lundi 10 novembre 2025 - par rosemar

Data centers énergivores : la guerre de l’eau...

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On ne s'en étonnera pas : le président Donald J. Trump a signé un décret visant à faciliter le déploiement rapide et efficace des infrastructures de centres de données.

Le décret ordonne au secrétaire au Commerce de lancer une initiative visant à fournir un soutien financier, tel que des prêts, des subventions et des incitations fiscales, aux projets admissibles.

"Les data centers, ces hangars géants, nécessaires pour stocker les données numériques, poussent un peu partout dans le monde. Et ce, avec des conséquences importantes sur l'environnement. Dans certains États américains, ils consomment tant d'électricité et d'eau qu'ils en privent les riverains.

 

Ce sont les nouveaux géants du XXIe siècle : les data centers, le cerveau, la mémoire de l'intelligence artificielle. Dans ces immenses bâtiments, des serveurs ultra-puissants qui, pour fonctionner 24 heures sur 24, doivent être alimentés en électricité, et refroidis en permanence avec des tonnes d'eau. Des géants énergivores, au point de parfois priver le voisinage. Dans l'État de Géorgie aux États-Unis, à quelques centaines de mètres d'un nouveau centre de données, la puissance de la pression de l'eau froide s'est tarie depuis la construction du bâtiment. Les habitants se sentent impuissants.

"Vous avez vraiment l'impression d'être face à un mur immense. Vous ne pouvez rien faire et ils s'en fichent", déplore une femme.

Selon les experts, faire une simple demande à l'intelligence artificielle revient à consommer 50 centilitres d'eau potable, soit l'équivalent d'une petite bouteille. Près de la moitié des data centers au monde se trouvent aux États-Unis. Des journalistes en ont recensé et cartographié 3 031, trois fois plus qu'il y a dix ans.

Plus d'un tiers se trouve dans des zones en détresse hydraulique. En Arizona, par exemple, l'un des États les plus chauds et secs, plus d'une centaine dans la région de Phoenix. Et cela ne cesse d'augmenter, à un rythme effréné. Sur des images satellites, un site de Microsoft est passé d'un à cinq bâtiments en six ans, avec un permis pour consommer de l'eau en quantité.

"L'eau pompée juste ici permet d'alimenter ces cinq data centers. Ils utilisent jusqu'à 7 millions de tonnes d'eau par an, de quoi fournir normalement 61 000 habitants", détaille Diane Schlienger, envoyée spéciale à Phoenix en Arizona.

Les agriculteurs de la région sont aussi fortement pénalisés...
Il peut faire près de 40 degrés. Mais l'eau coule en continu pour les data centers. C'est leur façon d'éviter la surchauffe et d'assurer qu'aucune donnée ne soit perdue. Mais à quelques kilomètres de là, pour les agriculteurs, le flux a été coupé par les autorités au nom de la sécheresse.

"On a reçu un message en nous disant que le niveau du barrage était trop bas. C'est fichu pour tous les agriculteurs le long de ce canal. On n'a plus d'eau pour cultiver quoi que ce soit dans ces champs. Sur ces 32 hectares, de la route jusqu'à là-bas", témoigne Nancy Caywood, agricultrice à Casa Grande en Arizona. L'ironie, c'est que de grandes entreprises de l'intelligence artificielle lui ont proposé de racheter ses terres.

"C'est injuste parce que nous, on n'a aucun droit. Et eux, s'accaparent notre eau, notre terre. Et on se demande pourquoi elles viennent dans un désert alors qu'il y a une sécheresse ?", questionne-t-elle.

En fait, ce sont des terrains désertiques, constructibles à moindre coût...
En Arizona, de grandes étendues sont constructibles à moindre coût. Alors dans cette région aride, où certaines rivières ont depuis longtemps disparu, d'autres centres de données comptent bien déloger les cactus. Les projets se multiplient et rencontrent désormais de la résistance.

Le slogan de Reed Spurling, militant de "No Desert Data Center" : "Pas une goutte d'eau pour les data centers. "Ici à Tucson, il fait 11 degrés de plus qu'avant. On pourrait plutôt utiliser cette eau pour rafraîchir la ville, en réalimentant les rivières asséchées", suggère-t-il.

La terre a été rachetée pour construire le plus grand campus de l'intelligence artificielle de la région. Mais cette course folle n'est pas près de s'arrêter : en Arizona, les centres de données bénéficient d' avantages fiscaux et les autorités de l'État assument. "Ils apportent des milliards de dollars chaque année dans les caisses des communes, qu'on n'aurait pas sinon. Il faut juste qu'on trouve un moyen légal pour que les data centers produisent leur propre énergie afin qu'ils soient la solution et non plus le problème", indique Kevin Thompson, le président de "Arizona Corporation Commission".

Des journalistes ont contacté plusieurs data centers. Tous ont refusé les demandes de tournage, mais se disent déterminés à réduire leurs dépenses en énergie, avec par exemple des projets innovants, comme des data centers flottants en Californie."

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Le blog :

https://rosemar.over-blog.com/2025/10/data-centers-energivores-la-guerre-de-l-eau.html
 

Source :

https://www.franceinfo.fr/internet/intelligence-artificielle/data-centers-quand-la-soif-du-numerique-asseche-les-sols-americains_7577110.html

 



14 réactions


  • nanobis nanobis 11 novembre 2025 08:10

    Cette eau n’est pas le problème le plus grave. Elle ne se perd pas. Elle se refroidit à l’air ambiant et peut être récupérée pour du chauffage urbain par exemple.


    • rosemar rosemar 11 novembre 2025 14:03

      @nanobis

      Ce n’est pas le cas aux USA...

      « Ici à Tucson, il fait 11 degrés de plus qu’avant. On pourrait plutôt utiliser cette eau pour rafraîchir la ville, en réalimentant les rivières asséchées », suggère-t-il.


    • Gasty Gasty 11 novembre 2025 14:46

      @rosemar

      Son but serait de réalimenter les rivières asséchées en eau potable pour refroidir les villes ?


  • Marrex Marrex 11 novembre 2025 08:47

    Le Zoo de Mengele, livre culte des mouvements radicaux (éco-guerrier), cette histoire tant à justifier les actes criminels commis au nom de l’écologie radicale.

    Alexander von Humboldt était le père de l’écologie scientifique, naturaliste allemand il n’était un criminel.
    Qui tire les ficelles de l’écologie politique ? 


  • ETTORE ETTORE 11 novembre 2025 11:44

    Voyez vous rosemar,...

    Avant, dans une guerre« traditionnelle », on visait les infrastructures énergétiques, genre , centrales nucléaires et autres, laissant pour des milliers d’années, un environnement polué, irradié, juste bon à y faire paître des chiens bleutés.

    Avec ces « data centers », premières cibles électroniques, d’un futur qui ne dit pas son nom, la plongée en profondeur dans les abysses de l’impuissance civilisationnelle, seras encore plus dramatique.

    Plus d’intelligence dans la main, plus de trottinettes à louer, plus de pizza à livrer, plus....plus....plus...EN MOINS !

    L’ère de l’âge des cavernes, non plus dans l’environnement, mais dans la caverneuse « tête », de tous ces rendus impuissants, qui jusqu’alors, de leurs doigts frénétiques, déssinaient leurs ordres pariétaux, à destination du pays, des Fils du Ciel.

    A tout prendre, rosemar, entre un sol vitrifié, et une statuaire d’esprits figés....

    Devinez ce que je choisis !


  • Marrex Marrex 11 novembre 2025 15:35

    1924, un groupe de scientifiques allemands développa le premier vaccin antitétanique inerte préparé à partir d’anatoxine tétanique, ce qui permit jusqu’à 95 % de réduction des cas de tétanos. Ce vaccin figure désormais sur la liste des médicaments essentiels de l’Organisation Mondiale de la Santé.


  • <<Les data center de Microsoft >> sont plongés dans les hauts fonds des océans .

    https://www.youtube.com/shorts/mXwu804vc5k


  • Je n’y crois pas
    C’est une autre personne 


  • LeMerou 12 novembre 2025 10:43

    @Rosemar

    Bonjour

    « Mais l’eau coule en continu pour les data centers. C’est leur façon d’éviter la surchauffe et d’assurer qu’aucune donnée ne soit perdue. »

    Cette « image » m’a un peu amusé, ce n’est pas tout à fait ça en réel, même si l’adiabatique s’en rapproche. La chaleur (au delà de 27-30°C) ne fait perdre de data, mais ralentis les serveurs, donc leur débit et leur vitesse de traitement et à notre époque de l’instantanéité, c’est intolérable... smiley

    Vous n’avez pas évoqué les projets au delà du cercle polaire, il faut bien venir en aide aux ours qui se les gèlent....

    Hormis l’eau de « refroidissement » 1 Mail d’un petit Mo c’est à peu près 20g de CO2, je vous laisse faire le calcul pour les 250 milliards de mail échangé chaque jour...et tout ça sans l’IA......


    • LeMerou 12 novembre 2025 10:46
      • Regarde ou je suis ? (20 g)
      • Super ce restau bio, je connaissais pas (20 g)
      • T’à vu mes plats (20 g)
      • Super génial (20 g)
      • T’es ou ? Viens (20 g)
      • Ch’ai pas je regarde sur Map (20 g)

      C’est beau le progrès...Non ?


  • Krokodilo Krokodilo 12 novembre 2025 12:21

    Les pays pourraient commencer par interdire les cryptomonnaies, aussi énergivores qu’inutiles. Les partis écolos n’ont pas d’avis sur le sujet, semble-t-il.


  • Le liquide qui circule dans l"hydraulique des presses pour l’aluminium, ce liquide est fabriqué avec une base de glycol pour éviter que l’installation s’enflamme.....

    Ce fluide est un régulateur thermique efficace ... 

    J’ai assisté à trois accidents par projection d’alu chaud, liquide beaucoup de dégâts mais pas d’incendie, 1 blessé.


  • titi titi 16 novembre 2025 20:12

    @L’auteur

    La question de l’impact écologique des datacenters c’est une vision courte vue.

    La question c’est qu’est-ce que le numérique remplace, et le delta écologique entre les deux.

    Par exemple les visio conférences, évitent les déplacements.
    Ce qui compte ce n’est pas l’impact écologique de la visio conférence, mais bien la différence d’impact écologique entre cette visio conférence et les déplacements qu’elle a évité.


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