samedi 1er mars 2014 - par fatizo

Dusty Springfield, une voix irremplaçable

De son vrai nom, Mary Isabel Catherine Bernadette O’Brien, Dusty Springfield est née le 16 avril 1939 dans une famille d’origine irlandaise à Londres.

Dès sa plus tendre enfance elle est bercée par les plus grands standards du jazz et de la variété américaine. Très tôt, la jeune fille est encouragée par son père et elle enregistre sa première chanson à 11 ans.

Elle intègre en 1958 son premier groupe, The Lana Sisters. Deux ans plus tard, avec son frère Dion, ils forment un nouveau trio, The Springfields, un groupe de country- folk. Après quelques tubes et deux albums, des tensions conduisent à la séparation et Dusty se lance en 1963 dans une carrière solo.

Son premier 45 tours en 1963 « I Only Want To Be With You » est un énorme succès. La version française, "A présent tu peux t’en aller" sera également un hit, avec les versions des Surfs et de Richard Anthony.

Son premier album intitulé « A girl called Dusty » suit dans la foulée. Il est composé d’une douzaine de titres de reprises dont « Mama said » de Luther Dixon et Willie Denson ou encore « Don’t you know » de Ray Charles.

La Chanson « Wishin’ and hoping »créée par Dionne Warwick, sera le plus gros tube de cet album.

En 1964, sa tournée en Afrique du Sud est interrompue, après que la chanteuse ait proféré de vives critiques contre l’apartheid.

En 1965, sort « You don’t have to say you love me », qui n’est autre que l’adaptation anglaise de « Io che non vivo (senza te) » de Pino Donaggio et Vito Pallavicini. Le morceau sera numéro1 en Angleterre.

A l’apparence pleine de glamour de Dusty Springfield, on ajoutera sa voix si particulière. A la fois douce, sensuelle,chaude, romantique, mélancolique, et d’une grande maîtrise d’articulation, elle est proche de la perfection.

Elton John déclarera plus tard : "Je pense que c’est la plus grande chanteuse blanche de tous les temps."

Et qui peut oublier "The Look of Love",envoutant au possible, écrit par le célèbre duo Bacharach- David, qui fait parti de la musique originale de "Casino Royale", sorti en 1967.

L’album "Dusty in Memphis" (1969), est considéré comme son chef-d’oeuvre. Les plus grands compositeurs tels que Bacharach, Carole King, Gerry Goffin, Michel Legrand ou Randy Newman se sont mis au service d’une chanteuse au sommet de son art.

Même si cet album ne sera pas un succès en terme de ventes, il est reconnu comme l’un des cent meilleurs de tous les temps par le magazine Rolling Stone. Seul le sublime « Son of a Preacher Man » connaîtra le succès auprès du public.

Pour échapper aux critiques qui lui reprochent une vie trop dissolue (bisexualité et drogue), elle part vivre aux États-Unis.

Cette fuite marque aussi le déclin de sa carrière.

Dusty Springfield n’a plus de goût pour la musique, et elle ne surnage que grâce aux médicaments et à l’alcool.

Ce n’est qu’en 1987, moment ou elle fait la rencontre des Pet Shop Boys, qu’elle connait à nouveau le succès en les accompagnant sur le titre « What have I done to deserve this ? ».

Le duo enchaîne avec « Nothing has been proved » qui sera suivi d’un album « Reputation » sorti en 1990.

Entre temps, Dusty Springfield décide de retourner vivre en Angleterre.

En 1995, elle sort son dernier album « A very fine love ». La même année, la chanteuse est traitée d’un cancer du sein, et alors qu’il semblait être en rémission, celui-ci refait son apparition et l’emporte le 2 mars 1999.

Le jour de sa mort, Dusty Springfield a été décorée de l’Ordre de l’Empire Britannique dans les locaux de l’hôpital en présence de sa famille et de ses amis.

La chanteuse Adele aurait été approchée il y a quelques mois pour incarner Dusty Springfield au cinéma . Mais ceci n’est encore qu’un vague projet …

 

 

 



8 réactions


  • ALEA JACTA EST ALEA JACTA EST 1er mars 2014 10:30

    Bonjour Fatizo
    Une bio nécessaire...Combien d’ entre nous connaissaient son nom ? Pas moi, en tout cas, je connaissais certaines de ses chansons mais pas l’ interprète...faut dire qu’ à son époque la télé française, l’ ORTF, d’ une incroyable ringardise, nous servait surtout du Petula Clark, pendant que la BBC servait du Sacha Distel aux anglais...un prêté pour un rendu...
    Ne soyons pas injuste, en fait j’ aime aussi Petula et Sacha qui dans leur genre ne sont pas mauvais, mais qu’ est ce qu’ on a pu rater comme grands artistes à l’ époque...
    Pour revenir à Dusty Springfield, c’ est effectivement la grande classe...simplement magique et envoutant
    Bonnne fin de journée l’ ami


    • fatizo fatizo 1er mars 2014 11:02

      Bonjour AJE,

      C’et vrai que les médias n’ont guère changé finalement . Ils n’ont jamais été originaux.
      Un truc marche, et on ne regarde pas ailleurs. 
      Moi aussi j’aimais bien Pétula (moins Sacha) , mais nous ne sommes pas dans le même registre. Et puis à l’époque on opposait le rock et la variété . Les intellos étaient plus rock , et une chanteuse comme Dusty qui était à mi-chemin entre Soul et variété passait derrière une Aretha Franklin . D’ailleurs il est amusant de savoir qu’après avoir refusé la chanson « Son a Preacher Man » , Aretha Franklin a souhaité l’enregistré après avoir entendu la version de DS.
      En opposant Rock et variété, beaucoup d’entre nous sont passés à coté d’excellents artistes . Je pense aussi aux Carpenters, Jackie de Shannon, et en France à des Adamo, Delpech, et quelques autres,tous ces gens encensés aujourd’hui à juste titre, et moqués dans les années 60 et 70 .
      Il faut dire que si l’on compare avec le RAP, ce truc d’une rare laideur à l’oreille, avec une absence totale de mélodie, qui ressemble bien à son époque finalement .
      Plus de 20 ans après sa naissance en France, je ne comprends toujours pas son succès
      Bonne journée AJE

  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er mars 2014 19:52

    Merci .Je ne connaissais pas ,sauf « the look of love ». Belle voix , dommage qu’elle se fasse engluer par les orchestrations de l’époque ( cuivres , violons) ,elle aurait mérité plus de minimalisme de ce côté .


    • fatizo fatizo 1er mars 2014 23:16

      En ce qui me concerne j’aimais bien ces orchestrations. C’est plutôt le minimalisme qui m’exaspère, mais c’est peut-être parcequ’il y en a trop de nos jours, c’est tout du moins ce que je pense .


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er mars 2014 23:40

      Bonsoir Fatizo .
      J’arrive à apprecier les orchestrations un peu grandiloquentes , mais c’est rare ...
      (en exemple jazz je suis fan des sections bop et be-bop qui excluaient les grosses formations)
      Un exemple pour moi de réussite d’orchestration à multiples violons ,Jean Claude Vannier sur l’album « Melody Nelson » de Gainsbourg ...Là ,une merveille ,souvent imitée ,jamais égalée :http://youtu.be/cIDuE4U_fZg.
      Un morceau ,mais tout l’album est du même tonneau orchestral ...


    • fatizo fatizo 2 mars 2014 00:06

      Bien évidemment je possède ce chef-d’oeuvre de Gainsbourg, l’artiste qui avec Polnareff(je sais que vous n’aimez guère) a écrit les plus belles chansons de ces années là en France . J’aurais aimé savoir ce qu’aurait pu donner l’association de ces deux talents, ne serait-ce que pour un seul album .


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 2 mars 2014 00:22

      J’aime le travail de Vannier sur cet album en raison du mixage qui le met légerement derrière ,et surtout de sa composition qui n’est faite que de réponses à la mélodie . Un peu comme le jeu question-réponse que peuvent faire les grands blues-man comme BB King .


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 2 mars 2014 19:53

      Bonsoir Fatizo . Oui l’association aurait pu donner quelque chose de bien ...Ou des étincelles avec deux égos de ce calibre . smiley


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