mardi 26 février 2013 - par Sam_Agace

Devenir prof ou comment tuer ses rêves …

Plus de 40 000 enseignants recrutés pour les rentrées de 2013 et 2014, une campagne publicitaire de grande envergure pour attirer les candidats, la promesse de faire un métier serein où l’on partage le savoir, où l’on aide l’autre à progresser. Comment ne pas succomber à la tentation ? La photo est belle, il n’y a qu’à se laisser séduire : les vacances, la sécurité de l’emploi, …

J’aurai mis pratiquement deux mois pour me décider avant d'écrire les quelques lignes qui vont suivre. Je me suis d’abord dit que ce que j’allais dire n’y changerait rien, que cela n’intéresserait personne. Aussi, étais-je peut-être trop sensible à la cause pour en parler. Il me fallait attendre d’être plus solide pour m’engager dans ce … témoignage (?) Cette fois, me voici lancé et je vais très brièvement vous expliquer pourquoi il faut éviter ce trou noir qu’est l’Education nationale.

Quand on débute une carrière d’enseignant, on a bien souvent des rêves plein la tête. Certes, il y en a qui font ce métier par pragmatisme : « je ne sais pas quoi faire d’autre et puis il y a la sécurité de l’emploi, les vacances, etc. » mais beaucoup font le choix de l’enseignement par vocation. On rêve d’apporter des solutions à ceux qui sont en difficulté, on s’imagine en train de réfléchir de pédagogie comme un chercheur qui, dans son laboratoire, cherche, expérimente afin de faire progresser sa discipline. Mais la réalité est bien différente. L’écart entre ce que l’on fantasme et la réalité du terrain est d’ailleurs si grand qu’il conduit de plus en plus d’enseignants à vouloir démissionner. Le problème est que quitter le navire n’est pas aussi évident qu’on le croit. D’une part parce que la formation d’enseignant (quand elle existe) est si fermée, si spécialisée qu’elle ne permet pas de faire autre chose que de l’enseignement. Même les métiers du social et/ou de l’éducatif sont fermés à l’enseignant. Nous ne parlerons donc pas de tous les autres champs de métiers (commerce / finance / informatique / ressources humaines / industrie / etc.) pour lesquels les compétences développées avec un master en enseignement se trouvent être à des années lumières de celles attendues par les recruteurs. Le plus formidable est que même les métiers de l’ingénierie de la formation et/ou de la recherche en éducation ne sont pas accessibles au « simple prof ». Une fois engagé dans cette voie sans issue vous y êtes donc coincé pour toujours. Alors, certains connaisseurs diront qu’il y a les congés formations et la mobilité interne à la fonction publique (détachement, mise à disposition). Mais là encore, il ne faut pas rêver ! D’une part parce que les congés formations sont octroyés selon un barème lié à l’ancienneté (il faut donc oublier cette porte de sortie les 10 premières années – 10 ans d’un métier qu’on déteste c’est long, c’est même très long) et, d’autre part, parce que pour obtenir un détachement ou une mise à disposition vers une autre fonction publique (hospitalière, territoriale) il faut que son cursus initial soit compatible (avoir fait des études dans la médecine, l’administration, la gestion de paie, les ressources humaines, etc.), ce qui n’est pas le cas avec un master enseignement. Il faudrait alors se former à nouveau mais pour cela, on vient de le dire plus haut, il faut obtenir un congé formation et donc attendre au minimum 10 ans. Autre solution : le congé sans solde ou la démission, mais là encore c’est l’impasse. Une fois sorti du trou « Education nationale », votre ex-statut de fonctionnaire ne vous donne droit à aucune aide : ni assedic, ni RSA, ni droit individuel de formation, ni rien … Rien de rien ! Pris au piège ! Une prison dorée dites-vous ?

Alors avant de vous engager, soyez certains que c’est le métier pour lequel vous êtes fait et non celui dont vous rêvez car, comme nous allons le voir tout de suite, du rêve à la réalité il y a un monde d’écart et ce monde n’est pas beau à voir. Tout d’abord, il faut vous enlever de la tête que vos journées seront consacrées à mettre en œuvre de belles séquences pédagogiques qui, sur le papier, vous émoustillent. Si déjà vous arrivez à obtenir le silence dans votre classe et que le petit Kévin (non … ce prénom n’est pas choisi au hasard) qui a 5 ans arrête de taper avec ses crayons sur sa table, de se lever pour cogner sur ses camarades, de courir partout dans la classe et de s’enfuir plus loin quand on l’appelle (il n’a pas peur de vous, vous ne pouvez rien faire, il n’a même pas peur de ses parents), vous serez déjà ravi. On est loin de la séquence parfaite qu’on vous vend dans certains manuels de pédagogie. Alors, on se dit que le problème vient peut-être de nous. Car être enseignant c’est se poser en permanence les questions suivantes : suis-je vraiment compétent ? Ai-je bien fait de faire comme cela ? Autrement dit, les questions que se posent tous les (bons) parents et ce, multiplié par le nombre d’enfants dans la classe, disons 22 à 25 selon les moyennes du ministère. En gros, à condition d’avoir un minimum de conscience professionnelle bien sûr, vous passez votre temps (en classe, le soir, le matin, en voiture, dans votre lit, sous la douche, pendant les vacances) à vous torturer l’esprit avec ces questions (et je ne parle même pas du temps passé dans les préparations, les papiers de ceci ou de cela). Revenons-en à notre Kévin. Pour le coup, il était déjà comme cela l’année précédente avec votre collègue. Et, joie du métier, il y a le même en plus grand dans la classe dans laquelle vous serez nommé l’an prochain. Classe qui, au passage, se trouve à 2h30 de trajet aller-retour de votre domicile. C’est bien souvent comme cela les 10 premières années en primaire : peu d’ancienneté = peu de points ; peu de points = beaucoup de kilomètres pour aller au travail. Ne rêvons pas, des gamins difficiles, il y en a partout de nos jours. Le vrai problème est qu’ils sont de plus en plus difficiles, de manière à vous écœurer du métier, et de plus en plus nombreux par classe. Beaucoup de collègues ont la boule au ventre le matin en se levant à l’idée de passer une journée baignée dans le conflit. Car pour être prof, la qualité principale ce n’est pas d’être pédagogue mais d’aimer le conflit. Et encore tout va bien, quand les parents ne s’y mettent pas : vous avez fait ci, vous n’avez pas fait ça, pourquoi ci, pourquoi ça … Il y a également l’opinion publique qui, quoi qu’en dise le Ministère, n’est pas bonne et, il faut l’avouer, contribue à miner le moral des enseignants. Vous avez passé une journée horrible et on vient encore vous chercher des poux (les connaissances, sur les forums, dans les médias) parce que vous êtes un feignant, toujours en train de faire grève, etc. Oui, il y a beaucoup de métiers difficiles mais ne croyez pas que l’enseignement soit une sinécure. Loin de là ! Car, pour le primaire en tout cas, il faut également prendre en compte les Inspecteurs de l’Education Nationale, ces personnes qui, pour la plupart, auraient fait une belle carrière militaire il y 70 ans outre-Rhin … Humiliants, infantilisants, cassants, blessants, vous fliquant sans cesse, ne vous soutenant jamais, incapables de faire le tiers de la moitié de ce que vous faites et vous demandant toujours de vous justifier pour tout, d’assister à leurs formations minables et sans intérêt, de remplir des tas de papiers, etc. L’administration pèse sur vous comme une chape de plomb et vous écrasera au moindre écart.

Bref, loin d’être exhaustif, loin de dire que c’est le pire job du monde, le métier d’enseignant est pourtant celui qui a brisé mes rêves. Je voulais apporter ce témoignage afin de préserver le rêveur pour qu’il puisse avoir encore de l’espoir, croire en la vie, garder le goût des plaisirs simples. Je suis encore enseignant à l’heure où j’écris ces lignes et je tente par tous les moyens de m’enfuir de ce trou. Je suis devenu aigri et je ne crois plus en rien … même au fait de sortir de cette fosse à purin. Témoigner de tout cela me donne au moins un espoir : sauver ceux qui hésitent avant qu’on ne tue leurs rêves. Une collègue enseignante de littérature en collège me confiait il y a peu qu’elle n’avait plus le goût de lire (ironique non ?). Moi qui était si curieux, je n’ai plus le goût d’apprendre ni même de transmettre.



52 réactions


  • velosolex velosolex 26 février 2013 09:26

    Bon, vous n’entrez tout de même pas dans la légion, non ?
     Pas de contrat à la clé si je ne m’abuse...Les difficultés dont vous parlez sont les même dans toutes les professions.
    Je n’en connais guère où vous ne devez passer par une nouvelle formation pour être opérant....

    .Le métier de politique, il est vrai offre cette possibilité de panels à l’infinie : Vous pouvez passer du ministère de l’industrie à celui des finances, en faisant une halte au niveau de l’agriculture, aussi facilement qu’un cabris sautant sur des rochers, garnis de mousse d’ailleurs, ou de velours.....

    Vous me paraissez bien désenchanté, à l’orée du jour !.....

    Je suis sûr qu’il doit y avoir, tout de même, hors des vacances que vous évoquez, avec cette belle franchise qui caractérise la jeunesse mais que plus d’un vieux prof matois tait, bien des satisfactions, qu’il reste à enrichir...
    Les gens qui doutent ont le plus bel avenir, celui de chercher des réponses.
    Encore ne faut il pas être prisonnier des questions


    • Sam_Agace 26 février 2013 10:11

      Je suis bien d’accord avec vous pour dire qu’il existe des situations similaires. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai écrit : « Oui, il y a beaucoup de métiers difficiles mais ne croyez pas que l’enseignement soit une sinécure. », pour prévenir ce genre d’argument. Le danger est que l’on hiérarchise trop les uns par rapport aux autres. La situation de A est moins difficile que celle de B donc A n’a pas à se plaindre. C’est un danger de dire cela. Les situations de A et de B sont difficiles et il faut les prendre individuellement sans les comparer. J’ai mis longtemps avant de rédiger cet article parce que je savais qu’on me dirait qu’il y a pire ... On culpabilise les gens parce qu’il y a pire. Ils souffrent et, en plus, ils ont honte de souffrir car leur situation n’est pas LA pire. Mon témoignage concerne le métier d’enseignant car c’est la situation que je vis. Je ne peux donc pas témoigner pour les autres professions. Certes, il existe des situations complexes ailleurs mais je n’ai pas la légitimité pour les traiter. Je me suis décidé à prendre mon clavier parce que je suis en colère du prosélytisme fait par l’Education nationale. J’apporte un autre son de cloche … pour prévenir les futurs ex-profs. C’est tout.


    • velosolex velosolex 26 février 2013 14:02

      Sam

      Si je vous ai parlé des autres professions, je ne vous ai pas dit, si je ne m’abuse, qu’elles avaient à se confronter à des choses plus difficiles....J’ai dit que les difficultés étaient les mêmes dans toutes les professions...
      ,Pour dire que rien n’est simple, et que les autres ne voient effectivement que ce qui les arrange, ayant toujours une vue assez simpliste des choses.

      Et ceci dans le contexte précis où vous abordiez vous même la question d’un reclassement, laissant entendre par là que d’autres métiers seraient peut être moins difficiles.
      Mais n’est ce pas là projeter le même cliché d’idéalisation, lié à la méconnaissance, que vous reprochez à ceux qui ne sont pas du métier ?

      « C’est toujours mieux ailleurs » Comme croient certains.

      Bon, est-ce de l’humour, mais dans ce registre, la pancarte brandie par votre manifestant est tout aussi une provocation pour les autres professions : Un prof a sans doute des qualités à acquérir, mais de là à s’autoproclamer infirmier, policier, assistante sociale, et j’en passe, le message risque de se révéler contre performant, au vue des qualités et des savoirs exigés dans ces professions et là aussi qui ne s’improvisent pas.

      Bien à vous, sinon je trouve votre billet sympathique. Car vous avouez vos difficultés, mais quelque chose me dit que ce doute ne peut être que salutaire pour développer vos qualités


    • Sam_Agace 26 février 2013 14:27
      « Pour dire que rien n’est simple, et que les autres ne voient effectivement que ce qui les arrange, ayant toujours une vue assez simpliste des choses. » : Tout à fait d’accord


      « Bien à vous, sinon je trouve votre billet sympathique. Car vous avouez vos difficultés, mais quelque chose me dit que ce doute ne peut être que salutaire pour développer vos qualités » ; certainement mais il est délétère que je reste comme ça ... je voudrais douter ailleurs ... smiley

      Merci pour vos commentaires.

  • rocla (haddock) rocla (haddock) 26 février 2013 09:29

    Elle est un peu comme ça la vie . 


    Entre le rêve et la réalité la nuit passe au jour .

    Et dans le jour apparaît l’ ombre . 

    Bonjour tristesse ...

  • ZenZoe ZenZoe 26 février 2013 11:00

    Sam-Agace, votre article m’agace. Les enseignants en reconversion ont AUTANT d’atouts que les autres, sinon plus, et il est plus toujours plus facile de sortir de l’EN que d’y entrer (enfin, j’imagine, vu le barrage du concours). L’EN n’est pas une prison. La prison, elle est dans votre tête, parce que vous avez peur de lâcher la proie pour l’ombre, tout simplement, et c’est normal.
    Quant aux rêves professionnels brisés, vous avez déjà du constater qu’il y en a bien plus que de rêves aboutis ! Pas grave, on change de rêve, il y a tellement de choses à faire et le monde est vaste ! Sinon, si on n’est pas assez courageux, on se résigne ou pas, et c’est la différence entre finir sa vie heureux ou aigri.


    • Sam_Agace 26 février 2013 11:10

      « Les enseignants en reconversion ont AUTANT d’atouts que les autres, sinon plus, et il est plus toujours plus facile de sortir de l’EN que d’y entrer (enfin, j’imagine, vu le barrage du concours). L’EN n’est pas une prison. » : c’est justement ce que j’essaie d’expliquer ... ce n’est pas si simple. Ah moins que l’on puisse sortir et ne rien faire ... Pour ce qui est des rêves et du courage, j’en ai (cela fait des années que je me dépatouille), mais un boulet au pied m’empêche de m’envoler. Si seulement, il ne s’agissait que de ma tête. Vous êtes agacé(e) par mon article parce que vous avez une vision du prof nantis qui a tous les avantages ? Non ? Encore une fois ce n’est pas si simple. Ce que je décris n’est pas une caricature mais une réalité. 


    • ZenZoe ZenZoe 26 février 2013 11:45

      L’auteur : je n’ai pas de vision « à priori » sur les profs nantis et blablabla.
      Je dis qu’ils ont les mêmes atouts que les autres en matière de reconversion, et même plus, dont un bagage solide et une expérience pédagogique et d’animation. Beaucoup n’en ont pas tant. Vous ne précisez pas votre projet et où exactement ça coince. Pourquoi n’y arrivez-vous pas ?
      Comme les autres, vous pouvez demander une année sabbatique pour tester un projet (c’est même plus facilement accordé pour vous que dans le privé), aller enseigner à l’étranger, vous pouvez demander un bilan de compétences, suivre une formation (aucune ne vous est inacessible que je sache) en étant rémunéré si besoin. C’est la même chose pour tout le monde, je dis juste ça, et même que c’est plus dur pour certains. Ceci dit, ce qui m’agace un peu, ce n’est pas tant le fait que vous trouviez la reconversion difficile (elles le sont !), mais que vous sembliez impliquer qu’elle est plus dure POUR VOUS, prof ! Quel rapport ?


    • ZenZoe ZenZoe 26 février 2013 11:56

      cogno : je ne suis pas un gugusse qui vend du rêve.
      Je dis qu’il faut avoir du courage, de la volonté et compter sur ses ressources personnelles si on veut aller au bout de ses rêves. Ceux qui vont jusqu’au bout (et j’en connais) ne pleurnichent pas dans les forums en disant comme c’est dur pour nous et la société ne nous aide pas et ci et ça. Ils agissent. Après, il faut savoir ce qu’on veut. Il n’y a pas de mal à préférer rester où on est parce ci et parce que ça, mais il ne faut pas en rejeter la faute ailleurs que sur soi.


    • Sam_Agace 26 février 2013 12:25

      « Ceci dit, ce qui m’agace un peu, ce n’est pas tant le fait que vous trouviez la reconversion difficile (elles le sont !), mais que vous sembliez impliquer qu’elle est plus dure POUR VOUS, prof ! Quel rapport ? » 


      Ah ... J’ai dû mal m’exprimer ... Non ce n’est pas plus dur pour un prof mais, contrairement à ce que l’opinion commun pense, ce n’est pas plus facile non plus. (voir ma réponse au commentaire de velosolex, je pense qu’il ne faut pas comparer/hiérarchiser les problèmes).

      Aussi, vous dites :
      « vous pouvez demander une année sabbatique pour tester un projet (c’est même plus facilement accordé pour vous que dans le privé), aller enseigner à l’étranger, vous pouvez demander un bilan de compétences, suivre une formation (aucune ne vous est inacessible que je sache) en étant rémunéré si besoin. »
      - une année sabbatique pourquoi pas mais il faut un salaire à un moment donné. De plus, ce congé sans solde que l’on appelle une mise en disponibilité ne s’obtient pas non plus aussi facilement que vous semblez le croire (sauf maternité et problème de santé grave, il y a des conditions à remplir).
      - c’est pire pour le suivi d’une formation : il faut attendre au minimum dix ans avant d’obtenir un congé formation puisque cela s’obtient par l’ancienneté. De plus, vous n’êtes rémunéré qu’un an (sur les 3 années de formation possible - comme dans le privé je crois) et vous devez rembourser le triple en heures effectuées pour la fonction publique. C’est à dire que si vous passez une formation en informatique (1 an admettons), certes vous êtes rémunéré pendant un an, mais si vous sortez du public pour bosser dans une entreprise privée, il vous faudra revenir 3 ans dans le public. Ça me parait tordu, non ?

      Pour ce qui est du « bagage solide et une expérience pédagogique et d’animation », ça ne sert à rien ... Personne n’en veut pas même dans les métiers de l’animation. Je dirais même que les recruteurs, comme beaucoup, ont une mauvaise opinion des profs et que c’est ici que ça coince.


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 26 février 2013 12:29

      Dac avec Zenzoe


      Avec une énorme dose de motivation de courage d’ entregent et un peu de talent 
      on arrive presque à tout .

    • ZenZoe ZenZoe 26 février 2013 14:00

      Sam, je vais vous dire ce que je pense. A vous lire, on a l’impression que vous vous trouvez des excuses pour rester dans le statu quo, je me trompe ? Soyez honnête.
      Ou pourrait décortiquer tous vos arguments et vous montrer que vous vous trompez que vous continuriez à insister que c’est impossible.
      Exemples :
      >> si vous ne pouvez pas vous arrêter, il existe des cours du soir, des formations à distance (FOAD), en formules mixtes etc.
      >> le bagage et l’expérience de prof inutiles et les profs mal vus ? Vous délirez là. D’ailleurs, qui vous empêche de vous mettre à votre compte ?
      Vous ne voulez pas dire ce qu’est votre projet, fort possible que vous n’en n’ayez pas en fait, c’est ça qui vous arrête non ?
      Bien cordialement,

      Quand on veut, on peut, when there is a will there is a way !


    • Sam_Agace 26 février 2013 14:20

      Rah ! J’avais dit que je ne disais plus rien. Bon, un dernier commentaire parce que vous me pointez directement du doigt ... et pas seulement mon article.


      J’ai eu des projets et j’en ai d’autres (peut-être trop). J’ai essayé de monter ma boite mais ce n’est pas parce qu’on dit qu’on monte ça boite que ça marche. Résultat : j’y ai flambé mes économies ... Je me retrouve donc sans filet. 

      Autre chose mais là on rentre dans le privé et je ne vais pas m’étendre : quand on déteste son job au point qu’on y va la boule au ventre (en vomissant si vous préférez), penser aux cours du soirs ou à la formation à distance est une option certes, mais elle est difficilement envisageable. Je ne rentre pas dans les détails mais là aussi j’essaie, je vais, je me prends des murs, je me relève et je continue. PAS S SIMPLE ...

  • rocla (haddock) rocla (haddock) 26 février 2013 12:33

    il y a des centaines de métiers , en choisir un qui trouve opportunité dans 

    la vie de tous les jours et le tour est joué . 

    De très grands groupes ont été créé par des individus avec des bouts de ficelle 
    et beaucoup d’ imagination . 

    Envisager le monde avec pessimisme est un passe vers l’ échec .

  • bnosec bnosec 26 février 2013 12:43

    A tous les profs qui ne cessent de se plaindre de la difficulté de leur métier et qui pleurnichent sur leur triste sort, j’ai une proposition à vous faire :
    essayez, je dis bien essayez, de trouver un boulot si formidable dans le privé ; essayez, je dis bien essayez, de garder ce boulot disons dix ans, et comparez !


    • Venceslas Venceslas 27 février 2013 00:46

      Le terme « pleurnicher » est niais au plus haut point, du niveau de votre proposition de revanchard à deux balles. Bien d’accord avec l’auteur de l’article.


    • Ergan 6 janvier 2020 21:55

      @bnosec
      J’écris rarement un commentaire mais je ne peux manquer cette occasion de vous répondre car cela fait 12 ans que je travaille dans leprivé, après 14 ans comme pleurnicheur dans l’éducation nationale ! Sans regret, aucun ! J’encourage quiconque hésite à intégrer une entreprise privée après l’enseignement, à faire le pas sans se laisser impressionner par des paroles comme les vôtres. Vous ne savez pas de quoi vous parlez.


  • Sam_Agace 26 février 2013 13:38

    Bon je prends une dernière fois la parole et je laisse la place aux autres, je me suis assez exprimé sur le sujet ...


    @ rocla : «  il y a des centaines de métiers , en choisir un qui trouve opportunité dans 
    la vie de tous les jours et le tour est joué . » J’aime votre optimiste mais, au risque de me répéter, ce n’est pas si simple. J’essuie des refus de toutes parts. J’étais optimiste mais j’avoue que mon moral en a pris un sérieux coup ces 4 dernières années (eh oui, je ne galère pas d’hier).

    @ bonsec : j’ai travaillé dans une entreprise d’agroalimentaire. Je ne faisais rein de fantastique (agent d’entretien) : 39h par semaines (on n’était pas encore aux 35h), le smic qui ne dépassait guère les 900€ par mois et, vous savez quoi, ... je regrette ce temps là. Je me souvient quand l’été nous allions nettoyer les toits de l’usine. Quel sensation de liberté. J’était crevé physiquement mais j’allais bien moralement. Aujourd’hui, je gagne 2 fois plus, travaille moins (en nombre d’heures effectives par semaine) et je ne profite même pas de mon temps libre ... mon esprit sans cesse préoccupé par ma classe, sans parler que maintenant je suis préoccupé par le fait de trouver une porte de sortie. Arrêtons avec les préjugés à 2 francs six sous. On ne devrait pas juger ce que l’on ne connait pas.

    Pour la dernière fois, je n’ai pas dit que prof était le pire métier (je le dit en fin d’article), juste que, contrairement à ce que beaucoup croient, ce n’est pas si rose. Le but de mon article n’est pas de débattre sur les profs vs les métiers du privé (bon je devais m’y attendre, peut-être n’ai je pas assez insisté là-dessus) mais d’apporter un témoignage pour contrebalancer ce que dit notre Ministre dans sa drague envers les nouveaux candidats à ce métier. Pour les prévenir. Je m’attendais plus à des commentaires précis sur ce thème ... Le métier est dur et, comme vous le prouvez, il ne faut surtout pas s’en plaindre sous peine de s’en prendre plein la gueule. « Sois content de ta situation et ferme-là ! Il y a pire alors ... souffre en silence. »

    Voilà, cette fois-ci ... je me tais. smiley

    • bnosec bnosec 28 février 2013 07:38

      Si vous regrettez vraiment ce temps là, retournez à votre ancien métier !

      Oserez vous ?
      La peur de perdre le statut et les avantages que vous avez aujourd’hui vous empechent elles de franchir le pas ?
      Regrettez vous vraiment cet ancien métier ?


    • Sam_Agace 28 février 2013 09:27

      « Si vous regrettez vraiment ce temps là, retournez à votre ancien métier ! »


      Je ne peux pas revenir à mon ancien métier tout simplement parce que je ne vis plus au même endroit et qu’il n’y a pas d’entreprise similaire là où j’habite maintenant.

      « La peur de perdre le statut et les avantages que vous avez aujourd’hui vous empêchent elles de franchir le pas ? »

      La peur du changement oui (comme quelqu’un dans le privé qui changerait de job. On a toujours peur de se tromper. Croire en un métier et être à ce point déçu, cela vous casse. Vous doutez donc forcément de ce que vous allez retrouvez). Mais il ne s’agit en aucun cas de la peur de perdre mes « privilèges » de fonctionnaire. Je les laisse sans regret (très sincèrement).

      J’ai lu quelques témoignages de profs (des chanceux) qui ont pu quitter définitivement l’EN : pour rien au monde elles ne reviendraient. Comme je les comprends. Dans ces témoignages, il s’agissait souvent de femmes qui, en accord avec leur mari, prenaient le risque d’avoir un salaire moindre pour leur foyer. La solution vient forcément d’un sacrifice mais elles sont heureuses. C’est plus complexe quand on est le seul revenu du foyer ...

      Ce que je voulais dire dans mon article, ce n’est pas que c’est plus dur à l’EN qu’ailleurs mais que, contrairement à ce que l’on pense, prof est un boulot psychologiquement cassant et que rien n’est fait par l’administration quand on veut partir (il faut bidouiller des solutions ailleurs et parfois ça marche, parfois on reste sur le carreau). C’est comme laisser un médecin qui n’aime pas son boulot à son poste, on risque la vie des gens. Ici, on risque la scolarité des gamins ...

      Pour revenir à votre question « oserez-vous ? » : je suis en train de bidouiller un truc pour travailler dans l’artisanat tout en pouvant continuer de payer mes traites ... je croise juste les doigts pour que ça passe. Si c’est le cas, je m’en serai sorti seul (avec l’aide de quelques proches) et l’EN me laissera un goût très amer.

    • bnosec bnosec 28 février 2013 12:58

      Ma compagne étant prof, je fréquentes un certains nombres de ses collègues ou ex collègues.
      Une majorité de geignards à rabacher qu’ils ont un métier difficile, mais quasiment aucun ne se verrait travailler dans le privé, même si c’est difficile de le leur faire admettre.

      C’est quand même étonnant que votre expérience avec d’autres profs et votre ressenti soit si différent...


    • Sam_Agace 28 février 2013 14:06

      Pour continuer à être honnête, on rencontre toutes sortes de profs ... Sans jugement aucun pour qui que ce soit, j’ai entendu de tout !


      Il y a ceux qui, comme je l’ai dit plus haut, sont sorti de l’EN et qui, pour rien au monde, n’y retournaient même s’ils bossent plus, gagnent moins, ont perdu la sécurité de l’emploi, etc.

      Il y en a un aussi qui sont sortis et qui galères sévèrement : méprisés à pole-emploi, enchainant les intérims, etc. (taper « démission éducation nationale » => c’est pas tout rose).

      Il y ceux qui tentent de sortir et qui galèrent (dont je fais partie). Parce que je n’ai pas évoqué (j’aurais dû) ceux qui démissionnent et dont la démission est refusée, ceux qui sont renvoyés d’un interlocuteur à l’autre et dont la démission prend plusieurs années ! Ceux qui attendent 4 mois après avoir demandé leur démission et qui apprennent que leur démission est effective depuis 3 mois. Ils doivent donc rembourser à l’administration les 3 mois de salaires perçus même s’ils ont travaillé.

      Il y a ceux qui voudraient sortir mais qui ont peur pour toutes sortes de raisons : conserver ses avantages (là je dirais que la vie est une question de choix de conscience) ou, ce qui me semble largement compréhensible, avoir peur de faire basculer son foyer (je pense que ce sont les plus nombreux). Partir et mettre en difficulté son foyer ... Bonjour la culpabilité !

      Enfin, il y a, comme partout, ceux qui se plaignent par nature ou ceux, qui baignant dans une ambiance morose, deviennent de vraies pleureuses (et pleureurs smiley digne de ce que l’on voyait jadis en Grèce ancienne ...

      Et puis ... il y a les mélanges de plusieurs de ces cas.

      Pour ma part, je pense avoir atteint un tel niveau de dégoût de l’administration que je veux sortir et faire du bruit (prévenir ceux qui veulent entrer dans ce système). Je pense avoir une conscience et je veux pouvoir me lever le matin (même si c’est dur) et être fier et heureux de ce que je fais. Après, je ne dis pas que je n’ai pas peur pour mon foyer (même si je suis soutenu). Ceci étant, je n’ai certainement pas peur de perdre des avantages. Je ne bosse pas pour le salaire ou les avantages mais par « passion » (le mot est un peu fort mais y’a d’ça) Tout le monde ne pense pas comme moi, c’est vrai. Mais je pense, qu’au-delà des geignards (ils existent soyons franc), il y a quand même pas mal de gens sincères.

    • bnosec bnosec 1er mars 2013 08:03

      D’accord avec vous, vous résumez bien les différents cas.
      Je ne dis pas aux profs de la fermer pour souffrir en silence, je dis juste qu’on n’entend qu’eux et à les entendre seul leur métier est difficile. Alors qu’à mon humble avis je persiste à dire qu’ils ont une situation malgré tout privilégiée.

      Je ne me doutais pas qu’il fut si difficile de démissionner, c’est une fois de plus un signe affligeant de désorganisation et d’incompétence de l’administration.


    • Gitana 5 avril 2013 16:28

      Bonjour, je suis tombée sur votre article en faisant des recherches sur internet. Je suis assez d’accord avec votre vision, et je suis un peu dans le même cas (bien que je sois prof en lycée et donc que je ne travaille pas avec les tout petits, je ne sais pas ce que c’est).

      J’aurais souhaité vous contacter, si cela vous tentait également bien sûr...pour échanger. Pas pour créer un bureau des plaintes, mais parce que ça peut être constructif d’échanger sur nos situations. Je connais peu de personnes qui en sont arrivés à envisager très concrètement la démission. Pour ma part, j’ai l’impression d’être le vilain petit canard que personne ne comprend, qui se rend malade pour son boulot alors « qu’il n’y a aucune raison de se mettre dans cet état, que ok ce métier n’est pas toujours rose mais qu’il n’y a pas de quoi péter les plombs pour autant...c’est pas si compliqué de bosser et se mettre sur ses copies, enfin, au lieu de te braquer, mets-toi au boulot... »Bref moi ça fait un an que la démission me traverse l’esprit, pourtant j’ai joué le jeu d’essayer à nouveau,, de prendre ce métier avec plus de légèreté...bref. 
      En lisant quelques commentaires à votre article, j’ai envie de dire à ceux qui nous disent d’arrêter de nous plaindre qu’ils ne savent pas comment ça se passe...et qu’il y a autant d’expériences différentes que de différences entre les personnes elles-mêmes. Tout le monde ne rencontre pas les même problèmes, chacun vit son métier de façon différente...mais il n’empêche que votre article reflète une réalité de plus en plus vraie pour de jeunes profs, et justement, je loue cette volonté de sortir de l’illusion, de ce « tout va bien dans le meilleur des mondes », de ce ·« je gère mais je suis sous antidépresseurs et anxiolytiques depuis des années ». Beaucoup de profs poursuivent leur carrière sous cachets...franchement ce n’est pas glorieux, et le pire de tout c’est que le malêtre enseignant est tabou, encore aujourd’hui même si de plus en plus de jeunes profs témoignent pour faire éclater la réalité. C’est bien connu, le gros défaut du prof, en tant qu’ancien bon élève dans une grande majorité des cas, est qu’il accepte difficilement l’échec...dur à accepter...pourtant je crois que s’en rendre compte, accepter, faire partager, c’est déjà un gage de libération...

    • Sam_Agace 11 avril 2013 22:57

      @ Gitana : Oui bien sûr. Il est possible de discuter mais je ne sais pas si le site dispose d’un système de messages privés ...


  • mac 26 février 2013 13:55

    Rajoutez à cette liste l’impossibilité , même si vous êtes économe et que vous mettez centimes après centimes et années après années de quoi créer ou investir dans une entreprise, de pouvoir investir de façon majoritaire dans une SARL sans être obligé illico de démissionner. Quel horreur, un enseignant qui a du capital, on ne va même plus pouvoir le mépriser silencieusement alors ? Les enseignants ne doivent-ils pas avoir l’air pauvre, être mal habillés et avoir des voitures minables, c’est du moins trop souvent l’image qui en est donné dans certains films et autres séries télé ?
    Mais il y a pire si je ne m’abuse : les enseignants du privé qui sont des agents de l’état quand il s’agit de faire passer des examens mais qui, malgré le fait d’avoir les mêmes diplômes, ne peuvent ni devenir inspecteurs ni passer des concours internes de la fonction publique car il semble que dans ce cas, on oublie qu’ils sont des agents de l’état et leur ancienneté ne semble pas compter.
    Mais les troll ont raison, il y a plus malheureux que les enseignants et tant qu’ils ne sont pas obligés de se faire des lasagnes au canigou, de quoi se plaignent ces « nantis » !


  • Christian Labrune Christian Labrune 26 février 2013 17:09

    @Sam_Agace

    Il n’y a rien à redire à la description que vous faites de ce beau métier. C’est ça, très exactement. Je suis maintenant à la retraite et c’est dire que je connais un peu la question. 

    Dans les dernières années, quand des élèves me confiaient leur intention de devenir à leur tour professeur, je leur donnais rendez-vous le lendemain matin sur le Pont-Neuf, dès l’aube. Mais pourquoi ? C’est, leur disais-je, que sauter tout seul par dessus le garde-fou, ça n’est jamais très facile. Je vous aiderai, ajoutais-je. Ce sera un mauvais moment à passer, mais à tout prendre moins douloureux qu’une carrière complète dans l’Education nationale.


    • Sam_Agace 27 février 2013 13:14

      Le pire, c’est qu’on est réellement sincère quand on s’engage sur cette voie.


      Je me rappelle l’année de concours ... je suis resté enfermé pendant un an à apprendre les programmes par coeur, à connaître tous les types d’erreurs fréquentes chez chaque enfant dans chaque matière et les pistes de remédiation et de différenciation qui leur étaient associées ’en vue des épreuves de pédagogie).

      Tout ça pour ça ... J’avoue avoir plusieurs fois songé à passer le garde-fou ... Mais, contrairement à ce que laisse paraître le pessimisme de mon article, une flamme brûle encore en moi. 

      Cependant, certains n’ont pas cette force et je voulais, par mon témoignage, les prévenir avant qu’il ne s’engage de ce gouffre qu’est l’EN ... et qu’il ne soit trop tard (pour les enfants comme pour eux).

  • egos 26 février 2013 17:24

    Sam,

    Votre article est révélateur du malaise de la profession d’enseignant, des préjugés qui l’entourent et du contexte ambiant de dévalorisation du métier, ce dernier point justifie à lui seul quelques développements.

    Les qualités requises à l’obtention du statut d’enseignant sont par certains aspects comparables à celles des professions dites libérales ou CSP+, vocation précoce, affirmée et soutenue, cursus universitaire, concours de sélection exigeants, activité relativement autonome, mise à jour permanente des connaissances, rigueur, discipline, sens de l’observation, sociabilité et psychologie, à cela s’ajoute une aptitude singulière de résistance au stress l’estrade pouvant se transmuter en fosse aux lions face à une classe agitée.

    Ceci n’est pas reconnu, que ce soit de la part des parents (attentifs, soucieux de l’avenir de leur progéniture ou bien démissionnaires), d’individus submergés par un corporatisme mesquin, belliqueux ou revanchards, la foule des panurges ignorants ou de gens ordinaires pour qui la seule réussite est celle, ostentatoire, de l’argent, largement répandue par les média,
    ou bien, et c’est là le plus critique, par l’Etat, la Nation, le Ministère reléguant les enseignants français au dernier rang (ou peu s’en faut) des pays ddee l’OCDE en matière de salaire après plusieurs années de recul du pouvoir d’achat.

    La stigmatisation de ce service public coïncide, est ce un hasard, avec une fragilisation de son statut à à tous les plans (salaire, conditions de travail, sécurité, dignité) et l’avènement d’une société consumériste vouée aux mirages de l’économie marchande, de la compétition à tout crin, en résumé l’individualisme forcené promue par les disciples de l’économie libérale et de la télé dévoyée.

    Pour autant, à y regarder de près, le situation à terme ne s’annonce pas aussi sombre que votre pessimisme porterait à l’imaginer, l’investissement dans le domaine de la transmission de la connaissance connait un essor phénoménal en SEA, les Université US et UK y implantent quantité considérables d’établissements ou nouent d’innombrables partenariats, le Web est assailli de sites présentant des offres d’enseignement à distance, il suffit de se pencher sur les tarifs de la nébuleuse des Sociétés de formation permanente et de consulter leurs tarifs journaliers à plusieurs milliers d’€) pour réaliser que cette activité (business area en termes codifiés) est appelée à un développement spectaculaire signant par la même l’excellence de votre profession, ce dont vous paraissez douter.

    Un bémol cependant, ce futur exigera une part de votre rêve, la fin de l’égalité des chances et du partage,
    l’argent, la segmentation des classes, la consolidation d’une « bourgeoisie mondialisée », ses critères de différenciation, la codification des comportements et de la culture en sera la clef.

    Bienvenu dans ce nouveau monde, l’avenir est déjà bien entamé, souhaitons quoi qu’il advienne que vous y trouviez votre place à défaut du ciel idéal de vos rêves


  • Micka FRENCH Micka FRENCH 26 février 2013 17:58

    De l’Ecossaise...

    Ex normalienne, puis institutrice suppléante, puis, remplaçante, puis titulaire, puis spécialisée, puis Professeur de Collège, puis PEGC, puis Certifiée... puis libérée de ses obligations scolaires....

    On parle du recrutement vous,cher lecteur et moi-même ????

    Micka FRENCH


    • Sam_Agace 26 février 2013 21:01

      « Mais vous devriez vous exciter un peu » : mais que croyez-vous que je fasse ??? Mon article vise également à dénoncer ce danger : celui du prof démotivé qui ne propose pas un enseignement de qualité à ses élèves Libérons ceux qui veulent partir pour laisser la place à ceux qui en ont envie (comme en médecine, l’éducation est trop importante pour qu’on y laisse des baltringues). Mais prévenons aussi ceux qui veulent enseigner que ce n’est pas une partie de plaisir pour ne pas que la même histoire se reproduise.


      Pour cela, il faudrait (entre autres choses bien sûr comme supprimer ces IEN stupides qui nous dirigent) changer l’opinion que l’on jette sur les profs. Sachez que les trolls tels que votre commentaire ou certains plus haut sont ce qui contribue (en partie) à miner le moral des profs ... Donc sous vos grands airs, vous contribuez quelque part à ce que vous dénoncez en condamnant sans réfléchir, sans connaître.

      M’exciter un peu ? Connaissez-vous ma vie pour me juger ? Que croyez-vous que je fasse à longueur de temps ? Je n’arrête pas de chercher une solution ! Quant à mes élèves, si je suis assez lucide pour écrire un article ici, je le suis aussi pour leur proposer des cours de qualité. J’en veux pour preuve le fait qu’ils me remercient un jour de grève alors que je suis le seul enseignant présent (ils ont 9 ans !). Qu’un de mes élèves m’a dit qu’il adorait le dimanche soir parce qu’il savait qu’il me voyait le lendemain. Je suis lucide et je veux justement partir avant qu’il ne soit vraiment trop tard. Mon moral se consume petit à petit mais je suis assez fort pour ne pas donner une image misérable à mes élèves. 

      Alors gardez vos jugements minables et infondés (on ne se connait pas) pour vous ! Et ne vous inquiétez pas ! Dans 5 mois tout au plus j’aurai disparu du circuit ! 

  • Raymond SAMUEL paconform 26 février 2013 22:22

    Je propose une petite séquence qui se préoccuperait des enfants (dits élèves) :

    L’auteur, vous avez écrit :

    - « Si déjà vous arrivez à obtenir le silence dans votre classe et que le petit Kévin qui a cinq ans arrête de taper avec ses crayo,ns sur la table, de se lever pour cogner sur ses camarades, de courir partout dans la classe et de s’enfuir plus loin quand on l’appelle (il n’a pas peur de vous, vous ne pouvez rien faire, il n’a même pas peur de ses parents), vous serez d’abord ravi. »

    Où en sommes-nous rendus pour ne pas savoir que tout ce que vous demandez ci-dessus au petit Kevin (cinq ans) est inhumain ?

    Ce que fait le petit Kevin est normal, ce que font ceux qui ont appris à ne pas le faire est anormal, contrarie plus ou moins gravement leur formation (la formation de leur cerveau et le chargement de leur inconscient).

    Les enfant ont une nature, une nature humaine, par ailleurs en accord avec leur âge.

    Je le répète : maintenir un enfant de cinq ans dans le silence, enfermé dans une classe avec 20/25 enfants du même âge, sans taper sur quoi que ce soit avec ses crayons, ,sans se lever, sans courir partout, sans s’enfuir quand on l’appelle (réflexe tout à fait normal étant donné les circonstances), c’est tout à fait inhumain.
    Et le comble (qui explique beaucoup de chose quant à la suite difficile de la vie de Kévin) c’est que pour pallier cette situation impossible vous avez recours à la peur ! la peur qui DOIT être inspirée à l’enfant (cinq ans) pour les adultes responsables de la situation, adultes auxquels il ne peut pas échapper. Il ne peut pas non plus être défendu par ses parents responsables de sa sécurité puisqu’il DOIT aussi, avoir peur d’eux.

    Nous sommes en plein cauchemar. Et le cauchemar de Kévin n’est pas fini.


    • Sam_Agace 26 février 2013 22:32

      Tout à fait en accord avec votre commentaire. L’administration (au cours des inspections) nous conforme dans cet obligation d’écraser également l’enfant, comme nous le sommes nous même.


      C’est aussi une des raisons pour lesquelles je souhaite partir de ce système conformiste. Mais ceci est un autre sujet plus idéologique/pédagogique que je ne souhaitais pas aborder ici même s’il est central.

  • Ruut Ruut 26 février 2013 22:24

    Êtes vous de ces profs qui nous rabâchent a longueur de journée que nous finirons tous sois SDF soit pizza yollo ?

    Des bon profs j’en ai eu, ils donnaient cours pendants des grèves et ces cours c’était de l’or en barre.(4 élèves présents avec un cour sur mesure)

    Votre mal est celui de tous les fonctionnaires écrasés par une hiérarchie trop lourde.
    Mais vous avez raison, le respect n’existe plus.
    Comment peut il exister puisque même a la TV il n’est pas présent.


    • Sam_Agace 27 février 2013 13:15

      « Êtes vous de ces profs qui nous rabâchent a longueur de journée que nous finirons tous sois SDF soit pizza yollo ? »


      Je ne pense pas ... j’espère pas ... je voudrais être parti avant d’en être smiley

  • Raymond SAMUEL paconform 26 février 2013 22:37

    J’ai oublié le plus important :

    Oui, fuyez. L’institution ignore ce qu’est un enfant de cinq ans. Elle est maltraitante pour les enfants d’abord (ils n’ont rien demandé) et aussi pour les enseignants
    Oui, prévenons les parents d’abord : ne livrez pas vos enfants à l’EN ils ne sont pas qualifiés pour prendre des enfants en charge. Prévenons aussi les candidats enseignants : c’est un piège.


  • BOBW BOBW 26 février 2013 22:38

    À l’auteur : smiley Article sincère qui exprime l’immense découragement que peuvent ressentir de nombreux enseignants débutants ou autres devant une Société qui ne récompense et félicite pratiquement que la recherche du profit maximum ou d’une servitude silencieuse.

    Surtout avec un Système Hypocrite qui tend à tout privatiser et à démolir les Services publics en leur enlevant les moyens de survivre correctement dans l’intérêt de toute la population(Hôpitaux et Maternités- ONF- La Poste- Écoles primaires, maternelles , collèges et Lycées et de plus en plus de Facultés).

    Antan les « Instits » étaient respectés pratiquement partout dans les villes et les campagnes.

    Petit à petit plusieurs facteurs ont contribué à amener les parents et même les élèves un certain mépris envers les « magisters » :

    - Inspecteurs et Administration qui ne cherchaient qu’à faire appliquer souvent servilement les directives venues du haut de la hiérarchie :
     -Méthode de lecture globale fortement conseillée à partir des années soixante-
    - Remplacement progressif de l’Histoire et la géographie par les disciplines « d’éveil »
    -Pratiquement interdiction de donner des « petits » devoirs à la maison ou à ’étude surveillée de 16h30 à 18h.
    - Rapide généralisation des « Maths modernes » parfois au détriment de la bonne vieilles méthode de compter ou mesurer et de bien apprendre le système métrique.

    Heureusement que certains Inspecteurs « Primaires » et de l’Enseignement Secondaire se sont comporté humainement avec intelligence et avec coeur avec les jeunes et vieux maîtres dévoués.

    J’ai réussi à « tenir le coup » jusqu’ au jour de la retraite parce qu’au début la foi du métier , une certaine cohésion et l’ aide de collègues ont souvent apporté des « vitamines » à ma ferveur pour essayer d’aider au maximum les enfants.
    Enfin vers 1970 /75 violence, arrogance , impolitesse ainsi que comportement méprisants ont commencé multipliés dans les cours et certaines classes.

    Il est un fait certain que le prolongement envisagé de l’age de la retraite au delà de 65 ans (comme pour tous les autres travailleurs) n’apportera pas un potentiel de vitalité aux enseignants et aux élèves...


  • Carl 26 février 2013 22:39
    @l’auteur

    N’ayez aucun regret, vous n’étiez pas fait pour ce métier, pas plus que Kevin n’est fait pour le métier d’élève.
    Le problème est que les nombreux enseignants qui ne sont pas faits pour ce métier d’enseignant et les nombreux élèves qui ne sont pas faits pour ce métier d’élève se retrouvent face à face.
    La chance pour l’enseignant, c’est qu’il peut démissionner, la malchance pour l’élève, c’est que lui, ne le peut pas.

    Alors, bonne démission et bon rebond !

  • spartacus spartacus 26 février 2013 23:50

    Un texte qui confirme que cette profession est bien plus tournée sur elle même que sur les autres.


    Le statut est certainement une prison, mais les barreaux sont des avantages sociaux, qui fait que personne n’en sort, même si la profession ne plait pas.

  • Raymond SAMUEL paconform 27 février 2013 11:22

    CARL,

    Très bien : « l’instit peut en sortir, l’élève non »

    Pourtant, les parents savent qu’ils ne sont pas obligés d’obliger leurs enfants de cinq ans à aller à l’école.
    A partir de six ans non plus. Les enfants peuvent être instruits par tous autres moyens que l’école à charge de subir une inspection de l’E.N. par an.
    Aujourd’hui le savoir n’est pas concentré uniquement dans le cerveau des enseignants, il y en a plein ailleurs, il y a les échanges de savoir, les médiathèques, internet et surtout il y a la vie, la vraie vie sociale dans la vie privée comme danst la vie professionnelle. C’est très riche et ça peut être très heureux pour tous, éviter de saccager enfants et d’enseignants.

    SVP lisez quelques auteurs :

    - André STERN, John HOLT, Jean-Pierre LEPRI, Alan THOMAS...


  • Raymond SAMUEL paconform 27 février 2013 11:30

    SAM AGACE (vous pourriez choisir Sam Détruit)

    Est-ce que vous me permettez un conseil :

    Choisissez un métier dit manuel :
    - Maraîcher (nous importons 40% de notre nourriture bio !),
    - Berger (excellent pour se reconstruire),
    - Bûcheron (peu d’investissements),
    - Pisciculteur de rivière (truite fumées),
    - Menuisier, électricien, plombier etc...


    • Sam_Agace 27 février 2013 11:37

      Sans rire, l’artisanat me tente bien ... les métiers de bouche notamment en grande demande de main d’oeuvre ... j’étudie tout cela en ce moment même ... smiley


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 4 mars 2013 09:43

    Il y a quand-même un certain nombre d’enseignants (au moins de maternelle et du premier degré) qui se trouvent bien dans le métier et qui le font convenablement sans avoir envie d’en changer (même si, comme la plupart des gens au travail, ils souffrent de temps en temps)...


    Le problème, c’est peut-être l’image qu’on donne officiellement du métier au moment du recrutement. On veut faire croire qu’il s’agit d’une profession intellectuelle uniquement consacrée à la transmission automatique d’un savoir. On exige à présent le master, mais on ne s’assure pas de la solidité psychologique des candidats. On ne leur dit pas non plus qu’effectivement, pour faire passer leur savoir, il leur faudra aussi être un peu animateur, psychologues, assistant social, etc. Et on ne les forme pas pour cela...

  • feignasse.surmenée 9 mars 2013 13:15

    Bonjour, 

    je suis d’accord avec vous sur un grand nombre de points. 
    Je suis moi-même une jeune « feignasse surmenée », une enseignante qui débute et qui passe ses mercredis, WE et vacances à préparer ses cours , à corriger des copies, à assister à des réunions mais dont le travail n’est absolument pas reconnu par la société actuelle et surtout par sa hiérarchie.

    Il y a un fossé entre ce qui est perçu du travail de l’enseignant (« il prépare ses cours une fois puis près il est »tranquille«  ») et ce qu’il est en réalité. 
    Les inspecteurs eux-mêmes considèrent leurs subordonnés avec suspicion...Comment garder le cap (si difficile à maintenir si , en plus , vous avez simplement appris à l’aide de cartes, plans et maquettes ce qu’est un bateau) quand on n’est pas soutenu ?
     C’est étrange cette sensation de travailler pour une instance qui vous fait douter , qui vous recrute en sachant que vous n’êtes pas prêts parce que mal formés et qui vous fait payer le prix des coupes budgétaires dans l’enseignement (formation et sous-effectifs) en vous culpabilisant . 
    On focalise l’attention sur la nécessité de réorganiser l’école mais n’est-ce pas d’abord l’institution qu’il faudrait repenser (un système de Dominos , tout ne tient que par les rapports de force , une pression exercée sur les enseignants, un système de notation subjectif (même si les grilles des référentiels sont détaillées, celui qui coche les case est libre de le faire ou non..). 





  • vivelesprofs 2 janvier 2016 06:33

    L’auteur de cet article a simplement le tort, à mon avis, de se justifier. Son article se suffisait à lui-même et n’avait pas à être justifié. C’est un témoignage, et il est accablant, point. Le ton employé n’est d’ailleurs pas, contrairement à ce qui est dit, un « ton geignard ». La plupart des réactions sont soit vaguement malveillantes, soit d’une extraordinaire condescendance (Velosolex !). Elles dénotent une inconscience totale du problème. C’est cette inconscience qui laisse encore à l’Education nationale de beaux jours d’inconsistance, de gaspillage et d’échec. Sauf que de plus en plus de parents (ceux qui en auront les moyens) mettront leurs enfants dans le privé (et quand je dis privé, je pense à privé hors-contrat). Le métier d’enseignant a été dit « un des plus beaux métiers du monde », et il l’est, évidemment, en principe. Il doit le rester pour être efficace. Enseigner quand enseigner rend malheureux, crée un état permanent d’angoisse, et surtout humilie (comment ne pas être humilié quand vous constatez qu’un gamin de cinq ans n’a aucun RESPECT pour vous ?) est en soi une catastrophe nationale. Sam Agace témoigne et ceux qui sont au front savent que son témoignage est juste. 


    • Imma 20 septembre 2019 20:37

      @vivelesprofs
      Je fais partie de ceux qui savent que le témoignage de Sam Agace est juste.
      Comme vous, je suis accablée de voir certaines réactions qui démontrent l’ignorance totale de la réalité du terrain.
      C’est sur cette ignorance que se repose le ministère de notre Education nationale. Que faire pour ouvrir les yeux aux gens ?


  • Mako 26 juin 2019 20:06

    Je ne partage pas tous les détails de votre article, en particulier votre description des inspecteurs, mais selon les rencontres faites au cours de nos carrières, je comprends que nos avis puissent différer.

    En revanche,ce que je comprends complètement , c’est votre découragement, votre usure. La quantité de travail excessive qui est imposée aux enseignants, toutes ces tâches ignorées qui s’accumulent et finissent par produire un gigantesque carambolage dont on n’extirpe que quelques carcasses en profitant du temps de pause des congés scolaires de nos élèves, l’absence de considération , ces heures entières passées pour concevoir 1 séance de cours, ces week-ends enfermé dans un bureau, ces soirées interminables qui se terminent souvent après minuit, cette énergie quotidienne mise en oeuvre pour faire avancer des ados qui ont souvent une piètre image de votre profession et vous regardent parfois de bien haut comme le font leurs parents, le poids des copies et des dossiers pendant qu’on vous parle de vacances, ces réunions tardives, ces parents qui vous méprisent, qui contestent et vous demandent des explications sur des broutilles sans percevoir les effets néfastes de leur comportement sur leur enfant, qui éventuellement viennent vous dire si vous faites votre métier bien ou mal, ces projets extra-scolaires à monter qui n’en finissent pas................. , en fait tout cela peut être supporté par des personnes profondément passionnées mais peut aussi se transformer en véritable cauchemar. Tant que les médias et gouvernements ne réhabiliteront pas l’image de l’enseignant dans notre pays, le fardeau restera lourd à porter. On ne peut demander à quelqu’un à la fois de se dévouer à son travail et en même temps le faire passer pour un fainéant avec plein de vacances. Il faudra choisir si on ne veut pas tuer trop de rêves.

    Je vous souhaite de trouver un travail où vous serez tout simplement respecté pour ce que vous faites.

    Un enseignant de collège qui finira sans doute sa carrière en tant que tel.


  • Imma 20 septembre 2019 20:28

    Je tombe par hasard sur votre article écrit en 2013, mais toujours d’actualité en 2019. Enseignante en collège, je trouve votre témoignage très réaliste et très clair.

    Je constate une fois de plus que malgré sa clarté, certains internautes, velosolex, ZenZoe, rocla, spartacus) n’entendent que ce qu’ils veulent entendre et préfèrent s’attacher à des détails que de comprendre le message global.

    Vous exprimez parfaitement l’invasion de la sphère privée par notre travail, le fait que notre mission purement pédagogique est le plus souvent absorbée par d’autres tâches ou préoccupations. Vous évoquez très bien l’atmosphère conflictuelle dans laquelle baignent les enseignants : tension, qui vive permanent, incompréhension de l’entourage et ces poux qu’on vient encore vous chercher sur les médias !

    Je vous remercie pour ce témoignage vivant et comprends parfaitement l’état d’esprit dans lequel vous l’avez délivré :« sauver ceux qui hésitent encore à faire ce métier ».

    Lorsque des amis de mes enfants envisagent l’enseignement, j’essaie moi aussi de leur ouvrir les yeux en leur décrivant de la manière la plus juste possible mon quotidien et mes enfants complètent avec leur expérience d’enfant de prof....

    ondulation imperceptible sur un océan de propagande mensongère.

    J’espère que votre reconversion a pu aboutir, reconversion qu’une longue maladie guérie ne m’a pas permis d’envisager.


  • galax 7 octobre 2019 23:46

    Un témoignage accablant. Un de plus mais qui ne changera pas l’opinion des gens qui considèrent qu’enseigner est une sinécure. Et il y en a beaucoup dans notre pays. Comment déconstruire le fantasme immuable des vacances longues, du peu d’heures de cours, et des cours préparés à vie ?Je ne trouve aucune réponse.

    En supposant la situation idéale du mécanicien qui aurait exactement les mêmes réparations à faire pendant 40 ans, il deviendrait certes plus performant. Mais irait-on jusqu’à penser que celui-ci se la coule douce ? NON bien-sûr. Et d’ailleurs, même dans cette situation qui n’existe pas, il faudrait sortir les outils,réparer,s’adapter aux nouveaux véhicules et réaliser les multiples autres tâches qui incombent au travail du mécanicien(et dont je ne peux parler puisque je ne fais pas ce métier !) En supposant la situation idéale du prof qui aurait exactement les mêmes niveaux de classes et les mêmes programmes pendant 40 ans, il serait certes plus performant. Mais irait-on penser que celui-ci se la coule douce ? Eh bien OUI. Et pourtant, même dans cette situation qui n’existe pas, il faudrait réexpliquer à des élèves différents,redéployer de l’énergie, corriger des copies, adapter la progression à un nouveau calendrier, travailler avec les nouveaux collègues et surtout, s’investir dans tout ce qui n’est pas de la préparation de cours : rencontres élèves/CPE/parents/médecin scolaire, conseils,réunions d’information aux familles,bulletins,LSU,animations extra scolaires,organisation examens blancs...........

    Cette situation n’existe pas comme je vous le disais. Un professeur change de niveaux d’enseignement plusieurs fois dans une carrière, il s’adapte à maintes réformes ministérielles et connait de nombreuses modifications de programmes, sans compter toutes les évolutions internes à un établissement...

    comme partout finalement ! Eh oui, comme partout. Et il y a même des observateurs qui affirment que le métier d’enseignant fait partie des professions les plus concernées par une remise en question permanente...

    ...les fous ! se disent certains.

    Et lorsqu’il y a une petite éclaircie, le professeur saute sur l’occasion pour avancer la conception d’un nouveau cours(ce que tant de gens imaginent qu’il peut faire à loisir !)

    Il faut réactualiser la vision du travail de l’enseignant. C’EST URGENT.


  • Helene 21 octobre 2019 18:24

    Comparaison très judicieuse avec le métier de mécanicien qui aurait pu être un autre métier comme vous le précisez , Galax ! Il suffit de sortir du cliché prof pour pouvoir comprendre une situation très simple. Quelques lecteurs auront peut être compris grâce à vous. Pour les autres qui ne pensent qu’aux longues vacances su’un prof est supposé avoir et qui vous considèrent comme un menteur, je tiens à vous affirmer mon soutien.Pourquoi je mentirais ? je n’ai plus rien à perdre ni à gagner, je suis en retraite depuis 5 ans et nos enfants ont tous échappé à l’enseignement ! Bon courage.


  • Ergan 6 janvier 2020 22:07

    Sam Agace, je voudrais savoir si vous avez sauté le pas et si vous avez trouvé une reconversion malgré les obstacles à franchir lorqu’on se décide à quitter la belle prison dorée de l’éducation nationale que beaucoup envient. Je m’interroge encore sur comment j’ai pu douter de mon départ et supporter 14 années de renoncement, je n’ai pas peur des mots, dans l’enseignement.

    J’ai cru sacrifier mes compétences pédagogiques et relationnelles mais mon nouvel emploi me permet de les exploiter dans un climat apaisé, sans inspection ou réforme nationale pour tout remettre stupidement en question.

    L’horizon n’est pas rose chaque jour mais je me sens reconnu par mes pairs et je ne dédie plus la totalité de mon temps à mon activité professionnelle.

    Pouvez-vous nous informer de votre parcours ? Seuls nos témoignages pourront détourner les jeunes de cette voie spécieuse.


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