lundi 8 novembre 2010 - par Fourmi Agile

Demain sera comme aujourd’hui

Fin de la crise, début de la prospérité, ou début d’une terrible récession économique ?
Est ce que demain nous vivrons mieux, ou moins bien qu’aujourd’hui ?

 
 
Tout d’abord sur quels critères comparer les époques ? Les vies sont trop différentes. Sur quels critères se baser pour comparer l’époque préhistoriques et aujourd’hui ? Sans aller aussi loin, comment comparer notre vie et celle de nos parents quand ils avaient notre age(*1). Même nous, comment comparer ce qu’on vit aujourd’hui à ce qu’on vivait 30 ans avant ? On était plus jeunes, nos besoins, nos centres d’intérêts étaient trop différents de ceux de maintenant.
 
La vie a toujours changé, plus ou moins vite selon les époques et selon les régions. Aujourd’hui on ne vit pas ni mieux ni moins bien qu’avant, on vit autrement. 
Il faut arrêter de croire à cette idée d’un age d’or où tout était merveilleux. Aux temps préhistoriques nous étions que quelques millions d’humains, libres dans une nature luxuriante, mais nous étions très faibles face aux agressions de la nature, des animaux, du climat, nos outils rudimentaires était taillés dans la pierre ou le bois, on ne savait pas soigner les maladies.
 
Sans aller aussi loin, Il y a 200 ans personne n’avait l’électricité, pas de voitures, peu avaient l’eau courante, pas de tout à l’égout : on jetait tout dans les rues déjà recouvertes du crotin des chevaux, les villes étaient recouvertes d’un brouillard très malsain provenant de la pollution des usines. L’intérieur des maisons était en terre battue, on s’éclairait à la bougie et avec des lampes à huile, on se chauffait avec une cheminée qui enfumait les pièces causant de nombreuses maladies. On était très dépendants du climat. Le café, les oranges, les fraises, le chocolat étaient un luxe réservé aux plus riches.
 
L’humain a naturellement tendance à critiquer le présent, admirer le passé, parce qu’on associe inconsciemment le passé à sa petite enfance, le plus souvent insouciante, heureuse et choyée.
On a trouvé gravé sur des tablettes d’argiles de 3000 ans ces mots : " la terre se dégrade, la corruption règne, les enfants n’obéissent plus aux parents, la vie devient de plus en plus difficile", rien de nouveau.
 
Nous sommes les mêmes qu’aux temps préhistoriques, la seule différence entre aujourd’hui et hier ce sont les moyens qu’on utilise pour vivre. Les peintures de la grotte de Lascaux n’ont rien à envier à Picasso. La dame de Brassempouy sculptée il y a 25 000 ans n’a rien à envier aux sculptures contemporaines.
 
Ce qu’on a gagné sur certains points, on l’a perdu sur d’autres. On a amélioré certaines choses, mais d’autre se sont dégradées : par exemple on se déplace rapidement en voiture, mais les routes ont détruit de beaux paysages.
 
Certains problèmes comme les drogues l’alcoolisme, la violence n’ont pas été résolus.
 
On doit toujours travailler pour vivre. La seule différence est dans la façon d’y arriver. Avant on devait chercher du bois pour cuire nos aliments et nous chauffer, aujourd’hui on a de la lumière et de le chaleur ren appuyant sur un bouton, mais on doit travailler pour s’acheter les appareils nécessaires, payer l’électricité, payer les impots.
Nous sommes toujours aussi dépendants des éléments qu’avant, puisqu’aujourd’hui encore les colères de la nature peuvent paralyser tout un pays.
 
Il y a de nombreuses maladies qu’on ne sait pas soigner : on ne sais pas soigner plusieurs maladies virales, herpes, sida, hépatites. On ne sait pas soigner la majorité des maladies parasitaires comme le paludisme. On ne sait pas soigner la plupart des maladies génétiques. On ne sait pas soigner plusieurs cancers, ainsi que l’alzheimer. Au final on ne sait pas soigner grand chose, au mieux, on soulage les symptômes en attendant que le corps fasse son travail.
Et on ne pourra jamais soigner toutes les maladies, puisqu’il faut mourir d’une façon ou d’une autre, les maladies sont nécessaires. Et les formes de vie qui en sont responsables, bactéries, microbes, virus, ont autant que nous envie de vivre.
 
On ne vit pas plus longtemps qu’avant, on vit plus longtemps qu’avant dans certaines régions, ailleurs les gens vivent très vieux depuis bien longtemps en ayant adopté un mode de vie sain. Il y a 2000 ans Aristote, Platon avaient déjà atteint les 80 ans. C’est la mauvaise hygiène dans les villes qui avait diminué l’espérance de vie. De plus vivre plus longtemps ne signifie pas qu’on vit mieux, certains ont une vie courte mais intense et riche
 
On a amélioré notre confort, mais ce n’est pas parce qu’on a plus de confort matériel qu’on vit mieux. La notion de bien vivre est très personelle : le citadin est heureux de voir la ville grandir, avec des commerces, des grandes routes, des parkings, mais c’est le malheur du campagnard qui voit les paysages envahis par le béton. Alors qu’un autre campagnard sera heureux de voir la ville grandir.
La notion de richesse et de pauvreté est très personelle : certains pauvres vivent bien mieux que certains riches : l’argent ne fait pas le bonheur. Un pauvre dans un pays serait riche avec la même somme dans un autre pays.
Selon certains, la pauvreté diminue dans le monde, mais le seuil de pauvreté est fixé à 1$, soit 30$/mois ! Qu’est ce qu’on peut faire avec cette somme ? Même dans les pays où le coût de la vie est moins cher, la technologie coûte le même prix : un téléphone portable coûte le même prix en France qu’au Soudan.
 
La technologie ne nous fait pas mieux vivre qu’avant, elle a des avantages et des inconvénients. Par exemple on ne communique pas plus qu’avant, on communique autrement. Malgré Internet et le téléphone portable on ne communique pas plus avec ses voisins.
 
La technologie ne donne pas plus de sensations qu’avant. Aujourd’hui on peut voler en avion, mais aux temps préhistoriques, comme maintenant, on pouvait avoir la sensations de voler avec la musique ou la danse. Si la technologie était le seul moyen pour bien vivre, alors il en faudrait toujours plus pour mieux vivre, donc seuls les plus riches pourraient être heureux ! 
 
C’est extraordinaire ce qu’on peut réaliser avec la technologie : immenses grattes ciel de verre et d’acier, tunnel sous les mers, voyages dans l’espace, mondes virtuels sur ordinateur. Mais ce qu’on savait faire avant était aussi extraordinaire pour l’époque, il y a 4000 ans les pyramides d’Egypte était une véritable prouesse de technologie. Et qui sait ce qu’on savait faire dans le passé et qui a été oublié ou perdu ?
 
La technologie est devenue très performante mais très fragile : un ordinateur permet de réaliser des opérations très complexes, mais après quelques années d’utilisation, il fonctionne de plus en plus mal, il ne supporte pas l’humidité, la chaleur, la poussière. Alors qu’un document écrit à la main résiste à la chaleur, au froid, ne tombe jamais en panne même après des centaines d’années.
 
Au final, demain on vivra ni mieux, ni moins bien qu’aujourd’hui, on vivra autrement. Il n’y aura pas plus de prospérité demain que maintenant ou que hier.
 
On pourrait terminer avec ces quelques mots d’une chanson de Brassens : "S’il suffisait de quelques hécatombes pour qu’enfin tout changea, qu’enfin tout s’arrangea. Depuis tant de grands soirs que tant de têtes tombent, au paradis sur Terre on y serait déjà. Mais l’age d’or sans cesse est remis aux calendes, les dieux ont toujours soif, n’en n’ont jamais assez et c’est la mort, la mort toujours recommencée. Mourrons pour des idées, d’accord mais de mort lente".


4 réactions


  • cmoy patou 8 novembre 2010 11:25

    Bonjour l’auteur,

    J’ai beaucoup apprécié cet article sobre mais tellement vrai.
    Ne sommes nous pas a un tournant de notre civilisation comme il y en a eût tout au long de l’histoire de l’humanité ?
    Merci .

  • srobyl srobyl 8 novembre 2010 12:48

    Bonjour,
    Je note quelques bonnes réflexions , notamment sur les technologies actuelles et passées (qui aux dires de je ne sais plus qui « rendent heureux les cons »).
    Ni mieux aujourd’hui, ni pire qu’autrefois ? Pour ma part je pense que la balance penche globalement du côté du mieux. Ce ne sont pas mes nombreuses madeleines de Proust qui me feront penser le contraire, car comme vous le dites, la nostalgie de notre jeunesse rend notre mémoire un peu trop sélective 

    Cependant, quelques phrases me surprennent :
    -« l’envie de vivre » des microbes ? (la tendance à se reproduire, plutôt, car au plan individuel ça n’a aucun sens de comperer les microbes à l’homme
    -« les citadins heureux de voir leur ville s’agrandir » ? Pas toujours à mon avis, quand il faut aller de plus en plus loin pour respirer un peu
    -« un pauvre dans un pays serait riche dans un autre » ? Soyez fidèle à votre principe : ne comparer que des choses comparables.
    Bien à vous


  • millesime 8 novembre 2010 19:58

    pour vous c’est la fin de la crise ??? ( je ris...jaune)


  • Salsabil 8 novembre 2010 22:16

    Superbe réflexion que cet article !

    Sans doute parce que trop simple ou trop pur, les ceusses qui lisent et relisent, qui savent et re-savent, qui connaissent sans forcément reconnaître, ne s’y retrouveront pas.

    Et pourtant quelle lucidité absolue dans le constat ! Je dirais presque quel fatalisme cruel !...

    Tout est profondément juste, le peu qu’il y aurait à redire est suffisamment insiggnifiant pour ne pas s’y arrêter. Merci et bravo !


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