samedi 21 janvier 2012 - par bakerstreet

Droits dans leurs bottes ! Le cynisme à l’état pur

Petits marins de l’enfance perdue, régatants sur l’étang avec leur maquette, vous nous faites bien plus rêver que ces gros mastodontes de croisière, boursouflés de vanité, à l’image de ce capitaine du Concordia. Droit dans ses bottes, n’assumant pas qu’il ai fait la moindre erreur, ce Schettino nous rappelle si nous ne le savions pas que le cynisme et la forfanterie se portent bien mieux que l’économie.

« Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark » disait Hamlet.
« On ne fait pas d’Hamlet sans casser des œufs ! » Aurait pu lui répondre ce capitaine d’opérette, dans une rencontre improbable et loufoque ; bien en rapport avec notre époque.

Le cynisme était le trait dominant de bien des personnages de Shakespeare, qui ne semblaient avoir aucun état d’âme ; à l’image de Iago, dans Othello, qui amènera Destémone à sa perte, tout attaché à sa soif de pouvoir et de manipulation . 
Le goût pour la farce de Shakespeare est tout aussi patent. Il culminera dans « le songe d’une nuit d’été », sublime comédie où une princesse tombe amoureuse d’un âne, après avoir pris un filtre, belle allégorie de l’amour fou.
Shakespeare avait situé quelques unes de ces pièces en Italie. ( les deux gentilshommes de Vérone, Roméo et Juliette, le marchand de Venise)

Peut-être aurait-il pu s’inspirer de ce naufrage pour en dresser une nouvelle pièce.
Car sur fond de tragédie, on peut trouver cet instinct de puissance et de séduction, qu’il mettra à l’œuvre dans la plupart de ces œuvres. Personnages attirés par la lumière du soleil et par le pouvoir, ne regardant qu’eux mêmes..

Bien sûr, le capitaine Schettino n’a pas l’envergure de Richard Trois !
Mais son cynisme est tout aussi certain, et ses dialogues en font un personnage ubuesque, tragi-comique, exploitable à souhait.
Il déclare qu'il se trouvait sur le pont alors que le paquebot avait déjà une gîte de 70 degrés quand une violente secousse l'aurait fait tomber dans une chaloupe de sauvetage qui l'a ramené à terre : « Avec vos deux officiers ? Curieux », répond le magistrat qui ne semble pas dupe.
« C’est comme s’il avait conduit un car touristique comme une Ferrari », commente aujourd’hui un enquêteur.
Il aurait voulu s’approcher un peu trop près des côtes, en actionnant les sirènes, pour saluer un ancien collègue....

« Vada a bordo, cazzo ! » « Remontez à bord, bordel de merde ! »

Plaintif, le capitaine du Concordia se défile : « Mais vous vous rendez compte que c’est tout noir et qu’on ne voit rien… »
Citation remarquable ! Que Shakespeare n’aurait pas renié !
 Parfois il faisait jaillir une vérité de l’être le plus vil et le plus insignifiant : Puck, le lutin, dans le songe d’une nuit d’été « Pour un homme qui garde sa foi, des millions doivent faiblir) Elle pourrait être mis au fronton de la bourse, ou de la banque centrale, et propre à faire frémir le spectateur le plus blasé, par son incandescence magique.
Bien sûr, le chœur des vierges pourra répondre en leitmotiv : « Vada à bordo, Cazzo ! » Comme dans un opéra de Verdi, style Nabucco que ce fameux capitaine devait écouter dans ses écouteurs, bien loin de la pesanteur du pauvre monde et des ces tourments ».

Il y eut une époque où l’on invitait les passagers des trains à ne pas se pencher par la fenêtre, formule déclinée en quatre langues, dont en Italien, avec ce magnifique : « No pericoloso sporgessi ! » Il est simplement dommage que ce conseil n’ait pas été placardé dans la capitainerie…..

Ce "Vada a bordo, cazzo !" Est repris aujourd’hui par toute l’Italie.
On fait des comparaisons. Avec Berlusconi, par exemple, qui soutenait il y a peu de temps que « les restaurants étaient pleins » et que le pays n’était pas en train couler.« La crise ? Quelle crise ? Quel naufrage ? » ironisait le quotidien de gauche Il Fatto, « ça ne vous rappelle pas un type qui a commencé sa carrière [comme chanteur] sur les navires de croisière ? »

Ainsi cette affaire est comme un vase de Pandore, un révélateur des pratiques et des carrières de bien d’autres puissants. Cette flagornerie abyssale à nier les faits, quand on se fait prendre la main dans le pot de miel, est une insulte évidente adressée à tous, mais un système de défense entendu .
Car le cynisme est au goût du jour, et la vieille maxime « pas vu, pas pris ! » semble bien naïve maintenant, devant ces hommes qui nieront absolument, même s’ils sont vus aux yeux de tous.

« Arbeit macht frei ! » Le travail rend libre, prétendaient par exemple les nazis, en inscrivant cette maxime au fronton des camps. Preuve qu’on fait des mots et des faits ce qu’on veut, transformables à souhaits par la magie de,la manipulation, des dénégations, et des affirmations les plus folles. Georges Orwells, ce parfait gentleman-écrivain, bien peu compris à son époque, à su appéhender cette vérité bein avant les autres.

Le patron de l'entreprise PIP (Poly Implant Prothèse) maintient sa ligne de défense avec force. Interrogé mardi soir par les journalistes de RTL, Jean-Claude Mas a réaffirmé avoir commercialisé des prothèses mammaires « non homologuées » mais nie toute toxicité.
« Ne pas être homologué, ce n'est pas la même chose, a-t-il expliqué doctement : "Xavier Bertrand a décidé de rembourser les patientes alors qu'il n'y avait aucune raison médicale scientifique reconnue par l'Afssaps, rien qui puisse montrer le danger de ce gel fait avec du pétrole ou je ne sais quoi ».

Dans le domaine littéraire, les emprunts et les plagiats vont bon train, et le cynisme là aussi marche à l’avenant. La technique du copié-collé est devenue monnaie courante, empruntant parfois la moitié de l'ouvrage paru il y a une dizaine d'années dans un autre pays, et l'arme de défense classique des écrivains pris sur le fait est d'évoquer alors des "versions de travail provisoires" ayant échappés à leur vigilance ou mieux, à celle de leur éditeur.

Du sport, à la soi-disant « main de dieu » des footballeurs, maquillant en « fait de jeu » une tricherie, comme celle de Thierry Henry envoyant son pays en finale de coupe du monde de la honte, on ne compte plus ce genre d’attitude, faite de morgue, ce cynisme et de faute non assumée.
Standard&Poor’s, Fitch et Moody’s, ces capitaines sur la dunette, dans leur bel uniforme, n’avaient pas vu venir la crise des subprimes. Ces mêmes agences ont aussi en toute impunité accordé de bonnes notes à des fonds qui se sont révélés extrêmement toxiques. Elles n’ont pas hésité à certifier des comptes mauvais. Enron, Lehman Brothers, ces scandales qu’elles ont laissé passé.

Par quel miracle et au nom de quoi, ces naufrageurs, gonflés de certitudes imbéciles, et se servant d’un thermomètre qui rend malade, continuent-ils à régler le sort du monde ? C'est là un mystère qui en intrigue plus d'un. Mais nous passons là du théatre à l'art de l'illusion, voir à celui des marionettistes !

Pour en revenir à Shakespeare, c’est le nom aussi d’une librairie, située à Paris dans le cinquième arrondissement : "Shakespeare and company."

Spécialisée dans la littérature anglophone, beaucoup d’écrivains de la beat génération tels que Ginsberg ou Burroughs y logèrent, dans les années cinquante. En Décembre, à l’age de 98 ans, son créateur, George Whitman, est mort, laissant bien des orphelins.

Ce gentleman avait pour habitude d’héberger les voyageurs de passage et de brassage, un capharnaüm unique en son genre, où se déroulaient des débats passionnés. 
Lui est resté à bord dans notre mémoire, vieux capitaine en qui on pouvait avoir toute confiance.

Un guide, un homme tel que l'on rêve de devenir, quand on a cinq ans, et qu’on va régater sur l’étang du parc.



12 réactions


  • morice morice 21 janvier 2012 14:06

    ok, l’individu semble bien être un salaud, mais à trop charger sa barque (?) on oublie l’autre problème : il est impossible d’évacuer rapidement un tel paquebot-HLM quand il gîte.


    le problème classique est réapparu : certains mécanismes, trop peints (pourtant il était neuf ou presque !) étaient bloqués : on a privilégié le « beau » à la sécurité.

    aucun exercice de sauvetage n’avait été fait, or il doit l’être moins de deux heures après le départ normalement/

    Méfiez-vous donc de tout lui foutre sur le dos : regardez plutôt qui le charge le plus en ce moment : sa propre compagnie.

    Pour qu’on oublie son rôle dans ce désastre.

    • Francis JL1 21 janvier 2012 15:08

      Morice,

      vous savez bien : on n’est jamais trahi que par ses amis !

      Je remarque que, dès qu’un chien se fait écraser on fait une nouvelle loi sur la tenue en laisse ou la conduite des bagnoles ! Mais ici, il y a à parier que pas un iota sur la législation et les obligations des armateurs, des constructeurs et des assurances ne sera changé. Ce serait reconnaitre les lacunes du système.

      Si le bonhomme est reconnu responsables à 100%, devinez qui devra dédommager les victimes et les armateurs ? Lui, avec son petit pécule de taulard ! ça prendra 2 millions d’années !

      Le drame, mais pas le seul évidemment, c’est qu’apparemment il est vraiment coupable !


    • bakerstreet bakerstreet 21 janvier 2012 19:28

      Morice

      Je ne disserterais pas là sur l’aspect technique du problème. Ce serait se perdre dans des débats byzantins qui par ailleurs sont légitimes, au vu de la catastrophe.

      Ce bateau couché sur le flanc , je dis bateau en ne sachant pas trop si le mot barre d’immeuble serait plus adaptée d’ailleurs.....accouche par cette entaille gigantesque d’une multitude d’interrogations en tous genres, comme autant de poupées gigognes.

      Il est des accidents, qui comme certains faits divers, font tout à coup catharsis, révélateurs de vérités multiples plus ou moins refoulés, en vertus d’intérêts multiples et d’autant d’aveuglement. 
      Le déroulement de la tragédie, son contexte, ont été effectivement mis en rapport par beaucoup, et comme je le fais dans cet article, avec les mœurs, la bêtise, la prétention et la flagornerie du capitaine, tout comme sa lâcheté.
       On a sans doute les lords Jim qu’on mérite, et celui ci a beaucoup à voir avec tous ces capitaines d’industrie qui quittent le navire, et délocalisent à mieux mieux. Une métaphore peut-être abusive pourrait relier le sort des ouvriers laissés sur le carreau à celui de ces gens désemparés. 

      Les exercices de sauvetage coutent chers, ne sont pas rentables, et risqueraient d’’ailleurs de paniquer inutilement les vacanciers, tout en les ennuyants. Ils sont là tout de même pour passer des vacances, et s’oublier, doit-on surement justifier.
      On pourrait remplacer « Concordia » ( un nom oxymore par rapport aux événement et à l’entente à bord) par centrale atomique, par exemple. Parlons d’une centrale au japon pour ne fâcher personne. Le neuf et la belle peinture, ainsi que de magnifiques certificats de certification sont là pour nous mettre à distance de la réalité.
       Mais le concept de ces immenses buildings flottants est remis en question par plus d’un, pour des raisons toutes autant écologiques.

      Mon article vise surtout à mettre en relation des faits dissemblables, faillites, banqueroutes des entreprises et des états,, escroquerie, dont les coupables, maitres en manipulation et en esquisses, se défaussent, et iront même un de ces quatre vous menacer d’un procès en diffamation, en se foutant de la réalité.

      Ces capitaines du mépris et de la manipulation nous emmènent tout droit vers les icebergs


    • Emmanuel Aguéra LeManu 21 janvier 2012 21:08

      « Il aurait voulu s’approcher un peu trop près des côtes, en actionnant les sirènes, pour saluer un ancien collègue.... »

      Ineptie de terrien. Voyez plutôt les articles d’Argo... il sait de quoi il parle. Lui.


    • velosolex velosolex 22 janvier 2012 01:29

      Le monde, le 20 Janvier :
      Selon le quotidien maritime britannique Lloyd’s List, au cours d’un précédent voyage, le 14 août, le Concordia était déjà passé à moins de 230 mètres des côtes de Giglio, évitant de peu le récif qui lui fut fatal le 13 janvier.
       Cette fois aussi, piloté par Francesco Schettino, le paquebot avait changé de cap pour faire sa révérence aux habitants de l’île à l’occasion de la nuit de San Lorenzo (la nuit des étoiles filantes)


  • kssard kssard 21 janvier 2012 15:07

    @Bakerstreet,


    Sur la forme, permettez-moi de vous confier combien c’est un immense plaisir de vous lire à chaque fois.


    Quelle belle image que « ces petits marins  de l’enfance perdue, régatants sur l’étang avec leur maquette ».


    L’innocence même de l’enfance emprunte de rêve et de magie comparée aux grands naufrageurs des temps modernes donne le tournis et aussi il faut bien le dire la honte de la condition humaine.


    Je pense que vous visez dans le mille. Le naufrage de ce HLM 5 étoiles et notamment la conduite de son commandant est une magnifique allégorie du monde qui nous entoure peuplé de possédants prêts à toutes les bassesses alors qu’ils pressentent que le bateau va bientôt couler.


    Déjà en 1733 John Arbuthnot écrivait un traité politique et pamphlet sur L’art du mensonge politique.


    Parmi ses préceptes, on peut citer :



    • Soustraire les mensonges à toute vérification possible ;

    • Ne pas outrepasser les bornes du vraisemblable ;

    • Faire varier les illusions à l’infini ;

    • Instituer une véritable ’sociétés des menteurs’ pour rationaliser la production de mensonges politiques.



    Parmi ses citations,


    • "Il n’y a point d’homme qui débite et répande un mensonge avec autant de grâce que celui qui le croit".

    • "Un mensonge d’épreuve est comme une première charge qu’on met dans une pièce d’artillerie pour l’essayer ; c’est un mensonge qu’on lâche à propos, pour sonder la crédulité de ceux à qui on la débite".

    • "Le moyen le plus propre et le plus efficace pour détruire un mensonge est de lui opposer un autre mensonge". (merci WIKI)

    Tout cela n’a pas pris une ride. On est frappé par exemple, par la conviction que mettait « talonnette » dans ses promesses de campagne 2007 du genre : « vous savez tout ce que je dis je le ferais, etc.... »

    Avant lui, il y avait eu Jack le Menteur qui avait tout compris avec « Fracture sociale ».

    On pourrait aussi disserter sur les Etats Unis avec « les armes de destruction massives », concept inventé pour faire travailler le complexe militaro-industriel.

    Aujourd’hui, les tensions entre l’Iran et les Etats-Unis sur fond d’enrichissement d’uranium sont totalement préfabriquées. Elles ont pour objectif de provoquer le blocage du détroit d’Ormuz pour faire monter le prix de pétrole en Europe et rendre compétitifs les champs pétrolifères américains. Voyez déjà l’envolée des prix du pétrole depuis trois semaines.

    Le problème est que s’habituer aux mensonges des politiques revient à les encourager.

    George Orwell disait : « Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent. »


    • bakerstreet bakerstreet 21 janvier 2012 18:33

      Merci Kksard pour ce lien. J’ignorais tout de cet Arbhunot,
      Juste Machiavel et Gustave Le Bon dans sa psychologie des foules :
      « En matière de sentiment, l’illusion crée vite la certitude !.... »
      Son discours était empreint d’idéologie raciste, et ses analyses impressionnèrent Hitler.

      Rien à voir avec George Orwell, (dont je m’aperçois avec bonheur que nous partageons le gout), qui aurait eu bien des ennuis s’il avait été Allemand, ou soviétique !
      Un visionnaire, pas vraiment apprécié à cette époque réductrice en clivage.
      A propos, je ne peux que recommander la très bonne bibliographie de Bernard Crick

      Nul doute qu’il aurait été effrayé par l’apparition de l’informatique, qui dans son utilisation négative, peut-être l’outil que tous les totalitarismes ont rêvé.

      Mais là encore, le pire n’est jamais sûr. Inutile de faire un débat lénifiant sur les avantages d’internet, mais cette forme de navigation permet de tirer des bords, et de voyager plus loin que ces barres d’immeubles flottantes.

      Jamais l’image n’a en effet été aussi importante. Le discours est devenu si pauvre qu’il a été remplacé par « les petits mots », farces théâtrales en tous genres où les acteurs manient l’art de l’esquisse, et vendent leur politique comme un camelote de marché.
       L’esbroufe a remplacé l’argument. Nous voilà revenus cent ans en ailleurs, à l’époque où les analyses et les propositions de Gustave Le Bon faisaient recette, la foule étant entrevue comme une entité méprisable, qu’il fallait séduire pour avilir.


  • Francis JL1 21 janvier 2012 15:19

    Hum, kssard ! Votre catalogue à la Prévert me laisse sceptique .

    Par exemple : "Ne pas outrepasser les bornes du vraisemblable « Ce n’était pas l’avis des nazis qui disaient si j’ai bonne mémoire : »plus nos crimes seront invraisemblables, et moins les gens y croiront« .

    A contrario, permettez moi de citer une phrase entendue sur France Culture : ’Bachar El Assad est en train de tuer son peuple ». La brave dame semblait ne pas douter de la crédulité des auditeurs.

    Contestable encore, ça que vous avez trouvé sur Wiki : "Le moyen le plus propre et le plus efficace pour détruire un mensonge est de lui opposer un autre mensonge" Je ne sais pas si c’est efficace, mais ce n’est certainement pas vraiment propre ! Non, pas vraiment !


    • Francis JL1 21 janvier 2012 18:54

      kssard,

      les libéraux croient que rien n’est vrai.

      « La sophistique ce n’est pas penser que rien n’est certain, mais penser que rien n’est vrai. Le scepticisme c’est le contraire du dogmatisme. La sophistique c’est le contraire du rationalisme, voire de la philosophie. » (A. Conte-Sponville)

      Et comme les libéraux se présentent comme des gens pragmatiques, ’intégristement’ pragmatiques au point de tuer la poule aux œufs d’or, ils en deviennent irrationnels (*).

      Voilà pourquoi on peut trouver cette sottise sur Wikipedia , je cite : "Le moyen le plus propre et le plus efficace pour détruire un mensonge est de lui opposer un autre mensonge« 

      (*) Curieusement, quand l’État arbitre en faveur des riches, les libéraux appellent ça du pragmatisme ; quand il arbitre en faveur de l’équité et la justice sociale, ils appellent ça de l’idéologie. / Le libéralisme c’est le cache-sexe de tous ceux qui privilégient le profit personnel au détriment de la justice sociale, autrement dit de la démocratie et de l’intérêt collectif. C’est un discours exécrable qui s’autoproclame rationnel, ce qu’il n’est pas. Le discours libéral est irrationnel, c’est en cela qu’il peut se dire pragmatique et seulement pragmatique : c’est un intégrisme.

      Le libéralisme c’est l’idéologie de »ceux qui toujours nient« 

      Cela renvoie à cette célèbre réplique : »Je suis l’esprit qui toujours nie, et c’est avec justice : car tout ce qui existe est digne d’être détruit ; il serait donc mieux que rien n’existât". (Premier Faust ; Citations de Johann Wolfgang von Goethe)


    • bakerstreet bakerstreet 22 janvier 2012 14:13

      Les libéraux croient en une chose
      C’est au marché.
      Et pour en revenir à Orwell, dénonciateur de tous les totalitarismes, nul doute qu’il aurait changé son « big brother is watching you », par « The market is watching you » !

      Le cynisme et la bêtise se sont en effet centrifugés jusqu’à un point de non retour, engendrant ces attitudes de morgue hautaine et d’arrivisme.
      Comment ne pas en voir le symbole dans cette histoire lamentable !

      On taxera de naïfs tous ceux qui tentent de dénoncer ces pactes incestueux, entre intérêts particuliers et hommes politiques vénaux, ayant abandonnés l’intérêt commun pour vendre la terre et ses ressources aux enchères.
      Toutes ces doctes agences de notation véreuses, qui appartiennent évidement à un groupe de manipulation économique, n’arrêtent pas de lancer des recommandations contradictoires : Maitriser la dépense publique, par exemple, et favoriser la croissance.
      Ce genre de propos ambivalents, on le sait, est capable de rendre un individu fou.

      Cette aveuglement mercantile, suivi imbécile de la fameuse théorie d’Adams « la main aveugle du marché » et qui en fait était chez lui un concept anédoctique "Ils sont conduits par une main invisible à accomplir presque la même distribution des nécessités de la vie que celle qui aurait eu lieu si la terre avait été divisée en portions égales entre tous ses habitants ; et ainsi, sans le vouloir, ils servent les intérêts de la société et donnent des moyens à la multiplication de l’espèce" et qui s’expliquait dans une économie relativement fermée, est devenue la formule incantatoire et suicidaire des démagogues ne voyant pas plus loin que leur dunette.

      Dans cette logique d’augmentation constante des profits, centrés sur l’intérêt de quelques uns, les défits du futur font pales figures, et n’ont pas nécessités à être intégrés au PIB. Seul, le marché d’échange du CO2 a permis à quelques filous de s’en mettre plein les poches pendant quelques années, en profitant de la variation de TVA entre les pays..
      Donc créer du marché, du désir, des échanges à tout crin. La manipulation des médias et de la publicité servira de courroie de transmission. 
      Le marché du tourisme de masse en est un des nouveaux avatars.
       Qu’importe si le monde rapetisse à toute vitesse.

      On parvient à persuader les ours blancs et les pingouins d’acheter pour l’été prochain un croisière aux tropiques, et d’investir en bourse dans des valeurs prédatrices, pendant que l’iceberg sur lequel il se tiennent n’en finit pas de fondre.


    • bakerstreet bakerstreet 22 janvier 2012 14:24

      Il faut lire : La fameuse théorie D’Adams Smith, évidemment


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