jeudi 9 octobre 2025 - par Daniel MARTIN

Démission de Lecornu et acrobaties politiques de Macron, mauvais temps sur la France

Alors que la dette publique française dépasse désormais les 3 400 milliards d’euros, deux enjeux majeurs restent négligés : la démographie et l’impact de l’intelligence artificielle sur l’avenir du travail. Avec la démission de Sébastien Lecornu, dont son gouvernement aura été le plus éphémère de la Ve République. Au vu des perspectives actuelles, la vie politique française s’annonce très mouvementée.

Ce que les responsables politiques, au premier rang desquels les Verts, ne devraient pas oublier

Ce que la classe politique, au premier rang de laquelle les Verts, semble ignorer, alors que cela devrait constituer la clé de voûte de tout projet politique, c’est que la croissance démographique entraîne mécaniquement la croissance des besoins économiques, plus de nourriture, plus d'énergie, plus d’espaces à aménager pour le logement, le travail, l’éducation, la santé, la culture, le sport... Autant de terres arables artificialisées, avec des conséquences désastreuses pour la biodiversité.

À cela s’ajoute la raréfaction des ressources en eau, aggravée par le changement climatique, notamment en Afrique, où le taux de fécondité demeure élevé (3,95 enfants par femme en moyenne). Cette situation pousse certaines populations à émigrer vers l’Europe, transformant peu à peu la Méditerranée en un immense cimetière.

Le président et le sens des mots selon le Premier ministre

Alors que Sébastien Lecornu n’avait cessé de parler de rupture dans ses annonces budgétaires, on ne peut pas dire qu’il y ait eu rupture dans la nomination des quatre cinquièmes de ses ministres. Il est donc légitime de s’interroger : quel sens le Premier ministre démissionnaire donnait-il à ce mot ? Et que peut-il désormais faire, en quarante-huit heures, pour rendre la copie que lui a demandée le président Emmanuel Macron, avec des propositions viables pour composer un gouvernement « du possible » ?

Un pays devenu ingouvernable avec trois forces politiques, alors que la Constitution de la Ve République fut conçue pour deux, Gauche et Droite

Lorsqu’en 1958 les fondateurs de la Ve République rédigèrent la Constitution et ses lois d’application, la vie politique française s’articulait autour de deux grandes forces : la gauche et la droite. Aujourd’hui, elles sont trois, et cette configuration risque de durer.
Chacune de ces forces, regroupant des partis souvent éloignés les uns des autres sur les plans national et international, ne s’est constituée qu’en réaction au mode de scrutin majoritaire à deux tours, afin d’obtenir des député(e)s et d’exister sur la scène politique, voire d’espérer gouverner.

À gauche, il existe encore des partis respectueux de la démocratie parlementaire, le PC, les Verts, le PS et ses annexes, les Radicaux de gauche. Mais LFI, le parti de Jean-Luc Mélenchon, pose un réel problème démocratique par l’usage de la violence et les relents antisémites exprimés par certain(e)s de ses député(e)s.
Il est dès lors plus qu’étrange, et même inadmissible, que le PS, par la voix de son premier secrétaire, annonce être disposé à occuper le poste de Premier ministre tout en rejetant la candidature du député européen Raphaël Glucksmann à la présidentielle de 2027, lui préférant une candidature unique de la gauche, donc avec LFI, ce à quoi s’opposent Glucksmann et plusieurs parlementaires socialistes.

Et maintenant ?

Si la mission de Sébastien Lecornu, qui a d’ores et déjà annoncé refuser de redevenir Premier ministre, échoue, ce qui est fort probable, et si Emmanuel Macron rejette la proposition du PS, il ne restera qu’une seule solution : dissoudre l’Assemblée nationale.

Le chef de l’État doit, avant toute dissolution, consulter les présidents des deux Chambres. Ce scénario semble se dessiner, puisque Emmanuel Macron a reçu, ce mardi 7 octobre, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher.

Pendant ce temps, conformément à sa mission, Sébastien Lecornu poursuit ses ultimes négociations. Il a reçu cet après-midi Bruno Retailleau, tandis que les Verts, le PCF et Place publique de Raphaël Glucksmann doivent également se rendre à Matignon.

Le PS, dont le secrétaire national Olivier Faure a opéré une pirouette par rapport à ses précédentes déclarations, est désormais disposé à assumer le poste de Premier ministre et à constituer un gouvernement d’union, sans LFI.

Les Verts, quant à eux, donnent l’impression de naviguer à vue : ils ont accepté l’invitation de Sébastien Lecornu pour le mercredi 8 octobre, tout en multipliant les allers-retours avec La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, dont l’attitude reste un véritable repoussoir pour une partie de la gauche. Marine Tondelier la secrétaire nationale des Verts estime néanmoins que leurs échanges vont « dans le bon sens » pour l’unité. À l’inverse, Raphaël Glucksmann et la majorité des parlementaires socialistes jugent qu’il est hors de question de s’allier avec LFI dans une éventuelle gouvernance de remplacement de l’actuel ex-Premier ministre.

Au vu de la nouvelle configuration politique française, avec trois blocs : la gauche (avec ou sans LFI), la droite (avec les ex-macronistes) et le Rassemblement national, qui a le vent en poupe, il est probable qu’une nouvelle élection reproduise la même impasse, rendant toujours aussi difficile la formation d’un gouvernement stable.

Emmanuel Macron et la tentation du vide

Emmanuel Macron n’est pas tenu de démissionner : il est élu pour cinq ans et son mandat s’achève en mai 2027.
Ceux qui réclament sa démission ou, comme LFI, sa destitution, pour le plus grand plaisir de Vladimir Poutine, ne pensent qu’à leurs ambitions personnelles et se moquent de la situation réelle des Français, aggravée par la crise démographique, pourtant clé de voûte de nos déséquilibres sociétaux.

Nous ne sommes plus au temps du général de Gaulle : lorsqu’il démissionna en 1969, son parti disposait d’une majorité absolue et un gouvernement solide pouvait assurer la transition. À cette époque, la dette publique représentait 13,5 % du PIB. Elle atteint aujourd’hui 114 %.

Une démission du président de la République, alors qu’il n’y a pas de gouvernement stable et que les perspectives économiques sont sombres, serait une catastrophe budgétaire. Après avoir largement puisé dans les réserves financières et emprunté à des taux avoisinant les 5 %, la France s’expose à des conséquences désastreuses sur la vie quotidienne, tandis que l’agrobusiness alimentaire continue de spéculer en toute aisance.

Entre le dire et le faire : promesses et reniements

En 2017, Emmanuel Macron avait promis « une République exemplaire ».
Il exigeait la probité et affirmait que tout ministre mis en examen devrait démissionner. Ce principe fut appliqué au début de son premier quinquennat, mais vite oublié par la suite.
Plus surprenant encore aujourd’hui : la nomination de Mme Rachida Dati au ministère de la Culture, alors qu’elle fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires. Certes, il existe la présomption d’innocence, mais tout de même : curieuse conception de la « République exemplaire ».
Oui, il y a bien rupture, mais pas celle que les Français attendaient.

Pour mémoire : la dette publique française

En valeur absolue, la France détient la dette publique la plus élevée de la zone euro : elle s’élève, au premier trimestre 2025, à 3 345 milliards d’euros, devant l’Italie (3 033 milliards) et l’Allemagne (2 698 milliards).

Selon le rapport d’avancement annuel du Plan budgétaire et structurel à moyen terme (PSMT), présenté en avril 2025, la charge de la dette, c’est-à-dire les intérêts versés, atteint 53 milliards d’euros, et devrait grimper à 66 milliards en 2026.

Cela signifie que, dans les prochains budgets, chaque euro dépensé ici devra être compensé par une économie ailleurs. Autrement dit, si un nouveau prélèvement fiscal est créé, un autre devra être supprimé.

Quelles conséquences pour le budget à venir ?

La suspension de la réforme des retraites, afin de reprendre le dossier à zéro et de rouvrir un dialogue avec les partenaires sociaux, les associations et les parlementaires, pourrait permettre d’aboutir à un accord innovant et équitable.

Par ailleurs, une augmentation sensible des salaires et retraites les plus modestes, comme le souhaite la gauche, ainsi qu’un effort particulier en faveur de l’éducation et de la santé, nécessiteront un financement conséquent qui devra être compensé par des mesures d’économies.

À cet effet, plusieurs dispositions devraient être envisagées :

- La suppression de certains avantages accordés à des responsables politiques et à de hauts fonctionnaires ;

- La dissolution de comités consultatifs jugés inutiles ;

- La révision de certains avantages fiscaux, notamment sur l’assurance-vie et les placements boursiers.

Les aides aux entreprises ne sauraient être remises en cause dans leur principe. Celles qui créent ou innovent dans les secteurs de la recherche médicale, de l’intelligence artificielle et, plus largement, des économies d’énergie doivent même être renforcées.
En revanche, un réexamen approfondi des autres dispositifs d’aide s’impose : un sérieux toilettage est nécessaire.

Vers une contribution exceptionnelle sur la très grande richesse

Outre une réforme plus équitable de l’impôt sur le revenu, à l’instar des États-Unis où, depuis 1934, les bénéfices non distribués sont imposés et où le patrimoine des plus riches est taxé, la mise en place d’une contribution exceptionnelle et temporaire sur la très grande richesse devient, en France, une mesure de bon sens.

Cette idée, loin d’être révolutionnaire, est dans l’air du temps : plusieurs milliardaires eux-mêmes l’ont défendue lors du Forum économique mondial de Davos en 2023.

En contrepartie de cette contribution de solidarité sur la richesse (CSR), l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) pourrait être supprimé.

(voir le mes propositions faites à plusieurs fois en ce sens, destinées à nourrir un éventuel débat public : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/3346-milliards-d-euros-de-dette-et-262942

En conclusion

Il semble désormais que nous risquions de connaître une situation inédite sous la Ve République : la survie politique du Premier ministre dépendra à la fois des positions du Parti socialiste et de ses alliés à gauche, ainsi que du Rassemblement national, dans un contexte où un gouvernement de droite et du centre exerce le pouvoir.

Les concessions qu’il acceptera de leur accorder pourraient déterminer son maintien ou sa chute.
L’émergence de cette tripartition politique est susceptible de modifier durablement les équilibres de la Ve République, sans pour autant changer fondamentalement le résultat des prochaines élections législatives, ni permettre un retour à la bipartition politique.

 



22 réactions


  • L'apostilleur L’apostilleur 9 octobre 2025 09:31

    «  Alors que la dette publique française dépasse... »

     Un cadeau parmi d’autres de pays riche.. la suppression de la taxe d’habitation qui coûte 25 milliards/an à l’Etat soit environ 100 milliards depuis sa suppression. 

    Le gouvernement a offert à chacun ce qu’il reprend à tous avec sa compensassion reversée aux communes. 

    Les principaux bénéficiaires ayant été les grands, riches propriétaires 


  • jocelyne 9 octobre 2025 09:47

    Pourquoi cette photo de monnaie polonaise ?


  • chantecler chantecler 9 octobre 2025 10:02

    Vous ne parlez pas me semble t’il du RN ... !

    Il est bien là rassurez vous et influence dans l’ombre le choses !

    Quant à notre état profond , la macronie , il voit la solution dans une nomination d’un élément centre droit !

    Ce qui change tout ! smiley


  • Daniel MARTIN Daniel MARTIN 9 octobre 2025 10:09

    En reportant le texte, j’ai fait quelques manques que je me permets de rappeler : 

    1er paragraphe 5e ligne il est écrit : … « le sport... Autant de ... » après sport et avant Autan, il faut «  Autant de besoins énergétiques que de terres arables artificialisées, avec des conséquences désastreuses pour la biodiversité. »

    6e paragraphe, 3e - 4e ligne entre... » dissoudre l’Assemblée nationale. » et « Le chef de l’État doit, « il manque «  Renommer un nouveau premier ministre ce serait prendre le risque qu’il tombe rapidement sous le coup d’une motion de censure. »


  • Com une outre 9 octobre 2025 10:13

    Vos préconisation économiques n’ont rien de révolutionnaires : des rustines, du jeu de bonneteau. Alors que c’est l’entièreté du système qui est à repenser. Reculer pour mieux sauter n’est pas une solution, et c’est pour ça que la gauche est si lamentable ; elle se complaît dans le néolibéralisme socio n’importe quoi au lieu de proposer un réel changement de cap. Aujourd’hui, l’ensemble des partis dits de gouvernement ont démontré qu’ils sont incapables de gouverner pour cause d’indigence intellectuelle. Faut-il faire une autre révolution pour redonner la parole à de vrais politiciens situés en dehors du champ de la mortelle « pensée unique » ?


    • Fergus Fergus 10 octobre 2025 09:53

      Bonjour, Com une outre

      Non, ce n’est pas la bonne raison, à mon avis. Leur problème est qu’ils privilégient la tactique politicienne électorale et les intérêts partisans à toute autre considération stratégique de plus ou moins long terme.


  • Octave Lebel Octave Lebel 9 octobre 2025 10:33

    Bas les masques.

    Petite course de vitesse au sein des tenants du système. Avec les droites et le RN et la parade des ambitieux qui croient leur heure arrivée et qui cherchent comment faire une coalition avec le RN (Retailleau dans les partielles invitent à soutenir  Ciotti des fois qu’on ne saurait pas que c’est en réalité soutenir le RN, qui lui affiche vouloir le départ de Macron en lui sauvant la mise en même temps, une fois de plus, en s’abstenant pour la demande de vote de sa destitution).En s’imaginant que les électeurs de la classe moyenne et populaire sont malléables à merci, gobeurs éternels de sondages et n’ont pas encore compris qu’il s’agit là d’une des cartes de l’oligarchie qui a toujours plusieurs fers au feu et qui finira par essayer de trancher avec toute la puissance de ses médias et instituts de sondages comme d’habitude. Avec la difficulté ici de savoir quels ambitieux de par et d’autre seront sacrifiés. Bonjour l’ambiance. Avec aussi les troupes macroniennes en lambeaux qui cherchent à retrouver un peu d’air du côté de ceux qui les avaient mis en orbite en 2017, le PSL et son appareil qui espère à nouveau, cela tombe bien, nous faire le coup de « notre ennemi, c’est la finance » (« avec maintenant LFI en même temps » ce qui est très difficile à faire comprendre avec ou sans l’aide de la caricature, mais passons ).Tous ces gens oublient que le NFP, ce n’est pas eux, c’est nous, les citoyens conséquents ayant de la suite dans les idées, qui devont trancher et trancheront avec nos votes en sanctionnant les responsables directs de l’état de notre démocratie et ses institutions, de notre santé économique et sociale et du climat politique. Sans oublier tous ceux, de nouveau frétillants dans les lumières des médias si complaisants pour un nouveau spectacle de politicaillerie. Qui à peine repêchés par nous ont repris tranquillement mais sûrement la trahison des engagements sur lesquels nous les avions élus. Mon petit doigt me dit que nous n’avons plus l’intention du tout de nous faire rouler.

    Le mouvement LFI, gentiment appelé « La  meute », « Les complices du Mal », selon de bonnes manières républicaines qui honorent ceux qui les pratiquent, a lui un véritable  programme développé parce qu’il considère par respect de ses concitoyens que c’est indispensable au débat démocratique si on est sérieux et responsables, mis à jour, avec des élus qui tiennent eux leurs engagements envers leurs électeurs ( ce qui au PSL et ailleurs est vu comme de l’amateurisme et une conception complètement dépassée de la politique) et qui ouvrent la voie au renouvellement de nos institutions. Pour une démocratie accomplie inséparable de la justice sociale et de la responsabilité écologique partagée. En donnant enfin, à nous les citoyens, les moyens institutionnels de nous impliquer et de nous faire respecter avec la responsabilité pour les politiques de devoir s’expliquer sans échappatoire en cours de mandats en cas de manquements graves. Tout le monde comprend pourquoi des gens s’affichant sous des étiquettes différentes feront tout pour que cela n’arrive pas et ce n’est pas difficile à comprendre. Elle est là la vraie ligne de fracture et c’est bien pour cela que les médias n’en parlent pas. La ligne de fracture qui nous rassemble, nous les citoyens de toutes générations et couches sociales, qui avons été  bernés depuis 30 ans et plus.

     


    • tonimarus45 9 octobre 2025 15:53

      @Octave Lebel— le resultat de cela c’est que bon nombre de vrais electeurs de « la vrai gauche », quel que soient les forces en presence , si il n’ya pas la Fi s’abstiennent et votent blanc.C’est mon cas je ne donnerai plus jamais mon vote au Ps, qui a cheville au corps la trahison ,ni au pc que j’ai pourtant bien soutenu du temps de marchais.C’est ainsi que lors de l’affrontement au deuxieme tour Chirac/fn et dernierement ,Macron/fn j’ai vote blanc.Bien que votant pour ce que j’appelle la vrai gauche , je ne suis adherent a aucun parti ,mais comme me dit un vrai adherent a la FI si il faut passer par la case FN ,alors allons y .Les français peut etre comprendront ce que c’est d’etre gouverne par l’extreme droite


    • Octave Lebel Octave Lebel 10 octobre 2025 11:29

      @tonimarus45

      Désolé, on peut soutenir LFI et dire des conneries. Qui peut dire que cela ne lui est jamais arrivé ? Pas moi déjà. J’ai entre autres un temps sous-estimé le danger ED par exemple. Celle-ci, c’en est une grosse à mon avis smiley
      Ce raisonnement ne tient pas debout. Passer par l’ED alors que les propositions de LFI si elles avaient la moitié de l’exposition médiatique de l’ED, compte tenu en plus que l’exposition actuelle de LFI  est le plus souvent négative, LFI aurait déjà commencé de faire vivre le projet de constitution et de réformer notre économie en faisant vivre aussi une dynamique démocratique. Avec des renforts venus de toutes les composantes de la société ( les vieux partis n’étant plus que des machines électorales) en voyant qu’un espace de contribution et de construction existe. Quand notre vie politique et son pendant médiatique sont actuellement verrouillés et dédiés à la désinformation, la confusion, la division et le parti-pris et la manipulation de l’opinion (sondages). C’est cela que redoutent nos adversaires et ils ont bien raison. J ’ai toujours dit que LFI n’était pas la solution à elle toute seule mais qu’ elle est la pointe avancée, le bélier indispensable et déterminant pour faire bouger les lignes et bousculer le système en place. Le gardien de la gauche aussi parce que malheureusement il en faut un. Gagner les élections est à portée de mains et nos adversaires le savent ce pourquoi LFI est à ce point vilipendé et ce n’est pas fini. Même si cela devient délicat pour ces gens qui montrent en même temps qui est leur véritable adversaire et surtout ses propositions et qu’eux, avec un gros bilan négatif, n’en ont pas sauf de faire la même chose habillé autrement. Cette dimension est systématiquement escamotée par les médias. 
      Attention par contre au danger bien réel. L’ED au pouvoir ne serait pas  inerte institutionnellement et bénéficierait de toute la puissance des médias, publics et privés, pousserait le syndicat fascho de la police ainsi que son pendant dans la justice qui existe aussi. Favoriserait encore plus l’emprise culturelle de division, confusion et désinformation dans notre société avec l’intimidation et plus si nécessaire de tout ce qui bouge et n’est pas d’accord. C’est déjà le cas avec Macron et Retailleau promet mieux. Toute la droite qui n’a pas de morale mais des intérêts l’appuierait comme elle a appuyé avec une part du PS la macronie pour sauver le système. Et l’oligarchie se frotterait les mains.Rappelons-nous comment un Sarkozy, un Hollande puis un Macron ont bousculé et abîmé notre société avec des effets dont nous ne sommes pas encore sortis. Alors l’ED.


  • Octave Lebel Octave Lebel 9 octobre 2025 11:05

    Par ailleurs, est-ce bon pour le débat démocratique d’entretenir l’ignorance sur la problématique de la dette, cette posture étant largement dominante déjà dans nos médias ?  

    Faire peur avec la dette afin d’échapper au bilan des politiques que l’on a soutenues et que l’on a bien l’intention de reconduire d’une manière ou d’une autre en réalité. Il y a de quoi être sidéré du mépris du citoyen supposé gober un peu tout.

    « Lorsqu’un particulier emprunte, sa capacité de remboursement est évaluée : le prêt ne doit pas dépasser 25 à 30 % de ses revenus ou de sa richesse réelle (résidence principale, épargne…). Ne devrait-on pas appliquer un principe similaire à un État ? »

    https://www.slate.fr/economie/dette-publique-france-pas-peril-demeure-alarmant-crise-faillite-budget-finances-investissement-avenir-solvabilite

    « Selon l’Insee, la dette française s’élève à 3.345,4 milliards d’euros au premier trimestre 2025, soit 113,9% du produit intérieur brut (PIB). En 2020, les annuités sur la dette s’élevaient à 30 milliards par an ; en 2024, nous étions à 60 milliards d’euros ; cette année, à 67 milliards. Et jusqu’à 107 milliards d’euros en 2030, d’après un rapport de la Cour des comptes de février 2025, soit une dépense plus importante que les budgets du ministère de l’Éducation nationale, de l’Intérieur ou de la Défense. Mais peut-on vraiment analyser la dette et les comptes d’un pays comme on étudierait les comptes d’un foyer ? Un État peut-il être comparé à une famille, devant gérer dépenses, traites et recettes ?

    Pas vraiment. Premier élément manifeste, un État n’est pas un ménage. Par définition, il a une durée de vie illimitée. Alors certes, un État peut tomber, peut disparaître, mais cela arrive tout de même moins souvent qu’un ménage. Depuis le XVIe siècle, la France a pu générer une dette sans que cela n’ait dérangé ou apeuré ses créanciers. Ces derniers ont continué à lui prêter de l’argent et le pays a pu se développer et investir, devenir une grande puissance, en grande partie grâce à ses échanges monétaires entre agents en capacité de financement et besoin de financement.

    C’est le concept, en macroéconomie, du roulement de la dette. Par sa survie et sa durabilité garantie, un État, dès lors que des créanciers acceptent de lui prêter de l’argent, pourra continuer à emprunter ad vitam æternam. Les créanciers toucheront les intérêts sur la dette, payés tous les ans par le pays, et ce dernier, une fois le crédit bouclé, viendra emprunter de nouveau pour rembourser son ancienne dette. Il n’y a rien à redire tant que les investisseurs acceptent de prêter. Cela pourrait incontestablement poser problème si aucun agent n’accepte de prêter au pays, mais cela n’est pas arrivé depuis le XVIe siècle.

    D’autant plus que, point important, la France dispose d’actifs et peut ainsi solvabiliser sa dette. Déjà, les Français, eux-mêmes, ont mis de côté et peuvent couvrir la dette, voire carrément… la racheter. L’épargne totale de la population française représente plus de 6.300 milliards d’euros, soit presque deux fois plus que la dette publique totale. Si on le voulait, nous pourrions être les créditeurs uniques du pays. Comme c’est le cas du Japon, avec une dette qui dépasse les 250% de son PIB mais qui est détenue à 86% par des institutions et investisseurs japonais, sans que le pays du Soleil-Levant ne soit inquiété.

    Et même comme cela, la France disposerait de plus d’actifs qu’elle n’a de passifs. En somme, elle n’est pas menacée de faillite. Selon l’économiste Christophe Ramaux, comme il l’a calculé dans son livre L’État social (avril 2012), chaque Français·e disposerait au total d’un capital net de plus de 5.000 euros, après avoir déduit toutes les dettes et les passifs des actifs détenus par le pays. La dette permet l’investissement, permet le développement, permet de financer des projets d’ampleur.

    Être endetté ne signifierait donc pas être en danger, en dépôt de bilan, mais, au contraire, être en train de construire l’avenir du pays. Et cela, les créanciers le comprennent très bien, en prêtant à la France. Ces mêmes investissements permettent en retour de démultiplier les actifs des Françaises et des Français, qui sont du patrimoine. Quand l’État emprunte pour construire des routes, des infrastructures, des universités, des centres de recherche, des centrales d’électricité, quand l’État emprunte pour la transition énergétique, pour la transition écologique, pour la rénovation thermique des bâtiments, il n’y a pas à s’alarmer et à crier à la faillite.

    Prenons un simple exemple pour s’en rendre compte. Selon un article paru dans La Revue de l’OFCE en janvier 2025, la transition énergétique, face au dérèglement climatique, pourrait coûter jusqu’à 200 milliards d’euros d’investissement jusqu’en 2050. Mais si l’État prend la décision de financer ce prix, par l’intermédiaire de la dette, il pourrait créer un solde net positif de plus de 58.000 emplois durables. Encore faut-il que les pouvoirs publics en aient la volonté.

    La dette sert l’avenir.Tout va dépendre du projet. En s’attaquant à un endettement comme on s’attaquerait au découvert d’un ménage, François Bayrou bloquait les perspectives de création de richesse et de développement.

    Une chose que rappelait Anne-Laure Kiechel, conseillère économique, dans la matinale de France Inter, le 11 septembre. « Le problème est qu’il n’y a pas de vision économique sur là où on veut amener la France, à cinq ans, à dix ans, à vingt ans, à trente ans… Il n’y a pas de plan qui dit : “On veut être leader dans tel secteur” et donc faire tel investissement. […] Si l’on veut remettre de l’ordre dans les finances publiques, il faut réallouer les choses de façon productive. Et on en a tout à fait les moyens. On raisonne de la mauvaise manière. Je déteste les raisonnements budgétaires. Pour moi, le budget doit suivre une logique économique. Il faut commencer par dire quel est votre projet de société. Ensuite, quel est votre projet économique en ligne avec votre projet de société. […] Et maintenant, comment vous financez ? Et c’est là qu’arrive le volet de la dette. Mais quand vous avez une cohérence, il n’y a absolument aucun sujet. »

     

     


    • Octave Lebel Octave Lebel 9 octobre 2025 12:47

      @Octave Lebel

      Qui donne à réfléchir.Notre pauvre pays, peut-être que cela commence à bien faire ? Et il y a tellement de choses à faire.

      https://image.over-blog.com/mcjAN4L6F45NapQnkgVpUy_dX8c=/filters:no_upscale()/image%2F0549186%2F20251004%2Fob_eaa88a_capture-d-ecran-2025-10-04-a-08-58.png


    • L'apostilleur L’apostilleur 9 octobre 2025 13:37

      @Octave Lebel
      « ..Quand l’État emprunte pour construire des routes, des infrastructures, des universités, des centres de recherche, des centrales d’électricité, quand l’État emprunte pour la transition énergétique, pour la transition écologique, pour la rénovation thermique des bâtiments, il n’y a pas à s’alarmer et à crier à la faillite.. »

      Voilà une belle brochette de dépenses que vous financez en taxant ?
      Vous serez crédible quand vous trouverez les moyens de produire des richesses .
      Votre leitmotiv devrait être le partage des bénéfices plutôt que les ponctions dissuasives.


    • Octave Lebel Octave Lebel 10 octobre 2025 11:33

      @L’apostilleur
      Vous n’avez pas compris ce qui est si facile à comprendre ou vous faites semblant.Si vraiment vous avez quelque chose à proposer ou expliquer, faites-le car je pense que nos lecteurs n’ont pas de mal à comprendre ni pourquoi cela vous dérange.


  • Francis Francis 9 octobre 2025 11:21

     Ce matin j’écoutais sur France Inter Clément Viktotovith parler de son livre intitulé Logocratie qui sort aujourd’hui :
     
    « Que se passe-t-il quand les discours du pouvoir cèdent à la déloyauté ? Quand les gouvernants ne cessent de mentir, sans jamais avoir à en payer le prix ? Quand la communication se permet de dire ce qui est faux, taire ce qui est vrai, et ne pas faire ce qui est dit ? Toutes les dérives deviennent possibles.
    « Ce livre démontre combien, loin d’avoir protégé la République française contre le déferlement mondial de la post-vérité, la présidence d’Emmanuel Macron l’y a au contraire précipitée. Il révèle comment la corruption du langage nous a plongés dans un exercice dévoyé de l’autorité, où les mots ne visent plus à éclairer le débat public, mais à l’empêcher.
    « Lorsque la parole officielle s’affranchit du réel, c’est la démocratie elle-même qui chancelle. Insidieusement, elle se pervertit en logocratie
    . »

     

    Frédéric Lordon  : «  Ce n’est plus un gouvernement : c’est une fanfare à fake-news. Tous les instrumentistes semblent bourrés, en tous cas cornent à tout va. Mais en fait sous la férule et dans la crainte du chef d’orchestre. Et, comme le veut cette forme renversée de cohérence désormais familière, le tout selon une partition attaquant les libertés au nom de la lutte contre « l’illibéralisme ». Nous en savons maintenant assez pour voir que la politique entière de Macron n’est qu’une gigantesque fake news. » .https://blog.mondediplo.net/2018-01-08-Macron-decodeur-en-chef https://blog.mondediplo.net/2018-01-08-Macron-decodeur-en-chef

     

     


    • chantecler chantecler 9 octobre 2025 11:57

      @Francis
      Merci !
      Tout juste !

      Ah , ce F. L. !!!

      NB  : sans arrêt j’ai des soucis avec mon PC : il bloque , il s’arrête , il ne répond plus et pourtant je soigne mes D.D : cleaners , arrêt redépart et pourtant mon serveur , ma box est quasi neuve etc etc ... !
      C’est pénible !

      Sans parler des anomalies ( censures , notations qui s’évaporent etc etc ...) sur ce site !

      Suis je le seul à ramer ?
      Sommes nous très « surveillés » en ces temps particuliers ?


    • chantecler chantecler 9 octobre 2025 15:51

      Toujours le même souci avec mon PC qui rame en permanence en direction de ce site ...
      Je n’en connais pas la raison : excès de connexions , embouteillage ?
      ca m’étonnerait !
      Décrochage W. ?

      Je vais donc fermer ma connexion car ça me saoule !


    • tonimarus45 9 octobre 2025 16:01

      @chantecler-Je ne sais si nous sommes surveilles nous les mals pensants ?? mais je viens de poster une reponse, a octave lebel, qui a mis « un certain temps ???? »«  » a etre examine, avant d’etre accepte ??????


  • chantecler chantecler 9 octobre 2025 16:11

    Si cela est , ça va au delà des « mal pensants » il s’agirait de prendre les températures de la population , d’épier ses communications net et tel ...

    Que savons nous des motivations réelles de nos « philanthropes »  ?


  • LeMerou 10 octobre 2025 05:54
    @Daniel MARTIN

    Bonjour, 

    Je ne sais pas sur quel fait vous basez cette affirmation.
    « Un pays devenu ingouvernable avec trois forces politiques, alors que la Constitution de la Ve République fut conçue pour deux, Gauche et Droite »

    Cette constitution ayant été établie en substance pour amener plus de « stabilité », mais aussi pour renforcer le « chef d’état », et sinon mettre un terme ou réduire les effets négatifs du régime des partis de IV ème dont les troubles sont connus. 

    Constitution établie aussi dans une période très particulière après guerre ne l’oublions pas et en pleine affaire Algérienne, époque ou il était nécessaire de mettre un peu « d’ordre » dans le Pays, étant entendu qu’à l’époque, le destin du Pays dans un monde sous influence, était une vision majeure dans le système politique que maintenant il me semble.

    Ce qui fut fait dans les débuts, grâce au charisme d’un homme avec ses bons cotés et ses mauvais aussi, personne n’étant parfait. L’importance d’avoir un chef, une personne qui dirige, qui préside aux destinées de la famille, du village, de la Province, du Pays est ancrée le collectif, cela se reflète toujours un peu dans le taux de votes par rapport aux autres scrutins. 

    D’un coté je vous rejoint un peu sur le principe de binarité des forces politiques de l’époque beaucoup plus évidentes qu’aujourd’hui, c’était un peu plus simple, ayant souvenir de d’immémorables discussions sur le fait d’être de gauche ou de droite, entre l’ouvrier et le patron pour simplifier une sorte de dualité éternelle, mais seulement dans le peuple, car dans le monde politique c’est bien différent. 

    Car les expériences vécues dans la V ème ont amenés nos « politiques » à modifier certaines choses afin qu’ils ne partagent pas le pouvoir, j’irais même jusqu’à dire, afin que le rôle de l’assemblée soit limitée à de la figuration sous le couvert de la démocratie au lieu d’une véritable représentativité populaire agissante.

     Il fallait mettre fin aux compromis et aux cohabitations, oeuvre des socialistes en 2000 avec l’acceptation de leur « ennemi » notons le. Il faut gouverner avec une majorité absolue.. Droite et Gauche, enfin « socialistes » et « républicains » s’étant bien entendu sur le fait. Alors ne nous étonnons pas de ce qui arrive de l’émergence progressives d’autres « forces » ou « courants » qu’ils n’ont pu contrer, sûr de leur textes de leur « droit ».

    Vous évoquez des « forces politiques » mais qu’est ce donc réellement ? Depuis des décennies la « politique » est devenue un job à part entière, ou la principale qualité requise est l’art oratoire un peu comme les camelots d’un marché, avec comme perspective de carrière l’accession au trône pour les plus gourmant ou au pouvoir pour les autres. 

    Les courants politiques, les partis politiques ont toujours existés, mais fort peu nombreux, raisonnablement dirons nous. 

    Imaginez qu’avant 1990 il n’y avait que 23 partis politiques (c’est déja beaucoup) en France, 652 de nos jours, c’est monstrueux et ce n’est pas signe de démocratie loin s’en faut. Tout cela fut rendu possible pour de très sombres raisons à mon sens, oeuvre que nous devons aux socialistes. S’en est suivi une explosion fantastique, aidée en cela par moult textes permettant à ces derniers de vivre aux crochets du Pays, sous des principes idéologiques trompeurs.
    Des textes machiavéliques ont étés promulgués pour tenter de mettre fin à cette gabegie, mais sans trop d’effets, car il ne faut pas non plus scier la branche sur laquelle ont est assis.

    652 partis politiques (ne pouvant vivre par leur seul adhérents, j’insiste), imaginez un instant les sombres tractations entre eux, à l’approche des échéances électorales, Imaginez ce que sont les « forces » en présence, les compromis de couloirs, ou autres lieux discrets, etc.. 

    Là, « ils » sont tous capables de s’entendre, mais « ils » en deviennent tous redevables les uns envers la autres. Ce qui amène aujourd’hui à des positions « tranchées » dont ont peut se demander ou est l’intérêt du Pays et de ses citoyens. 
    Car hors de question qu’une « constituante » d’une force politique aille voir ailleurs si l’herbe est plus verte. C’est perdre des voix et sa place peut être....

    Puis regardons le spectacle de nos « élus » à l’assemblée, dont la présence assez chèrement payée n’est pas constante, le vote par procuration étant une habitude. Ayant d’autres tâches bien plus importante que celle du Pays apparemment. Ca vocifère, ça s’insulte, ça discute entre eux, certains se prenant même en photo, ça joue sur son smartphone, ténors Parisien contre ténors provincial, etc, etc... Sincèrement, leur attitude est honteuse.

    La « politique » est désormais un petit monde, une caste d’entre soi qui s’agrandie au détriment du Pays. Nul doute que dans cette dernière les quelques nouveaux entrants, ont de vrais idéaux, sont convaincus des bienfaits des actions à faire, mais bien vite brisées par le ténors et sa bande....

    Et je n’ose même pas évoquer le cas de « l’Europe » dans tout ce cirque......

    Et la dette, le budget dans tout ça ? Et bien entre ce qu’il faut faire afin de ne pas décevoir son corps électoral, et ce qu’il est nécessaire de faire le choix est vite fait non ?

    Exemple, la réforme des retraites est vitale pour le Pays afin qu’il ne sombre pas que n’a t(on pas entendu, mais là et bien elle ne l’est plus tellement, il est possible que, etc, etc. Même la dictatrice, pardon l’initiatrice le dit. Faut dire aussi que 2027 approche à grand pas et d’ici là, il faut durer, conserver......
    De dissolution ? Point, que Nenni, nous ne sommes pas sûr de conserver nos sièges.....clament ils tous en choeur maintenant. Il faut de la « stabilité ». 


Réagir