jeudi 23 juin 2011 - par Marianne

Démondialisation, protectionnisme et sortie de l’euro

La "démondialisation" fait débat. Terme médiatisé par Arnaud Montebourg, ce néologisme mérite d'être défini et nuancé car recouvre plusieurs concepts, tels que protectionnisme (de quel type ?), sortie de l'Union européenne ou de l'Euro, relocalisation d'activités, recours à d'autres formes d'organisation économique ou entrepreneuriales,...

Or si les acteurs du débat entendent des concepts différents derrière ce mot, le débat est faussé, le conflit exacerbé, la discussion difficile. Ne mélangeons pas tout et apaisons ce débat, intéressant et indispensable dans la campagne présidentielle qui s'annonce !

Comme le disait récemment Jacques Attali invité par François Bayrou, « les deux questions clés de l'élection présidentielle porteront sur la vision du monde (et de l’Europe) et sur la vision de l'Etat » :

- comment résister aux forces de la mondialisation, au dumping monétaire, à une concurrence parfois jugée déloyale (dumping social et environnemental), avec ses conséquences sur les emplois (délocalisations) ?

- comment réguler la mondialisation, établir des règles acceptées de tous en matière d’accès aux ressources et de protection de l’environnement ? Comment interdire vraiment les paradis fiscaux et contrer les mafias internationales ? Au travers d’une gouvernance mondiale renforcée (et cependant démocratique) ou au travers d’un repli de la nation sur elle-même en fermant les frontières, en sortant de l’Europe, de l’Euro ?

- quel pouvoir reste à l’Etat ? Quelle prise a-t-il sur l’Europe, sur la mondialisation, sur la croissance économique, sur nos entreprises et nos emplois ?

En effet, les Français se rendent bien compte des conséquences de la mondialisation sur leurs emplois, par l’effet des délocalisations d’activités : depuis 1980, l’industrie française a détruit près de 2 millions d’emplois. Un document de Bercy estime que, entre 2000 et 2007, 63 % de ces destructions sont le fait de la concurrence internationale. Par exemple PSA et Renault n'ont produit que 29,7% de leurs automobiles sur le sol français en 2010 (...) » A noter que si Peugeot affiche 37,2% et Citroën 36,8% de véhicules assemblés en France, Renault dont l'état est toujours actionnaire n'en a produit que ... 26,4% ! (source : l'Auto Journal n°824 du 10 mars 2011).

Un sondage IFOP sur "Les Français et le protectionnisme" a été récemment publié sur le site "Pour un protectionnisme européen", réalisé à l’initiative d’un collectif qui fait la promotion du protectionnisme. Clairement, comme le résume cet article sur Agoravox, les Français approuvent à 65% le principe du protectionnisme, en tout cas sur les questions telles que posées.

Ces questions sont brûlantes et divisent les partis, au sein de la gauche (JL Mélenchon prône la sortie du traité de Lisbone, s’affranchir des règles européennes qui imposent aux politiques un carcan néolibéral, Arnaud Montebourg médiatise le concept de démondialisation ») et aussi au sein de la droite (Front National protectionniste à fond et pour une sortie de l’Euro et de l’UE, Nicolas Dupont-Aignan avec Debout la République aussi). Il semble que les lignes de clivage ne sont plus gauche-droite mais les anti-mondialisation et anti-euro face aux autres. Cependant, on trouve plusieurs nuances dans ces visions : « démondialisation » ne veut pas dire sortie de l’euro (Arnaud Montebourg ne va pas jusque-là) et peut signifier « relocalisation des activités, avec plus ou moins de dispositif protectionniste. De même le protectionnisme peut être très poussé et aveugle, avec une forte taxe dissuasive aux frontières, il peut être « éclairé » (terme de Maurice Allais), pour compenser une concurrence déloyale, par exemple le dumping monétaire de la Chine sur le Yuan, ou encore sociale ou environnementale si le pays ou la société exportatrice exploite ses travailleurs sans couverture sociale ou produit sans respect de normes environnementale. Dans ce cas, il faut savoir si on prône une telle taxe aux frontières de l’Europe sans pour autant sortir de l’Europe, ou aux frontières de la France. La question de l’euro (sortie de l’euro sans sortir forcément de l’UR) est aussi une autre question. Il ne faut donc pas tout mélanger !

Or les débats actuels, les invectives parfois violentes (comme récemment sur Mediapart avec Jacques Sapir, Pierre Khalfa et d’autres) ne permettent pas d’expliquer et différencier ces sujets, pour discuter dans un climat apaisé. Même Philipe Cohen dans Marianne2 interpelle François Bayrou, suite à son intervention sur France Inter lundi 20 juin 2011 :
« François Bayrou, réglait la question en un coup de cuillère à pot : la démondialisation, selon lui, ce n'est pas sérieux puisque seules l'extrême droite et l'extrême gauche en parlent. Bayrou, lui parle de régulation. Comme Nicolas Sarkozy. Comme François Hollande. Comme François Fillon. Comme Dominique de Villepin. Comme Jean-Louis Borloo. »

En fait François Bayrou avait dit :
« "La thèse de la démondialisation exposée par les deux extrêmes est un mensonge. La seule question que nous devons nous poser, c'est comment la France peut-elle continuer à produire ?' L’Allemagne montre qu’on peut parfaitement produire et exporter en étant un pays de la zone euro, et donc améliorer le niveau social du pays", a-t-il souligné. "Je plaide pour une France forte et productrice ! »

Mais il a parlé un peu trop vite en assimilant la « démondialisation » à la sortie de l’Euro et de l’Europe ... Car en fait le Mouvement Démocrate défend l’euro et alerte sur les dangers d’une sortie de l’euro, qui renchérirait tant notre dette (15 milliards d’euro en plus de déficit public annuel pour une hausse de 1 point du taux, donc pour une hausse de 3%, ce qui serait le cas, l’équivalent de la totalité de l’impôt sur le revenu !). Mais par ailleurs, le Mouvement Démocrate prônait déjà en 2009 dans sa campagne européenne la réciprocité équitable des échanges entre l’Europe et les pays émergents, notamment la Chine (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, par exemple pour obtenir des marchés de construction en Chine, ou pour acheter des entreprises chinoises) et une fiscalité équitable aux frontières de l’Europe en cas de dumping de pays ne respectant pas les normes internationales en matière sociale, sanitaire ou environnementale (ce que propose aussi maintenant le Parti Socialiste dans son projet pour 2012), de même s’il y a un dumping monétaire... Appliquer ainsi aux autres les règles que nous nous appliquons à nous-mêmes en Europe et en cas de non respect, justifier d’une interdiction ou d’une pénalité. Ce qui n’est pas du « protectionnisme » qui lui consiste à pénaliser les autres sans pour autant que l’on s’applique la pénalisation à soi-même.

De plus, la mise en place d’un droit de douane « social et environnemental » sur les pays ou sociétés ne respectant pas les normes européennes que nous nous appliquons à nous-mêmes, supposerait :

1- La mise en place d'une norme internationale de minimum social et environnemental

2- Une application de cette taxe à la frontière avec un certain discernement. Cette taxe doit être juste et ne taxer que les produits ou service ne respectant pas la règle. Donc pas une taxe unique sur tous les produits chinois (sauf si on ne tient compte que d’un dumping monétaire, ayant une estimation de la sous-évaluation de la monnaie).

3- La possibilité d'en vérifier le respect. Il faut des agences de rating social et environnemental ! Autant on peut l'imaginer pour des grosses sociétés cotées par exemple, dont il faudrait compléter le rating existant qui est focalisé sur la rentabilité et les risques dans un but boursier, autant c'est plus difficile pour les petites sociétés. Comment vérifier ? A quel coût ?

Pour parler d'une "humanisation de la mondialisation", il faudrait réserver cette taxe pour financer les deux points ci-haut et mettre le reste dans un fonds qui aiderait les pays dont on a importé la marchandise à améliorer sa protection sociale et environnementale. Ainsi, l'argent taxé serait vraiment destiné dans son but premier, qui est le respect de l'homme et de l'environnement, incitant le pays à appliquer la norme de protection pour éviter la taxe, au bénéfice de son peuple. Utiliser cette taxe pour simplement réduire notre déficit détournerait l'intérêt de l'objet initial et ne serait pas inscrit dans une démarche humaniste, mais démagogique.

En fait, au-delà de l’intérêt égoïste mais néanmoins légitime de la protection de nos emplois pour éviter les délocalisations, la grande question est celle-ci :

« Mettre sur un pied d’égalité le commerce, l’environnement et le social »

L’OMC ne devrait plus pouvoir décider des négociations sur le libre-échange et sur la concurrence sans le FMI (dumping monétaire), sans l’OIT (normes de protections sociales et du travail) et sans les instances internationales donnant les normes de protection de l’environnement (en attendant une véritable une agence internationale de l’environnement). De même pour l’Europe vis-à-vis de ses partenaires extérieurs.

C’est l’idée que défend le Comité Pauvreté et Politique (petit think-tank dont l'objet est de lutter contre la pauvreté et de remettre l'homme au centre), avec ses recommandations :

ð Mettre sur un pied d’égalité le droit du commerce international, le droit de l’environnement et le droit social,

ð Harmoniser entre elles les négociations internationales,

ð Promouvoir la justice sociale dans le nouvel ordre mondial.

Les toutes récentes déclarations de N.Sarkozy et de Ban-Ki-Moon vont dans ce sens. Mais il faut être plus précis et concret sur la manière de le faire. Et relier cette question internationale, qui a trait à la gouvernance mondiale, à la question de protection de notre économie locale, à la question du protectionnisme (et lequel ? Sous quelle forme) qu’il ne faut peut-être pas nommer protectionnisme s’il s’agit d’une régulation équitable du libre-échange.



14 réactions


  • LE CARDINAL 23 juin 2011 09:12

    intéressant de voir Goasguen, Gérin, Montebourg ...rejoindre Marine sur le fond.

    Il est une forme de protectionnisme qui devrait faire recette en France.

     Le gouvernement saoudien et de riches donateurs privés d’Arabie Saoudite, voulaient financer des mosquées en Norvège à hauteur de dizaines de millions d’euros. Légalement, ils en ont le droit ; conformément à la loi norvégienne il est permis aux pays étrangers de soutenir financièrement les communautés religieuses, mais vu l’importance de ces sommes, le gouvernement doit approuver le financement.
    Or, le ministère des Affaires étrangères vient non seulement de refuser d’approuver ce financement, mais il a également répondu au Centre islamique Tawfiiq, qu’il serait
    « paradoxal et contre nature d’accepter le financement venant d’un pays qui n’accepte pas la liberté religieuse . »
    Le ministre norvégien des Affaires étrangères Jonas Gahr Støre a déclaré au journal VG : « Nous aurions pu simplement dire non, le ministère n’approuve pas, mais nous avons profité de l’occasion pour ajouter que l’approbation serait paradoxale, tant que vouloir établir une communauté chrétienne en Arabie saoudite sera considéré comme un crime ».


  • Robert GIL ROBERT GIL 23 juin 2011 09:27

    La mise en concurrence est organisée par les industriels eux même qui
    délocalisent une partie de leur production et qui ensuite la mettent en concurrence
    avec celle restée dans leur pays d’origine. Tout cela pour le plus grand malheur des
    salariés du Sud comme du Nord et le plus grand bonheur des actionnaires. Pour le
    capital le développement des pays du Sud ne doit pas supprimer l’exploitation
    d’une main d’oeuvre bon marché, et doit continuer à faire pression sur les salaires
    des pays du nord. L’arnaque est parfaite, surtout que le monde ouvrier est loin
    d’être aussi uni que le monde des affaires !Lire ci-dessous :

    http://2ccr.unblog.fr/2011/02/02/concurrence-et-mondialisation/


    • LE CARDINAL 23 juin 2011 09:37

      tout à fait Robert, l’UMP et le PS sont responsables de cette situation.
      gauche et droite au service des actionnaires contre les ouvriers, employés, fonctionnaires, chômeurs...avec tout ce que cela signifie en matière de conditions de vie pour tous (santé, retraites, écoles...)
      le medef ne se trompe pas quand il soutient l’un et l’autre.

      par contre ici

    • yazan 23 juin 2011 16:16

      Il est clair que le programme économique du FN est une vraie lumière !!!!
      1 euro = 1 franc !!! MWAHAHAHAH
      Marine ne connait pas grand chose en économie et parités monétaire !
      M’enfin, ça passe comme une lettre à la poste, son électorat me semble assez ignard de manière générale !


    • LE CARDINAL 23 juin 2011 16:27

      quand on constate ou nous ont mené les économistes ... on se dit que... smiley

      c’est bien l’euro fort ???
      pourtant quand le dollar nous enfoncait c’était mal comme quand le franc remontait d’ailleurs et maintenant que l’euro est supérieur au dollar on nous dit que...

      on nous prendrait pas que des cons ? smiley


    • Robert GIL ROBERT GIL 23 juin 2011 16:47

      Par contre je pense qu’il est possible de rester dans l’euro et de creer en parrallele une monnaie alternative, voici une premiere approche, certe imparfaite mais qui a le merite de soulever la question :

      http://2ccr.unblog.fr/2011/03/13/une-monnaie-alternative-le-franc/


    • yazan 23 juin 2011 17:38

      vous voulez un cour d’économie ? OK, rapidement, des concepts simples :

      Euro fort = essence moins chère mais difficultés à l’export pour Airbus (qui parvient quand même à faire exploser son carnet de commandes au bourget, c’est donc que cela ne va pas si mal)

      Euro faible (ou sortie de l’Euro version FN)=essence très chère ainsi qu’encore plus de commandes pour airbus qui iront enrichir les actionnaires (c’est ni vous ni moi)

      OKOK, c’est très caricatural.... Mais ca répondra au moins à votre commentaire....

      Enfin, une monnaie forte, ce n’est pas que à propos de son cours sur les places internationales, c’est aussi sa puissance de frappe, sa crédibilité, son influence.... Un domaine où l’europe doit s’imposer par la création d’une vraie communauté de l’euro, démocratique, influente.... En ce domaine, tout en europe reste à faire.... (Ca va vous énerver, vous qui voulez retourner au moyen age du franc !)

      Le jour où le baril de pétrôle sera côté en Euros, que cela changera t-il à votre avis ? Il ne le serait bien sur jamais en francs ! Préférez vous le voir un jour en yuans ? Vous voulez isoler la france, mais n’avez toujours pas compris que seuls et isolés, nous ne sommes rien qu’une grosse merde qui chie dans son froc (SIC)


  • 23101925 23101925 23 juin 2011 11:05

    Promouvoir la justice sociale dans le nouvel ordre mondial.

    Cela sonne comme un oxymoron.


  • Furax Furax 23 juin 2011 11:45

    Attendez, on a assez rigolé !
    On nous roule dans la farine depuis Maastricht. Ce traité est passé d’extrême justesse en France sur la promesse que l’on se protègerait mieux ensemble, tous les états européens, que nos pauvres petites nations qui se débrouillaient si mal sous De Gaulle. On a compris...
    Je vous défie, à l’heure actuelle, d’obtenir un résultat positif à un référendum d’adhésion à l’UE dans le moindre pays de l’ UE.
    L’UE n’est soutenue que par les corrompus.
    Dehors !


    • yazan 23 juin 2011 16:14

      Pensez vous donc que c’était mieux avant l’Euro ? Demandez vous donc à quel moment la dette a commencé à exploser ? C’était bien avant Maastrich..... Les problèmes rencontrés par les pays européens sont un mouvement global de translation des« vieilles » économies vers des économies émergentes et donc plus rentables pour les milieux financiers.

      Alors plutôt que l’éternel « c’était mieux avant », soyez objectif, demandez vous ce qu’il en serait sans l’europe : essence à 3€ le litre ou désert économique pour cause de dévaluations successives, c’est au choix....

      Les dysfonctionnement de l’Europe peuvent être corrigés, c’est cela aller de l’avant. Notre problème est qu’on a voulu jouer dans la cour des grands sans s’en donner les moyens (une monnaie unique sans notion d’entité commune est une erreur). Une vraie gouvernance économique à l’échelle Européenne, dans un cadre démocratique bien sur, ne peut que nous servir, car l’europe constitue quand même la première économie du monde bordel !


    • Furax Furax 23 juin 2011 18:43

      Sans l’UE nous nous porterions aussi bien que la Suisse ou la Norvège. Des états même petits comme la Corée du Sud se portent à merveille
      L’argument du vote était la protection au niveau européen. On a défoncé les législations nationales pour les remplacer par... rien.
      La dette a commencé lorsque Pompidou a rendu obligatoire le passage de l’emprunt par les banques privées. Disposition bien sûr reprise par l’UE.
      Cette Europe se fait pour les banquiers et contre les peuples.
      J’en veux à Laurent Gbagbo. Lorsque les députés et sénateurs sont allés en congrès, contre le vote du peuple français, ratifier le traité de Lisbonne, il aurait dû envoyer l’aviation ivoirienne bombarder Paris La démocratie était bafouée.


    • Furax Furax 23 juin 2011 20:12

      Si l’euro vous va bien, tant mieux pour vous,si le profit comme seule ligne de conduite vous convient, grand bien vous fasse, si vous approuvez la mort des services publics, l’atome, le gaz, la distribution d’énergie ou d’eau ayant pour fonction de gaver des actionnaires, il faut de tout pour faire un monde...
      Ce que je demande, dans ce pays qui veut donner des leçons de démocratie à la terre entière, c’est qu’on demande son avis au PEUPLE FRANCAIS et de préférence que l’on respecte cet avis.
      C’est tout.


  • Le péripate Le péripate 23 juin 2011 16:08

    Bientôt chez les socialistes la décivilisation. 

    Cas spectaculaire d’une idéologie en pleine implosion.


  • BA 23 juin 2011 22:14

    Jeudi 23 juin 2011 :

    La réunion des ministres des Finances européens n’a pas du tout rassuré les investisseurs internationaux.

    Les taux des obligations d’Etat continuent à exploser.

     

    Portugal, Irlande, Grèce : des records historiques ont été battus aujourd’hui.

     

    Concernant ces trois Etats en faillite, les courbes des taux sont inversées !

     

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 14,392 %. Record historique battu.

    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 15,320 %. Record historique battu.

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 11,424 %. Record historique battu.

     

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

     

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 13,702 %. Record historique battu.

    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 15,162 %. Record historique battu.

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 11,788 %. Record historique battu.

     

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 28,636 %.

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 29,528 %.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 16,876 %.


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