De l’absurdité d’une loi
En France, on vient de voter, à l'assemblée nationale et au Sénat, une loi des plus absurdes : l'aide à mourir. Et là, évidemment, tout le monde y va de son commentaire.

Mais avant de continuer, permettez-moi de préciser une chose : je suis médecin. Et en tant que tel, je crois que faire fi du serment d'Hippocrate et accepter le principe de l'euthanasie, parce que, in fine, il s'agit bien de cela, c'est l'absurdité même personnifiée. Voilà pourquoi j'ai dit, d'entrée de jeu, que cette loi était des "plus absurdes". Elle est absurde d'abord dans la mesure où la vocation de tout médecin est de préserver la vie et non pas de la donner, en utilisant une injection d'une dose d'un produit létal, sous prétexte d'atténuer le mal, de rendre service en quelque sorte à celui ou à celle qui souffre. Que la maladie soit incurable ou non, tout médecin qui se respecte ne devrait pas agir dans ce sens car la loi humaine, celle-ci en l'espèce, n'est pas au-dessus de la Loi divine : tu ne tueras point, dit celle-ci. Et cette Loi est inscrite sur toutes les tables des religions monothéistes. En fait, loin de moi l'idée de traiter cette question sous l'angle de la religion, quelle qu'elle soit.
Je préfère plutôt la traiter sous l'angle du bon sens. Ou plutôt de la conscience.
Elle est absurde ensuite, dans la mesure où, dans ce cas, comme lors de la pandémie COVID, l'homme politique, le législateur ou que sais-je encore (?) se substitue à l'homme scientifique, au médecin, pour décider d'une question qui relève purement et simplement de la blouse blanche.
Mais, que voulez-vous ? Cela dénote d'une chose : que la bêtise humaine n'a pas de limite. Ce qui est vraiment navrant. D'autant plus que cette prise de décision aberrante, cette légalisation de "l'aide à mourir", est adoptée dans la partie des droits de l'homme pratiquement le jour même où ce pays fêtait son "14 juillet" : la chute de la Bastille. Marianne devait se retourner dans sa tombe. En son nom, beaucoup de françaises et de français vont passer de vie à trépas parce que "un médecin", sous l'ingérence des pouvoirs publics masqués sous le vernis de cette loi homicide, l'aurait décidé. Mais certainement pas en son âme et conscience.
Parmi les commentaires que j'ai eu à lire, jusqu'ici, sur les réseaux sociaux, celui du philosophe et potentiel candidat à la présidentielle française de 2027, Raphaël Glucksmann, mérite la palme d'or.
Il ne dit pas moins que ça : donner la mort à la personne qui la demande, c'est le sommet du soin".
Avouez qu'en matière de déclaration, c'est fort de café. Avec une telle déclaration, il pourrait, certainement, rejoindre le clan des philosophes des ténèbres dont le chef de file est incontestablement un certain BHL.
Cette déclaration à tout de même un certain mérite. Elle m'a rafraîchi la mémoire. Elle l'a ramené aux début des années 80. J'étais alors étudiant en médecine. Je faisais mon module de psychiatrie à Cheraga ( banlieue d'Alger) dans le service du Pr Kacha.
Un ami à moi était dans la clinique les Oliviers (Ruisseau) chez le Pr Boucebci qui fera, plus tard, les frais de la folie des islamistes algériens. En sortant de la clinique, il se trouva nez à nez avec son meurtrier...mais cela est une autre histoire
Toujours est-il que mon ami, faible en langue française, rata l'examen de ce module. Non content de ce résultat, il demanda à voir sa copie avec éventuellement une seconde correction.
- Ok, pas de problème lui dit le Prof.
Il le reçut dans son bureau, chercha dans la pile des copies corrigées la sienne et la posa sur le bureau devant l'étudiant mécontent.
La question principale de cet examen portait sur les Neuroleptiques en psychiatrie. S'exprimant mal, mon ami, pour expliquer l'usage et les indications de ces molecules, eut comme
reponse ceci : avant l'avènement des neuroleptiques, le TRAITEMENT de la schizophrénie était le SUICIDE. C'est ce que semble dire, ni plus ni moins, aujourd'hui, Raphaël Glucksmann. Pas parce qu'il ne maîtrise pas bien la langue de Molière ni que sa langue a fourchu, mais par ce qu'il le pense bien.

