Des états généraux du burn out organisés par ceux qui ont légalisé le temps de travail sans limites
Mercredi 11 mars à Paris, le Cercle Ramadier et son président Jean Le Garrec invitent à des états généraux du burn out ... syndrome d’épuisement qui menace 3 millions de salariés en France, selon une étude du cabinet Technologia
Les cadres du privé et du public, même s’ils ne sont pas les seuls, sont les plus nombreux à être menacés par le burn out, à cause de temps de travail excessifs et quasiment sans autre limite que celle de leur épuisement physique ou psychique.
Comment se fait-il que le temps de travail sans limites soit possible et même légal au pays des 35 heures ? Ironie de l’histoire et surtout puissance des lobbys patronaux, c’est justement la loi Aubry dite des 35 heures qui a légalisé le contrat de travail en jours. Or, le contrat de travail en jours fait inéluctablement passer le salarié d’une obligation de moyens (faire de son mieux pendant un temps de travail défini) à une quasi obligation de résultats (des objectifs à atteindre). Or, lorsqu’il y a obligation de résultats, l’individu doit faire comme il peut pour tenter d’atteindre les objectifs qui lui sont fixés.
Tout salarié ayant signé un contrat de travail en jours devient donc, de fait, comme un libéral (médecins, architectes, agriculteurs, avocats, commerçants, artisans et tous les auto-entrepreneurs) totalement « libre » de travailler 60 ou 70 heures par semaine. Avec l’énorme différence qu’un libéral gagne généralement 50% de plus s’il travaille 60 heures au lieu de 40 heures, alors que le salarié avec un contrat de travail en jours n’aura quasiment aucune majoration. C’est d’ailleurs uniquement pour cela que le contrat de travail en jours a été créé. Le principe même du contrat de travail en jours est donc bien une escroquerie quasiment impossible à encadrer.
Historique et explications dans Près de 3 millions de salariés corvéables à merci, à cause du contrat de travail en jours
Or qui était l’un des plus ardents défenseurs du contrat de travail en jours, en tant que rapporteur de la 2nde loi Aubry ? C’est ce même Jean Le Garrec, aujourd’hui président du Cercle Ramadier, celui qui organise le 11 mars les états généraux du burn out ! Ironie de l’histoire ? Inconséquence et incompétences des députés socialistes en matière de droit du travail parce qu’ils n’ont jamais travaillé dans une entreprise ? Au fait, combien parmi les 12 intervenants à ces états généraux du burn out ont eu à subir le temps de travail sans limites lié à un contrat de travail en jours ?
Et si l’on instaurait enfin une règle de bon sens pour tous les colloques, forums, journées d’étude et autres états généraux : au minimum 50% des intervenants à la tribune doivent être des personnes qui subissent ou ont eu à subir les conséquences du problème objet du colloque ?

