mercredi 13 janvier 2010 - par Raymond SAMUEL

Danger aussi grave que le dérangement climatique ?

L’Homme est un animal grégaire.

L’Homme est un mammifère dont l’affectif est hyper développé.

Or il apparaît nettement que l’affectif humain glisse vers l’athymie (l’absence d’émotions), ce qui permet à l’individualisme, le racisme, le sexisme de s’imposer.

Où cela nous emmène-t-il ? Jusqu’où la civilisation va-t-elle régresser.

Lundi soir 7 décembre 2009 une émission télé sur M6 dénonce les violences exercées contre les femmes par leur conjoint.

L’’émission est annoncée par Télé Z sous le titre « GENERATIONS FAMILLE ». Le premier sous-titre est : « VIOLENCE DANS LE COUPLE ; COMMENT S’Y OPPOSER, COMMENT EN SORTIR ? ». Puis : « En France, tous les deux jours et demi, une femme meurt sous les coups de son conjoint. Enquêtes. « VIOLENCES CONJUGALES : L’ENFER A DOMICILE. ». En France et en 2008, il a été recensé 160.000 cas de violences intra-familiales, dont 193 mortels.

Plusieurs cas de violences sur les femmes sont présentés au cours de l’émission, le premier étant celui d’une jeune femme frappée et poursuivie par son ex-conjoint dans une forêt et qui meurt après une chute dans un ravin. Une autre est défigurée par une balle de pistolet.

Comment s’y opposer, comment en sortir ?

Une bénévole aide les femmes à quitter leur conjoint ; à DOUAI la police et un juge particulièrement motivé et efficace neutralisent et tentent de rééduquer les hommes violents. Un couple ressoudé est présenté où l’homme se dit sorti de l’alcoolisme et de ses crises de violence.

LES CHOSES SONT GRAVES puisque les décès concernent la personne la plus faible physiquement dans le couple et que les faits se passent en milieu familial. Quelques-uns seulement des hommes violents présentés sont connus de la police pour d’autres méfaits. La famille devient-elle un milieu potentiellement dangereux pour la femme du fait de la violence masculine ? Quelles sont les mesures à prendre pour se protéger ? Celles présentées dans l’émission sont-elles suffisantes ?

A la fin de l’émission j’ai éprouvé un malaise certain doublé d’insatisfaction. Quelque chose clochait.

Il est vrai que la problématique est vaste et il est évidemment illusoire de vouloir la traiter par un seul article ou une seule émission télévisée. Il serait malvenu de faire la fine bouche. Toutes les manifestations qui permettent d’être plus attentifs à la souffrance des personnes en état de faiblesse et aux dysfonctionnements de la société sont absolument nécessaires. Tout plutôt que les tabous et les omerta.

Cela ne nous dispense pas d’être vigilant. Ce sujet est assez couramment instrumentalisé.

N’était-ce pas le cas dans l’émission de lundi soir ? N’y avait-il pas, dans sa construction et dans le texte de télé Z la volonté de servir le sexisme plus que de rechercher des solutions ?

Je vous propose d’analyser l’émission.

Comment est-elle présentée ?

Quel est le champ exploré ? Et pour chaque dérive signalée quelle est l’avancée proposée ?

Le titre « Génération famille » nous indique qu’il sera question de la famille en général, mais on précise ensuite :« violence dans le couple comment s’y opposer, comment en sortir », orientation bien précise qui limite le champ aux deux conjoints. On rappelle ensuite que tous les deux jours et demi une femme meurt sous les coups de son conjoint.

Nous sommes toujours là dans le cadre de la violence entre les deux conjoints.

Dans ce cadre il est indiqué qu’une femme meurt sous les coups de son conjoint tous les deux jours et demi. On enchaîne avec « violences conjugales : l’enfer à domicile » en chiffrant à 160.000 les cas de violences intra-familiales qui ont été recensés en 2008. Parmi ces cas,193 étaient mortels.

Evidemment on on ne doute pas que ces cas mortels s’appliquent à des femmes.

Mais en relisant, j’ai été accroché par ce terme "intra-familiale" qui semble glissé subrepticement dans le texte... Ce qui m’a amené à vérifier les chiffres donnés.

Voyons, un décès tous les deux jours et demi dans une année de 365 jours donne 146 et non 193.

A qui s’appliquent les 47 décès en surnombre ? Ne serait-ce pas celui des hommes ? Puisqu’à y regarder de près il s’agirait maintenant de toutes les violences qui se produisent dans le cadre familial.

Le texte ne le dit pas. On se garde bien d’attirer l’attention du lecteur sur le fait que l’on passe sur un autre registre, celui de toutes les violences situées dans la famille (intra-familiales dans le texte).

Mais là encore, il y a manipulation. Il manque les décès d’enfants tués par leurs parents.

Reprenons : il y aurait 146 femmes assassinées, 47 hommes. Ajoutons les enfants tués, trois chaque semaine, soit 156.

Au total le nombre moyen de morts annuel serait de 349 et non 193.

Il est particulièrement inconvenant d’avoir à vérifier ces chiffres dans le cadre d’un sujet comme celui-ci. Mais justement il ne faut pas tolérer les dérives sur ce sujet qui doit être traité dans le but d’aider à la solution du problème, de tous les problèmes de violence intra-familiale et non servir à des manœuvres sexistes méprisables bien propres à attiser la violence.

Car la manœuvre est évidente. Une fois de plus certains journalistes racistes ont saisi l’occasion de stigmatiser tous les hommes et uniquement les hommes.

Le débat qu’il faut ouvrir c’est celui du recul de la civilisation, des causes de l’athymie généralisée, de l’égoïsme, de l’individualisme, des dommages psychiques qui rendent si difficile la vie de famille.

Raymond SAMUEL




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