lundi 20 juillet - par Jules Seyes

Désir de nous protéger ou impuissance sélective ?

DSA, rapports, nos gouvernants multiplient les mesures pour protéger le malheureux citoyen des ravages des réseaux sociaux. Merci de leurs bonnes intentions n’est-ce pas ?

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Pourtant, cette bienveillance possède un angle mort. Curieusement, quelles mesures sont prises pour protéger les citoyens des publicités toutes plus alléchantes les unes que les autres ?

Vous savez ces produits miracles : des lunettes gérées par IA au karcher capable de découper un tronc comme un rayon laser, vous avez sans doute vu ces publicités, par exemple très présentes sur You Tube ou Facebook pour ne citer qu’eux, même s’il faut se garder de citer trop de noms, car ces tunnels publicitaires sont largement présents sur maintes plateformes.

 

Quel est le modèle ?

Comprendre le danger exige de comprendre le modèle économique. Par exemple, les publicités de taï-chi qui promettent de perdre le ventre à bière en quelques semaines pour retrouver une silhouette qui fera rêver ces dames semblent offertes par une société qui propose son application pour faire des exercices.

Jusqu’ici, rien d’illégal ou de dommageable. Vous accédez à une application censée vous aider à faire du sport. Bon, évidemment, le seul de mes voisins qui ait récupéré la silhouette promise par ces publicités ne fait pas de sport. Il est actif dans sa maison et passe ses journées à me faire honte par son activité débordante.

Pour les autres, ils ont gardé leur ventre à bière, et j’imagine que si ces programmes fonctionnaient nous assisterions à des rémissions remarquables. En réalité, si ces applications vendues sur l'App Store d'Apple ou le Google Play Store sont facturées à un prix d’une vingtaine d’Euros par mois, les fournisseurs s’efforcent d’éviter ces magasins trop sécurisés, car un remboursement est possible.

Via les publicités, vous arrivez sur leurs sites propres et là, le modèle change :

En première étape, le site web vous propose un produit d'appel très bon marché (un essai à 1 €, 7 € ou 9,99 € pour obtenir votre "programme personnalisé").

Trop beau pour être vrai ? La suite est moins reluisante, car une fois que vous validez cet essai avec votre carte bancaire ou votre compte PayPal, l'engrenage des coûts cachés se déclenche et le piège se referme en deux clics : un essai à un euro qui se transforme, par la magie de boutons conçus pour être cliqués par mégarde, en cascades d'options surtaxées et en abonnements mensuels à trois chiffres.

Le renouvellement automatique "Surprise" : À la fin de la période d'essai (qui dure parfois seulement une semaine), l'abonnement bascule automatiquement sur un rythme de facturation supérieur. De très nombreux utilisateurs signalent des prélèvements automatiques et successifs allant de 49,95 €, 99,95 € jusqu'à 136 €.

L'enjeu de cette grille tarifaire mouvante est de maximiser le panier d'achat initial. L'entreprise sait qu'une partie des utilisateurs va demander un remboursement ou bloquer sa carte. Le but est donc de prélever le maximum d'argent possible (souvent plus de 100 € au total) dès les premières 24 heures en cumulant l'essai, le plan de repas et les options de coaching facturées d'office.

Une fois l’argent parti à l’étranger, bonne chance pour vous faire rembourser.

 

On le constate, il s’agit d’un modèle économique particulièrement pervers, proche d’une main dans votre portefeuille qui vit de la faiblesse d’une population biberonnée à la solitude et à l’exigence d’un corps parfait.

Évidemment, les plateformes s’en lavent les mains, puisque sur leur site, il ne se passe rien de répréhensible. Reste l’État chargé de protéger le citoyen et de lutter contre les publicités mensongères, mais, confrontés à des entreprises étrangères basées dans des pays à législation complexe, la DGCCRF cale.

Elle se concentre sur les fraudes qui mettent en danger la santé publique (faux médicaments, fausses médecines) ou les arnaques financières massives (crypto-monnaies, faux livrets d'épargne) où des gens perdent des dizaines de milliers d'euros.

Difficile de renier ces priorités qui sacrifient ce public coupable d’avoir accepté les conditions générales de vente. Après tout, il a bien reçu une application, certes incapable de réaliser les promesses de la publicité, mais réelle. À lui de faire du sport !

 

Vu ainsi, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, comme le disait Voltaire dans sa célèbre parodie de Leibniz.

Hélas, l’argument du manque de ressource de l’État est irrecevable. La législature actuelle, les services de l’État trouvent le temps de nous imposer des QR codes, d’exiger des cartes d’identité des citoyens pour accéder aux réseaux sociaux et de traiter le contribuable comme un délinquant. On admire ces trésors d'énergie déployés pour contrôler le citoyen, mais, pourquoi demeure-t-il imperturbable face aux infrastructures financières prédatrices qui le dépouillent ?

Enfin, l’État, entendons-nous bien : il n’existe pas d’État ! Il existe des politiques, des décideurs d’administrations centrales, qui par idéologie ont choisi de concentrer les ressources existantes sur la répression des protestations citoyennes au lieu de la lutte contre les escrocs.

Curieusement, le DSA interdit explicitement les "Dark Patterns" (les interfaces truquées comme les boutons d'upsell trompeurs sur lesquels on clique par mégarde). Virginie Joron a expliqué que, justement, ce fut l’argument pour obtenir le vote du DSA, mais, curieusement, l’administration néglige d’appliquer cette partie du règlement. Cette inégalité applicative le transforme en un outil de censure idéologique au lieu du bouclier qu’il est censé être pour le consommateur.
Sinon, il suffirait de modifier les formes juridiques de la publicité mensongère. Il y a quelques années, les tribunaux anglais ont condamné Mc Donald pour avoir diffusé des photos de burger bien plus généreuse que le sandwich servi dans leurs restaurants. L’État peut soumettre ces virements à un délai de transfert, les banques seront ravies de récupérer du fonds de roulement, il peut exiger des plateformes le retrait de publicités. Curieusement, son bras armé demeure là sans force.

Sans doute une forme de solidarité entre la haute fonction publique/monde politique et les escrocs !

 

En attendant, si vous désirez lutter contre les réglementations destinées à réprimer votre liberté d’expression, vous pouvez demander à votre député : commencez par lutter contre les publicités mensongères !

 



4 réactions


  • Mustik E-Z 2027 20 juillet 14:59

    Perso, je n’ai jamais rien acheté à partir d’une Pub...

    Si depuis le temps que la Pub existe, il y en a encore qui se font avoir, sont pas bien fut-fute


  • toto toto 20 juillet 15:14

    Je profite de l’occasion pour témoigner d’une arnaque dont j’ai été victime en 2017.En effet on promettait a l’époque a qui voulait bien le croire l’arrivée d’un roi de la finance,un Jupiter qui allait résoudre tous les problèmes du pays....

    Sinon Jules,t’a pris un peu de poids ?


  • LeMerou 20 juillet 15:43

    @Jules Seyes

    Bonjour,

    Les publicités mensongères, Rhoooooooh, les vilains qui abusent des simples d’esprits, vous me direz qu’ils ont des exemples légaux, dirigeant le Pays, qui osent répondre sans coups férir lorsqu’ils ou elles sont mis en difficulté pour le non respect d’un engagement solennel, que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutes.

    Alors les pub mensongères, des petits joueurs, les seconds vous font payer même sans consentement et bien au delà de vos moyens. Ils/elles vous endettent, vos enfants, vos petits enfants, le chien, le chat, le canard et la fermière.

    Il y aura toujours des niais pour croire ces pubs et àa existe depuis des lustres.


    • Jules Seyes Jules Seyes 20 juillet 18:43

      @LeMerou

      Ce que je fais remarquer est que l’État est censé le combattre. Mais qu’il préfére s’investir dans la repression politique.


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