mardi 27 mai 2014 - par alinea

Du fric à l’âme

Cela fait un moment que je vous lis, vous les commentateurs, que j'écris et commente ici ; et, hormis deux ou trois désespérément à droite, ultra libéraux, qui ne disent même pas qu'ils souhaitent un monde d'inégalités et de violences mais qui sont sans doute convaincus qu'en continuant dans le même sens, en accentuant même le trait, la richesse sera au rendez-vous !

Mais la richesse est-elle bien le problème ?

Les riches, pas seulement les fameux 1%, mais ceux qui ne comptent pas leurs dépenses, n'ont-ils pas plutôt , je dirais l'impression, d'être quelqu'un ? Quelqu'un que l'on salue dans la rue, que l'on respecte ou que l'on craint ou que l'on courtise, sans compter l'exonération des tâches fatigantes et tellement répétitives qu'elle en deviennent harassantes, les petites plages de farniente au soleil qui ôte la fatigue et le stress d'une vie vide et qui pourtant fait semblant d'être enviable ? La richesse n'est-elle pas seulement aujourd'hui qu' un laps de notre liberté d'humains adultes ?

On dit de beaucoup de gens qu'ils ont des responsabilités : faire son travail en fonction de ses compétences avec tout le sérieux et la concentration nécessaires pour que la chose à produire soit produite, que ce soit de l'électricité nucléaire, du lait ou des voitures conformes aux normes de sécurité ! Mais sinon ? Les patrons n'ont plus la responsabilité du bien-être de leurs ouvriers, les juges de rendre la justice, dont les lois tendancieuses et élastiques laissent beaucoup de mou, les médecins de guérir, les enseignants de réussir leurs enseignements,etc. Aujourd'hui, les réparateurs qui se plantent, se font payer quand même et je vous mets au défi d'exiger d'eux qu'ils s'acquittent de leur engagement sans allonger la facture ! De même pour les vétérinaires qui ne repartent jamais bredouilles, et vous payez votre consultation chez le médecin même s'il a fait n'importe quoi ! À chaque instant de notre vie quotidienne, une bagarre, parfois longue, peut survenir si vous avez décidé d'en avoir pour votre argent  ! À l'épicerie, la vigilance est de rigueur, au restaurant la note est exigible même si c'était dégueulasse et que faisons-nous ? Nous laissons pisser ! La rupture est devenue totale entre la somme et l'acquisition ! C'est une veine de faire une affaire, et souvent le dit-on de ce qui devrait être normal ! Donc, les riches trouvent aussi des ouvriers qui foirent le crépi, qui ratent la cheminée, qui rétrécissent leur pull au nettoyage, des serveurs qui leur servent un vin bouchonné, des infirmières mal embouchées et ainsi de suite, sauf s'ils passent tout leur temps à chercher les meilleurs de tous en tout ! Mais les riches s'en foutent, car leur fric leur donne l'allant de soi, la sécurité, une évidence à être que ces petits embarras, que ces petites arnaques, incompétences ou négligences ne remettent pas en question.

Ce n'est évidemment pas le cas du précaire.

L'argent, qui est plus qu'une valeur, plus qu'un Dieu, notre sang, nos nerfs, intégrés au delà de tout, premier dans nos préoccupations, dans nos solutions, premier dans nos relations, cause unique – croit-on- de nos frustrations et seul baume envisagé, base exclusive de notre civilisation !!! Qu'est-il ? Rien, du vent, une invention de l'Homme, une valeur d'échanges devenue un pouvoir d'oppression, d'exclusion. Et ceci nous est imposé comme but, dès le début du collège, qui fabriquent aussi des jeunes incultes qui n'ont retenu que ceci : sans fric, t'es rien ! Ces jeunes que l'on montre du doigt comme l'enfer alors qu'ils ne sont que notre miroir ! Les mêmes qui ont « étudié » les rouages du pouvoir, se comportent exactement comme eux, et pourtant, bien que leur pouvoir soit aussi violent, ils sont respectés – ou craints- ou élus !! Ils ont été capables d'une formidable entourloupe : amener à leurs idées les gueux, les banals, les ordinaires ! Les gens passent leur vie à rêver de gagner au loto, de réussir leurs affaires sur un coup fumant, et pour les plus humbles, de trouver un bon emploi stable et bien rémunéré ; quelle collaboration aux principes de notre destruction que cette attitude-là !

Cette toute jeune société, à peine trente ans, s'inscrit non seulement dans notre civilisation judéo-chrétienne mais également dans les civilisations bouddhistes, hindouistes, islamiques, animistes et chinoises ( je ne dis pas confucianiste parce que Confucius est remis au goût du jour depuis peu en Chine, en réaction à cette modernité), obligée de balayer tout sur son passage, acceptant le mercantilisme puéril du New Age et tolérant ça et là les paroles mesurées de quelques dinosaures, et prenant comme axe du mal un islamisme intégriste, lui même s'étant épanoui en opposition aux attaques faites aux valeurs de sa religion. Même la culture laïque issue de notre révolution est mise à mal, malgré les belles devantures. Or, cette société est dépourvue des valeurs qui fondaient l'existence de tous (même si l'on trouve beaucoup à redire à ces valeurs) ; du reste c'est en partie pour cela que le chemin a été aussi largement ouvert avec autant de facilité.

L'accent a été mis pour la première fois depuis l'histoire de l'Homme, sur l'individu ; or qui est l'individu ? Vous, moi, des êtres inégaux en chances et en talent, des êtres exploiteurs ou exploités, des êtres qui, depuis toujours et dans le secret de leur conscience, estiment avoir droit à la dignité, à l'expansion de leur créativité, au confort des progrès, à la douceur du repos, aujourd'hui aux moyens des loisirs. On se doute bien que ce leurre en a abusé plus d'un d'autant plus qu'améliorer la vie de tous en se basant sur des valeurs plus solides, était chose plus compliquée à instaurer, et par qui ?

Mille, deux mille, trois mille ans de à la va comme j'te pousse et soudain, la proposition d'un confort royal pour le commun ! À condition bien sûr de le valoir bien ! La foule se rue au portillon, trente, quarante, cinquante pour cent ou plus , selon les endroits, sont refoulés, refoulés mais pas vaincus ; les vaincus sont les exclus, de plus en plus nombreux certes mais, par définition, silencieux.

Si nous le voulons nous pourrons tous être rois, manger du caviar, dormir dans les ors, être servis, respectés, suivis !!!! Quel rêve !! Cela s'est réalisé un peu, sauf que pour faire durer le rêve, il a fallu élever les esturgeons, juste avant leur disparition ; ou bien se contenter d'oeufs de lump ou de cabillaud ; et même les lumps et même les cabillauds ont été quasi éradiqués ! Le pauvre Cyclopterus lumpus, a-t-il été flatté ? On en doute.

Alors ?

Peut-on, par devers soi, se dire que l'on « vaut » quelque chose, même loin de ces appâts ?

Il semblerait que l'on vaille si peu, au fond, que l'on fonce tête baissée vers les barbes à papa ( ces choses colorées, indigestes bien que pas nutritives, malsaines, et, très, très décevantes ; l'homme n'aime pas faire face à sa déception, la plupart du temps il se fait croire qu'il est content !) vendues à des prix à notre portée, dans toutes nos fêtes foraines, restaurants, hôtels, avions, destinations exotiques et j'en passe ! Le faire-semblant contente trop de gens, il induit une méconnaissance de soi qui nous paume au point de nous rendre malades, mais comme la solution n'est pas aussi clairement affichée que la cause, on reste comme deux ronds de flan, avec comme seule ténacité de ne pas faire rendre gorge à la vérité !

Nous voici rendus au stade, avéré, que l'on ne peut plus faire face à la réalité ! Notre réalité ! Et pourtant, comment améliorer notre condition si nous n'en avons pas vu tous les contours ?

Ceci est une régression pure et simple car je vous dis que nos anciens, s'ils vous paraissent avoir été plus malheureux, savaient se situer de manière sûre et savaient avec autant de certitude ce qu'ils pouvaient ou ce qu'ils ne pouvaient pas faire pour se libérer ! Le piège se referme, qui fait croire... autant que la religion, à ceci près que la nôtre, aujourd'hui, a rapporté au niveau des contingences les plus profanes, ce paradis promis ; remarquez, c'est normal vu que celui-ci se situe sur la terre, on conviendra qu'il crée moins de réjouissances du cœur, moins d'exaltations mystiques donc plus de rancoeurs d'en être exclu quand son avènement ne dépend que de la chance ; ni du mérite, ni de l'intelligence, ni d'aucune valeur promue depuis des millénaires ! Pour ce paradis sur terre, point n'est besoin de vertus, la bagarre, la violence, la rivalité suffisent ; c'est dire si c'est à la portée de beaucoup. Et c'est le but parce qu'on a tous compris que faire cette course, c'est la rente des fabricants de dragées hautes.

Pour faire bonne figure, on l'a vu, cette parfaite organisation tolère, et parce qu'il y a encore quelques mémoires, d'autres desseins ou aspirations dans la vie ; la spiritualité est consentie aux ratés du bulbe ou de la physionomie, les pauvres qui n'ont guère à espérer de la société dont les missels en papier glacé remplis de photogénies aux dimensions aux normes et à la plastique agréée, que l'on appelle icônes d'ailleurs, servent d'évangiles aussi. Inutile de dire que personne ne rêve des anciennes figures, d'appartenir à cette classe de vieilles filles au sacrifice à fleur de peau et les enfants de choeur ne font plus rêver personne ! Ce sont à peu près les seuls qui détiennent pourtant le statut, bien que leur spiritualité ne soit que dévotion.

Rien n'est plus aisé de nos jours que de faire croire n'importe quoi à n'importe qui ; les curés de jadis en seraient fort jaloux.

Donc, il peut sembler bien méritoire de vouloir améliorer ce modèle branlant sur ses bases incertaines, avec des idées chargées de morale passée, de décence déchue, et d'innovations faisant la part des choses, entre technologies, fleurons de notre progrès, et respect et amour de notre terre mère.

Tant que nous sommes en vie, et à moins d'être tombés dans une dépression grave, l'optimisme est de mise ; on ne sait rien de ce qui se passera et je suis assez curieuse pour deviner le tracé du chemin, avant de mourir ; l'anagramme de « deviner » étant « devenir » !!

La certitude c'est qu'on ne rafistolera rien ; mais il est probable que le réveil du peuple apportera son lot de valeurs constructives, essentielles à la vie, indépendamment de tout jugement moral.

On nous souffle qu'il ne faut pas approfondir, que le surf est suprême, qu'il ne faut pas pratiquer l'intériorité, que la chirurgie esthétique est plus à même de régler nos problèmes et que se réaliser passe par un emploi dans notre société. Par souci d'égalité, certains parlent d'un emploi pour tous, mais peu importe lequel, et par souci de normalisation de l'élitisme, on balance des diplômes à tout va, dans tous les secteurs, ce qui a comme conséquence, la glaciation des destinées. Nulle part et à aucun moment, on ne prône le dessein d'une société en marche qui aurait besoin de tous ses bras, de toutes ses compétences et de toutes ses énergies ; on se maintient dans un discours intenable d'égalité des chances devant l'élitisme, sans souci de l'oxymore mais surtout sans que ces paroles soient suivies d'actes ! Tout est fait, et le plus tôt possible pour séparer et faire croire que si on choisit les futures élites, on ne discrimine pas les autres.

Et si on décidait tout à coup de payer moins ceux qui ont des postes, des places, des tâches créatives ou de responsabilité, tout à fait à même de contribuer à l'épanouissement de l'individu, et que l'on compense par une paye plus importante ceux qui font les tâches nécessaires, indispensables mais plus contraignantes, plus fatigantes : que se passerait-il ? L'argent perdrait son aura de puissance et de privilèges qui ne lui doivent rien ; ni le talent ni la connaissance n'ont à faire avec l'argent ; la véritable puissance n'est pas pouvoir ; c'est vrai que je préférais l'art saltimbanque, les poètes maudits, les peintres mendiants,etc.. ils donnaient du sens à la pauvreté, il lui donnaient son rang de noblesse, de coeur ; l'argent était l'apanage des bourgeois, des marchands ; c'était très bien ainsi. Les pauvres étaient dignes, avec leur culture et leurs héros, c'est dommage que nous n'ayons pas pu améliorer leurs conditions matérielles sans détruire leur âme ! Aujourd'hui plus personne n'a d'âme, si ce n'est quelques individus ; bien sûr que le peuple se perdait dans un obscurantisme religieux, et ce n'était pas un hasard ; mais aujourd'hui ? Les néons des supermarkets comme seules lumières ?

À la mi XXe siècle, on a exterminé une population et pour ce faire, on a dû la dépouiller de sa dignité ; mettez Sarko tout nu dans une cour inconnue de lui, avec des chiens qui l'attaquent, il sera dépouillé de sa dignité ! Eh bien, la leçon a été prise. Une partie achetée, flattée, et l'autre à qui on donne des saloperies à manger, qui se rend malade, obèse, qu'on prive d'activités un peu gratifiantes, qu'on parque dans des ghettos et dont les moins adaptés, peut-être les plus fragiles, les plus sensibles se droguent, boivent, dépriment...

Le peuple avait à être dépossédé du danger qu'il représentait. La Bête Immonde est atteinte dans son corps après avoir eu l'âme brisée. Nous y sommes à peu près ; la seule chose que je souhaite, c'est que ce danger subsiste derrière l'apparente soumission. Qu'il reste une braise à souffler pour faire renaître son feu...

À regarder les résultats des élections, on dirait qu'elle s'ébroue et cela a l'air d'inquiéter fort ceux qui pensaient que le problème était réglé !! Mais une bête qui s'ébroue en sortant de la boue, si elle est capable de faire des dégâts, ne l'est pas toujours pour se ressourcer, restaurer sa santé. Une bête qui s'ébroue de cette façon, reste dans son présent, son ressenti, en espérant peut-être une solution à portée de main pour retrouver un passé magnifié. L'illusion, donnée par la religion puis par le consumérisme, a de beaux jours devant elle ; l'apparence a changé, la réalité a empiré. Oui, c'est décevant, franchement désespérant ! La solution n'est pas là où on la cherche, là où nous chassons il n'y a pas de gibier...



53 réactions


  • jaja jaja 27 mai 2014 12:31

    « Et si on décidait tout à coup de payer moins ceux qui ont des postes, des places, des tâches créatives ou de responsabilité, tout à fait à même de contribuer à l’épanouissement de l’individu, et que l’on compense par une paye plus importante ceux qui font les tâches nécessaires, indispensables mais plus contraignantes, plus fatigantes : que se passerait-il  »

    On serait alors dans une société solidaire mais cela ne se fera jamais sans que celles et ceux qui triment ne se soient soulevés pour prendre possession des outils de production tout en ayant exproprié les actionnaires capitalistes. En élevant leur niveau de salaire à eux, jusqu’à finalement rejoindre ceux de leurs « supérieurs » de toutes natures, avec le temps... et en baissant massivement leur temps de travail afin d’avoir davantage de temps pour s’occuper de leurs enfants, faire des choses intéressantes, se cultiver.... Alors la société d’exploitation, de classes antagoniques finira par disparaître....


    • asterix asterix 27 mai 2014 17:18

      ’jour Jaja

      Le malheur avec des idéalistes comme toi, c’est que dès qu’il y a changement radical de donne, les nouveaux égalitaires chercheront tous à occuper une meilleure place dans la nouvelle échelle sociale et tout recommencera comme si rien ne s’était passé avant.
      La troupe ne marche que jusqu’à la victoire. Après, elle se partage le butin. Inéquitablement, cela va de soi.
      Exemple : Cuba.
      Alinéa a raison : il faut poser les vraies questions avant d’y répondre.


    • alinea alinea 27 mai 2014 20:57

      ( moi aussi je peux à cette heure !!)
      Il y a bien du mal de fait Jaja !! je vais vous raconter une histoire vraie que je ferai aussi courte que possible.
      Un médecin allemand, très à gauche et très partageux, avait décidé de payer la nounou- femme de ménage, en fonction du fait que son travail et sa présence lui permettait de travailler ; il ne partageait pas tout à fait sa paye en deux mais presque. Ça s’est très mal passé ; la nounou, le prenant sûrement pour un farfelu, n’assurait absolument pas sa tâche, au point qu’il a dû ( comme on dit) s’en séparer et revoir son idéalisme à la baisse !!
      Ne négligeons jamais la programmation des esprits, elle est plus forte que tout ! C’est bien pourquoi le problème est si complexe ! Si les « humbles » étaient par nature aussi « fiers » que les nantis, aussi sûrs d’eux, nous n’en serions jamais arrivés là ! Mais malheureusement l’enfant est malléable et une fois modelé, c’est impossible ou très difficile d’y revenir !!


  • claude-michel claude-michel 27 mai 2014 12:33

    La terre a une mémoire...l’homme l’a perdue depuis longtemps n’ayant plus d’osmose avec la nature...Il a besoin de points de repères bien précis pour se sentir vivre...(il vit avec une montre pour savoir a quel moment de la journée il se trouve..)..Il est conditionné par une société qui se sert de lui..qui l’utilise..qui l’exploite..incapable (dans son ensemble) de réagir a ce qu’il reçoit de l’extérieur...Son cerveau rétréci à vu d’œil..ne peut réagir dans l’instant..c’est le flou total..une sorte de robot ou de zombie..Métro-boulot-dodo.. !


    • alinea alinea 27 mai 2014 12:49

      Oui, c’est bien ce qui me désespère, c’est pourquoi j’espère qu’il subsiste une flammèche de vie dans le coeur du plus endurci !!


  • alinea alinea 27 mai 2014 12:56

    Jaja ( impossible de me placer sous votre comm)
    La valeur que l’on donne à l’argent est une invention ou plutôt un artifice ; c’est Bourdieu qui a bien exprimé la différence entre pauvreté et misère ; aujourd’hui c’est l’exclusion ! Je crois encore que ce que l’homme a fait, il peut le défaire, mais nous sommes allés très loin dans la « déconstruction » de l’être et si nous sommes trop loin, s’en défaire sera très difficile, et si nous sommes trop trop loin, peut-être impossible ! Il ne suffira plus d’un petit pourcentage d’éclairés pour rectifier le tir ; on a tout volé aux pauvres ! il ne leur reste rien ( en tout cas dans nos pays) ; l’humain est très fragile...


    • asterix asterix 27 mai 2014 17:40

      Bonjour Alinéa,

      J’ai eu plus de chance que toi parce que j’ai réussi à en placer une sous le comment à Jaja. C’est bien beau ce qu’il propose mais, en admettant qu’on se retrouve tous sur le même bateau, il y en aura toujours qui resteront au fin fond de la cale et d’autres dans la timonerie. L’humain est si fragile...


  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 27 mai 2014 14:16

    Bonjour Alinéa,

    J’aime bien généralement l’orientation de vos pamphlets enflammés, mais là je ne suis pas sûr de toujours comprendre.
    Par exemple quand vous parlez de la Bête Immonde, j’ai peur qu’il y ait des télescopages inopportuns et qu’il faille en revenir au fameux « qui fait l’ange fait la bête. »

    En tout, je suis pleinement d’accord avec vous lorsque vous écrivez « la réalité a Empiré » (que j’entends au sens soralien bien sûr smiley


    • alinea alinea 27 mai 2014 14:43

      Vous savez bien Luc-Laurent, que la bête immonde était le nom donné au peuple à la belle époque des enclosures, au XVIIe siècle, en Angleterre ; le début du capitalisme quoi ! Cette expression souligne bien ce que pensent de nous les « élites » ( d’argent !!) et je l’aime beaucoup ! À l’époque, il est vrai, les potentats ne mâchaient pas leurs mots ; comme aujourd’hui ils le font, pour créer une confusion totale, je n’ai rien trouvé de plus explicite pour ramener les choses à leur réalité !!


  • Nestor 27 mai 2014 14:40

    Salut Alinea,

    « Et ceci nous est imposé comme but, dès le début du collège, qui fabriquent aussi des jeunes incultes qui n’ont retenu que ceci : sans fric, t’es rien ! »

    Ça me rappelle un vécu ...

     J’étais avec des potes à Barcelone c’était en 1993 au mois de juillet, les éboueurs fessaient la gréve ils demandaient une augmentation ... Dans toute la ville des montagnes d’ordures s’entassaient sur les trottoirs et dans les rues ... Il faisait une chaleur de dingue, l’air était devenu pratiquement irrespirable, des odeurs limites soutenables. Les gens qui sortaient de chez eux m’étaient leur main devant la bouche ou prenaient des mouchoirs qu’ils plaquaient sur leur visage ... Tout le monde gueulait ! Surtout qu’à Barcelone les gens consomment beaucoup de poisson et que l’odeur de poisson pourri sous une chaleur de dingue ben c’est pas vraiment génial ... 

    Quand ils ont eu gain de cause les éboueurs ont débarqué pour faire leur taf ... Ce qui était génial ce jour là, c’est que les gens sortaient de chez eux pour les applaudir de façon sincère et non hypocrite ...

    La plupart du temps les gens ne prennent même pas consciences que les éboueurs existent ... Ce jour là ils ont compris l’utilité de ces personnes là ... Après ça à Barcelone si en cours ton prof qui avait vécu ça te demandait qu’est-ce que tu comptes faire plus tard quand tu seras grand et que tu lui répondais « éboueur Monsieur », le prof répondait « c’est un noble métier » ...

    Éboueur c’est se lever tout les matins de bonne heure pour ramasser la merde des autres ... Un métier qui à l’époque et même sûrement encore est mal reconnu par rapport au service qu’il rend à la communauté ...

    Pas beaucoup de gens ou de profs considèrent qu’éboueur est un bon métier, parce que beaucoup ne voient avant tout que le profit que peut générer un métier et non le service qu’il peut rendre à une communauté !

    Et si demain un gamin répondait à son prof à la question qu’est-ce que tu veux faire plus tard par éboueur et que le prof lui réponde « t’as pas mieux ? » je suggèrerais de lui répondre : « faudra bien toujours quelqu’un pour ramasser votre merde Monsieur » ...


    • alinea alinea 27 mai 2014 14:47

      Oui Nestor, c’est ce que je pense ; être utile à tous, et n’en être pas mésestimé voire déprécié, me semble la base la plus belle d’une vie ensemble ; alors comme c’est loin d’être le cas, l’idée de bien payer ces gens-là me paraîtrait une juste compensation. Ensuite, bien sûr, dans une société où l’argent aurait disparu des valeurs, le problème ne se poserait plus !!


    • Nestor 27 mai 2014 16:12

      « Les gens qui sortaient de chez eux [m’étaient] leur main devant la bouche » ... Pas mal non ? smiley 


    • Nestor 27 mai 2014 16:14

      « dans une société où l’argent aurait disparu des valeurs, le problème ne se poserait plus !! »

      Oui le rêve ! En tout cas pour moi mais je suis pratiquement sûr que ce n’est pas de l’avis de tous ... smiley


    • alinea alinea 27 mai 2014 16:40

      C’est bête la lecture globale, cette merveille m’avait échappé !!


  • Neymare Neymare 27 mai 2014 15:27

    Le probleme n’est pas tant l’argent que les causes psychiques de la soif de l’or : pour beaucoup il s’agit d’une sécurité.
    On se sent tous dans ce monde en danger de perdre ce que l’on a, et l’argent, son accumulation, permet de résoudre cette peur, a condition d’en avoir suffisamment
    Pour d’autres, il s’agit d’une façon de s’affirmer : « je suis quelqu’un car je suis riche », ainsi je me démarque des autres, la plupart des hommes sentent ce besoin de se démarquer, de « grandir », de dépasser ce que l’on est.
    Dans ce dernier cas, c’est une course sans fin : on le voit bien avec tous ces milliardaires, qui ont toujours besoin de plus et toujours plus comme s’ils remplissaient un puits sans fond.
    Je pense que c’est un élan de l’âme : elle veut qu’on grandisse, qu’on devienne plus, mais notre réponse à ce message est inadéquate : cette société nous a apprit que la seule façon de grandir c’est d’etre riche, et/ou d’avoir du succès (ce qui revient au meme), voire éventuellement, si on peut écraser les autres au passage c’est encore mieux : seule la réussite sociale est valorisée, c’est bien simple il n’y a quasiment pas d’alternative.
    Mais l’âme, elle, ce n’est pas de cette façon qu’elle veut grandir, elle sait bien que tout cet argent, cette réussite sociale n’est qu’illusion, de la véritable pacotille de bazare, qui ne vous empechera jamais d’etre malheureux, et qui vous verra mourrir avec une étrange impression de vide, comme si on était passé a coté de quelque chose.
    Alors ,ne vous laisser pas avoir par le lavage de cerveau de la société, c’est quelque chose de bien plus grand que votre âme vous demande, quelque chose qui dépasse toutes les richesses matérielles de ce monde.


    • alinea alinea 27 mai 2014 16:47

      Neymare,
      L’argent a ôté tout le précieux des choses importantes ; je pense que dans dix mille ans, peut-être avant, les enfants apprendront « l’âge de fer », « l’âge de bronze ».. ; « l’âge du pétrole » et peut-être en seront-ils à « l’âge de l’âme ! »
      On nous met des bâtons dans les roues, mais on ne nous interdit pas d’avoir une âme ni de mépriser cette valeur de l’argent !!c’est déjà ça !!


    • Neymare Neymare 27 mai 2014 16:52

      Alinea
      J’espère qu’il ne faudra pas attendre 10.000 ans ! On aurait le temps de tomber bien bas d’ici là. Tout est cyclique, l’age de l’ame est dejà venue et elle reviendra, beaucoup de personnes commencent à ouvrir leur conscience a autre chose que ce qu’on veut faire de nous, malgré les apprences, nous sommes sur la bonne voie


    • alinea alinea 27 mai 2014 17:15

      J’aime votre optimisme Neymare, mais je crois - et je ne comprends toujours pas comment ni pourquoi- il y a toujours eu de l’âme dans l’humanité ; mais en infime proportion, surtout aujourd’hui ; c’est Huxley qui explique bien l’équilibre d’une société avec ses marchands, ses paysans, ses artisans et ses prêtres, ceux-ci étant, surtout en Orient, porteurs d’une vraie spiritualité.


    • Neymare Neymare 28 mai 2014 08:49

      C’est vrai, mais l’humanité, tout comme l’individualité, est amenée à évoluer. Les principes agissant dans l’individu sont les memes que ceux qui agissent sur l’humanité, l’univers ou la terre, c’est une évolution pour nous ramener à ce que nous sommes réellement.
      Observer l’histoire de l’humanité, vous pourrez y retrouver les memes étapes d’évolution spirituelles que l’on retrouve chez un individu, les memes blocages entrainant le meme genre de crise.
      Il est évident aussi que tous les individus n’en sont pas aux memes stades d’évolution, c’est pourquoi l’humanité est compartimentée en classes différentes, se succédant au « pouvoir », selon un cycle bien précis


  • Gabriel Gabriel 27 mai 2014 16:32

    A vouloir posséder vous étiez possédé,

    A vouloir accumuler vous étouffiez sous l’inutile,

    A vouloir avoir vous vous êtes appauvri,

    A vouloir paraître vous étiez illusion,

    A vouloir désirer vous n’avez point aimé

    A vouloir toujours plus vous étiez insatisfait

    Aujourd’hui, riche de rien et le cœur sec, vous mourrez sans avoir vécu...


    • alinea alinea 27 mai 2014 16:49

      Bonjour Gabriel,
      Qui le sait aujourd’hui ? Et pris dans cette nasse sans perspective, comment rêver, désirer ce dont on ne sait rien ?


    • Nestor 27 mai 2014 17:03

      Salut Gabriel,

      Ça rejoint assez bien les citations de Sitting Bull ...

      « Il y a chez vous des personnes richissimes et des personnes qui souffrent de la faim. Chez nous, si quelqu’un a faim c’est parce que nous sommes tous affamés. Chez vous un homme est d’autant plus important qu’il peut étaler le plus de possessions, d’avoir, chez nous un homme compte par ce qu’il est et ce qu’il donne. Moi je suis trés important parce que malgré mes pouvoirs, je ne possède rien... »

      « Quand vous aurez coupé tous les arbres, pollué toutes les rivières, enfermé tous les animaux, alors peut-être comprendrez-vous que l’argent ne se mange pas ».

      Ou celle de Black Elk ...

      « ...la paix ne sera pas possible entre les nations tant qu’on ne sera pas convaincu que la véritable paix se trouve au coeur même de l’âme humaine. »


  • Piotrek Piotrek 27 mai 2014 17:01

    De belles paroles que voilà

    Beaucoup diront qu’ils ne s’agit que de belles paroles.

    Moi je dis juste qu’elles ne suffisent pas : Il existe une science à la mode c’est celle de l’économie comportementale (behavioral economics car la quasi-totalité des articles sont en anglais) et devinez quoi, elle prouve que vous avez potentiellement raison.

    A coup d’expériences particulièrement pertinentes et très encadrées, on découvre que le comportement humain face à l’argent est tellement illogique et contre-intuitif qu’on se rend compte qu’on se trompe presque en permanence.

    - Il n’existe par exemple aucune corrélation entre le bonus accordé au directeurs de banque et le résultat de la banque

    - Il est prouvé que l’on donnera plus d’argent à une association qui présente la photo d’un enfant pauvre plutôt que toute une classe remplie d’enfant pauvres.

    - Plus on paye quelqu’un pour un travail intellectuel, plus le travail sera mal fait (en revanche c’est différent pour le travail physique)

    Moralité : on ne connait encore presque rien à la mathématique de notre motivation (celle qui conduit l’économie et le progrès) mais plus on recherche dans cette direction (avec la rigueur scientifique) plus on se rend compte que toutes nos intuitions face à l’argent sont complètement fausse. Ce n’est qu’en apprenant plus sur cette voie et en confrontant ceux qui dirigent le monde avec leur croyances moyenâgeuses avec des vérités surprenantes mais prouvées qu’on y arrivera. Le roi sera nu un jour.

    Beau texte, tout de même.


    • alinea alinea 27 mai 2014 17:11

      Comme l’argent ne récompense jamais l’effort, mais bien plus le bluff, on voit bien qu’on nage dans une société pleines d’incompétences, malgré tous les progrès que l’on veut en matière de technologies ou autres !!


  • Allexandre 27 mai 2014 17:44

    L’argent a toujours été un élément central dans la vie de l’humanité. Argent sous toutes ses formes. Mais la richesse ne concernait qu’une infime minorité pendant de nombreux siècles. Depuis le XIXème siècle, l’argent est devenu indissociable cu capitalisme moderne et de la consommation de masse. Or consommer est devenu une nouvelle philosophie, une finalité de vie. Si l’on ne consomme pas , cela signifie qu’on est hors du système, marginalisé, pas intéressant. Si je ne peux exhiber le dernier 4/4 Rover, ou le dernier Ipode, ou je ne sais quoi, alors on n’a pas réussi socialement. Donc valeurs et principes passent au second plan, voire au troisième. Et les jeunes générations ont été prises en otage par la publicité, la télévision et internet qui ne les incite qu’à consommer toujours plus. Donc l’argent est indispensable. Les moyens pour se le procurer sont source d’ingéniosité. Aujourd’hui, beaucoup d’élèves veulent être traders. Avant c’était avocat, médecin, véto. L’argent corrompt aussi les adultes. Il n’est que de voir la sphère politico-financière avide d’argent, ou encore les conflits familiaux autour d’un héritage. Plus rien ne compte. Aucune valeur n’a droit de cité. Seul l’argent compte. C’est désolant.


    • alinea alinea 27 mai 2014 20:44

      Non, je ne crois pas qu’il a toujours été central ! Le fait est que depuis que nous sommes civilisés, le peuple en a toujours bavé pour joindre les deux bouts, mais ils étaient dans la survie ; rien à voir !
      Je sais bien que je ne connais cela que par la littérature ( et je ne parle pas de Zola !) mais l’humanité, les relations - avec toutes ses haines et ses amours bien sûr- m’ont toujours attirée ; un rien donné prenait toute l’importance de la générosité et c’était de la chaleur qui passait ! Aujourd’hui ! Que couic !!


    • Fergus Fergus 27 mai 2014 22:41

      Bonjour, Allexandre.

      A noter que l’argent n’est ni la richesse ni la puissance, mais un simple vecteur. Or, en voulant toujours plus d’argent, c’est après cette richesse et cette puissance que les hommes, du moins ceux qui sont dépourvus de sagesse, courent depuis des millénaires, depuis longtemps avant que l’argent soit apparu. Dans de nombreuses sociétés primitives, il y avait des dominants qui possédaient plus de femmes, plus de bétail, plus d’esclaves. Et cela alors que l’argent n’existait pas encore.


    • Allexandre 27 mai 2014 23:02

      Alinéa,


      Moi qui suis historien, je te garantis que l’argent ne fut central que pour la noblesse et le clergé. Le peuple gagnait difficilement sa vie, avec l’épée de Damoclès au dessus de sa tête, la météo et les récoltes.
      Mais aujourd’hui, tout a changé.
      Relis bien ce que j’ai écrit. Tu n’as pas bien lu.

    • Allexandre 27 mai 2014 23:06

      Fergus,

      J’ai bien écrit « l’argent sous toutes ces formes ». Donc ça veut dire toutes. Donc posséder de l’or, des chameaux, des femmes ou bétail, c’est la richesse. Mais aujourd’hui c’est l’argent monnaie qui prime. A n’importe quel prix. C’est là le drame !!

    • alinea alinea 27 mai 2014 23:10

      Si ! j’avais bien lu, mais l’argent comme obsession ou comme centre d’intérêt n’est pas le fait de la richesse !! ( des riches), et suite à la première phrase, j’avais compris qu’il l’était pour tous !!
      excuses...


  • Jean Keim Jean Keim 27 mai 2014 20:15

    Il y a X boulots utiles et/ou indispensables, il y a Y personnes disponibles en situation de travailler, donc X/Y et le tour est joué, bon d’accord ce serait un peu plus compliqué que cela, mais c’est concret et valable aussi bien pour MonSieur de MachinChose que pour Marcel, Ahmed ou Mamadou. Le fric dans sa nature actuelle disparait mais plutôt que d’être payé en patates, baguettes, électricité ou litres d’essence, pour des raisons de commodité, on touche en fonction de ses besoins réels une certaine quantité de monnaie que l’on échange ensuite contre ce que nous avons besoin, sans possibilité d’amasser ni de prévariquer. L’informatique et la robotique permettraient déjà ce genre de réalisation, tout le reste est à imaginer, y compris la possibilité d’avoir du superflu. Personne n’est mis sur la touche même celui qui ne veut pas atteler, c’est son droit, il touchera un minimum vital mais très vite il se sentira à l’étroit dans sa coquille. 

    Il nous restera suffisamment de temps libre pour chercher* individuellement ou collectivement ce que vivre signifie. 
    * PS : pour les enragés des liens internet, SVP, ne coller rien dans un éventuel commentaire 

    • alinea alinea 27 mai 2014 20:39

      Tiens c’est bizarre, Jean, comme recommandation : vous en avez marre de la propagande des uns et des autres ? smiley
      Si l’argent n’était qu’une valeur d’échange et pas de respectabilité ou même de dignité, on aurait fait un grand pas ! Moi qui croyais que l’humain était si intelligent ! et que toujours il avançait, il avançait !! Car il faut bien reconnaître qu’aujourd’hui l’argent ne sert qu’à des conneries- et encore à l’exploitation des petites bonnes ! Non content de produire des tonnes et des mètres cube de déchets, il est si volatile qu’il ne satisfait pas ! Il faut être maso tout de même pour s’entêter ; les riches aiment l’argent parce que ça les place haut dans la pyramide, mais les pauvres ? Puisqu’ils n’en ont pas ? smiley


    • Jean Keim Jean Keim 27 mai 2014 21:36

      Non Alinea, pas marre de la propagande, je la compulse par curiosité, mais pour certains aspects de la vie, une réponse ne vaudra jamais une bonne question.

      Si un pauvre a réellement besoin de se situer dans la pyramide sociale, il peut suivant son image de soi, se situer dans n’importe quel niveau mais dans ce cas sa pauvreté possède une valeur à l’instar de l’argent.

    • alinea alinea 27 mai 2014 21:48

      Je suis bien d’accord, mais j’ai expérimenté, à mes dépends, l’empreinte énorme des valeurs d’une société donnée, sur le quidam ; aujourd’hui, il faut être un héros ou un sage pour arriver à ce que vous dîtes ; naguère,il suffisait d’être soi.


  • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 27 mai 2014 21:56

    Bonsoir,

    après avoir lu le titre,
    j’ai vu la photo.
    La photo.
    La photo de billets.

    Ah ! Ce sont des billets de 100, hein ?
    Oh la la !
    J’ai essayé de compter les liasses, ’y en a combien ?
    Et combien ’y en a par liasse ?
    On pourrait pas avoir une photo plus grande ?
    ’y en a pour combien sur la photo ?
    D’où elle vient la photo ?
    Qui a pris la photo ?
    Ce sont des vrais ou des faux ?
    A qui ils sont ces billets ?
    Si j’avais ces billets, qu’est-ce que je pourrais bien m’acheter, voyons, voyons ?

    Tous ces billets.


    • alinea alinea 27 mai 2014 22:08

      J’ai trouvé que c’était si froid, si moche, que je me suis demandé pourquoi cela attirait tant !! smiley


  • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 27 mai 2014 22:01

    Tableau de productions de billets (et pièces, onglet « coins ») en euro classés par valeur, année d’émission et par banques centrales nationales  :

    http://www.ecb.europa.eu/stats/euro/production/html/index.en.html

    Très instructif.

     


  • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 27 mai 2014 22:04

    Si vous essayez de scanner un billet en euro avec un scanner récent, l’appareil se bloque en cours de numérisation et un message d’erreur s’affiche.


    • alinea alinea 27 mai 2014 22:08

      La fausse monnaie, c’est tout un art !! je trouve que les faussaires méritent leur argent !!


  • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 27 mai 2014 22:22

    artiche, aspine, atout, auber, balle, beurre, biftons, blanc, blé, botte, boulange, boules, brique, carbi, carbure, chou, demi-sac, engrais, fafiot, fifrelin, flousard, flouse, foin, fraiche, fric, galetouse, galette, gâteau, grisbi, huile, japonais, jonc, kilo, kopeck, laitue, laubé, liquide, lové, matelas, monaco, monifle, monouille, oseille, osier, patate, pâte, pépettes, peseta, pèze, picaillon, plâtre, pognon, poussière, quibus, radis, rond, roue de devant, roupie, rusquin, soudure, thune, trèfle, tuile, petite vaisselle...

    L’argent est généralement l’un des trois termes les plus fertiles en argot (avec ’femme’ et ’faire l’amour’).

    Alors ?


    • alinea alinea 27 mai 2014 22:30

      Vous oubliez les « queues de cerises », les « nèfles », les « prunes »... plutôt mon genre !
      Sinon, plein de mots que je ne connaissais pas, peut-être parce que ce n’est pas mon rayon ? smiley et pourquoi les radis vaudraient-ils quelque chose, plus que les nèfles ? Non mais !!


  • Karol Karol 28 mai 2014 09:23

    Bonjour Alinéa,

    L’argent anéanti tout et fait de celui qui est sous son emprise un être sans intérêt ni capital humain.


  • coinfinger 28 mai 2014 11:59

    Je partage entiérement votre constat et votre déploration des moeurs actuelles . Ce que je regrette c’est que vous l’associez à une représentation érronée et simpliste de l’argent .
    Une premiére remarque basique c’est qu’en tous temps et tous lieux les hommes et les femmes ont du assurer leur sécurité et que celle ci passe par la constitution de provisions pour faire face aux aléas ou simplement aux dépenses à venir ou importantes par rapport aux revenus immédiats .
    Une deuxiéme c’est qu’ils sont en société et s’échangent ( méme sous la forme de dons contre dons ) des biens et services entr’eux .
    la troisiéme résulte des deux autres : la nécessité de comparer les biens et services , en un mot d’en estimer la valeur . Ce que vous faites tout le long de votre article sans vous en rendre compte .

    Incidemment je viens là d’ énoncer les 3 fonctions de la monnaie , de l’argent comme vous dites .
    Pour qu’une société fonctionne bien il lui faut une bonne monnaie , quelque chose qui mesure bien la valeur , qui ne dépende pas de tel ou tel mais de tous et s’impose à tous .

    Or à l’époque actuelle nous avons en la matiére la pire des méthodes , celle qui consiste à pouvoir fabriquer une monnaie sans valeur , qui ne coute rien , à volonté et ainsi de se procurer des vraies valeurs sans contre partie . Evidemment ce pouvoir de fabriquer de la monnaie n’est pas donné à tous le monde , il est monopolisé par quelques uns , qui par là
    ont le pouvoir et la necessité ( pour que la situation perdure ) de corrompre tout les autres .
    Je ne crois pas nécessaire de chercher plus loin les causes , sauf pour remédier à cet état de choses mais là çà devient technique et complexe .

    Dans le cas d’une bonne monnaie il n’est pas nécessaire d’édifier moralement les uns ou les autres celà se fait de soi méme , y compris la tendance à accumuler au delà du nécessaire . Par contre croire qu’on pourrait abolir l’argent est une utopie dangereuse en ce qu’elle avalide aussi à sa maniére l’idée que tout se vaut et reserve à quelques uns le soin de dire ce qui est bon ou mauvais , bien ou mal .


    • alinea alinea 28 mai 2014 13:28

      bonjour coinfinger,
      En ce qui concerne l’économie aujourd’hui, je vous rejoins totalement, du reste je ne vois pas comment on pourrait nier le fait. Je parlais plutôt de valeurs morales dévoyées par l’argent ! si l’argent ( et pas la monnaie justement) restait « à sa place », tout serait beaucoup plus sain !
      Comparer les biens, cela peut se faire, et encore, d’une façon impartiale ( sauf qu’il y a toujours un travail donc un « service » derrière) ; mais en ce qui concerne les services !! je ne sais pas si je compare tout au long de l’article, mais je m’entête à ne pas comprendre pourquoi la pub ou la vente ou l’intermédiaire engraisse plus que la production ! Revenir au bon sens et à la décence n’empêchera pas certains de vouloir amasser , mais peu importe si les autres peuvent vivre décemment ! Du reste les gens peuvent s’enrichir ou prendre et abuser du pouvoir, seulement parce que les autres l’acceptent ! le noeud du problème est là, pas forcément insoluble mais presque puisque les principaux intéressés ne veulent même pas se poser la question !!!


  • L'enfoiré L’enfoiré 28 mai 2014 20:53
    Bonjour Alinéa,

    « La richesse n’est-elle pas seulement aujourd’hui qu’ un laps de notre liberté d’humains adultes ? »

    Bien sûr puisqu’on dit « Time is money »
    Et c’est vrai, l’argent est le nerf de la guerre.
    C’est un outil de réalisation de ses rêves, de ses cauchemars, mais pas une finalité.
    Ne pas en avoir, c’est devenir un assisté.

    Tellement de choses à dire sur un tel sujet, qu’il faudrait plus qu’un article.
    J’en ai quelques uns en backlog, si cela vous intéresse. smiley



    • L'enfoiré L’enfoiré 28 mai 2014 21:03

      J’oubliais de parler du titre « Du fric à l’âme ».

      C’est une métaphore ou un oxymore ? 

    • alinea alinea 28 mai 2014 21:09

      Bonsoir l’Enfoiré, vous êtes bien tard comme on dit chez nos cousins anglais !
      Je prenais laps dans son sens de « mouvement de glissement », c’est à dire que j’y vois s’engouffrer notre liberté. J’ai fait beaucoup de rêves dans ma vie pour compenser mon manque de moyens : ce n’était jamais des rêves d’argent ; des rêves de courage ou d’allant de soi qui m’aurait permis de faire face aux emmerdeurs de toutes sortes, des rêves de pouvoir parfois pour écraser les arrogants, enfin, d’être mieux que ce que je suis ! rêver d’avoir des habits à ma taille ou de bonnes chaussures parfois, oui, mais fugaces ! Et je n’ai jamais imaginé que j’étais la seule ! Mettre l’argent là-dessus - ce qui peut-être pourrait réaliser ces rêves, c’est se fuir soi-même, penser que l’extérieur peut être une solution.
      Il y a l’argent du « commerce » ordinaire, pour se nourrir, se loger,etc ; pour le reste, presque tout pourrait se faire sans ! Si rien ne peut se faire aujourd’hui sans argent, c’est que nous sommes allés très loin dans la démission de soi, dans l’apparence et le mensonge ; je ne vois pas ailleurs les graves problèmes de notre société ! et qui atteignent tout le monde, surtout ceux qui en ont bien sûr, mais tous ceux qui pensent que le fric pourrait les réaliser !!


    • alinea alinea 28 mai 2014 21:10

      Ça peut être le chemin entre le fric et l’âme, ou bien accrocher le fric à son âme !


    • L'enfoiré L’enfoiré 28 mai 2014 21:31
      Alinéa,
      « c’est à dire que j’y vois s’engouffrer notre liberté. »
      Exact. Vous devez connaitre cette chanson de Starmania. Elle démontre ce que c’est d’en faire partie.

       « pour compenser mon manque de moyens »
      Je ne connais pas votre compétence pour dire si ce manque de moyen est normal ou non, donc je n’y ajoute rien.

       « d’être mieux que ce que je suis !
      Vous êtes sur la bonne voie à chercher à vous renouveler. Dans une vie, il faudra envisager d’avoir plusieurs vies actives dans une vie humaine. Parler de vêtements, de chaussures comme rêves, est une vision très féminines que nous, hommes, n’avons généralement pas. Donc, pas impacté.

       »se fuir soi-même, penser que l’extérieur peut être une solution.« 
      Oui, peut-être, mais cette solution est de très courte durée.
       
       »Si rien ne peut se faire aujourd’hui sans argent, c’est que nous sommes allés très loin dans la démission de soi, dans l’apparence et le mensonge ; je ne vois pas ailleurs les graves problèmes de notre société !"

      Alors tout le monde ment ou croit mentir. 
      Je ne suis pas croyant, je suis immunisé contre toutes les croyances, les solidarités non comprises dans un échange de bons procédés. 


    • alinea alinea 28 mai 2014 22:19

      Oui, tout le monde se ment ! ou presque !! Tout le monde se rue sur des recettes pour s’améliorer, physiquement, « spirituellement » ; le mieux, c’est quand c’est facile ! Si c’est cher, on se contente d’ersatz !
      On a toujours à s’améliorer parce que l’on se trouve toujours dans des situations où on n’est pas à la hauteur ! ( il arrive forcément...)
      J’ai eu pas mal de vies ! du coup je me dis que je n’ai pas tout raté !!! quant aux bonnes godasses, avec tout le boulot que j’ai fait dehors, ce n’était pas un luxe ni une futilité ; je n’en trouve plus et ce n’est pas faute de moyens, je n’ai jamais eu de chance avec la société de consommation, c’est rare que j’en sois satisfaite !! peut-être parce que je suis anti consommation depuis la nuit des temps !!!


    • L'enfoiré L’enfoiré 29 mai 2014 09:09

      Je ne peux que vous féliciter, Alinéa.

      Pour vous le dire, je vous invite à regarder « Tous allergiques ».


    • L'enfoiré L’enfoiré 29 mai 2014 20:19

      C’était une parabole.... bien sur.

      L’allergie peut exister avec tout... L’odeur de l’argent peut donner une allergie... smiley

    • alinea alinea 29 mai 2014 20:45

      J’y vois qu’à force de s’être coupés de la nature, elle nous devient étrangère, hostile ! Dieu merci je suis une femme sauvage, instinctive et rien ne me fait moucher ni tousser !!! Pour les secrétaires toujours en ville, sans sueur ni odeur, c’est plus difficile !! Le dégoût du corps, le rejet du corps... toujours confusion entre naturel et laisser-aller ! Et puis il y a les allergies comme réponse à une agression confondue avec une autre, très psy, et bien connue, et soignable !

      Personnellement je ne suis pas allergique à l’argent ; j’en aurais plus,, je saurais quoi en faire... sans consommer !!


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