jeudi 27 septembre 2012 - par JacquesLaMauragne

Défense et illustration de la langue française

Les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout.

« Myope comme une taupe », « rusé comme un renard » « serrés comme des sardines »...

 Les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout.
 
La preuve : que vous soyez fier comme un coq, fort comme un bœuf, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l'autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.
 
Vous arrivez à votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et là, ... pas un chat !
 
Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.
Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l'a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère !
 
C'est sûr, vous serez un crapaud mort d'amour.
Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.
Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive.
 
Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard.
Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu'une limande, De quoi vous rendre gai comme un pinson, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine.
 Une vraie peau de vache, quoi !
 
Et vous, vous êtes fait comme un rat.
Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe.
 
Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à l'âne et finissez par noyer le poisson.
 Vous avez le cafard, l'envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c'est selon).
 
Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.
 Ce n'est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce.
 
Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d'ours mal léché, il ne faut pas vous prendre pour un pigeon, car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.
 
Et puis, ça aurait servi à quoi de se regarder en chiens de faïence ? Après tout, revenons à nos moutons : vous avez maintenant une faim de loup, l'envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d'autres chats à fouetter.


14 réactions


  • alinea Alinea 27 septembre 2012 12:02

    Super ; mais dieu que vous êtes gentil ; vous n’avez pas dit grosse comme une vache ou gras comme un cochon, bête comme une oie, agir comme des moutons, rusé comme le renard, c’est un thon ; il a agit comme une bête féroce, méchant comme une teigne, langue de vipère, paresseux comme une couleuvre il mange comme un goret..
    Je m’insurge toujours contre les comparaisons animales qui sont, hélas, toujours négatives
    Celle que j’aime le moins c’est : l’homme est un loup pour l’homme ; quand j’entends ça ma rage est immédiate et toujours aussi neuve !
    J’ai beaucoup apprécié : merci !


  • Jason Jason 27 septembre 2012 14:08


    Je pense que vous n’y êtes pas. La langue française n’est pas la seule (heureusement) à utiliser des idiotismes (de idiome) ou métaphores et autres figures du langage.

    La liste est amusante, mais n’illustre pas une défense de la langue. Il faudrait ajouter : beau comme un cheval, frais comme un gardon, bête comme une oie, fier (ou vaniteux) comme un paon, sauter du coq à l’âne, et tant d’autres.

    Ce sont des richesses de la langue et preuves de l’invention de ceux qui la parlent. Cela n’a rien de spécifique du français.


  • Jason Jason 27 septembre 2012 14:27

    @ Alinea,

    « Homo homini lupus » l’homme est un loup pour l’homme, phrase célèbre de Hobbes, théoricien et philosophe anglais du gouvernement du XVIIème S. Tirée d’un ouvrage : Le léviathan.

    Si j’ai bonne mémoire.


    • alinea Alinea 27 septembre 2012 14:50

      Je sais Jason mais ce n’est pas parce que c’est Hobbes qui l’a dit que c’est vrai ! Ce qui me répugne- la plupart du temps car c’est vrai qu’il y a aussi de belles images- c’est que nous collions sur le dos des animaux, donc de notre « animalité » tout ce qui est en réalité uniquement spécifique à l’humain !
      C’est tout ce que je veux dire.


    • Romain Desbois 28 septembre 2012 21:24

      Oui comme la bravoure du taureau , etc...... ;

      Alinéa ne serait-elle pas schizophrène ?


  • Jason Jason 27 septembre 2012 15:30

    Bonjour Alinea,

    Le contexte du dicton populaire et la réflexion sur la justification d’une forme de gouvernement par Hobbes sont deux choses.

    Je ne suis pas végétarien, je n’ai pas de vaches sacrées dans mon pré, et je ne balaie pas devant moi quand je marche pour éviter d’écraser les fourmis.

    Par contre j’ai une très grande admiration pour le monde des insectes auquel je m’intéresse depuis 40 ans, et si je devais croire en un dieu, ce serait la photosynthèse, par où tout a commencé ici bas.

    Quant aux animaux (oiseaux, mammifères), je fais très attention à ne pas déranger leur habitat.

    C’est hypocrite, je sais, pour qui mange de la viande.

    Et je vous jure que je ne traiterai pas les emmerdeurs de cochons (animal très intelligent, propre et sociable).


    • alinea Alinea 27 septembre 2012 15:40

      Je n’en doute pas Jason.
      Quand on utilise toutes ces expressions, en général on ne fait pas du tout le rapprochement.
      Je ne connais pas grand chose aux insectes, à part les abeilles que je connais bien, mais c’est un monde à côté du monde que j’ai côtoyé un peu avec un ex, photographe naturaliste. ; et je dois dire ma compréhension de certains qui y passent leur vie.


  • rosemar rosemar 27 septembre 2012 19:17

    Merci pour ce joli et sympathique bestiaire....


    Vive la langue française et toutes ces expressions amusantes. !

    Bonne soirée à tous

  • chems eddine Chitour 27 septembre 2012 20:34

    Superbe texte merci


    Pr ;C.E. Chitour

  • Romain Desbois 27 septembre 2012 23:20

    Ca en dit long surtout sur notre rapport à l’animal .

    Laisser crever comme un chien montre bien le peut d’empathie que l’on a pour cet animal.

    Je me suis toujours amusé à en modifier, car je suis persuadé que les mots entretiennent les maux. Nous connaissons bien les spécialistes de la transformation de la vérité.

    Il m’est arrivé de lancer des concours dans la presse spécialisée où je proposais certaines variantes :

    - Ca ne casse pas trois pattes à un connard
    - j’ai d’autres chats à nourrir
    - changer son sac d’épaule
    etc....


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 28 septembre 2012 09:54

    Amusant... mais ce texte sert à quoi ? En quoi défend-t-il la langue française uniquement illustrée de références animales ?


    • JacquesLaMauragne JacquesLaMauragne 28 septembre 2012 17:01

      @ Jean-J. Mourot

      Et en quoi ne l’a  défend - il  pas ????

      jf.


    • Romain Desbois 28 septembre 2012 20:00

      Mais oui , une langue c’est aussi la poésie qu’elle permet par ses métaphores notamment.

      Et les expressions comme « pleuvoir comme vache qui pisse » en dit bien plus sur notre passé commun paysan.

      Une émission sur Arte est passionnante à cet égard, c’est « carambolage ». Elle compare nos expressions avec celles d’autres langues, ainsi que nos comportements culturels.

      C’est toujours très instructif.


  • JacquesLaMauragne JacquesLaMauragne 28 septembre 2012 20:42

    @ Romain Desbois

    En effet.
    Il m’arrive également de regarder « carambolage ».
    Donc, je suis bien d’accord avec vous.
    Merci de votre commentaire.

    jf.


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