Des tueries qui auraient pu être évitées ?
« Des doutes ont été exprimés mercredi sur l'efficacité de la lutte contre le radicalisme islamiste en France après que la police eut identifié comme principal suspect des tueries qui ont fait sept morts un homme connu pour son parcours.
Se réclamant d'Al Qaïda et déjà détenu en Afghanistan pour des attentats à la bombe à Kandahar, ce Français d'origine algérienne de 24 ans était selon le ministre de l'Intérieur Claude Guéant sous surveillance de la Direction centrale du renseignement intérieur "depuis plusieurs années", notamment à la suite à deux séjours en Afghanistan et au Pakistan.
Mohamed Merah, assiégé par la police dans un immeuble où il s'est retranché dans la nuit de mardi à mercredi, était par ailleurs en possession d'un véritable arsenal, dont une kalachnikov, une mitraillette Uzi et plusieurs armes de poing. La police a en outre saisi mercredi sur ses indications une voiture "remplie d'armes" selon une source policière. Mais il n'y avait "aucun élément de nature à penser qu'il préparait une action criminelle", a estimé Claude Guéant. »
Ce texte est la copie dune dépêche de l’agence de presse Reuters publiée vers 15 heures mercredi 21 mars sur Yahoo, à l’instar de toutes les autres agences et médias traitant l’information heure par heure sur la traque de l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban.
A la lecture de ces lignes et surtout celle des propos du ministre de l’Intérieur puis du Président de la République et François Hollande, qui dans un bel ensemble devaient féliciter la dextérité et la rapidité de la police, les bras m’en sont tombés de mauvaise surprise et je n’ai pu retenir un cri de rage.
Comment l’une des polices qui est parait-il l’une des mieux équipées et les plus compétentes dans la lutte contre le terrorisme, et contre d’éventuels terroristes, a pu se désintéresser ainsi pendant des années d’un homme dont elle connaissait le parcours et surtout le passé « d’extrémiste radical » ?
On devait en effet apprendre dans la journée que le meurtrier de Toulouse et Montauban avait été emprisonné en Afghanistan pour des faits de terrorisme. Plus grave encore, selon une indiscrétion policière, Mohamed Merah avait était une piste étudiée par les enquêteurs, sitôt après le premier meurtre de Toulouse, celui d’un légionnaire en civil ayant répondu à une petite annonce. N’en déplaise à M. Guéant une telle faute professionnelle mériterait un blâme plutôt que des félicitations empressées des deux principaux candidats à la prochaine Présidence française, dont l’un avait dirigé pendant longtemps tous les services de police de Navarre.
Il a fallu que trois enfants et un adulte paient de leur vie pour que l’enquête des spécialistes soit activée. Car même la tuerie des parachutistes qui avait suivi le premier assassinat de Toulouse, n’avait pas fait avancer, apparemment, d’un iota les investigations des forces de l’ordre toulousaines.
Et comme, hélas, les dernières victimes innocentes étaient d’une confession religieuse politiquement « ultra sensible » en France, tout comme celle d’ailleurs du coupable, la police du pays, qu’elle soit secrète ou pas, ainsi que notre actuel Président-Candidat qui s’était toujours présenté – et continue de le faire – comme un champion de « l’ordre républicain », devraient se faire très modestes. Ils ont, en pleine campagne électorale majeure, failli enflammer un peu plus la nation dans cette monstrueuse guerre des « communautés » qui l’agite depuis trop d’années. Si ce n’est déjà fait à voir déjà bouger et râler une fois encore, dans les rangs de certains partis tricolores, xénophobes et racistes.

