mardi 28 juin 2011 - par Paul Villach

De nouvelles sanctions scolaires… pour accroître le désordre ?

 Le cirque continue ! Il faut croire que le désordre dans les établissements scolaire n’est pas encore assez dissuasif pour que nombre de familles fuient vers le privé. Les quelques petites frappes qui suffisent à pourrir le climat d’un établissement scolaire et à rendre impossible l’acte d’enseigner, peuvent se réjouir. Le décret n° 2011-729 du 24 juin 2011 relatif à la discipline dans les établissements d'enseignement du second degré (1), portant la signature du Premier Ministre et les contreseings du ministre de l’Éducation nationale et du ministre de l’Écologie, leur laisse le champ encore plus libre pour paralyser un peu plus le Service public d’éducation. Si après ça les parents rechignent encore à inscrire leurs enfants dans une école privée, c’est à désespérer.

I- LE LEURRE D’UN RENFORCEMENT DES MESURES DISCIPLINAIRES

Comme d’habitude, le ministère use de leurres pour parvenir à ses fins. Il ne peut évidemment pas dire ouvertement aux parents qui en ont les moyens : « Inscrivez donc vos gosses dans le privé ! » Il feint, au contraire, de renforcer le dispositif punitif envers les délinquants alors qu’il le rend encore plus inopérant avec comme conséquence un accroissement prévisible du désordre dans les établissements.

1- Deux astuces cousues de fil blanc

Il fait croire à un renforcement des moyens répressifs par deux astuces dans un leurre de diversion.

- L’une est « l’engagement d’une action disciplinaire automatique dans certains cas de violences verbales, physiques ou d’autres actes graves   ».

- L’autre est la création d’une « nouvelle sanction, appelée mesure de responsabilisation   », « afin de responsabiliser les élèves sur les conséquences de leurs actes   » : « cette sanction, lit-on, consiste à participer, en dehors des heures d’enseignement à des activités de solidarité, culturelles ou de formation à des fins éducatives, « soit au sein de l’établissement ou au sein d’une association, d’une collectivité territoriale (…) »

2- Deux mesures contre-éducatives

Ces deux astuces posent déjà problème en elles-mêmes car elles sont à l’évidence contre-éducatives.

1- L’éducation s’accommode mal, d’abord, de l’automaticité des sanctions : elle exige par principe pour être efficace la pondération dans leur application qui est précisément le contraire de l’automaticité.

2- Ensuite, la nouvelle sanction, qui s’apparente aux travaux d’intérêt général, est très difficile à mettre en pratique et surtout peut avoir un effet pervers : demandera-t-on à un élève, en guise de punition, d’effectuer un travail de nettoyage qui relève des fonctions d’un agent de service ? Jolie éducation que celle d’inculquer l’idée que le métier d’entretien et de nettoyage est une punition ! Cette nouvelle sanction est surtout mise en avant pour servir d'écran. Le leurre a fonctionné : c'est d'elle que les médias officiels ont surtout parlé, aveugles à ce qu'elle vise à masquer.

II- LA DISSIMULATION DE DEUX RECULS SÉVÈRES AUX EFFETS TRAGIQUES PRÉVISIBLES

Cette poudre aux yeux dissipée, on observe, en effet, deux reculs habilement dissimulés.

1- Les deux reculs sévères

1- Une exclusion temporaire de l’établissement limitée à 8 jours

Le premier est la limitation de l’exclusion temporaire de l’établissement à 8 jours, au lieu d’un mois aujourd’hui. La noble raison avancée est de conférer à la sanction un « caractère exceptionnel  ». On se demande bien en quoi 8 jours au lieu d’un mois peuvent être plus efficaces en la matière.

2- L’exclusion ponctuelle de la classe confiée au seul bon vouloir de l’administration

Le second recul qui évidemment peut échapper au non-initié, est vicelard : c’est la requalification discrète en « sanction  » de la simple « punition scolaire   » qu’était jusqu’ici « l’exclusion ponctuelle de la classe   ». Elle peut apparaître comme un accroissement de sévérité. Il n’en est rien : elle opère seulement un transfert de compétence pour la neutraliser. Laissée jusqu'ici à la discrétion du professeur sous réserve de rapport circonstancié au chef d’établissement, depuis la circulaire n°2000-105 du 11 juillet 2000, elle est désormais inscrite par décret dans l’échelle des « sanctions scolaires » sous le nom d’ « exclusion temporaire de la classe   », et relève donc de la responsabilité de la seule autorité administrative. Dans la hiérarchie des textes juridiques, un décret prévaut sur une simple circulaire ! Joli tour de passe-passe ! Sans doute est-ce la seule raison pour laquelle on a choisi de prendre un décret avec signature du Premier Ministre, s'il vous plaît, dans une affaire qui relève de l'administration la plus routinière du Service public d'éducation.

2- Des effets tragiques prévisibles

Quels sont les effets prévisibles de ces deux mesures nouvelles ? Ils sont tragiques.

1- La présence imposée du délinquant

La présence délétère du délinquant est imposée à l’établissement et à la classe qui ne peuvent plus l’éloigner au-delà de huit jours, sauf à prononcer en conseil de discipline une exclusion définitive. Or, on sait que l’humanitarisme dévoyé de nombre de professeurs rejoint la répugnance des chefs d’établissement à en venir à cette extrémité : les premiers rivalisent de sollicitude envers les délinquants pour se faire valoir auprès de leur hiérarchie ; les seconds craignent de nuire à leur réputation et à leur carrière : le conseil de discipline est regardé par la haute hiérarchie comme l’aveu d’une incompétence locale ! Avec seulement 8 jours d’exclusion temporaire possible, chef d’établissement et professeurs seront donc obligés de subir la présence des délinquants avec leurs caprices, sûrs, comme ils disent souvent, qu’ « on ne peut rien (leur) faire   », quand la seule solution qui préserve les intérêts des autres élèves est leur éviction.

Ce ne sont pas les nouvelles « commissions éducatives   » qui changeront quoi que ce soit ! Elles ne font qu’institutionnaliser les « commissions de remédiation » qui existent déjà depuis une quinzaine d’années. Chargées « d’examiner la situation d’un élève dont le comportement est inadapté aux règles de vie dans l’établissement et de favoriser la recherche d’une réponse éducative   », elles ont fait la preuve de leur inutilité, à de rares exceptions près ! Elles amusent la galerie, permettent de lanterner et de gagner du temps pour attendre la fin de l’année scolaire !

2- Le professeur privé de sa seule arme efficace : l’exclusion ponctuelle de la classe

Mieux, cette « exclusion temporaire de la classe », inscrite désormais dans l’échelle des « sanctions scolaires », n’arrive qu’en 4ème position après 1- l’avertissement, 2- le blâme, 3- la mesure de responsabilisation. Déjà, malgré la circulaire du 11 juillet 2000, des chefs d’établissement avaient le culot, dans leur livret d’accueil de rentrée, de préciser aux professeurs que toute « exclusion ponctuelle de la classe » était interdite. On peut présager désormais qu’ils ne se priveront pas de fonder leur interdiction de toute exclusion ponctuelle de la classe sur sa nature nouvelle de « sanction scolaire » qui relève désormais de leurs prérogatives et non plus de celles des professeurs. Les petites frappes devront donc être gardées en cage dans les classes et la partie sera aussi égale qu’entre un fauve déchaîné et un dompteur ligoté !

On souhaite bonne chance et bien du plaisir aux malheureux qui se seront laissés berner par les marionnettes de la publicité ministérielle, Laura et Julien qui prétendent devenir enseignants pour « faire vivre et partager (leur) passion, transmettre des savoirs et des valeurs, se consacrer à la réussite de chacun de (leurs) élèves. » ! (2)

 

Fidèle à sa méthode sournoise appliquée depuis quinze ans et qui consiste, sous couvert d’humanitarisme et de maintien de l’ordre, à protéger les délinquants, appelés abusivement « élèves en difficulté  » ou « élève en souffrance  » (3), l’administration de l’Éducation nationale vient d’ouvrir plus grandes encore les portes du désordre à venir. Le rapport de l’OCDE de 1996 sur « La faisabilité politique de l’ajustement   » ne cesse pas d’inspirer sa conduite : le désordre entretenu dans le Service public d’éducation doit contraindre coûte que coûte les parents qui y rechignent encore, à inscrire leurs enfants dans le privé s’ils ne veulent pas compromettre la formation initiale de leur progéniture. Qu’on se le dise ! « L’élève en difficulté ou en souffrance   » est l’objet de toutes les sollicitudes de l’Éducation nationale, dût-elle mettre en péril l’institution scolaire et la mission de service public qui lui est confiée. Mais qu’on se rassure, l’École privée doit prendre le relais en faisant payer cash ! Paul Villach

(1) http://www.journal-officiel.gouv.fr/frameset.html

(2) Paul Villach, « Novatrice ! La promotion de ses turpitudes par l’Éducation nationale… », AgoraVox, 9 juin 2011.

(3) « Élève en souffrance   » est la formule employée par le programme du Parti Socialiste pour la prochaine élection présidentielle.



15 réactions


  • Taverne Taverne 28 juin 2011 10:54

    Ce gouvernement fait preuve d’un grand laxisme pour la discipline à l’école. Par exemple, il envisage éventuellement pour l’année prochaine d’interdire les smartphones aux examens ! Je suis tombé sur le cul et puis ça m’a fait rire. Je croyais que c’était déjà interdit ! Il paraît que les mômes prétendent qu’ils ont besoin de leur portables pour surveiller l’heure. Et les examinateurs, naïfs, les croient sur parole.


    • Taverne Taverne 28 juin 2011 11:17

      Je propose à ces bureaucrates des ministères une solution toute simple : accrocher une pendule au mur de la salle d’examen. Pff ! Faut tout leur dire...


  • docdory docdory 28 juin 2011 11:55

    Cher Paul Villach

    Décidément, le gouvernement prend les français pour des cons, j’ai beau chercher, il n’y a pas d’autres mots adaptés !
    Avez-vous une idée de la raison pour laquelle un décret, qui ne concerne manifestement que l’éducation nationale, a eu besoin du contreseing du Ministre de l’Ecologie ?
    La signature du premier ministre et celle du ministre de « l’éducation » auraient du suffire, non ? Que diable vient faire le Ministre de l’écologie dans cette absurdité de décret, on se le demande ...
    Si vraiment il fallait réglementairement trois ministres, le contreseing du ministère de l’intérieur m’aurait paru moins bizarre !

    • Paul Villach Paul Villach 28 juin 2011 15:51

      @ Cher Docdory

      Je pense que le choix de ce décret signé par le Premier Ministre vise comme, je le souligne, à seulement anéantir la circulaire qui autorisait depuis le 11 juillet 2000 l’exclusion ponctuelle de la classe par le professeur, sous réserve d’un rapport circonstancié au chef d’établissement.
      Désormais, appelée « sanction scolaire » et non plus « punition », l« ’exclusion temporaire de la classe » est du ressort du seul chef d’établissement.
      L’appel à la rescousse de la ministre de l’Écologie est seulement pour le folklore des prétendus travaux d’intérêt commun, sous prétexte que l’Écologie se prête à ce genre de travaux punitifs...

      On a déjà vu ce genre de tour de passe-passe le 12 avril 2000 pour ruiner la loi du 17 juillet 1978 sur la communication des documents administratifs nominatifs.

      Le Droit est aux mains d’individus qui usent de toutes les roueries possibles pour le neutraliser quand il gène l’autorité. ! C’est ce qu’on appelle une régression de la démocratie. Paul Villach


  • suumcuique suumcuique 28 juin 2011 18:41

    Outre le fait que la démocratie est une régression collective au stade anal, une sorte de psychanalyse en grand, le fait de ne pas pouvoir exclure un élève de cours se traduira tout simplement par des cas de plus en plus nombreux de dépression chez les profs, mais, comme ceux-ci sont recrutés sur la base de leurs affinités électives avec le credo mondialiste de la secte UMPS, on ne va tout de même pas les plaindre, n’est-ce pas ? Ensuite, les dépressives pourront toujours se mettre en congé maladie, n’est-ce pas ? Bien sûr, il y aura de plus en plus d’accidents, de dommages collatéraux, qui seront de moins en moins bénins, mais c’est justement le but recherché.

    Car le but de l’école républicaine a toujours été le contrôle ou, plus exactement, l’encadrement, l’embrigadement. Dans une perspective franc-maçonne, en effet, il s’agit de scolariser tout enfant, car tout enfant non scolarisé, non encadré, est un danger pour la société marchande (Charlemagne et l’Église l’avaient déjà bien compris en leur temps), et, de fait, il l’est : un adolescent non scolarisé, non présent à l’école 8 heures par jour, pourrait avoir de mauvaises idées, comme celle d’aller casser un abri bus ou de braquer un petit commerce, etc. Pire : d’aller rejoindre des « indignés » sur la place publique ; pire encore : de réfléchir par lui-même et de se rendre compte que ses études ne le mèneront à rien dans un pays qui compte plus de 8 millions de chômeurs et très probablement près de 15 millions d’extra-Européens, alors que la nomenklatura en place distribue à ses rejetons les postes en or.

    Et, avec cette énième loi subversive, un nouveau pas est franchi dans le grand enfermement qu’a si bien décrit et analysé Foucault. Désormais, en effet, non seulement il est exclu d’exclure un élève de l’école, mais il est même exclu de l’exclure d’une classe. En vertu de quoi des accidents vont se produire, de plus en plus nombreux, de moins en moins bénins, aux abords des écoles, à l’intérieur des écoles, à l’intérieur même des classes

    Contrairement à ce que vous avancez, la situation, à quelques exceptions près, est exactement la même dans le privé que dans le public. Ce que vous ne semblez pas voir à cet égard est qu’il existe depuis les années 1980 un mouvement de balancier entre le public et le privé : au cours des années 1980, la situation s’est nettement détériorée dans les établissements privés, pour la simple et bonne raison que ces établissements, même s’ils sont plus ou moins subventionnés par les tas, sont avant tout des entreprises : il faut faire du chiffre et, puisqu’il faut faire du chiffre, on n’est pas trop regardant sur les inscriptions, n’est-ce pas ? C’est ainsi que, pendant une dizaine d’années, le privé a accepté à peu près n’importe qui, n’importe quoi, à tel point que, face à la dégradation des conditions dans le privé, un certain nombre de parents ont décidé au début des années 2000 de (re) mettre leurs enfants dans le public, lequel, ayant connu une baisse d’effectif, s’est lui-même mis à accepter n’importe qui, n’importe quoi (il faut aussi dire qu’une partie des rémunérations d’un chef d’établissement, dans le public, dépend du nombre d’élèves scolarisés dans l’établissement...). Et, de nouveau, on assiste depuis deux ou trois ans à un repli des parents vers le privé, le public étant désormais saturé d’élèves dits « à problème(s) »

    Pendant ce temps-là, le nombre d’élèves non scolarisables, de véritables psychopathes, ne cesse d’augmenter, jusqu’à ce que le public et le privé soient tous deux sursaturés de déséquilibrés de 12 ou 13 ans.

    Le plan de la franc-maçonnerie se déroule à merveille.


    • Dolores 28 juin 2011 19:18

      Il est certain que si vous « encadrez » vos enfants en les convaincant que l’école est un lieu
      « d’embrigadement » et« d’enfermement » vous fabriquez vous-même ces enfants irrespectueux et violents.


    • posteriori 4 juillet 2011 10:02

       « des cas de plus en plus nombreux de dépression chez les profs, mais, comme ceux-ci sont recrutés sur la base de leurs affinités électives avec le credo mondialiste de la secte UMPS »

      N’importe quoi,chacun sait que les profs sont recrutés majoritairement dans les rangs de la gauche. C’est dans la police d’alliance qu’on recrute en majorité dans les rangs de l’umpfn, à chacun ses convictions, instruire ou detruire, ce ne sont pas les mêmes valeurs !


  • clostra 28 juin 2011 19:54

    Pour une fois, je trouve qu’il y a de l’idée.

    On pourrait même accueillir les élèves en leur disant que ce lieu est fait pour eux et qu’ils n’en seront jamais exclus, qu’on leur donnera la parole pour améliorer les conditions de vie.

    Ce que j’ai aimé, principe d’éducation premier, qui sous entend qu’il y a un lien de cause à effet, que ce n’est pas l’élève qui est « mauvais » mais ce qu’il a fait, que, dans cette phase de construction dans laquelle se trouvent nos pré et adolescents, la réponse doit être plastique comme ils le sont (NB peut-être pas utile de mettre des beaux fauteuils avec tapisserie dans une salle de détente...), comme ils le font, si c’est cassé ça doit être réparable, et réparé.

    "demandera-t-on à un élève, en guise de punition, d’effectuer un travail de nettoyage qui relève des fonctions d’un agent de service ?" ces tâches-là devraient être incluses dans le système éducatif : on salit, on nettoie.

    Bravo Mr Bauer, cette fois nous y sommes : pas d’exclusion, quand on salit, on nettoie !


  • lloreen 29 juin 2011 01:02

    Toute la société est en crise.L’école en étant une cellule réduite, elle est le miroir de ce qu’est notre société dans son ensemble.


    • posteriori 4 juillet 2011 10:13

      « D’années en années le niveau général baisse.D’années en années les violences augmentent »

      T’inquiète d’année en année tu vieillis et un jour tu disparaitras, et alors ces sales chiffres s’atténueront un tout petit peu.


  • suumcuique suumcuique 29 juin 2011 15:49

    « Il est certain que si vous »encadrez« vos enfants en les convaincant que l’école est un lieu
     »d’embrigadement« et »d’enfermement« vous fabriquez vous-même ces enfants irrespectueux et violents. »

    Refuser de confier ses enfants à l’école, publique ou privée, s’occuper soi-même de leur éducation.

    Refuser de laisser ses enfants se faire polluer par les illusions droitdelhommardes de école républicaine, de la franc-maçonnerie.

    http://membres.multimania.fr/possible/art21a.htm


    • Dolores 29 juin 2011 16:48

      Vous êtes soit parano soit a-social...ou les deux !
      Retirez-vous dans le désert. là vous ne serez pas pollué !
      Mais le désert... risque de l’être !


  • Raymond SAMUEL paconform 3 juillet 2011 10:20

    Bonjour,
    Je pense qu’il faut avoir un raisonnement assez...disons téléguidé, pour soutenir l’idée que l’école apporte une bonne socialisation !
    Et que l’enfant placé dans la vie sociale réelle avec des conditions NORMALES du point de vue familial et social (milieu intergénérationnel, non carcéral, multiprofessionnel, expérimental etc.) serait placé dans la situation d’un ermite dans le désert !


  • slipenL’air 4 juillet 2011 01:04

    bonne semaine (bis)


  • Dzan 4 juillet 2011 09:45

    CALMOS PRESIDENT !
    CALMOS PRESIDENT !
    CALMOS PRESIDENT !


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