mardi 24 septembre 2013 - par Emile Mourey

Du repas essénien de Bibracte à la Cène de Léonard de Vinci (suite et fin)

Bien sûr qu'il m'arrive de me tromper, mais c'est presque toujours par précipitation, manque de réflexion et d'approfondissement. Bien sûr que dans la fresque du monastère de Santa Maria delle Grazie à Milan, le personnage avec lequel Léonard de Vinci converse ne peut pas être Socrate comme je l'ai très imprudemment écrit dans mon précédent article. D'une part, le personnage de la fresque ne correspond pas du tout à la description qu'un de ses contemporains donne de Socrate - un visage de Silène - mais aussi et surtout parce qu'on ne voit pas ce que la présence de ce philosophe dans la fresque aurait signifié pour les moines qui prenaient leur repas dans le réfectoire. En revanche, une évocation du fondateur de la communauté, saint Dominique, s'imposait. Et encore mieux, celle de saint Augustin quand on sait que l'ordre suivait les règles qu'il préconisait. Quelques années plus tôt, Botticelli avait fixé les traits de l'illustre théologien philosophe et il suffisait à Léonard de s'en inspirer pour le représenter, et encore mieux, avec son long manteau.

 Rien d'étonnant à ce que Raphaël ait repris l'image, le temps passant, en faisant perdre au saint ce qui lui restait de cheveux, à moins que cela soit toujours le même modèle mais qui aurait vieilli, plus jeune à gauche, dans la peinture de Botticelli, plus âgé au centre dans celle de Léonard, devenu chauve à droite dans celle de Raphaël. Ainsi s'expliquerait la haie d'honneur de l'école d'Athènes : d'un côté, l'ancien monde avec sa riche culture antique, de l'autre le nouveau monde chrétien avec sa nouvelle élite. Derrière saint Augustin se devine le crâne tonsuré de Thomas d'Aquin.   

Ceci étant dit, il me semble qu'il serait dommage de ne pas chercher à identifier l'énigmatique personnage à la tunique rose, ou plutôt rouge à l'origine, de la Cène de Léonard de Vinci.

S'agit-il de Charles VIII ? Certes, dans ce qui se voit actuellement de la fresque, il ne semble pas avoir le nez long et busqué qu’on lui prête mais ses mains délicates font penser à un intellectuel et son geste de toucher Pierre (le pape) et Pilate (un Romain) pourrait avoir une signification. J'ai agrandi la reproduction de Wikipédia au maximum, examiné quelques copies. Vu les nombreuses restaurations qu'a subies la fresque, je ne sais que penser mais l'hypothèse est séduisante.

Voici ce que dit Wikipédia au sujet du roi de France et de son château d'Amboise (extrait) : Passionné par la culture italienne qu’il a découverte pendant les campagnes d’Italie, Charles VIII invite à Amboise de nombreux artistes italiens en 1495 (Dominique de Cortone et Fra Giocondo notamment) qui vont totalement transformer le château à la mode de la Renaissance... Plus de 250 maçons travaillaient en permanence sur ce chantier... Charles VIII mourut à Amboise d’une hémorragie cérébrale en 1498 à l’âge de 27 ans, après avoir violemment heurté de la tête un linteau de pierre de la galerie Hacquelebac le 7 avril, alors qu’il se rendait au jeu de paume.
 
Il existe un dessin préparatoire de la Cène daté entre 1490-95 http://www.premiumorange.com/tapisseries-licornes/CHASSE/07-%20La%20C%E8ne.htm
 
Ce dessin signifie que Léonard était alors en pleine réflexion. Le fait qu’il ne l'ait pas suivi montre bien que c’est en voyant le bas relief sculpté de l'église de Mont-Saint-Vincent qu’il a abandonné son idée première pour s'inspirer de la sculpture comme je l'ai expliqué dans mon premier article.
 
Grand merci à Antenor qui m'a indiqué ce lien dans un commentaire http://fr.structurae.de/structures/data/index.cfm?id=p0000360. Léonard de Vinci est venu en Bourgogne en prévision de la réalisation du canal du Centre. C'est la preuve inespérée de son passage à Mont-Saint-Vincent. La place forte se situe en effet sur une position dominante, à l'endroit critique où l'on pouvait réaliser la jonction entre la Saône et la Loire. Toutefois, je vois mal Léonard venir en Bourgogne uniquement pour une reconnaissance en vue d'un projet de canal dont personne n'a parlé avant lui. Je pense plutôt que c'est en se rendant à Amboise qu'il a fait étape à Mont-Saint-Vincent qui était à ce moment-là une importante seigneurie et que c'est là qu'il s'est rendu compte de cette possibibilité de canal. Le problème, c’est que je n’ai pas trouvé trace de son séjour à Amboise à cette date. En revanche, il serait étonnant que Charles VIII ne l’ait pas invité à venir, au moins pour donner son avis sur la construction de son château. A-t-on la date du passage de Léonard concernant le canal ? Cet intermède pourrait expliquer le retard pris pour terminer la fresque, mieux qu'une soi disant lenteur à la peindre.
 
Tout cela pour dire qu'après l'intervention de Charles VIII en Italie et un éventuel séjour de Léonard dans son entourage, à Amboise, il me semblerait assez logique que le peintre érudit ait noué des liens d'amitié avec ce prince également érudit. Par la suite, sa retraite à Amboise auprès de François Ier ne serait que le prolongement d'une histoire d'amour entre lui et la France qui aurait commencé avec Charles VIII.
 
J’ai aussi vérifié l’âge de Salaï. Comme il avait dix ans en 1490, il aurait donc eu 18 ans lorsque la fresque est achevée. C’est un peu juste mais n’est pas impossible, d’autant plus que Léonard a dû terminer son travail de ce côté-là.
 
En conclusion, je voudrais réaffirmer, une fois de plus, les thèses que je développe depuis déjà de très nombreuses annéees et qui, chaque jour, se confortent. Le bas relief sculpté de Mont-Saint-Vincent est une preuve de plus pour y situer la capitale éduenne de Bibracte. 
 
Ce que j'ai voulu dire dans ces trois articles, c’est que le repas représenté dans le bas relief de l'église de Mont-Saint-Vincent n’a rien à voir avec la Cène des évangiles et que nous faisons la même erreur que Léonard de Vinci en essayant de faire correspondre deux scènes qui relèvent de deux croyances différentes. Dans le bas relief, nous avons une allégorie politique du III ème siècle avec, au centre, un christ du ciel, dans la fresque de Léonard, nous avons l’Evangile.
 
Je sais, qu'à première vue, tout cela paraît un peu fou. Imaginer que les représentations du Christ qui sont dans nos églises trouvent leur origine dans un Christ éduen du ciel qui s'opposait alors à celui des évangiles dépasse l'entendement commun.
 
Reste à savoir si la ministre de la Culture et la DRAC de Bourgogne vont continuer à soutenir les archéologues dans ce qu'il faut bien appeler leur mauvaise foi à prétendre que le mont Beuvray est le site de Bibracte, ce qui est une tragique erreur.
 
E. Mourey le 23 septembre 2013
 
Illustrations : extraits de Wikipédia et Wikimédia.
Mes deux précédents articles :

 



16 réactions


  • soi même 24 septembre 2013 10:59

    Bonjour Émile, a se petit jeux , vous pouvez joué longtemps, trouver des resemblance et des inspiration mutuelle dans les différente époque où entre Artiste, c’est sport qu’Émile Focillon a imposé à l’histoire de l’Art.

    C’est tous de ce que vous avez a dire sur cette fresque, et bien conceptuellement, ce que vous dites et une part infime de vérité, une gros par de sottise, et au final.
     C’est Œuvre magnifique à plus d’un point, vous en faites en réalité, un suppositoire à vos obsessions Celtisante . 

    En plus vous avez le culot de prétendre que vous êtes un puits omniscient de ce qui est contenue dans les Évangiles.

    Je suis désole de vous le dire, vous êtes atteins de la maladie lugubre de l’Orgueil.

    http://www.photo.rmn.fr/LowRes2/TR1/Q3S4GY/06-514326.jpg


  • Demian West 24 septembre 2013 11:09

    Les philosophes grecs pouvaient aisément être représentés à côté de figures chrétiennes pendant la Renaissance, car le néo-platonisme de Marsile Ficin battait son plein. 


    Et tous les grands peintres et auteurs de cette époque pratiquaient entre eux un jeu consistant à imaginer quels grands personnages de l’Antiquité ils réincarnaient en quelque sorte, dans la pure tradition du pythagorisme.

    Donc, ce jeu de trouver des traits parents de personnages illustres dans les figures peintes est non seulement agréable et tentant, mais il était une raison « underground » ou occulte en quelque sorte des initiés de ce temps, et pour les initiés à venir.

    Il n’y a donc aucune limitation dans la recherche de ces indices qui savent occuper l’esprit. Et toutes imaginations participent de cette recherche inventive. 

  • Piere CHALORY Piere Chalory 24 septembre 2013 11:45
    Bonjour l’auteur,

    Vos analyses sont toujours intéressantes, à toutes fins utiles, voici une image de La Cène en Hd, téléchargeable, contrastes légèrement optimisés ; 



    /La-Cene.Vinci_.Hd-.Contraste.Optimisé.3.59Mb.


    Bon appétit & bonne fin de journée

    • Piere CHALORY Piere Chalory 24 septembre 2013 13:25

      Détail des personnages de gauche ;






    • Emile Mourey Emile Mourey 24 septembre 2013 14:08

      Merci pour l’agrandissement. Je continue de chercher. http://roi-de-france.monnaie.me/Roi-de-France-Charles-VIII.htm


    • Piere CHALORY Piere Chalory 24 septembre 2013 15:17

      Il existe à l’évidence une ressemblance entre ’’l’homme aux mains en l’air’’ et le Roi Charles VIII, le nez busqué, la moue... Après, il est vrai que ce sera difficile de ’’prouver’’ quelque chose 500 ans plus tard, mais bon. C’est aussi vrai que l’oeuvre est tellement abîmée que certains personnages sont à 90% effacés. La Cène, juste terminée devait être une oeuvre éclatante, aux couleurs vives et à la précision implacable quant aux symboles utilisés et allégories et métaphores historiques utilisées.


      Un autre détail : pour agrandir cliquez une deuxième fois sur l’image ;





    • Emile Mourey Emile Mourey 25 septembre 2013 12:44

      @ Piere Chalory et à Demian West

      Concernant l’homme à la tunique rouge, je pense que c’est bien dans cette direction qu’il faut chercher mais on n’arrivera jamais à une certitude car on est tributaire de l’Histoire. Si Léonard a terminé sa Cène après la mort de Charles VIII, il est bien possible, dans mon hypothèse, qu’il ait corrigé le profil pour le rapprocher de celui de Louis XII. Cela fait beaucoup trop d’hypothèses ; je préfère ne pas franchir le pas, mais je maintiens l’idée.

  • Demian West 24 septembre 2013 15:44

    @ Chalory,


    Vous dites : « oeuvre éclatante, aux couleurs vives et à la précision implacable quant aux symboles utilisés et allégories et métaphores historiques utilisées. »

    C’est tout le contraire de Vinci qui excellait dans le flou mystique génial.
    Et dans les symboles aussi. Tout n’est qu’allusions savantes et jeux de l’esprit.
    Rien d’implacable ni de rigide ou de définitif...

    Toutes ses oeuvres sont polysémiques et signifient des multitudes d’interprétations à dévoiler encore. Vinci était totalement opposé au réalisme de constat ou photographique. La peinture devait raconter des histoires, une storia, jamais un constat banal et brutal ou vulgairement réaliste, tout était idéalisme, selon la théorie d’Alberti appliquée par tous les artistes de la renaissance.

    Bonne journée

    Demian West

    • Demian West 24 septembre 2013 15:48

      Et les couleurs éclatantes ne vinrent qu’avec Michel-Ange qui fut le premier peintre du courant maniériste, justement parce qu’il a introduit des couleurs criardes et éclatantes, entre autres éléments maniéristes. smiley


      Vinci était tout dans la douceur.

      DW

    • Piere CHALORY Piere Chalory 24 septembre 2013 16:04

      Connaissant assez bien l’oeuvre de Vinci, possédant entre autre son ’’Traité de la Peinture’’ que vous avez assurément lu, et une dizaine d’autres ouvrages sur lui, j’ai hésité à utiliser le mot ’’précision’’ effectivement maladroit pour définir l’oeuvre de Leonard. Du fait d’abord de son utilisation extr^me du flou, sfumato en Italien


      D’abord la technique utilisée pour la Cène est la fresque, et non une peinture à l’huile, n’utilisant pas des glacis à n’en plus finir pour obtenir ce fameux sfumato. Ensuite observez la netteté du dessin du détail 2, notamment les éléments posés sur la table ; aucun flou, des traits nets, m^me après 500 ans de dégradations.

      Pour les couleurs c’est la m^me chose, le Christ bnéficie d’un accord orange bleu sur ses vêtements, parfaitement complémentaire et qui devait ’’déchirer’’ en terme d’impact visuel. Observez les portions de couleurs restantes sur l’image ; vous comprendrez qu’elles n’avaient rien à voir avec du pastel, ou de l’aquarelle...

    • Demian West 24 septembre 2013 16:13

      Je suis désolé de vous contredire. 


      Le maniérisme est un style qui a été défini par les couleurs vives employées par le seul Michel-Ange à son époque et dans la fresque : Les fresques de la Chapelle Sixtine.

      Et ce style n’a pas été défini par les coloris de Vinci, parce qu’ils n’étaient pas vifs.
      Aussi la fresque est floue par l’ajout de coups de pinceaux ajoutant des variations dans les coloris, même si la plupart ont disparu. Si vous imaginez que Vinci ne pouvait pas introduire du flou dans la fresque à cause de la contrainte technique, c’est le réduire et son génie technique. 

      Il suffit de voir les crayonnés préparatoires de la Cène par Vinci pour saisir tout l’esprit de délicatesse qui est tout sauf implacable et vif ou maniériste.

      Mais si votre goût y perçoit de l’implacable et du vif, c’est juste par l’effet d’une échelle de perception personnelle, à laquelle vous avez tout droit de vous y référer. Mais c’est personnel.

      Parler de couleurs vives et de traits nets dans la peinture et la fresque de Vinci, c’est parler d’un autre oeuvre et d’un autre peintre que Vinci. Il y a quand même une identité dans chaque peintre et tout n’est pas dans tout smiley

      DW

  • Piere CHALORY Piere Chalory 24 septembre 2013 16:37

    Vous avez mal saisi le sens du mot implacable, ou plutôt me suis je mal exprimé. il s’agit d’implacable au sens efficacité ; de sa capacité effectivement ’’brutale’’ à faire ressentir à tout un chacun le sens profond qu’il voulait donner à son oeuvre, comme ça, par sa technique et son génie technique et visionnaire.


    La suite nous prouve encore aujourd’hui son acuité et sa précision, paradoxale si l’on tient compte de l’aspect général de oeuvre apparemment douce et quand même révolutionnaire en même temps. C’est par exemple le premier peintre à avoir ’’osé’’ donner des proportions réalistes aux bébés, auxquels on donnait avant lui des proportions d’adultes ridicules en leur réduisant la tête.

    Les bébés ont une grosse tête, Leonard aussi. Pour les couleurs je persiste, pas pour d’autres tableaux, la Joconde par exemple, mais pour la Cène, aujourd’hui effacée à xx %, regardez bien les parties encore peintes, aux pigments forcément délavés par le temps.

    Si nous ne tombons pas d’accord, cela n’est pas si grave..

    • Emile Mourey Emile Mourey 25 septembre 2013 02:50

      @Morvandiau

      Bonjour, et encore si les archéologues du mont Beuvray ou leurs partisans profitaient de mes erreurs, on pourrait ouvrir le débat mais Vincent Guichard a fait le choix de « ne pas recommencer une polémique comme celle qui a eu lieu pour Alésia ». Actuellement, il fait le forcing pour que le centre archéologique européen devienne un musée modèle et un centre multiculturel, peut-être en prévision qu’il ne soit plus que le site d’un oppidum mais pas celui de Bibracte.

  • Emile Mourey Emile Mourey 25 septembre 2013 13:50

    @ Demian West et Piere Chalory

    Comment se fait-il qu’en 1642, d’après le relevé du père Dan, le tableau dit de « La belle Ferronnière » soit dans la collection du roi de France ? Cela ne signifierait-il pas qu’il aurait été peint par Léonard de Vinci lors d’un premier court séjour doré du peintre à Amboise, au temps de Charles VIII, comme j’en ai fait l’hypothèse argumentée à partir du bas relief de Mont-Saint-Vincent. La paix règnait alors entre Milan et la France jusqu’à la mort de Charles VIII, et des échanges culturels sont tout ce qu’il y a de plus logique.

    Mais si la belle Ferronnière a été peinte à Amboise, la Dame à l’hermine l’a été aussi puisque peinte sur le même bois.

    Question : la Dame à l’hermine est-elle le portrait sublimé d’Anne de Bretagne, épouse de Charles VIII, comme plus tard la Joconde sera, probablement, le portrait sublimé de l’épouse du marchand florentin Giocondo ? Les armes de Bretagne, et donc d’Anne de Bretagne, était l’hermine et une légende rapporte qu’elle y était très attachée. Je sais qu’on parle aussi d’une maîtresse de le More et que l’hermine serait la représentation de le More qui avait été décoré de l’ordre ??? Bizarre ! 

    Léonard de Vinci a-t-il influencé l’enlumineur du livre d’heures d’Anne, Jean Bourdichon ? Curieux, cet engouement commun pour la nature et ses petits animaux !

  • Antenor Antenor 29 septembre 2013 18:26

    @ Emile

    Une monnaie découverte au Mont-Beuvray :

    http://www.acsearch.info/record.html?id=318591

    Le cheval a une tête de serpent qui tire la langue. Voilà qui va dans le sens de votre identification du site avec Gorgobina. Cependant, Je pense que le site assiégé par Vercingétorix est la Rochemillay situé au pied du Mont-Beuvray. Ce dernier n’avait à mon avis qu’un rôle de capitale politique et de sanctuaire comme Corent en Auvergne. Les Boïens ont sans doute été rattachés aux Eduens après la conquête et n’avaient donc plus besoin de capitale. Ce qui explique l’abandon du Mont-Beuvray.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Larochemillay#Le_ch.C3.A2teau_de_La-Roche-Millay_.28Larochemillay.29

    Cela n’invalide cependant pas mon hypothèse plaçant les Ambivarètes dans le Nivernais étant donné que d’après César, les Boïens n’occupaient qu’un territoire réduit.


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