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De la chute du Temple au retournement de l’histoire. L’axe États-Unis-Israël face à la résistance de Gaza, du Liban et de l’Iran - AgoraVox le média citoyen
samedi 6 juin - par Hamed

De la chute du Temple au retournement de l’histoire. L’axe États-Unis-Israël face à la résistance de Gaza, du Liban et de l’Iran

L’histoire de l’humanité n’est ni le produit d’une succession de purs hasards géopolitiques dénués de sens, ni le théâtre d’une marche aveugle de l’histoire. Lorsqu’on observe les temps longs de la mémoire humaine, les ruptures contemporaines et les textes sacrés, la trajectoire des peuples, et tout particulièrement celle du peuple hébreu à travers son exil bimillénaire jusqu’aux déchirements actuels du Proche-Orient, se révèle être un mouvement évolutif continu, profond et cohérent.

Ce parcours met en scène la tension permanente entre la responsabilité absolue de l’homme, doté par le Créateur du libre arbitre, et la manifestation d’une justice divine immanente. Cette justice souveraine n'agit pas comme un couperet arbitraire, mais comme une loi de régulation morale universelle qui rappelle à l’humanité ses limites et ses devoirs.

Comprendre la marche du monde à travers cette double grille de lecture historique et spirituelle exige de dépasser les simplifications dogmatiques. Il ne s'agit pas de justifier les souffrances par des fatalités mystiques, mais d'analyser comment les structures morales de l'univers, voulues par Dieu, finissent toujours par se frayer un chemin à travers les choix politiques, les victoires militaires et les tragédies humaines.

L’auteur tente dans ce texte d’analyser en profondeur cette vaste dynamique passée, depuis la déconstruction des mythes de culpabilité éternelle attachés aux vestiges de Jérusalem, en passant par les leçons existentielles du Livre de Job et du Talmud, jusqu’aux bouleversements géopolitiques actuels qui annoncent un retournement majeur de l’histoire.

 Au bout de cette analyse, ressort une certitude : le processus évolutif de la conscience humaine est inachevé, et l’avènement d’une paix fondée sur la justice et la dignité partagée reste entièrement à accomplir dans le réel de notre monde.

 

1. La mémoire des pierres de Jérusalem. Histoire, exil et déconstruction des mythes théologiques

Le point d’ancrage universel de cette réflexion se situe au cœur de Jérusalem, autour du Mur occidental, que l’Occident désigne habituellement sous le nom de Mur des Lamentations. À l'origine, selon l'histoire de cette région centrale où les trois religions monothéistes ont vu le jour, cet édifice massif n’avait pas de vocation religieuse ou cultuelle ; il s’agissait d'un simple mur de soutènement occidental, commandé par Hérode le Grand vers l’an \(20\) avant notre ère. Il était destiné à agrandir et à stabiliser l’esplanade supérieure sur laquelle reposait le Second Temple de Jérusalem.

C’est la violence de l’histoire humaine qui a transfiguré ces pierres fonctionnelles en un réceptacle de la douleur d'un peuple. En l’an 70 de notre ère, à la suite de la Grande Révolte juive contre l’oppression impériale, les légions romaines commandées par Titus assiègent Jérusalem, affament sa population, incendient la ville et détruisent de fond en comble le Second Temple. Quelques décennies plus tard, en 135, après l'ultime insurrection menée par Bar Kokhba, l'empereur Hadrien décide de raser définitivement les vestiges de la cité, de la rebaptiser Aelia Capitolina et d'interdire l'accès des Juifs à la Judée sous peine de mort. C’est cet acte de violence impériale romaine qui acte le début d’une dispersion gigantesque – la Diaspora – qui durera près de deux mille ans.

Le terme même de « Mur des Lamentations » est une appellation tardive, d’origine chrétienne et extérieure. Les pèlerins occidentaux, puis les autorités ottomanes et britanniques, observant les communautés juives venir se recueillir devant ce pan de mur rescapé, l'endroit accessible le plus proche de l'ancien « Saint des Saints », ont qualifié ces prières de « lamentations ». Pour les fidèles juifs, ce lieu est le Kotel, le Mur occidental. Les larmes qui y ont été versées pendant des siècles ne constituent pas un aveu de culpabilité biologique ou éternelle face à un châtiment divin immanent. Elles expriment le deuil d’une maison spirituelle perdue, la mémoire des persécutions subies au fil des générations de l'exil (pogroms, expulsions, discriminations) et l'espoir indéfectible d'une rédemption future.

La théologie des prophètes bibliques antiques intégrait, il est vrai, une notion de causalité historique : les malheurs d'Israël y étaient souvent interprétés comme les conséquences de fautes morales, d'injustices sociales ou d'idolâtrie commises à des époques précises par la communauté. Le Talmud enseigne ainsi que le Second Temple fut détruit en raison de la « haine gratuite » (Sinat Chinam) qui divisait la société juive de l'époque. Cependant, cette responsabilité collective est toujours comprise comme un appel à l'introspection, au repentir et à la réparation éthique (Téchouva). Elle n'a jamais été conçue comme une malédiction permanente ou biologique.

 

2. Le Livre de Ayyub (Job), les Sages du Talmud et le Coran. Le refus des théologies simplistes de la rétribution

Pour comprendre comment la souffrance d’un homme, d’une communauté ou d’un peuple entier peut coexister avec l'existence d’un Dieu juste et souverain, il faut se tourner vers le chef-d’œuvre de la littérature universelle et spirituelle : le Livre de Job. Ce texte, inséré parmi les Écrits (Ketouvim) de la Bible hébraïque, brise de manière définitive les théologies simplistes et comptables de la rétribution automatique.

L'intrigue met en scène Ayyub (Job), un homme intègre, droit, craignant Dieu et détourné du mal. Pourtant, à la suite d’un défi métaphysique initié par « le Satan », qui joue ici le rôle du procureur céleste testant la gratuité de la piété humaine, Job est frappé par une succession de catastrophes absolues. En un instant, il perd ses richesses matérielles, ses serviteurs, ses troupeaux, et la totalité de ses enfants meurent dans l'effondrement d'une maison. Enfin, son propre corps biologique est atteint d'une maladie cutanée atroce et avilissante. Assis sur son tas de cendres, grattant ses plaies avec un tesson de poterie, Ayyub (Job) subit la déchéance physique, sociale et affective la plus radicale.

L’essentiel du livre se déploie sous la forme d’un dialogue philosophique et théologique d’une tension dramatique inouïe entre Ayyub (Job) et ses trois amis venus prétendument le consoler. Ces amis incarnent la théologie dogmatique, rationnelle et bien-pensante de l’époque. Leur argument est simple, implacable et cruel : « Dieu est juste ; Dieu ne fait rien sans cause ; donc, si tu souffres de manière aussi exceptionnelle, c’est que tu as commis une faute cachée. Avoue tes péchés, reconnais ta culpabilité pour sauver l'honneur et la justice de Dieu. »

Ayyub (Job) refuse catégoriquement de plier sous ce chantage théologique. Il sait, dans l'intimité de sa conscience morale, qu'il est innocent des crimes qu'on lui impute. Il refuse de proférer un mensonge pieux pour complaire à une vision simpliste de la justice divine. Loin de s'auto-flageller, Ayyub (Job) crie sa révolte, attaque le silence de Dieu, exige un procès équitable avec le Tout-Puissant et revendique son droit à l'innocence.

La réponse de Dieu, qui intervient à la fin du texte du milieu d’une tempête cosmique, constitue un retournement théologique majeur. Dieu ne fournit aucune explication morale, aucun catalogue de fautes, aucune justification logique à la souffrance de Ayyub (Job). Au lieu de cela, Il déploie un panorama grandiose des mystères de la création, interrogeant Job sur les fondations de la Terre, la course des constellations, les cycles de la nature et la force brute des créatures mythologiques comme le Béhémoth ou le Léviathan.

Par cette réponse, Dieu déplace radicalement la perspective humaine : Il enseigne que la justice divine s'exerce à une échelle cosmique et universelle qui dépasse infiniment la logique comptable, anthropocentrique et immédiate des êtres humains.

L’univers n’est pas une machine à distribuer des récompenses et des punitions au jour le jour selon le mérite apparent. La souffrance de l'innocent fait partie d'un ordre général et mystérieux que l'esprit humain ne peut pas totalement décoder avec sa raison limitée. Plus encore, dans le dénouement du livre, Dieu donne explicitement raison à Ayyub (Job) pour sa franchise et sa droiture, et Il condamne sévèrement les trois amis qui ont mal parlé en lui imputant la faute et en voulant justifier la tragédie par une fausse culpabilité. Ayyub (Job) est pleinement réhabilité, guéri et rétabli dans sa dignité.

Les Sages du Talmud (notamment dans le traité Baba Batra) ont prolongé cette réflexion audacieuse. Certains rabbins allaient jusqu’à affirmer que « Job n’a jamais existé et n’a jamais été créé, il n’est qu’une parabole », signifiant par là que Job est l'allégorie éternelle de l'humanité confrontée à l'incompréhensibilité du mal et de la douleur biologique.

Pour tenter de penser le malheur sans incriminer la conduite de la victime, le Talmud forge le concept de « souffrances d’amour » (Yissourin shel ahavah) : des épreuves envoyées par Dieu non pas comme châtiments, mais comme des processus d'élévation spirituelle, destinés à purifier l'âme et à affiner la sensibilité morale de l'être humain. De plus, les Sages absolvent Ayyub (Job) de ses paroles de révolte contre le Ciel, établissant une règle de compassion psychologique universelle : «  On ne juge pas un homme dans le moment de son affliction  ».

En islam, l’histoire du prophète Ayyub (Job) est différente. Dans le Coran, nous découvrons, à travers son histoire, les épreuves de l’humanité à un niveau beaucoup plus personnel. Dieu ne nous parle pas de la façon dont Ayyub (Job) a prêché Son message ni de la façon dont ce message fut reçu par son peuple. Dieu ne nous parle pas du peuple de Ayyub (Job). Il nous parle plutôt de la patience de Ayyub. Il loue Son prophète en ces termes :

« Et rappelle-toi Ayyub (Job), Notre serviteur, lorsqu'il appela son Seigneur : « Le Diable m'a infligé détresse et souffrance. » » (38, 41)

« Et Ayyub (Job), quand il implora son Seigneur : « Le mal m'a touché. Mais toi, tu es le plus miséricordieux des miséricordieux » ! » (21, 83)

« Nous l'exauçâmes, enlevâmes le mal qu'il avait, lui rendîmes les siens et autant qu'eux avec eux, par miséricorde de Notre part et en tant que rappel aux adorateurs. »(21, 84)

 

3. Le Libre Arbitre et la « Main de Dieu ». Lois immanentes de l'histoire et responsabilité éthique

L’affirmation selon laquelle l’être humain pense, dit, ressent et agit à travers ce que Dieu lui a donné, le corps biologique, l'esprit, la raison, la pensée, constitue le socle commun des grandes traditions monothéistes. Cependant, ce don initial implique une contrepartie théologique et philosophique absolue, sans laquelle l'humanité perdrait toute dignité ; et ce don octroyé à l’être humain est le « libre arbitre ».

Dieu a créé l’être humain libre et responsable de ses choix. Si le Créateur intervenait de manière visible, spectaculaire et immédiate pour arrêter chaque mal qui atteindrait tout être humain, la liberté humaine s'effondrerait, elle n’aurait pas de sens. L'homme ne serait plus qu'un automate, une marionnette privée de mérite et de responsabilité, et l'histoire morale n'aurait plus lieu d'être. Par conséquent, les horreurs de l’histoire, les persécutions de la Diaspora, les pogroms russes, l'antisémitisme européen, la Shoah, ainsi que les oppressions subies aujourd'hui par le peuple palestinien, ne proviennent pas d’une volonté active ou d’un châtiment ordonné par Dieu. Elles sont le résultat direct, concret et tragique du mauvais usage que les hommes font de la liberté, de la raison et de la force biologique que Dieu leur a octroyées ; et on comprend que ce choix entre le bien et le mal et la lutte qui s’ensuit entre ces deux contraires donnent sens et épaisseur à l’histoire humaine.

La faute des injustices incombe exclusivement à ceux qui veulent dominer par l’oppression, par les maux sur leurs prochains ; mais toute décision divine vient à la fin renforcer ceux qui résistent, ceux qui luttent contre l’oppression. Dieu ne peut s’interposer à tout mal humain sinon le sens de l’humain perd sa raison d’être. Le mal entre dans l’existence humaine ; sans le mal, son contraire le « bien » n’existerait pas. Et l’existence humaine serait sans sens.

C'est précisément au cœur de cette liberté humaine que se dessine la véritable « Main de Dieu » dans le mouvement évolutif de l'humanité. L'action divine ne s'exprime pas à travers des ruptures magiques des lois de la nature, mais à travers des « lois morales et historiques immanentes » qui régissent le destin des civilisations.

 La théologie islamique du décret divin (Al-Qadar) et du destin (Mektoub), incarnée également par la figure du prophète Ayyub (Job dans le Coran, modèle absolu de la patience active, le Sabr), apporte ici un éclairage complémentaire indispensable. Rien ne se produit dans l’univers sans la permission et la prescience éternelle de Dieu, mais ce décret s’accompagne d’une Sagesse suprême (Hikmah) que l'esprit humain ne perçoit souvent que sur le temps long.

Cette Sagesse divine a gravé dans la structure même de l'histoire une règle universelle : l'injustice systémique sécrète en elle-même les germes de sa propre destruction. Aucune domination injuste, aucune entreprise d’asservissement ou d'effacement d'un peuple ne peut se maintenir indéfiniment. Lorsque les actions humaines dépassent les limites du droit, de la justice et du respect de la vie, lorsque l’orgueil des puissants les pousse à maintenir un autre peuple dans un état d'esclavage, d'occupation ou de dépossession, l'ordre moral et psychologique du monde finit toujours par provoquer un retournement. L’oppression engendre inévitablement la résistance ; la privation de dignité suscite une résilience indomptable ; et l'isolement international finit par miner les fondements des empires les plus arrogants. L’exemple des États-Unis et d’Israël, aujourd’hui.

C'est en cela que la Main de Dieu corrige les torts des humains : non pas en foudroyant les coupables depuis le ciel, mais en faisant en sorte que le poids de l’injustice devienne, à terme, historiquement insoutenable pour ceux qui la commettent. La justice divine est immanente ; elle utilise les lois de la sociologie, de la psychologie des peuples et de la géopolitique pour rétablir l'équilibre de la balance morale universelle.

 

4. Le « Retournement de l’Histoire » au Moyen-Orient. L'axe États-Unis-Israël face à la résistance de Gaza, du Liban et de l’Iran

 La situation géopolitique actuelle au Moyen-Orient offre une illustration contemporaine saisissante de ce principe de correction historique et de retournement. Depuis des décennies, la politique de l’État d’Israël, adossée à la puissance hégémonique, financière et militaire des États-Unis, a reposé sur l’illusion qu'une sécurité durable pouvait être bâtie sur la base de la force technologique brute, de l'expansion territoriale et du maintien du peuple palestinien sous un régime d’occupation asymétrique destructeur, privant des millions d'êtres humains de leurs droits fondamentaux, de leur souveraineté et de leur liberté de mouvement.

Cependant, le réel géopolitique contemporain démontre que cet ordre asymétrique est entré dans une phase de crise structurelle et irréversible, confirmant l'analyse d'un rééquilibrage forcé de l'histoire. L'ère de la domination unilatérale et sans contrepartie touche à sa fin, et ce basculement se manifeste à travers trois scénarios majeurs identifiables dans le réel :

- L’enlisement dans l’usure régionale et asymétrique. Les récents conflits de haute intensité montrent qu'en dépit d'une supériorité militaire écrasante, Israël fait face aux limites de la puissance purement technologique. La destruction massive des infrastructures et les punitions collectives ne parviennent pas à éradiquer la volonté de résistance d'un peuple opprimé, ni à neutraliser le réseau d'acteurs régionaux (l'axe asymétrique soutenu par l'Iran, le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza).

L’incapacité à offrir une solution politique juste pour la Palestine maintient Israël dans un état d'insécurité permanente et existentielle, ruinant l'espoir de devenir un « État normal » inséré pacifiquement dans son environnement régional. La force brute produit de l'usure, de la dette et une fragilisation interne de la société.

- La diplomatie forcée par l'épuisement systémique. L'hégémonie américaine, contestée sur plusieurs fronts mondiaux, ne dispose plus des ressources illimitées nécessaires pour sanctuariser indéfiniment les dérives unilatérales de son allié au Proche-Orient. Le risque d'un embrasement global et d'un effondrement économique (par le blocage des voies maritimes stratégiques comme le détroit d'Hormuz ou la mer Rouge, entraînant des crises énergétiques mondiales) force les puissances occidentales à reculer.

Les opinions publiques mondiales et les institutions juridiques internationales (Cour internationale de Justice, Cour pénale internationale) exercent une pression normative croissante. Ce scénario pousse à des négociations imposées, obligeant à terme les dirigeants à accepter des concessions majeures envers les droits des Palestiniens, actant le fait que le droit international ne peut être bafoué sans provoquer le déclin de ceux qui le piétinent.

Le basculement vers la multipolarité mondiale. Le Moyen-Orient n'est plus la chasse gardée exclusive de Washington. L'émergence d'un monde multipolaire se traduit par l'intrusion diplomatique et économique de superpuissances alternatives comme la Chine et la Russie, qui se positionnent en médiateurs et capitalisent sur les erreurs stratégiques occidentales. De plus, les puissances régionales arabes (l'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis) s'émancipent de l'alignement systématique sur les États-Unis pour privilégier leurs propres intérêts de sécurité et de développement.

Face à un Iran qui sanctuarise sa position en atteignant le seuil de la dissuasion nucléaire, l'équilibre des forces s'est profondément transformé. Israël ne peut plus dicter sa volonté à son environnement.

Ce retournement de l’histoire démontre la vérité de l'intuition spirituelle sur la puissance des nations qui est relative, précaire et soumise à un jugement historique immanent. Ceux qui pensaient pouvoir dominer indéfiniment en ignorant la justice élémentaire se retrouvent pris au piège d'une impasse stratégique, morale et existentielle.

 

Conclusion : Un processus évolutif inachevé où tout reste à accomplir

L’analyse croisée de la mémoire historique, des textes de sagesse comme le Livre de Ayyub (Job), du Talmud et du Coran et des réalités géopolitiques contemporaines mène à une conclusion fondamentale : le mouvement évolutif de l’humanité est un processus en cours, dynamique et restera profondément inachevé. Il ne peut être définitivement joué, et il restera à s’accomplir de stade en stade historique dans le champ d’un réel qui n’a pas de terme.

L’espoir de voir un jour Israël se muer en un «  État normal  », c’est-à-dire un État qui ne tire plus sa définition de l'état de guerre permanent, de l'occupation militaire ou d'un exceptionnalisme théologique mal compris, mais qui s'intègre comme une nation parmi les nations, respectueuse du droit international, non seulement est une nécessité absolue, mais cet état adviendra. Et cet état ne pourra jamais se concrétiser au détriment d'un autre peuple. La normalisation d'Israël a pour condition sine qua non et incontournable la libération, la reconnaissance de la souveraineté, de la justice et de la pleine dignité humaine du peuple palestinien. La paix ne peut pas être l'absence de guerre imposée par la terreur des armes ; elle doit être le fruit de la résistance et de la justice.

La « Main de Dieu » a posé les fondations morales du monde : elle a décrété que l’injustice corrompt les empires, que la souffrance de l'innocent exige réparation et que la liberté humaine est inviolable. Cependant, Dieu n'écrira pas la suite de l'histoire à la place des hommes. C'est à l'humanité, forte de l'esprit, de la raison et de la conscience biologique qu'elle a reçus, et du libre-arbitre, d'assumer sa responsabilité éthique sur le terrain.

Le passé a brisé les illusions des fatalités et des culpabilités éternelles. Le présent secoue l’orgueil des puissants par des crises systémiques majeures. L'avenir, quant à lui, demeure le chantier grand ouvert de la conscience humaine. Tant que le droit, l'équité et le respect absolu de la vie de chaque être humain, qu'il prie devant le Mur occidental ou au sein du Noble Sanctuaire, ne guideront pas les décisions concrètes des peuples et de leurs dirigeants, le dessein d'une humanité réconciliée restera un idéal à accomplir.

 

L’auteur : Medjdoub Hamed est chercheur indépendant spécialisé en économie mondiale, relations internationales et prospective. Ses travaux s'attachent à articuler les grands cadres théoriques de la philosophie et des sciences sociales avec l'analyse des dynamiques géopolitiques contemporaines.

 



14 réactions


  • Jean Keim Jean Keim 7 juin 07:37

    Le Coran ainsi que les autres livres dits consacrés ont été écrits par des hommes car c’est bien eux qui tenaient la ‘’plume’’.

    Tant que nous essayerons de traduire notre vision de la vérité en mots, cette dernière tiendra à l’intérieur des circonvolutions d’un cerveau et finira en poussières.


  • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 7 juin 08:41

    Salutations, si je puis rebondir avec moi même et cela :

    La « Main de Dieu » a posé les fondations morales du monde : elle a décrété que l’injustice corrompt les empires, que la souffrance de l’innocent exige réparation et que la liberté humaine est inviolable. Cependant, Dieu n’écrira pas la suite de l’histoire à la place des hommes. C’est à l’humanité, forte de l’esprit, de la raison et de la conscience biologique qu’elle a reçus, et du libre-arbitre, d’assumer sa responsabilité éthique sur le terrain.

    Désole pas de libre arbitre du tout, ceci fut perçu, le chemin de la vie pour un humain est tracé, déjà là dès le début, ce « je » mental pensée humaine qui se croit humain et est juste une machine outil programmée et 100% limitée aux choses pratiques, ne choisit pas le chemin où la Vie est pour nous, certes on peut tout faire foirer et c’est ce que l’on fait bien sur..sauf pour choisir que manger, même chose avec liberté etc tout ceci sont des concepts marketing anciens ou récents pour faire croire et hypnotiser chacun que moi moi moi je suis génial , mérité plus d’argent du veau d’or et de possessions que tous ces cons et donc déclare l’état de guerre permanent entre tous appelé compétition entre tous, au nom de tout pour ma gueule , de chacun sa merde, de la compétition pour moi futur vainqueur qui vais éliminer tous les autres etc.. JE SUIS UN DIEU............

    Il n’y a plus aucune intelligence issue de chez l’humain,( voir dehors ma fenêtre) il y a des capacités potentielles techniques programmées et limités seulement, pour organiser la survie pratique..

    c’est un outil et doit être utilisé par une main x...Le Divin..quelque soit sa nature

    cette intelligence réelle n’est pas humaine, que nous confondons avec nos quelques capacités pratiques qui ne sont pas de notre fait du tout mais un programme créé par ? pourquoi ? etc

    et nous la refusons la vie car naître = mourir,

    la pensée n’a de capacités et encore, que dans la chose pratique, sa rencontre avec la mort en général qui n’est pas dans le champ de sa compétence la détruit par ignorance absolue de que faire ou pas avec cette inconnue etc

    nous ne franchissons plus cette épreuve or elle est vitale pour la suite.. ce naître = mourir est sacré , car si il est vécu passivement et réellement humblement il est absolu, et ouvre nos autres capacités non fonctionnelles à la naissance

    en clair quand je désire que un « truc » x au niveau mental, que je veux, aime, désire etc dure à jamais, quand je commence à voir que ce « à jamais » n’existe pas car ma mort rode, alors le moment d’ouvrir notre psyché cerveau est arrivé..

    Pour cela il ne faut pas y toucher( la pensée humaine si limités ne doit pas y toucher) mais juste le vivre passivement en toute humilité, or justement on veut éradiquer, changer etc cela, c’est impossible bien sur = démence, souffrance etc

    en route vers l’enfer et c’est un choix humain, ignorant ou pas c’est bien un choix..un choix impossible qui ne se peut..

    ..cela, l’intelligence humaine, n’existe pas, nous sommes une machine organique qui se prends pour un « je » mental victime de sa propre capacité innée à imaginer et si celle ci sert éventuellement( voir guerres, massacres, tueries, tortures etc) , dans les champs pratiques ailleurs c’est un désastre absolu et vide de sens.

    il y a certes des machines avec des mémoires créées par des humains machines organiques donc par l’origine ultime, avec dedans un contenu limité mis là par des humains etc pour des motifs majeurs de contrôle, mais pas seulement, souvent inconnus en fait.

    nous ne savons plus rien faire d’autre depuis des millénaires, depuis que notre programme technique limité, programmé par qui ? comment ? Pourquoi ? etc qui ne sait pas qu’il est un programme limité, une machine organique se prends pour un « je » humain qui n’existe pas non plus mentalement, il est la machine, sa mémoire, son programme, etc il y a bien sur un moi physique qui n’est pas l’arbre ni le voisin...

    celui là sans la pensée qui déraille à fond va bien, irait bien.

    ce « je » mental non existant est la pensée analytique, un programme programmé par ? apte éventuellement à ce qui est pratique et à rien d’autre. RIEN d’autre.

    Cette pensée analytique est ce dont il est question dans Adam et Eve, et est ce qui a détruit le « paradis » humain(la psyché cerveau à 95% disent ceux qui mesurent les ondes) ,paradis esprit mental dans lequel nous sommes nés mentalement finis, si ce n’était pas le cas nous n’aurions pas survécu et au vu du résultat..............et ben.........

    Ce paradis que le Non Né donc l’esprit Saint et sain pouvait toucher dès nos débuts, débuts inconnus à 100% , ne nous touche plus sauf je suppose ou sait des exceptions, voila l’immortalité, elle n’est pas du tout celle du corps, jamais, NAÎTRE = MOURIR, ce refus de tous entraîne le refus de la vie et après on s’étonne du désastre mais il ne faut pas !!

    La Vie est celle que l’on vit si et quand nous( la psyché cerveau) « fonctionnons » comme à nos débuts parfaitement inconnus sauf éventuelles visions. Cette pensée depuis devenu totalitaire par incapacité à vivre, nous détruit tout un chacun car elle essaye d’agir là où elle a zéro compétences, c’est à dire dans tout ce qui n’est pas pratique donc, c’est à dire tout sauf la pensée humaine, comme elle détruit ce qui est sur la planète par pulsion de mort suicidaire en fait, par revanche, j’essaye de fuir ma souffrance comme la mort = IMPOSSIBLE.

    je suis la mort je suis la souffrance que je crée, et ceci à cause du refus que naître = mourir.

    Or un absolu ne se refuse pas et se vit passivement en toute réelle humilité mais pas feinte comme nous le faisons tout le temps..

    le miracle de la vie c’est par là, la pensée outil est .......un outil !! et n’a pas la Vie en lui-elle. Elle est le contenant, sans contenu depuis nos erreurs .. Ceci défini assez bien un zombie..comme zi et ze...

    Incapable de vivre autre chose que la non vie d’un outil !!

    nous ne pouvons choisir le chemin de la vie il est tracé pour nous, mais ce « je » mental inapte à la vie a décidé de changer ça, la vie dit : IMPOSSIBLE...De plus cerise sur le gâteau la pensée humaine qui est le même programme pour tous avec différences de surface, car nous devions coopérer avec équité et bien plus que cela (c’est la nature de l’esprit saint-sain, est le seigneur) pas de libre arbitre, foutaise que ceci, je peux choisir que manger etc.... C’est tout !! Mais pas le cœur du fait de vivre, ni le chemin, ni ni ni ni..

    et donc additionner toutes les capacités, cet outil machine doit en tant que machine outil être utilisé par autre chose qu’elle même, or à la naissance il n’y a qu’elle qui marche, notre câblage et plus n’est pas fini ...et puis notre dégénérescence ignorante mais arrogante au possible, fait que plus rien ne se passe, nous restons des enfants capricieux, coléreux, ignorants, souvent mauvais, uniquement auto centrés etc etc etc etc.. avec des capacités de nuisances d’adultes...

    la compétition qui élimine est la religion de tous, refusant de vivre, qui donne pour faire simple le Veau d’Or, qui est juste un effet pas une cause, certes tout effet devient une cause ensuite. Pourquoi suis-je mauvais comme tous les humains ? Parce que je souffre constamment sauf quelques secondes volées ici et là, et les autres vont payer pour ma souffrance.

    En volant, en tuant, en détruisant, torturant, faisant mal exprès, en possédant etc car ce que je veux avec absolu n’existe pas, ceci est souffrance, la souffrance est un processus Divin d’aide et de guide comme de catalyseur d’éveil à ?? qui signale une erreur de chemin= quelque « chose » x sait ce qui est juste et le dit), au début léger souffle elle monte ensuite en puissance jusqu’à détruire si on n’écoute pas, bien sur on n’écoute pas , alors détruisons nous les uns les autres, c’est exactement ce que nous faisons, tout en enrobant ça d’une infecte et dégoulinante poix de bien-pensance auto décernée, encore !!, alors que la base de tous en fuite de la vie qu’est la compétition, élimine et crée tout le reste torture et Hiroshima etc genre de joyeusetés inclus..

    etc sujet d’une vie entière, nous y passons quelques secondes et encore par force...dommage vivre, réellement vivre est le miracle...que nous ( ce « je » illusoire ) refusons.. Mes respects..


    • Gollum Gollum 7 juin 09:20

      @Julian Dalrimple-sikes

      De plus en plus long.... smiley Et toujours aussi con. smiley


    • ahtupic ahtupic 7 juin 11:15

      @Golgol
      Après 60 ans de calotinage, t’es passé à la poudre ?
      Bravo pour ton parcours !  smiley


    • Gollum Gollum 7 juin 11:22

      @ahtupic

      Non mais le calotin c’est toi qui voit des satanistes partout et qui est coincé de la bite... Mais ça se soigne il n’est jamais trop tard.. smiley


    • Eric F Eric F 7 juin 14:21

      @Julian Dalrimple-sikes

      « La « Main de Dieu » a posé les fondations morales du monde : elle a décrété que l’injustice corrompt les empires, que la souffrance de l’innocent exige réparation et que la liberté humaine est inviolable.  »

      C’est une très belle formule, mais ce n’est pas une divinité extérieure qui l’a édictée, mais la morale et la responsabilité de l’humanité par rapport à elle-même.
      Nous sommes déterminés par notre physiologie et les circonstances, mais sans une part -fut elle minime- de « libre arbitre » par lesquelles nous sommes responsables de nos actes, nous serions réduits à la seule prédation.
      L’existence de chacun résulte de situations et décisions qui ne sont pas de son ressorts, mais sitôt que nous entrons dans le monde, nous devons agir en responsabilité, sans reporter sur la Providence ce qui est de notre ressorts.


    • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 8 juin 07:18

      @Eric F

      Salut, la belle formule est de l’auteur de cet article, votre réponse est donc à formuler à l’auteur si je puis me permettre.


  • Eric F Eric F 7 juin 12:45

    La « main de Dieu » est une extrapolation de notre imagination, le développement des civilisations, états, empires, relève de comportements humains collectifs.
    Nous sommes une espèce sociale (groupes organisés) comme d’autres mammifères, ayant développé le sens du « territoire » et les conflits (comme nos frères les loups), et amplifié la taille et l’organisation du groupe.
    La suprématie d’un empire ou d’une civilisation dure un temps, elle s’épuise par les contradictions internes et les concurrents qui émergent et se développe. On est en train d’assister au déclin occidental, divisé en interne et dont le pays suzerain est dirigé par un fanfaron caractériel et manipulable.


  • BRUNO BRUNO 7 juin 15:34

    L’humanité ira t’elle jusqu’au franchissement du seuil nucléaire ? Libre arbitre, cadeau empoisonné ?


    • Eric F Eric F 7 juin 16:09

      @BRUNO

      plusieurs pays ont l’arme de dissuasion, elle sera efficace tant qu’elle ne servira pas ...


    • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 7 juin 19:01

      @BRUNO

      pour moi bien sur nous irons là..sous peu je pense. Inévitable..


    • Fanny 9 juin 15:08

      @Julian Dalrimple-sikes

      pour moi bien sur nous irons là..sous peu je pense. Inévitable..

      C’est possible, personne ne sait.

      L’IA arrive, c’est la seule perspective, et ce n’est pas qu’une bonne nouvelle. Pour le reste, on s’arme de plus en plus, notamment avec l’IA (la guerre automatique), les accords sont rompus.

      L’UE avec l’OTAN (et même avec une OTAN réduite à l’UE) est certaine d’être militairement très supérieure à la Russie. Une fois réarmée, dans 5 ans, la tentation sera forte d’une provocation en Mer Baltique ou du coté des Pays Baltes (déjà utilisés comme couloirs de drones).

      La fin de l’histoire serait une Russie vaincue déclenchant l’ultime feu, l’impensable.

      Scenario j’espère improbable, mais je sens la moutarde monter au nez des oligarchies européennes : non, on ne peut pas perdre la Crimée ou le Donbass, on est logiquement les plus forts.

      Espérons que la guerre d’Ukraine trouve une fin (des combats) cette année, ne serait-ce qu’un gel à la coréenne. Sinon, la suite me paraît assez sombre. Je compte sur Trump (malgré tout, sinon qui d’autre ?).


  • Mustik 8 juin 17:30

    Avec les fanatiques, même pas la peine de débattre :

    tu peux démontrer 2+2 =...

    ils ne démordront pas de leur credo

    Je ne prétends pas que les autorités religieuses soient naïves ou imbues de la science infuse mais simplement que c’est leur fonds de commerce...


  • juan 8 juin 18:19

    Si Mahomet n’avait pas fait ce rêve maudit qu’il devait conquérir Jérusalem, toute l’histoire judéo-chrétienne en aurait été bouleversée. Depuis, on considère que ce territoire appartient à l’Islam ! Alors, ramenons l’histoire à sa chronologie pour en faire une lecture pragmatique et calmer les ardeurs des usurpateurs !


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