lundi 30 novembre 2015 - par Elliot

Dépasser la peur

Le climat en France et plus généralement dans toute l'Europe de l'Ouest devient tout doucement irrespirable : comme si dans le miroir des psychopathogies des uns devaient se refléter les névroses des autres.

Des libertés sont sacrifiées sur l'autel de la lutte contre le terrorisme islamiste et il faut le comprendre, tout état ayant le droit de se défendre ( ça vaut aussi pour la Syrie n'en déplaise à d'aucuns ).

Plus fâcheux et contre-productif à long terme, l'opinion est insidieusement préparée au passage sémantique qui établira la synonymie entre islamiste et terroriste puis musulman.

 

Faut-il rappeler les Unes fracassantes de l'Express et du Point qui précédèrent de beaucoup les massacres de janvier à Charlie Hebdo et au supermarché casher et les atrocités de novembre ?

Elles confortaient ceux qui étaient déjà réceptifs à l'idée dans l'impression que l'arbre du radicalisme exalté cachait la forêt de la pratique apaisée de l'Islam.

Non qu'il y eût bien entendu de relation de cause à effet avec ces tristes événements mais ces Unes opportunistes s'inscrivaient déjà dans un climat de suspicion enveloppant une des composantes de la société française.

 

Là commence la trahison des clercs chargés de la défense des valeurs de la république et qui préparent les germes de l'amalgame qui risque de perturber longtemps le fonctionnement de la république.

Ces beaux esprits auront beau se récrier, dire qu'on les a mal compris mais, n'ayant pas pris les précautions d'usage, ils auront leur part de responsabilité dans la tempête qui s'annonce si l'on n'y prend garde.

 

Les réflexes claniques sont notre part d'animalité, il est naturel que l'on se regroupe en meute et seule l'accès à la culture et au relativisme qui lui est essentiel nous permet d'échapper à des réflexes venus du fond des âges.
En période de crise – et nous en vivons plusieurs qui sont culturelles, sécuritaires, politiques, économiques et sociales – l'instinct a tendance à commander le repli sur les siens, sur ceux qui nous ressemblent, qui participent à notre mode de vie hâtivement baptisé civilisation.

A cet égard je ne sais plus trop comment définir notre civilisation occidentale : certes, elle s'articule sur des valeurs et le substrat culturel d'un passé prestigieux mais faisandés par un consumérisme exacerbé, ce qui nous renvoie aux premiers temps de l'humanité quand l'essentiel de l'activité humaine tournait autour des moyens de subsistance et que les conflits visaient essentiellement à se les approprier.

Nil novi sub sole : son sous-sol explique les meurtriers soubresauts du Moyen-Orient.

 

Les troubles existentiels que nous connaissons actuellement ressemblent aux convulsions de l'accouchement d'un monde nouveau et la responsabilité des intellectuels et de tous ceux qui pèsent sur l'opinion consiste non pas à freiner le mouvement ou à propager l'illusion que l'on peut arrêter la roue de l'histoire, quel que soit par ailleurs le sentiment plein d'espoir ou d'appréhension que l'on ressent devant l'avenir mais à accompagner et à défricher autant que faire se peut les chemins du futur.

Je conçois parfaitement que l'on puisse avoir des craintes devant le changement, l'avenir recèle malheureusement toujours une part d'incertitudes et beaucoup de guerres et de malheurs eussent pu être évités si l'on avait su en mesurer à temps les conséquences.
Cependant ce que j'admets moins – pour autant que compte mon humble avis -, c'est que ces peurs puissent inhiber notre action au point que l'histoire se mette à bégayer et remette au goût du jour des modes de gouvernance que l'on croyait à jamais enfouis dans notre subconscient…

Il n'y a pas d'état d'urgence sans dérapages et la frontière est ténue entre angélisme et répression, entre surveillance active du territoire et exploitation indiscriminée du sentiment de méfiance entre citoyens.



10 réactions


  • bluerage 30 novembre 2015 18:56

    Padamalgam ? Amalgam pas glop pas glop, padamalgam glop glop, bravo, tout ça pour ça, pour nous expliquer qu’il faut continuer la politique de l’autruche jusqu’à la délivrance par la charia.

    Par contre je n’ai pas compris la citation latine Nil novi sub sole que vous semblez expliquer en parlant de conflits meurtriers au moyen âge dus au sous sol ????

    Et si vous essayiez cette traduction : Rien de neuf sous le soleil


  • Phoébée 30 novembre 2015 21:13

    Article provocateur, manipulateur et qui n’apporte rien au débat..... j’aurais honte *


  • Phoébée 30 novembre 2015 21:17

    J’aurais honte de tenter de manipuler des internautes qui par essence sont des esprits critiques.

    Mal à vous.


  • César Castique César Castique 30 novembre 2015 23:03

    « Là commence la trahison des clercs chargés de la défense des valeurs de la république et qui préparent les germes de l’amalgame qui risque de perturber longtemps le fonctionnement de la république. »


    Il faut tout de même savoir que les valeurs de la République française - quelles qu’elles soient - sont incompatibles avec l’Islam, qui place Allah au-dessus de toutes les institutions humaines (démocratie, lois, constitution, Chambres, gouvernement, etc.)

  • julius 1ER 1er décembre 2015 08:21

    Radicalisation de l’Islam ou Islamisation de la radicalisation c’est en ces termes que Y Moix a résumé le débat ...... c’est très intelligemment posé cette question et les réponses fusent plus vite que leur ombre .......

    les gros lourdingues qui sont légions sur Avox répondront par la 1ere sentence ... et vous aurez beau argumenter que les musulmans sont les premières victimes de cette dichotomie ..

    rien n’y fait l’amalgame entre musulmans, immigration, arabes est tellement connoté que le simple fait d’ aller l’encontre de cela, vous fait passer pour un complice .... le racisme s’est exacerbé et il faudra du temps pour revenir disons à une certaine normalité ....

  • Francis JL 1er décembre 2015 09:35

    ’’Radicalisation de l’Islam ou Islamisation de la radicalisation’’ ?


    Le corollaire du premier terme serait, pour paraphraser E. Todd, la zombification des musulmans, laissant ainsi la place à un islam radical.

    Dans le second terme, je vois la prophétie de Michel Audiard : ’’Ce ne sont pas les mécontents qui prendront le pouvoir mais ceux qui sauront tirer parti du mécontentement.’’

    Or, pour tirer parti du mécontentement, que vaut-il mieux faire ? Mécontenter le voisin ? Ou bien son propre peuple ? Je vous laisse deviner la réponse.



    • Francis JL 1er décembre 2015 11:53

      @JL,


      il n’y avait pas une réponse de philouie ici ?

    • philouie 1er décembre 2015 12:01

      @JL
      je ne pense pas.
      peut-être vouliez vous parler de celle-ci.


    • julius 1ER 1er décembre 2015 18:41

      @JL


      Audiart était aussi un visionnaire à sa manière, mais la formule de Moix est très bonne !!!

      surtout cette expression« Islamisation de la radicalisation » la formule est complètement juste et recoupe bien ce qui se passe cad changer la peinture d’un véhicule pas pour qu’il aille plus vite mais juste pour qu’il soit bien regardé et pas ringardé ... 

    • Francis JL 1er décembre 2015 18:57

      @ Julius1ER,


      ’’ ce qui se passe cad changer la peinture d’un véhicule pas pour qu’il aille plus vite mais juste pour qu’il soit bien regardé et pas ringardé ... ’’

      Je crois que c’est plus que ça : il s’agit de récupération de la radicalisation, par les islamistes.

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