent...

      une lecture de Charles de Gaulle « le fil de l’épée » est à recommander.


    • Joseph Joseph 12 juillet 08:16

      @La Bête du Gévaudan

      Merci pour la référence à De Gaulle qui avait d’ailleurs tout à fait raison de dire que « les états n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts »

      Je ferai donc d’abord comme si vous n’étiez pas en train de troller, mais juste lu l’article de manière rapide et incomplète.

      Je vous invite donc à le relire et vous verrez que je parle bien de la préservation de rapports de forces dans le but de pouvoir conserver un équilibre et éviter une domination quelconque, comme d’intérêts en rapports qui influencerons des alliances éventuelles. La perspective est donc bien réaliste.

      Ensuite le principe de coopération peut effectivement déboucher sur du commerce, mais englobe bien plus de choses. Notamment des échanges visant à trouver des solutions à toute sorte de problématiques, mais aussi dépasser la simple force brute pour aboutir à une intelligence des relations pour justement pouvoir trouver ces solutions et avantages en rapport.

      Voici notamment un lien en français qui résume une partie du livret de Shell mis en lien :

      https://www.letemps.ch/economie/analyse-scenario-shell-eviter-un-cauchemar-ecologique

      Ensuite le commerce peut être féroce, à ce propos je vous invite également lire le thème du livre mis en lien dans l’article :

      https://www.fnac.com/a12948288/Frederic-Pierucci-Le-piege-americain

      Enfin je vous invite en retour à lire cette thèse de doctorat des plus intéressantes sur l’intelligence/guerres économiques du monde moderne si vous souhaitez aller plus loin sur le sujet :

      https://www.diploweb.com/IMG/pdf/2020-axelle-degans-these-la-securite-economique-de-la-france-dans-la-mondialisation-une-strategie-de-puissance-face-aux-nouveaux-defis-du-xxieme-siecle.pdf


  • sylvain sylvain 12 juillet 11:29

    Ca semble sense, voir evident.

    Mais il faut aussi voir les limites d’un monde organise sur des blocs de puissance qui, comme dit en commentaires, « n’ont pas d’amis mais seulement des interets ».

    Tous nos problemes, et toutes leurs solutions, sont planetaires. Les chaines industrielles sont irremediablement mondialisees, la pollution, le rechauffement climatique sont des problemes globaux. Les grandes puissances se projettent partout dans le monde, et leurs economies sont mondialisees, en particulier l’economie chinoise. Les matieres premieres sont reparties partout, or si l’on regarde les choses dans leur ensemble, nous ne savons plus faire un pot de yaourt sans terres rares, petrole... disons que se simple objet mobilise toutes les matieres premieres.

    La cooperation internationale entre nations modernes est une chose cahotique. On parle souvent, ici aussi, de l’unite du sud globale, des BRICS. Elle est largement fantasmee. Premierement parce que la prevalence de la Chine y est juste ecrasante, encore plus que celle de l’amerique sur le bloc occidental. deuxiemement parce que certains pays des BRICS sont des rivaux bien avant d’etre des partenaires. Le principal danger pour l’inde, c’est la Chine et elle le sait parfaitement. La Chine etabli des bases militaires dans toutes les zones strategiques de leurs frontieres, et fournit des armes de pointe au pakistan, ennemi historique de l’inde. Quand isarel attaque l’iran, l’inde soutiens unilateralement israel. Le Bresil de Bolsonaro est un allie avere des USA, et celui de Lula est tres ambigu. Le developpement chinois ne compte sur personne, et vise tres clairement a une superiorite systemique sur tout le reste du monde...


    • Joseph Joseph 12 juillet 15:33

      @sylvain

      « Ca semble sense, voir evident. »

      On est d’accord, mais aux vues de certains faits et dires cela ne semble malheureusement pas une évidence pour tout le monde.

      « Mais il faut aussi voir les limites d’un monde organise sur des blocs de puissance qui, comme dit en commentaires, « n’ont pas d’amis mais seulement des interets » »

      Justement, le but est aussi de déterminer des intérêts communs, ils existent.

      « Tous nos problemes, et toutes leurs solutions, sont planetaires. »

      Je dirais plutôt un mélange de global et de local qui s’influencent mutuellement. Mais oui, dans un sens tout est lié et de bien des manières.

      Après bien sûr rien n’est simple, et des points que vous soulevez sont réels. Les pays du Sud ne forment pas un bloc homogène (ils ont toutefois certains intérêts communs et une fois le bloc occidental hors course cela rendra les choses plus simples pour certains, première étape qui pourrait en réjouir plus d’un au sein des pays du Sud avant que certains ne se regarde en chien de faïence ; retour à la case départ en quelque sorte), votre exemple du pot de yaourt n’est pas dénué de sens (complexité et dépendance globale à fabriquer du simple dont des solutions qui ne concernent pas que cet exemple peuvent toutefois y être apporter et même si dans un premier temps des freins liés à des intérêts devraient se manifester face à ces solutions), et la coopération internationale est elle-même des plus complexes (même à un niveau bien plus restreint elle n’est pas simple sans au moins les bonnes modalités).

      A partir de là est-ce que cela veut dire que tout devient impossible ? Je ne le crois pas. Je crois plutôt à une volonté de prise de direction, vers quelle voie veut-on aller. Pour le reste cela pourra aussi se faire étape par étape. Mais c’est déjà cette volonté première qui est à mon sens déterminante. Dans cet article elle est basiquement représentée par la voie de la Brouille ou du Plan, mais aussi de cette Unité en rapport (et tout ce qui est constructif est le bienvenu).


    • sylvain sylvain 12 juillet 18:28

      @Joseph

      Une echelle locale et globale, oui. Mais nationale ? nous sommes face a un probleme de taille, le systeme industriel est global, les commmunautes qui ont encore un sens sont locales mais toute notre organisation est nationale.


    • Joseph Joseph 13 juillet 11:36

      @sylvain

      Oui, c’est un enchevêtrement complexe qui dépasse le cadre de cet article. Mon prochain rejoindra une problématique organisationnelle au niveau national.


  • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 12 juillet 11:56

    Vous parlez des « cinq yeux », USA, Royaume uni, Canada, Australie, Nouvelle Zélande. C’est-à-dire, de fait, les USA et la Couronne britannique, à laquelle appartiennent de facto les quatre autres États. A ce consortium, il faut ajouter Israël. Qui pousse à la guerre perpétuelle, sinon justement cette même Couronne britannique ? Avec la City, la Chambre des Lords, et le MI6. Ce sont des suprématistes absolus et le reste du monde est à leurs yeux, justement, constitué de sous-hommes qui devraient leur prêter allégeance. Ils ont perdu leur empire, sont vent debout contre la Russie, la Chine et l’Iran, qui refusent cette allégeance. Quant à l’Europe, elle est là pour les servir, ou mourir. Pousser l’Allemagne belliciste et la France veule dans une guerre qui les ruinera fait partie de leur plan. Ce qu’ils redoutent par dessous tout serait une alliance entre l’Allemagne et la Russie, comme ce fut le cas avec le Nordstream qu’ils ont saboté. Il n’y a rien à faire avec les anglo-saxons autre que définir des limites strictes de non ingérence, après leur effondrement.


    • Joseph Joseph 12 juillet 15:34

      @Jean-Paul Foscarvel

      « Il n’y a rien à faire avec les anglo-saxons autre que définir des limites strictes de non ingérence, après leur effondrement. »

      Si la non ingérence est de mise, leur effondrement engendrera le nôtre et inversement. Donc sans même aller plus loin, je ne vois déjà pas l’intérêt que l’on pourrait en tirer.


    • Eric F Eric F 12 juillet 16:01

      @Jean-Paul Foscarvel

      L’Allemagne n’a pas été belliciste pendant des décennies suite à la seconde guerre mondiale, et même au début du conflit russo-ukrainien elle faisait partie des états européens les plus réticents sur un soutien militaire et une escalade. Ensuite, la pression a été mise pour qu’elle entre dans le jeu, et effectivement le sabotage des gazoducs a fait partie de ces pressions. Elle reste réticente à envoyer des troupes où que ce soit, mais vendre des armements la rebute de moins en moins, ainsi qu’avoir une force de défense au niveau de sa puissance économique.

      Le cartel anglo-saxon se fissure, l’administration trumpiste s’est mis quasiment tous les autres à dos, le Royaume Uni se rapproche de l’Europe continentale, et même le Canada (faute de Québec libre et de Canada français, voilà de se profile un Canada pro-européen ). Qui l’eut cru il y a seulement quelques années smiley
      Par rapport à la Russie, les cartes sont rebattues, il y a 15 ans l’Europe germano-latine cherchait la coopération, désormais la voilà dans le camp de l’hostilité, alors que Trump aurait souhaité passer un deal (et nous supplanter)...


    • Eric F Eric F 12 juillet 16:08

      J’ai écrit ci-dessus que le cartel anglo saxon se fissure, on pourrait aussi dire que l’« Occident » ne constitue plus un bloc homogène, Trump vitupère parce que les autres pays de l’OTAN et associés ne l’a pas suivi dans son aventure contre l’Iran -contre productive pour l’ensemble du monde-. En Afrique d’où la France s’est fait lourder de bien des pays, les USA nous ont savonné la planche (la Russie n’a du reste pas prouvé qu’elle était un protecteur plus efficace).


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