vendredi 31 octobre 2008 - par
« L’invention de la dépression » : épidémie du mal... ou du mot ?
Le psychanalyste Joël Bernat fait remarquer à juste titre que « le succès foudroyant de la dépression devrait faire terriblement question : car à peine la notion inventée, l’épidémie (diagnostique) est foudroyante. Mais épidémie du mal - ou du mot ? », s’interroge-t-il.
Car le mal, lui, n’a rien de nouveau. Si le terme de « dépression » naît bien en 1970, ses signes, eux, sont vieux comme le monde. Il est évident qu’avant 1970, la « dépression » était un état décelable chez tout individu et dans toute pathologie sans être l’apanage d’aucune en particulier, ni en elle-même une pathologie bien définie.
Alors pourquoi cette date ?
Pour Joël Bernat, elle marque « une lente évolution qui, aux États-Unis entre 1960 et 1980, fut marquée par une sorte de retournement : le passage d’un temps où des signes cliniques étaient relevés et rassemblés en entités, suivi d’une quête de traitements adaptés… à une approche inverse, où c’est le médicament (la molécule) existant et ses effets qui créent une nouvelle clinique, et qui défait ainsi obligatoirement les entités précédemment construites (…) Un mauvais esprit dirait ainsi que les humeurs ou les affects deviennent peu à peu des maladies mentales... en fonction des progrès de la pharmacopée ? »
Hippocrate l’a dit en son temps : « c’est en définitive le traitement qui révèle la nature des maladies ».
La nature des maladies… et la mutation des valeurs où l’homme sain n’est plus un homme qui jouit seulement du « silence de ses organes », mais un surhomme débarrassé, grâce à la toute-puissance de la chimie, de l’entrave improductive de ses affects et humeurs.
« Nous assistons à une curieuse distribution : si le progrès est accordé au monde (surtout technologique), le déclin semble s’adresser de plus en plus à l’humain. Ainsi, l’on passe d’une vision de l’être comme fragile et vulnérable face au monde ou face aux dieux à une vision idéale de l’être comme surhomme, toujours performant, et donc menacé de faillite, celle-ci étant désormais considérée comme maladie... »
Le déprimé, symptôme du mal de sa société
Mais n’est-ce pas plutôt notre modèle de société qui est malade, avec pour signes cliniques patents une éruption massive de dépressifs, comme autant de trous noirs sur le visage vérolé d’un capitalisme qui voudrait faire bonne figure, sinon peau neuve ?
« Ce signifiant majeur du malaise contemporain – "dépression" – est le paradigme de la capture de la santé mentale des individus par l’économie dite libérale. On le sait, c’est l’industrie pharmaceutique qui en soutient la "pertinence" (…) La découverte de la chimie antidépressive a créé de toute pièce une entité clinique dans un but strictement mercantile : vous êtes dépressif ! Consommez ! L’ordonnance médicale devient un ordre ! » ( Roland Chemama : Dépression, la grande névrose contemporaine, Editions Erès).
L’inflation, l’épidémie de dépression permet de faire passer par chacun la pilule amère d’un monde qui lui n’est pas près d’aller se faire soigner. Et c’est bien connu : plus on est de fous et de dépressifs, plus on rit, plus on est brossés dans le sens prozacien du poil à gratter. Car il est évident que plus le diagnostic de dépression sera posé et accepté, que plus seront pointés comme « problème majeur de santé publique » et « mal du siècle » ce qui est avant tout un symptôme endémique de désabonnement aux agapes de notre société moderne de consommation, plus il y aura de gens pour se dire « dépressifs », soulagés, à défaut de pouvoir être guéris, de mettre enfin un mot providentiel, promu au noble rang de pathologie occidentale sur leur mal-être singulier... dans une civilisation qui exclut tout sujet qui ne se plie pas au jeu de ses valeurs de réussite, de forme, de bien-être, de plaisir et de jouissance en kit.
Le déprimé menace ainsi l’idéal consumériste et social. Une sorte de krach personnel à la bourse de tous les paris, de descente en flèche des actions. Liquidation totale du Moi. Je néant vide rien. Le dépressif ne travaille plus, ne consomme plus, ne désire plus... Il dit « pouce » quand on voudrait le pousser : à travailler plus, à gagner plus, à consommer plus… Il ne joue plus le jeu des mises à l’épreuve et évaluations incessantes, et refuse d’attraper le pompon d’hypothétiques gratifications : il se dé-prime littéralement.
« Les pratiques managériales banalisent la multiplication d’exigences contradictoires et de messages paradoxaux dans le monde du travail. Par exemple, faire toujours plus et mieux avec toujours moins. Dans ce contexte, le sens de l’action se perd dans l’hyper activisme, l’énergie psychique dans la dépression, le temps de la vie dans l’urgence, les solidarités collectives dans l’individualisme exacerbé, la quête de l’excellence dans la production de l’exclusion. Au nom de la flexibilité, de la performance, de la modernisation, on voit se généraliser le "harcèlement social" qui met l’ensemble des travailleurs, cadres et non-cadres, sous pression. Emergent alors des pathologies diverses liées au stress comme la dépression… » (Vincent de Gaulejac, conférence « violences innocentes et souffrance au travail »)
Comment notre société pourrait-elle aimer ses déprimés ? Comment pourrait-elle les valoriser ? Comment ne pourrait-elle pas avoir pour intention de stigmatiser comme « vrais malades » de tels peine-à-jouir ? Et ce, même si en ces temps de crise, il est devenu de bon ton de s’émouvoir du fameux « moral des ménages ». On nous fait ainsi croire, dans un joli tour de passe-passe capitalo-capituliste, que la dépression est la conséquence d’un manque d’objet, quand à y regarder de plus près elle apparaît davantage comme un manque de manque. La « crise » nous sera bientôt vendue comme n’importe quel bien, avec valorisation du radin, retour en force du système D, des produits super-économiques, car la crise a son marché, le dit « bon marché », et nous verrons bientôt plus que jamais dans les publicités des couples déprimés et criblés de dettes sur fond gris se réjouir de telle bonne affaire ou s’enthousiasmer d’un départ ivre vers l’amer. La survie sociale deviendra divertissement et les déprimés débrouillards nos grands zéros modernes. Marchandisation parfaite d’un état d’âme négatif, qui devient alors complice de ce qu’il se tue littéralement à refuser : l’avatar, le voile de l’objet sur l’inassouvissable du désir.
Dépression : maladie ou « malaise dans la civilisation » de l’homme moderne ?
340 millions de personnes dans le monde, dont 3 millions de Français, souffriraient de dépression. Au-delà de la réalité du mal, voilà bien un mot fourre-tout, un mot en promo pour le panier psy de la ménagère de moins de 50 balais – la plus touchée. Exit les vieilles névroses freudiennes, le blues de papa et la neurasthénie du XIXe : la dépression s’impose comme l’un des « maux/mots » les plus à la mode du moment… Attention à l’intox sémantique !
Il y aurait dix fois plus de personnes dépressives aujourd’hui qu’en 1970, deux fois plus de femmes que d’hommes et une majorité de « jeunes » (moins de 45 ans). La dépression serait actuellement la quatrième cause mondiale d’invalidité et obtiendrait même, dans les pays développés, la médaille d’argent tout de suite après les maladies cardiaques et juste avant les atteintes cérébrales vasculaires. D’après l’INPES (l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé), 19 % des Français de 15 à 75 ans - soit près de 9 millions de personnes - ont vécu ou vivront une dépression au cours de leur vie. La dépression pousse donc comme un champignon dans un monde qui appuie à fond dessus, et qui pousse un peu trop le bouchon… de l’arme de destruction chimique contre nos coups d’états d’âmes qui résistent.
« L’invention de la dépression » : épidémie du mal... ou du mot ?
Le psychanalyste Joël Bernat fait remarquer à juste titre que « le succès foudroyant de la dépression devrait faire terriblement question : car à peine la notion inventée, l’épidémie (diagnostique) est foudroyante. Mais épidémie du mal - ou du mot ? », s’interroge-t-il.
Car le mal, lui, n’a rien de nouveau. Si le terme de « dépression » naît bien en 1970, ses signes, eux, sont vieux comme le monde. Il est évident qu’avant 1970, la « dépression » était un état décelable chez tout individu et dans toute pathologie sans être l’apanage d’aucune en particulier, ni en elle-même une pathologie bien définie.
Alors pourquoi cette date ?
Pour Joël Bernat, elle marque « une lente évolution qui, aux États-Unis entre 1960 et 1980, fut marquée par une sorte de retournement : le passage d’un temps où des signes cliniques étaient relevés et rassemblés en entités, suivi d’une quête de traitements adaptés… à une approche inverse, où c’est le médicament (la molécule) existant et ses effets qui créent une nouvelle clinique, et qui défait ainsi obligatoirement les entités précédemment construites (…) Un mauvais esprit dirait ainsi que les humeurs ou les affects deviennent peu à peu des maladies mentales... en fonction des progrès de la pharmacopée ? »
Hippocrate l’a dit en son temps : « c’est en définitive le traitement qui révèle la nature des maladies ».
La nature des maladies… et la mutation des valeurs où l’homme sain n’est plus un homme qui jouit seulement du « silence de ses organes », mais un surhomme débarrassé, grâce à la toute-puissance de la chimie, de l’entrave improductive de ses affects et humeurs.
« Nous assistons à une curieuse distribution : si le progrès est accordé au monde (surtout technologique), le déclin semble s’adresser de plus en plus à l’humain. Ainsi, l’on passe d’une vision de l’être comme fragile et vulnérable face au monde ou face aux dieux à une vision idéale de l’être comme surhomme, toujours performant, et donc menacé de faillite, celle-ci étant désormais considérée comme maladie... »
Le déprimé, symptôme du mal de sa société
Mais n’est-ce pas plutôt notre modèle de société qui est malade, avec pour signes cliniques patents une éruption massive de dépressifs, comme autant de trous noirs sur le visage vérolé d’un capitalisme qui voudrait faire bonne figure, sinon peau neuve ?
Plus qu’une maladie, la dépression et son juteux marché ne constituent-ils pas un traitement stratégique du malaise social et une gestion de ses symptômes par ceux-là mêmes qui en injectent les toxines ? La clinique individuelle apparaît ici inséparable de la clinique sociale, et restera inefficace tant que cette dernière ne sera pas politiquement opérée. Plus qu’il n’a des symptômes, le déprimé est lui-même le symptôme d’un lien social particulier, disloqué, d’un lien social moribond que la prise en charge thérapeutique s’obstine à museler via une prescription massive d’antidépresseurs. Oui, bien plus qu’une "maladie", la dépression s’avère d’abord une invention sémantique bien commode pour loger le malaise dans la civilisation et l’abrutir plutôt que d’entendre ce qu’il a à nous dire.
« Ce signifiant majeur du malaise contemporain – "dépression" – est le paradigme de la capture de la santé mentale des individus par l’économie dite libérale. On le sait, c’est l’industrie pharmaceutique qui en soutient la "pertinence" (…) La découverte de la chimie antidépressive a créé de toute pièce une entité clinique dans un but strictement mercantile : vous êtes dépressif ! Consommez ! L’ordonnance médicale devient un ordre ! » ( Roland Chemama : Dépression, la grande névrose contemporaine, Editions Erès).
L’inflation, l’épidémie de dépression permet de faire passer par chacun la pilule amère d’un monde qui lui n’est pas près d’aller se faire soigner. Et c’est bien connu : plus on est de fous et de dépressifs, plus on rit, plus on est brossés dans le sens prozacien du poil à gratter. Car il est évident que plus le diagnostic de dépression sera posé et accepté, que plus seront pointés comme « problème majeur de santé publique » et « mal du siècle » ce qui est avant tout un symptôme endémique de désabonnement aux agapes de notre société moderne de consommation, plus il y aura de gens pour se dire « dépressifs », soulagés, à défaut de pouvoir être guéris, de mettre enfin un mot providentiel, promu au noble rang de pathologie occidentale sur leur mal-être singulier... dans une civilisation qui exclut tout sujet qui ne se plie pas au jeu de ses valeurs de réussite, de forme, de bien-être, de plaisir et de jouissance en kit.
Le déprimé menace ainsi l’idéal consumériste et social. Une sorte de krach personnel à la bourse de tous les paris, de descente en flèche des actions. Liquidation totale du Moi. Je néant vide rien. Le dépressif ne travaille plus, ne consomme plus, ne désire plus... Il dit « pouce » quand on voudrait le pousser : à travailler plus, à gagner plus, à consommer plus… Il ne joue plus le jeu des mises à l’épreuve et évaluations incessantes, et refuse d’attraper le pompon d’hypothétiques gratifications : il se dé-prime littéralement.
« Les pratiques managériales banalisent la multiplication d’exigences contradictoires et de messages paradoxaux dans le monde du travail. Par exemple, faire toujours plus et mieux avec toujours moins. Dans ce contexte, le sens de l’action se perd dans l’hyper activisme, l’énergie psychique dans la dépression, le temps de la vie dans l’urgence, les solidarités collectives dans l’individualisme exacerbé, la quête de l’excellence dans la production de l’exclusion. Au nom de la flexibilité, de la performance, de la modernisation, on voit se généraliser le "harcèlement social" qui met l’ensemble des travailleurs, cadres et non-cadres, sous pression. Emergent alors des pathologies diverses liées au stress comme la dépression… » (Vincent de Gaulejac, conférence « violences innocentes et souffrance au travail »)
Comment notre société pourrait-elle aimer ses déprimés ? Comment pourrait-elle les valoriser ? Comment ne pourrait-elle pas avoir pour intention de stigmatiser comme « vrais malades » de tels peine-à-jouir ? Et ce, même si en ces temps de crise, il est devenu de bon ton de s’émouvoir du fameux « moral des ménages ». On nous fait ainsi croire, dans un joli tour de passe-passe capitalo-capituliste, que la dépression est la conséquence d’un manque d’objet, quand à y regarder de plus près elle apparaît davantage comme un manque de manque. La « crise » nous sera bientôt vendue comme n’importe quel bien, avec valorisation du radin, retour en force du système D, des produits super-économiques, car la crise a son marché, le dit « bon marché », et nous verrons bientôt plus que jamais dans les publicités des couples déprimés et criblés de dettes sur fond gris se réjouir de telle bonne affaire ou s’enthousiasmer d’un départ ivre vers l’amer. La survie sociale deviendra divertissement et les déprimés débrouillards nos grands zéros modernes. Marchandisation parfaite d’un état d’âme négatif, qui devient alors complice de ce qu’il se tue littéralement à refuser : l’avatar, le voile de l’objet sur l’inassouvissable du désir.
Des poches de résistance sous les yeux…
En ce sens, la dépression pourrait bel et bien être au fond, et quoique sans la participation consciente de ceux qu’elle affecte, une forme singulière et paradoxale de résistance, un refus de fonctionner, un coup d’état d’âme contre la tyrannie sociale de la réussite, une faim de non-recevoir opposée au gavage.
Certes, ce n’est pas par volonté ou militantisme que le déprimé « résiste » et se retire ainsi des « je » qui sont déjà faits, mais qu’il ne soit pas dans l’action ne veut pas dire pour autant qu’il ne soit pas – malgré lui – dans l’acte subversif. Sonné et trébuché, il n’a plus rien de sonnant et trébuchant. Dans une abstention désespérée, martyr de l’injonction de réussir, tel un boulimique du rien qui lui fait défaut, il fait émerger, en négatif, un désir « autre » contre un jouir formaté. Boudant la table trop bien dressée à le sustenter, il s’installe au banquet de famine, à la fontaine de soif et carbure à la drogue dure du rien. Encore, il veut encore plus de moins contre ce trop de tout qui le sature. Plus rien ne vaut sa peine. Et c’est le vide enfin, ce vide dont la nature capitaliste a tant horreur, condition pourtant nécessaire de l’émergence – toujours angoissante – d’un désir à soi et plus radicalement : désir de désirer… sans savoir à l’avance qui, quoi ni pourquoi.
Or, là est bien le ressort de la promesse capitaliste : pour éviter que chacun n’affronte la béance de sa propre existence, elle fait comme on dit les questions et les réponses. Son offre au fond, derrière chaque produit : permettre à chacun de faire l’économie de sa propre question, de son désir singulier, et donc de son manque fondamental, structurel, de ce manque qu’aucun objet, aussi sur-mesure s’annonce-t-il, ne saurait combler. Le « dépressif » jette ainsi l’éponge de la jouissance des biens et fait la grève du bonheur consumériste formaté. Il ne sait plus où est son désir à lui parmi tous ces désirs prêt-à-porter qu’on voudrait lui voir enfiler. Tant de choses à se mettre et si peu à se m’être, du côté de l’essence de ce qui le ferait s’élancer et non plus marcher. Car vivre, n’est-ce pas au fond moins courir « à » sa perte qu’avec ?
« Ce qui est vrai, c’est que le sujet dépressif va dire son inaptitude, son incompétence, son incapacité, dans le registre que le social permet aujourd’hui... La clinique individuelle répond à la clinique sociale... C’est bien, le plus souvent, pour répondre à une pathologie sociale que le sujet se remparde d’un symptôme individuel. Mais, en même temps, il ne peut dire ses propres difficultés que dans le langage des discours dominants, seraient-ils eux-mêmes pathologiques » (Roland Chemama).
« Deux mois pour tout gagner et ne rien perdre », promettait jadis une banque très populaire. Or, chacun sent confusément qu’il lui faut perdre quelque chose pour y gagner d’un côté non matériel. Ce n’est pas un problème de dépression, la « panne » à vivre en ce monde n’est pas pathologique : nous sommes tous, vivants, des dépressifs en (im)puissance. Devant la profusion écœurante des réponses pré-mâchées qui étouffent la question, il y a toujours du désir en souffrance.
Et c’est bien ce désir en souffrance qui insiste encore et toujours dans l’état dépressif, la plupart du temps rebelle à tout traitement. Chasseur de dé-prime moderne, le psystème a beau traquer le desperado désespéré moderne et le mettre sous Prozac, ça ne suffit pas à relancer la machine à jouir. Il ne s’agit pas là de se réjouir des limites de la lutte antidépression, évidemment, ni de nier les coordonnées singulières du mal-être propre à chaque sujet, indépendamment de l’environnement qui le "coconstitue", mais de souligner la charge subversive, l’aspiration étouffée, le message irréductible à une terminologie généraliste et opportuniste que véhiculent paradoxalement les traits dits « dépressifs ».
Le marché des antidépresseurs est immense (au moins 10 milliards d’euros par an) et, pourtant, s’ils améliorent provisoirement l’état des patients dans environ 70 % des cas, ils ne « guérissent » que 30 % d’entre eux. Réprimer chimiquement le symptôme échoue donc à faire entrer l’errant dans le rang. Il dépasse et continue à témoigner dans l’ombre de sa réclusion personnelle, comme le célèbre portrait de Dorian Gray, des turpitudes blanchies de son modèle de société.

