lundi 13 avril - par Linn Sondeck

Du deal-maker au faiseur de guerres : Trump prêt à torpiller les BRICS un par un ?

Trump change la veste : du résolveur de conflits au déclencheur de guerres

Personnellement, je me méfie des retournements de dernière minute. Quand on fait une campagne sur une base donnée, changer son fusil d’épaule en cours de mandat s’apparente à modifier le choix d’un costume alors qu’on est à la caisse, en train de régler la facture du premier. Ça crée toujours des grincements de dents du côté de la caissière.

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L'inflexion de la politique étrangère trumpienne

L’approche de Trump dans sa politique étrangère connaît ces temps-ci une grosse inflexion. La première partie du deuxième mandat s’articulait sur la formule : je négocie la fin des conflits et j’apporte la paix, j’ai déjà évité une dizaine de conflits. Trump s’est fait balader pendant presque un an par la Russie sur cette thématique : il a alors peut être envisagé un autre angle d'approche, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, et leurs partenaires récents). Le point de départ du changement : le meeting d’Anchorage qui a prouvé qu'il n’avait aucun levier sur la Russie en Ukraine. Il n’arrivait même pas à influencer Zelenski qui s’accrochait à ses doctrines comme une tique indélogeable.

Le changement arrive avec le bombardement massif des B2 mobilisés sur l’Iran, en juin 2025 : Midnight Hammer. Le tournant final se dessine début 2026, avec l’opération Maduro, suivie d’Epic Fury. Le nouveau positionnement : tout le monde m’a pris pour une bille pendant un an alors que je proposais des deals. J’ai été jusqu’à inviter Poutine, contre la volonté de l’État profond américain, et Poutine n’a pas bougé d’un iota. Gros problème de fierté et de crédibilité pour Trump, qui adore être admiré comme le prince du Queens. Terminé les messages sympas, il signe un pacte avec l’État profond dont les plans de rechange sont prêts. Et on attaque les partenaires BRICS un à un en commençant par le plus faible.

Il était une fois : le deal-maker pacifiste

Trump entame son second mandat avec cette conviction : je suis celui qui met fin aux guerres, pas celui qui les commence. Les plus optimistes attendent qu’il démantèle le complexe militaro-industriel américain sur le champ : qu’il commence par le début ! Trêve de plaisanterie : dès février 2025, il réinstaure la campagne de pression sur l’Iran, tout en laissant ouverte la porte des négociations. Il cherche aussi un accord ukrainien, un deal iranien, et une normalisation avec Moscou. L’agenda est celui d’un entrepreneur qui croit que tout problème géopolitique se résout grâce à l’intensification du rythme de poignées de main à la minute.

La réalité le rattrape sur trois fronts. Ukraine : Anchorage confirme l’impasse. Poutine sourit, ne bouge pas. Les BRICS montrent une résilience économique inédite. Les signaux que Trump envoie sont absorbés sans capitulation visible. Iran : les premières négociations s’ouvrent le 12 avril 2025 à Oman, décrites comme « constructives ». Mais Khamenei et les Pasdaran (les oligarques financiers locaux) jouent la montre. Le 31 mai, l’AIEA signale que l’Iran a accumulé un niveau record d’uranium enrichi. La négociation serait instrumentalisée comme couverture de reconstitution du stock.

Opération Midnight Hammer : on sort les outils

Selon le vieil adage américain : « On n’a pas beaucoup d’idées, mais on a des outils », l’opération Midnight Hammer, lancée en juin 2025, constitue le premier bombardement massif américano-israélien sur l’Iran, au beau milieu des négociations… Un sens de la surprise qui n’a d’égal que les programmes des cocktail-parties de Trump, lorsqu’on pousse les invités dans la piscine. Des B2 Spirit sont engagés. Le message est double : technique (capacité de pénétration des sites durcis) et politique (Trump est prêt à frapper même en contexte diplomatique). L’Iran en tire des leçons similaires à celles de la frappe Soleimani en 2020 : encaisser, survivre, revenir aux négociations avec des exigences inchangées. Téhéran sous-estime la transformation en cours.

Le tournant de mister Trump : le pacte avec l'État profond

Entre l’été 2025 et la fin de l’année, quelque chose de structurel change. Trump réalise qu’il a été utilisé comme caution diplomatique par des acteurs sans intention de négocier sérieusement. Il constate qu’il parle dans le vide, que l’impasse de la guerre en Ukraine (qui n’est pas la sienne, il faut le rappeler) n’est pas une abstraction malléable : c’est une réalité de terrain.

À ce jour, depuis son inauguration, Trump a ordonné deux attaques non provoquées contre des États indépendants — Venezuela et Iran — menacé d’annexer le Groenland, fragilisant les alliances avec l’Europe et sapant les Nations Unies. Washington n'a invoqué aucun mandat onusien — ni l'Article 51, ni résolution du Conseil de sécurité — signalant un unilatéralisme assumé... mais (comme d’habitude) non justifié.

Opération Absolute Resolve : le laboratoire vénézuélien

Dans la nuit du 3 janvier 2026, environ 150 aéronefs décollant de 20 bases neutralisent les défenses aériennes vénézuéliennes et permettent la capture de Maduro et de son épouse à Caracas (aljazeera.com, 4 janvier 2026). Répétée pendant des mois sur une réplique exacte du compound présidentiel, l’opération est chirurgicale. Trump déclare que les États-Unis vont « gérer » le Venezuela jusqu’à une transition satisfaisante (cbsnews.com, 5 janvier 2026). Ce n’est pas une opération de maintien de l’ordre : c’est un prototype. Le message envoyé à Moscou, Beijing, Téhéran et La Havane est clair — les plans existent, ils fonctionnent, et la décision politique est déverrouillée. La réaction des BRICS : aucune déclaration commune.

Opération Epic Fury : le jardinier coupe les bourgeons

L’opération Epic Fury élimine en une journée 49 dirigeants iraniens de premier rang, dont l’Ayatollah Ali Khamenei lui-même, dans une frappe d’une portée sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale (The Hill.com, 3 avril 2026). Trump avertit qu’une « armada massive » est capable d’une frappe « bien pire » que Midnight Hammer, calibrant la pression pour forcer une table de négociations à ses dimensions.

La logique d'une campagne BRICS séquentielle

Trump brise-t-il un modèle ? De nouvelles théories circulent (thehill.com, 03 avril 2026). Il engage des opérations ciblées et chirurgicales, reconfigure l’architecture géopolitique, et envoie à la Chine et à la Russie le message que les États-Unis demeurent la puissance militaire hégémonique du moment : the only kid on the block (ou, en français dans le texte, le seul gros bras du quartier). La séquence n’est pas aléatoire : Venezuela (partenaire BRICS le plus exposé, le plus faible militairement, le plus riche en pétrole), Iran (puissance régionale, membre BRICS, programme nucléaire avancé), Cuba (prochaine opération potentielle). En arrière-plan : un signal permanent à Moscou et Beijing que la passivité américaine de 2025 était soit tactique, soit naïve (idéaliste, peut-être aussi), mais non structurelle.

La première phase « naïve » de Trump lui a servi de couverture politique — « j’ai tout essayé, on m’a pris pour une bille » — pour légitimer le basculement vers la force a posteriori. Ce récit victimaire (Trump aurait-il autant de mal à supporter qu’on ne l’écoute pas ?) transforme vaguement (dans son esprit) la guerre en réponse défensive, même quand elle devient offensive. Ce qui se dessine n’est pas une série d’opérations isolées mais une réponse à la surdité du système BRICS par des torpillages sélectifs.

Le levier résiduel iranien : les proxies

Attention, la nature a semé de nombreuses graines pendant l’hiver. L’Iran est blessé mais projette toujours de la puissance, avec une capacité de production de 50 à 100 missiles par mois (military.com, 9 avril 2026). L’implacable et terrifiante décapitation du commandement n’a pas compromis le principe vital. Le réseau de proxies fonctionne sur une logique quasi autonomisée. Les Houthis ont commencé à fabriquer leurs propres armes au Yémen. Ils ne reçoivent plus d’ordres — ils suivent une idéologie. Kataib Hezbollah en Irak a appelé ses forces à se préparer pour une « guerre d’attrition » de longue durée (foreignpolicy.com, 2 mars 2026).

Ce tableau dessine un piège symétrique : Washington exige que l’Iran contrôle ses proxies comme condition de deal — mais parce que les proxies se sont émancipés, Téhéran peut prétendre ne plus en avoir le contrôle total. C’est une ambiguïté cultivée transformée en actif diplomatique.

La réponse des BRICS : technologie, jamais confrontation

Chine et Russie : on les attend. Ils n’ont choisi ni la confrontation directe, ni l’abandon — mais l’ancrage technologique silencieux. Beijing a accordé à l’Iran l’accès au système de navigation par satellite BeiDou, fournissant une infrastructure d'attaque résistante au brouillage GPS américain. Moscou a fourni des données de ciblage pour les frappes iraniennes contre les navires et aéronefs américains : pour l’instant, le système a plutôt visé des infrastructures critiques, dont les médias occidentaux, par pudeur, ne dressent pas une liste très précise.

Beijing n’arme pas Téhéran par seule solidarité — la Chine traite le conflit comme un laboratoire en temps réel. Chaque engagement génère des données que les planificateurs militaires chinois étudieront pour affiner leur doctrine. C’est un calcul froid : l’Iran se bat, la Chine apprend. Pendant le déploiement de forces américaines début 2026, la Chine a déployé des navires capables de suivre les déplacements de la flotte américaine. Des entreprises chinoises ont publié des images satellites d’actifs américains dans la région.

Pourquoi ni Chine ni Russie n'interviennent directement

Pour Beijing : la priorité est de traverser la présidence Trump sans accrochages majeurs. On attend d’ailleurs Trump à Beijing d’ici mai, mais viendra-t-il ? Même si le régime iranien ne survit pas, son successeur n’aura pas d’autre choix que de s’engager avec la Chine, qui détient un quasi-monopole sur la livraison de biens de haute technologie et demeure le principal acheteur de pétrole iranien. Les Américains pourraient-ils bloquer leurs livraisons passant par le détroit ? On attend leur prétexte de pied ferme. Beijing gagne dans tous les scénarios. Pour Moscou : l’Ukraine consomme toutes les ressources militaires disponibles. L’Iran est la porte indispensable du Corridor International Nord-Sud. Poutine a un intérêt à conserver un Iran intact — mais pas au prix d’une confrontation directe.

Les BRICS comme entité collective n’ont émis aucune déclaration, révélant l'absence de mécanisme de sécurité collective opérationnel. La rivalité entre l’Iran et les monarchies du Golfe conservatrices comme les Émirats, eux aussi membres BRICS, rend une réponse unifiée impossible.

La sous-estimation iranienne : documentée et coûteuse

Avant les frappes, Trump a surestimé et déformé la menace iranienne pour justifier l’action, tout en sous-estimant la capacité de riposte de Téhéran. La Defense Intelligence Agency indiquait que l’Iran ne pourrait développer un missile balistique intercontinental qu’à l’horizon 2035— contredisant Trump selon qui l’Iran « travaille à des missiles qui atteindront bientôt les États-Unis » (CNN, 3 mars 2026).

La fermeture d’Ormuz : le sénateur Chris Murphy l’a décrit comme la preuve que Trump et son staff militaire ont mal jugé la capacité de riposte, engendrant la perturbation pétrolière la plus grande depuis la crise des années 1970 (aljazeera.com, 16 mars 2026). Washington avait des plans pour les sites souterrains, la marine — mais n’aurait pas intégré le coût réel d’une fermeture prolongée sur les prix énergétiques américains, selon ses détracteurs.

En 29 jours, Epic Fury a au moins coûté la mort de 13 militaires américains, des centaines de blessés de leur côté, environ 1 milliard de dollars par jour, et le Pentagone a demandé 200 milliards supplémentaires (axios.com, 1 avril 2026). Le coût politique : la cote d’approbation de Trump est tombée sous 40 %. Plus de 60 % des Américains désapprouvent sa gestion du conflit. L’érosion touche sa propre base : son approbation est passée de 93 % à 76 % (Axios.com, 1 avril 2026).

Le bilan militaire d'Epic Fury

En 38 jours, selon la Maison Blanche : plus de 85 % de la base industrielle de défense iranienne est détruite, la totalité de la marine coulée (150 navires, tous les sous-marins), 70 % des installations spatiales militaires dégradées (whitehouse.gov, 8 avril 2026). Chaque jour de blocus coupe l’Iran de sa bouée de sauvetage économique. Mais le cessez-le-feu reflète l’épuisement, même si les deux parties conservent une capacité d’escalade. L’Iran n’a pas gagné, mais il a évité la défaite et démontré sa résilience. C’est un résultat que Washington craignait — un Iran blessé mais debout, avec un narratif de survie contre l’hyperpuissance.

Mojtaba Khamenei : le chef d'État fantôme

Mojtaba Khamenei a subi des blessures sévères et défigurantes lors de la frappe du 28 février qui a tué son père. Pete Hegseth a déclaré qu’il « est blessé et probablement défiguré », soulignant qu’il n’avait émis qu’une déclaration écrite — sans voix, sans vidéo (Aljazeera.com, 13 Mar 2026). Les médias d’État iraniens ont diffusé une vidéo générée par IA. Un officiel iranien a affirmé : « Personne ne sait rien sur Mojtaba. Il n’a aucun contrôle sur la guerre parce qu’il n’est pas là. »

L’IRGC a imposé ce nouveau guide suprême dès le 28 février. Une succession dynastique imposée dans un régime né contre la logique dynastique — une contradiction qui fragilise sa légitimité. La décimation des officiels a renforcé une génération de « faucons » ayant fait leurs armes en Syrie et en Irak — et beaucoup moins dans la diplomatie.

Le « gouvernement de phase 3 » désigne un Iran dirigé de facto par un directoire IRGC, avec un guide suprême de façade dont la présence est attestée par une IA… Ce n’est plus une théocratie : c’est une junte militaro-religieuse dont le visage public est une fiction numérique qui circule sur TikTok. La conséquence pour les négociations : qui signe, au nom de qui, avec quelle autorité réelle ? Un de ses buts consiste d’ailleurs à identifier les nouvelles têtes et constituer une nouvelle liste de contact. Nouvelle liste, sans doute interchangeable, puisqu’au bout de 20 heures, on bloque déjà sur le nucléaire iranien. Certains responsables américains doivent déjà se demander s’il ne va pas falloir passer à la phase 4 de la représentation iranienne. C’est ainsi que se déroulent les pourparlers entre oligarchies pétrolières. Quand un litige survient on pend, on bombarde jusqu’à ce que la partie la plus faible perde sa détermination. Dans la situation présente, on dirait qu’on est toujours bloqué par des discussions très immatures.

La course entre le temps et la force

Washington attend un accord rapide et visible — Trump doit livrer une victoire politique avant que le coût économique ne devienne surexposé. Téhéran a besoin de temps — chaque semaine de négociation est une semaine de reconstitution partielle, de repositionnement des proxies, et d’approfondissement de la relation technologique avec Beijing.

Le piège temporel est aligné avec les intérêts chinois. La Chine joue la partie longue : quel que soit le résultat, le successeur du régime iranien n’aura d’autre choix que de se réengager commercialement avec eux.

Selon le War Powers Act, si Trump reprend les opérations contre l'Iran, il dispose formellement de 60 jours avant d'avoir besoin d'une autorisation du Congrès — avec une extension de retrait de 30 jours. Mais compte tenu des précédents de contournement présidentiel et d'absence de mécanisme judiciaire d'exécution, cette limite est davantage une contrainte politique qu'un verrou légal. Ce qui la rend réelle, c'est la résolution (H.Con.Res.38) déjà déposée au Congrès sur l'Iran, et l'érosion de sa propre base républicaine.

Côté américain, ce qui n’était pas anticipé, c’est l’intersection entre la fermeture d’Ormuz, la flambée des prix énergétiques et l’érosion de la base électorale trumpienne — trois développements qui ont transformé ce conflit en contrainte politique intérieure. Trois chiffres suffisent pour évaluer leur impact actuel : le baril est passé de 73 à 125 dollars en six semaines, l’inflation à 3,3 % en mars est portée par une hausse de 21,2 % des prix à la pompe — le plus grand bond mensuel depuis 1967. (CBS News, Fed de Dallas, Bureau of Labor Statistics).

Donc, en attaquant une oligarchie pétrolière dissidente, Trump a-t-il simplement changé de costume à la dernière seconde, ou engagé des changements importants pour l’avenir de la région ? Cette fois, la caissière, c’est l’histoire. Après ce samedi 11 avril qui a vu les négociations achopper sur l’avenir du nucléaire iranien, l’addition risque de monter. Le prix du nouveau costume de Trump, ce sera sans doute le Détroit d’Ormuz et les accessoires qui vont avec... La suite au prochain épisode, d’ici Cuba, ou une autre pièce du puzzle BRICS.



25 réactions


  • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 13 avril 09:54

    Salut, je cite : Quand on fait une campagne sur une base donnée, changer son fusil d’épaule en cours de mandat s’apparente à modifier le choix d’un costume alors qu’on est à la caisse, en train de régler la facture du premier.

    Ils, les truands au sommet, font tous ça, faut dire que ils sont aidé par une masse de 99% qui se laisse dominer par 1% maxi...qui à chaque fois depuis des millénaires y croit, par ignorance, pas paresse, par orgueil déplacé, il l’est toujours, par bêtise etc

    Impossible dirons nous ? Certes mais c’est un fait que

    1%>99%... > dit supérieur à.

    mais comment ? 

    1% coopèrent pour niquer 99% qui ne coopèrent sur rien du tout..tous occupés à remplir mon coffre, mes maisons, choisir mes maîtresses enfin etc dans un conflit permanent et sans fin appelé compétition un processus qui élimine = guerres jusqu’à la torture..

    rien que ces chiffres montrent que la coopération qui additionne même si elle est pour le pire est INFINIMENT supérieure à la compétition qui élimine, le Dieu de tout un chacun .

    Le seul chemin des humains était la coopération équitable volontaire et infiniment plus q que cela, est est un effet secondaire spontané d’une psyché cerveau en état de marche telle que à nos débuts parfaitement inconnus..

    AUCUN LIBRE ARBITRE du chemin, sauf celui de se suicider..justement !!

    Par contre les langoustines avec ou sans mayonnaise là je peux choisir..

    Bon etc....

    des millénaires d’erreurs de chemin après erreurs de chemin ne vont pas disparaître là sauf si l’humain disparaît..sauf Miracle, mais l’univers semble n’en a voir rien à faire de cet humain terrestre qui s’est auto dégénéré parce que naître = mourir et que « je » refuse, ce qui ne se peut car un absolu se vit, ne se refuse pas..mais là je dis ??????????????


    • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 13 avril 09:56

      @Julian Dalrimple-sikes

      Étienne de la Boétie 1530-1563 :

       Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes ? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir.

        Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre.

        La Boétie, extrait du Discours de la servitude volontaire


    • Linn Sondeck Linn Sondeck 13 avril 11:07

      @Julian Dalrimple-sikes Salut Julian, merci de ton point de vue et je comprends ta rage et ce besoin de la communiquer. Ce qu’on peut retenir, en prenant beaucoup de recul, est très similaire. A chaque fois qu’on règle à la pompe, on finance ceux dont on se plaint et dont on déplore les méthodes. C’est difficile de croire qu’un processus de domination économique aussi simple déteint même sur le fonctionnement des Etats et des relations internationales. Mais ceux qui tombent un jour sur un butin incalculable vont s’organiser pour le conserver le plus longtemps possible et par tous les moyens les plus scabreux. C’est un processus de sécurisation complexe, qui se complexifie aujourd’hui avec la montée des oligarchies locales et concurrentes qui, de leur côté, raisonnent de la même manière. Il ne faut pas chercher trop d’originalité dans ces milieux : ce sont tous les mêmes, sous différents drapeaux. La logique redoutable, derrière cela, est que par une chaîne légale complexe, ils s’approprient ce qui ne leur appartient pas : des ressources naturelles. Redoutable. Les gens délèguent : le pouvoir de chaque individu pris à part est très faible. Chacun essaie de s’en sortir, de son côté, en déplorant ce drôle de système bien sûr. Merci encore de ta vigilance.


    • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 13 avril 11:40

      @Linn Sondeck

      Salut Linn, merci de cette réponse, qui me parle totalement...
      Bonne journée.


    • Linn Sondeck Linn Sondeck 15 avril 12:38

      @Bruno Hubacher Très bon article. Bon sujet. La réaction de l’audience est parfois un peu sèche ici quand on commence à parler de réalités complexes qui refroidissent les élans révolutionnaires juvéniles et légitimes, très en vogue sur le site.


    • Bruno Hubacher Bruno Hubacher 15 avril 14:25

      @Linn Sondeck
      Merci. Pourtant, il suffirait parfois de se poser les bonnes questions. 


    • Linn Sondeck Linn Sondeck 13 avril 18:35

      @Durand Salut Durand. Merci pour ce lien mis à disposition. On notera dans le verbatim de l’interview sur la première rencontre à Islamabad, certaines réponses de Seyed Mohammad Marandi sur l’ambiance de ces négociations. On dirait bien qu’il a perçu certains de ses dangers.

      Né à Richmond, en Virginie (États-Unis), fils d’Alireza Marandi, qui deviendra plus tard le médecin du deuxième guide suprême de la République islamique d’Iran, Ali Khamenei. Mohammad Marandi s’est installé en Iran à l’âge de 13 ans, où il s’est porté volontaire pour combattre lors de la guerre Iran-Irak. Par la suite, il a étudié à l’Université de Birmingham, en Angleterre. Il est professeur à l’Université de Téhéran.


    • Linn Sondeck Linn Sondeck 13 avril 19:50

      @Durand Je ne connais pas le média en question (création 2020). Néanmoins merci encore. L’extrait du témoignage vaut le détour, s’il est réel (si ce n’est pas une invention). Il parle de lui-même sur le niveau de maturité des discussions. Il a au moins l’avantage d’être distrayant : 
      « Vance a reçu un appel, mais Vance a appelé [Netanyahu] en premier lorsque l’Iran a proposé une exploitation conjointe du détroit et l’abandon de l’enrichissement d’uranium [en Iran] uniquement si les États-Unis acceptaient une opération militaire conjointe pour démanteler toutes les installations nucléaires en Israël. Vous ne pouvez pas avoir tout à votre façon. » témoigne le ministre iranien des Affaires étrangères Seyed Abbas Araghchi.


    • Durand Durand 13 avril 21:24

      @Linn Sondeck

      J’ai une pensée émue pour les cabinets conseils américains et les IA sionistes révisionnistes du Likoud, qui pondent ses stratégies absurdes et que les inventeurs du jeu d’échecs malmènent presque allègrement, avec un dosage subtil d’humour et de compassion…

      Entre parenthèses, quel panache !

      ..


  • Zolko Zolko 14 avril 06:56

    @l’auteur : je pense que vous surestimez les capacitées cognitives de Trump. Il n’a aucun plan, il ne sait que détruire et affabuler.

     

    Par contre, vous sousestimez les capacitées militaires de l’Iran : selon mes informations, les 13 bases militaires américaines de la région sont devenues inopérationelles, alors que l’Iran a encore en réserve des missiles de haute technologie (hypersoniques à tête multiple) qui passent toutes les défenses aériennes américaines et israeliennes. 


    • Linn Sondeck Linn Sondeck 14 avril 11:13

      @Zolko Bonjour Zolko. 

      L’article démarre avec cette intuition qui ne circule pas vraiment dans la presse, que Trump aurait changé de cap (ou de veste) à l’issue du trou d’air que Poutine a provoqué dans son grand show international, initialement consacré à la résolution pacifique du conflit en Ukraine. A court d’idées, mais pas de moyens, il se serait tourné vers le Pentagone pour savoir ce que ceux-ci pourraient lui proposer en rechange pour lui permettre de se remettre en scène. Les envoyés du Pentagone ont dû arriver devant la Maison Blanche avec une remorque de trente tonnes, chargée d’opérations clés en main. Donc, ce qui se passe, selon l’article, c’est un développement bête et méchant des War Games américains, servant, entre autres, le besoin de Trump de briller sur la scène internationale. Ta remarque laisse penser que l’article soutient que Trump est le concepteur de ces War Games... Non, ce n’est pas ce que je pense, si tu l’as compris comme cela.

      Pour la partie des destructions sur les bases américaines, il faudrait écrire un article à part, car cela demande d’étudier de nombreuses sources : cela dit, on a tous vu l’image de cet AWACS américain (700 millions $) réduit en cendres. Donc il est sûr que des missiles iraniens (combien ?) ont passé des barrages importants et que la tech chinoise y est pour quelque chose, comme je l’indique aussi. Si tu as d’autres questions ou suggestions, n’hésite pas. Merci encore de participer à ce débat.


    • Durand Durand 14 avril 12:09

      @Linn Sondeck

      Quelques ”détails”…

      – 13 000 soldats pakistanais et des chasseurs sino-pakistanais déployés en Arabie saoudite : un fusil pointé sur la tempe des USA ?

      https://arretsurinfo.ch/islamabad-13-avril-2026-la-vraie-negociation-netait-pas-celle-quon-croyait-suite/

      – Le ministre pakistanais de la Défense qualifie Israël de « malédiction pour l’humanité » dans un message supprimé :

      https://www.middleeasteye.net/news/pakistani-defence-minister-calls-israel-curse-humanity-deleted-x-post-ahead-us-iran-talks

      ..


    • Linn Sondeck Linn Sondeck 14 avril 18:04

      @Durand 
      Salut Durand. Multiples interprétations en cours. Qui protège qui pour faire quoi ? Les pays satellites appliquent les accords dans l’attente des développements. Tout le monde attend les Iraniens au tournant. Les marchés (les rentiers), ceux qui pensent devoir profiter du conflit à terme, sont euphoriques ! Folie complète ! J’attends une semaine pour faire le bilan. Bonne journée.


    • Durand Durand 14 avril 20:12

      @Linn Sondeck

      Les derniers ressentis de Thierry Meyssan :

      https://www.voltairenet.org/article224210.html

      ..


    • Durand Durand 14 avril 20:45

      …. Et une dernière, pour la route :

      https://arretsurinfo.ch/liran-lennemi-que-loccident-sest-cree/

      ..


    • Zolko Zolko 14 avril 23:44

      @Linn Sondeck
       
      votre précision est effectivement intéressante, cependant, on ne commence pas une guerre sans réfléchir à ses objectifs. Et ça, ce n’est pas le rôle des militaires de le définir. Je maintiens donc que Trump est un imbécile qui n’a aucun plan. Il est possible qu’il « joue » à la guerre, mais ça ne fait que confirmer cela


    • Zolko Zolko 14 avril 23:47

      @Durand
       

      13 000 soldats pakistanais et des chasseurs sino-pakistanais...

       
      et probablement 2 ou 3 têtes nucléaires. Et qu’ils l’ont bien fait savoir à Israel et aux USA

    • Linn Sondeck Linn Sondeck 15 avril 12:28

      @Zolko
      Au sujet de l’écran de fumée des médias : c’est l’État d’Israël qui gouverne les États-Unis. Il sert à pousser dans l’ombre le triptyque de l’articulation post coloniale du XXe siècle. Les rentes (Wall Street) sont assises sur des zones de profits, qui sont pérennisées par une surveillance armée (bases étrangères) dont la présence est justifiée par de constantes attaques contre les intérêts dits américains dans ces zones. Attaques fabriquées ou naturelles, le but étant de justifier ces dépenses militaires constantes aux citoyens Américains.

      L’État d’Israël n’a pas changé de fonction depuis sa création, création soutenue par une collection d’intérêts basés dans cette région. Le but était (déjà à l’époque) d’avoir à disposition un bouton sur lequel appuyer pour justifier à tout moment des frictions dans ces régions et taper sur le crâne des contestataires (géopolitique à grande échelle). Les objectifs sont donc toujours les mêmes (pour répondre à ta question). Les opérations elles sont fabriquées et mises à jour en permanence (au cas où) par des Wars Games, dont les simulations par les IA miltaires coutent entre 250 et 300 millions $ l’unité. Quand trump frappe à la porte du Pentagone en 2025 pour savoir ce qu’il y a comme opé en réserve, tout est déjà architecturé par les meilleurs stratégistes (thinktanks et validations opérationnelles), ou désignés comme tels. 

      Si on prend le choix de l’Iran, par rapport au problème de Trump avec Poutine. Double Kiss Cool. 1) Attaquer un de ses alliés déclarés dans son « opération spéciale » en Ukraine, détruire l’industrie militaire iranienne (c’est fait), par voie de conséquence limiter toute livraison de drones à la Russie. 2) Si possible aller jusqu’à changer le régime en Iran, sinon rendre sa jeune oligarchie pétrolière plus ouverte aux deals américains. S’ils réussissent (sur le long terme et c’est loin d’être joué) ils auront acquis un nouveau partenaire dans cette région très convoitée. Pour l’instant, le fait que Poutine voit ses livraisons de drones limitées doit les satisfaire.

      Un tableau très rapide, cela dit. Si tu discernes d’autres avantages ou inconvénients, n’hésites pas. Quant au prix à la pompe, ils ne sont pas touchés à Wall Street puisqu’ils gagnent encore de ce côté (voir l’euphorie actuelle, le fait que dans l’ensemble ça tient). Qui paie ? Le reste. Les Iraniens n’ont plus d’Internet, leurs ports ne reçoivent plus de cargos aux dernières nouvelles. Et pour ne rien arranger, on bombarde leurs universités...

      Trump ne pouvait pas saquer les généraux du Pentagone, il n’y a pas si longtemps. Puis il s’est aperçu qu’il avait épuisé son jeu de cartes personnel. Faute de mieux, il s’est retourné vers les vieilles solutions. On lui a servi des packages quasi clé en main. Les 800 Milliards $ de budget annuels de la défense américaines servent, entre autres, à cela : avoir des options militaires en permanence à portée de main. A côté du fameux bouton Pepsi. (Et évidemment, ce n’est pas l’État Israëlien qui avait préparé cette campagne pour les USA, ils n’en ont pas les moyens et tu as compris à quoi ils servent dans ce tableau : entretenir la zizanie, détourner le regard des vrais mécanismes de la domination de Wall Street and Co.) Pour la faire court dans le cadre de cette tribune. 


    • Zolko Zolko 17 avril 08:44

      @Linn Sondeck : je suis assez d’accord avec ce que tu dis (écris).
       
      Concernant les drones Shahed, ça m’étonnerait que l’Iran les fabrique pour la Russie, il est bien plus probable qu’ils ont fourni les plans et les Russes les fabriquent sous licence chez eux. Ils les ont d’ailleurs sûrement améliorés et ont retrocédé ces améliorations aux Iraniens. Concernant le blocus des ports Iraniens, c’est pas en 2 jours qu’ils vont mettre à genoux un pays qui est sancionné depuis 40 ans, fôt pas croire tout ce que disent LCI et BFMTV


  • Eric F Eric F 19 avril 19:39

    A propos des BRICS, sur la question iranienne il n’y a absolument pas de vison commune, chacun joue ses propres billes.
    Mais les USA se mettent à dos bien des pays en ayant engagé un conflit conduisant à une crise énergétique mondiale, cela approfondit le fossé entre les Etats Unis et leurs alliés traditionnels en Asie et Europe. La Chine va certainement récupérer dans le Golfe des « déçus de la protection américaine ».


  • sylvain sylvain 19 avril 21:28

    si le fait que la chine n’utilise pas la confrontation directe mais un affrontement structurel base sur la domination technologique me semble vrai, c’est moins evident pour la Russie.

    Elle a plutot choisi la confrontation violente en Ukraine ou en Afrique. Elle se mele directement de la guerre ou la fait elle meme. D’autre part mis a part quelques systemes militaires high tech, elle n’a aucune chance dans la course a la technologie vis a vis de l’amerique ou surtout de la chine


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