mardi 21 octobre 2025 - par Giuseppe di Bella di Santa Sofia

Égorgée, dépecée, exhibée : l’atroce supplice de la princesse de Lamballe, amie proche de Marie-Antoinette

Paris, septembre 1792. La Révolution française, jadis porteuse d’espoirs, s’est métamorphosée en un brasier de haine où le sang coule à flots. Dans ce chaos, une femme, Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe, paie le prix ultime d’une faute qu’elle n’a jamais commise : être l’amie fidèle de la reine Marie-Antoinette. Son martyre, d’une cruauté qui glace l’âme, dépasse le simple meurtre pour devenir un rituel de barbarie, où son corps est livré à la fureur d’une foule déchaînée.

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Dans l’antre de La Force : l’attente d’un sort cruel

La prison de La Force, à Paris, est un cachot où l’espoir s’éteint. Les murs suintants emprisonnent une odeur de moisissure et de peur, tandis que les hurlements des victimes et le choc des lames résonnent dans l’obscurité. C’est là que la princesse de Lamballe, dont la douceur éclairait autrefois les fastes de Versailles, attend son destin. Revenue d’exil par fidélité à Marie-Antoinette, elle n’est plus qu’une silhouette fragile, cernée par la menace des massacres de Septembre, où la foule, ivre de vengeance, traque les aristocrates comme des proies.

 

 

Le matin du 3 septembre, on l’arrache à sa cellule pour la traîner devant un tribunal improvisé, une mascarade où des hommes aux regards fiévreux, gorgés d’alcool et de pouvoir, jouent aux juges. Les questions claquent comme des fouets : "Jure la liberté ! Jure l’égalité ! Jure la haine contre le roi et la reine !". La princesse, pâle mais résolue, répond d’une voix où tremble une force inattendue : "La liberté, l’égalité, je les accepte. Mais haïr la reine ? Mon cœur s’y refuse". Ces mots, murmurés avec une noblesse désarmante, sonnent comme un défi. Les juges, un rictus aux lèvres, prononcent l’ordre perfide : "Qu’on l’élargisse !". Une fausse promesse de liberté, un arrêt de mort déguisé. En franchissant le guichet, elle sait que l’horreur l’attend.

 

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Le premier sang : une furie sans retenue

À peine la porte de la prison s’ouvre-t-elle que la foule, masse hurlante de visages tordus par la rage, se rue sur elle. Un homme, peut-être Nicolas Charlat, un bourreau aux mains épaisses, lève un sabre ou une hache et l’abat sur sa nuque. La lame déchire la chair, et un flot de sang jaillit, éclaboussant le pavé crasseux de la cour. La princesse s’effondre, son corps frêle brisé par la violence du coup. Peut-être un souffle rauque s’échappe-t-il encore de ses lèvres, mais la meute ne lui laisse aucune chance. Ce n’est pas une exécution, mais le prélude d’un carnage où la haine se repaît de sa dépouille.

 

Assassinat de la princesse de Lamballe - Anonymous Anonymous

 

L’abîme de la barbarie : un corps profané

La princesse gît à terre mais la fureur de la foule ne s’éteint pas. Son corps devient un champ de bataille, un symbole à détruire pour exorciser la haine de la monarchie. Des mains avides arrachent ses vêtements, exposant sa peau pâle aux regards et aux rires cruels. Les lames plongent, tailladent, éventrent. Son abdomen s’ouvre sous les coups, ses entrailles répandues sur le sol fétide de Paris. Dans un geste d’une cruauté presque rituelle, un homme enfonce ses doigts dans la poitrine béante et arrache son cœur, encore tiède, qu’il brandit sous les vivats d’une foule en transe. Le sang goutte, épais, mêlé aux cris et aux rires hystériques.

L’horreur s’intensifie, frôlant l’inimaginable. Des récits de l’époque, souvent portés par des plumes royalistes cherchant à noircir la Révolution, murmurent une abomination : des assaillants, dans leur délire, auraient arraché des poils de son intimité pour les coller sur son visage, comme une moustache grotesque, une ultime insulte à sa dignité. Ces détails, rapportés dans des pamphlets comme ceux d’Antoine de Rivarol, restent incertains, peut-être amplifiés pour horrifier l’Europe, mais ils peignent l’atmosphère de déshumanisation qui enveloppe cet instant. La tête de la princesse, tranchée avec une lenteur sadique, ses boucles blondes poissées de sang, devient l’étendard de cette barbarie. Son corps, réduit à une masse méconnaissable, est lacéré, traîné, abandonné à la fureur jusqu’à n’être plus qu’un amas de chair outragée.

 

Assassinat de la princesse de Lamballe, 1792, 1816 - Unbekannt

 

La procession de l’infamie : un trophée macabre

La foule, insatiable, ne s’arrête pas là. La tête de la princesse, hissée sur une pique, ses traits délicats figés dans un rictus de mort, devient la bannière d’une marche cauchemardesque à travers Paris. Les pavés résonnent sous les pas des émeutiers, leurs cris rauques déchirant l’air. Leur but est clair : la prison du Temple, où Marie-Antoinette et la famille royale croupissent dans l’angoisse. Sous les fenêtres de la tour, ils vocifèrent, agitant le visage souillé de leur victime : "Regarde ton amie, l'Autrichienne !". Les gardes, par un sursaut d’humanité ou de crainte, épargnent à la reine la vision de cet enfer. Mais elle sait. Un cri déchire sa gorge, et elle s’effondre, hantée par l’image mentale de ce visage aimé, devenu un masque de mort. Les restes de la princesse, eux, sont jetés sans égard dans une fosse commune, comme un dernier affront à sa mémoire.

 

May be art

 

Un cri dans l’Histoire : la Terreur à son zénith

Le martyre de la princesse de Lamballe n’est pas qu’une page sanglante de la Révolution. C’est le moment où l’idéal de liberté, perverti par la haine, plonge dans un abîme de sauvagerie. Sa mort, loin d’être un acte politique, est un message de terreur, un avertissement gravé dans le sang : nul, pas même une âme aussi pure, n’échappe à la fureur de la Terreur. Son nom, presque effacé des mémoires, résonne comme un écho glaçant, celui d’une femme dont la fidélité à Marie-Antoinette a fait d’elle une martyre, sacrifiée sur l’autel d’une révolution dévorée par ses propres flammes.



19 réactions


  • juluch juluch 21 octobre 2025 20:55

    Il y en a eu des délires durant la révolutions, des massacres, des exécutions sommaires, des destructions de notre patrimoine et aussi un génocide.

    Staline et ses sbires ont du surement s’en inspirer...


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 21 octobre 2025 23:50

      Bonsoir @juluch,

      Merci pour votre message ! La Révolution française, avec ses délires sanglants, ses exécutions sommaires et ses destructions, a en effet marqué un tournant tragique, où l’idéal de liberté a sombré dans la fureur. Le massacre de la princesse de Lamballe en est un exemple poignant. Quant au parallèle avec Staline, il est frappant : la Terreur, avec ses purges et sa violence débridée, a pu inspirer d’autres régimes dans leur logique d’anéantissement.

  • titi titi 21 octobre 2025 23:28

    @L’auteur

    Autres temps, autres moeurs.

    Une époque où ça ne choque pas grand monde, de condamner une personne à avoir la langue arrachée, la main brûlée, et la tête coupée, pour ne pas avoir retiré son chapeau au passage d’une procession.


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 21 octobre 2025 23:47

      Bonsoir @titi,

      Votre remarque frappe juste. Elle met en lumière une époque où la violence la plus extrême semblait presque banale. Condamner quelqu’un à avoir la langue arrachée, la main brûlée vive et la tête tranchée, tout ça pour n’avoir pas ôté son chapeau devant une procession ! Cela semble totalement inconcevable aujourd’hui, mais à l’époque de la Terreur, pendant la Révolution française, de tels châtiments, ou pire, passaient pour une forme de justice aux yeux de certains. Le martyre de la princesse de Lamballe, si proche de Marie-Antoinette, en est un exemple glaçant : son corps n’a pas seulement été tué, il a été déchiré, profané, transformé en étendard de haine. Ce qui nous révolte maintenant était alors, pour une foule enfiévrée et ivre de colère, un acte de vengeance légitime contre la noblesse. Votre commentaire souligne une vérité dérangeante : les normes d’une société peuvent, en des temps troublés, justifier l’horreur. Et c’est encore le cas, de nos jours, dans certains pays !

    • Alex la Plume Alex la Plume 22 octobre 2025 09:49

      @titi
       
      Autres temps, autres moeurs. ????? Malheureusement non
      +++++

      Vous entendez ?

      Vous entendez ce bruit ?

      C’est le son du silence des « pro-Palestiniens » face aux tortures publiques de centaines de civils par le Hamas depuis 10 jours.

      C’est le son du silence complaisant.

      C’est le son de l’hypocrisie.

       

      https://x.com/EFischberger/status/1979749964780802507


    • sylvain sylvain 22 octobre 2025 15:09

      @Giuseppe di Bella di Santa Sofia
      Mais ca n’a rien a voir avec la terreur. La revolution francaise est le debut de la fin du supplice, qui est la punition du monarque, sa veangeance sur celui qui l’a defie, le criminel.

      Lisez foucault, vous en apprendrez un peu en dehors de vos fantasmes d’aristo


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 22 octobre 2025 16:02

      @sylvain

      Votre commentaire, bien qu’un peu vif, mérite une réponse. Permettez-moi de clarifier quelques points. Vous affirmez que la Révolution française marque « le début de la fin du supplice », une vengeance contre le criminel défiant le monarque, et que cela n’a rien à voir avec la Terreur. Pourtant, le martyre de la princesse de Lamballe, déchiquetée par une foule en 1792, montre à quel point la Terreur a dévoyé tout idéal révolutionnaire, transformant la justice en barbarie. La Révolution n’a pas aboli la violence ; elle l’a redirigée, souvent contre des innocents. 

      Quant à vos insinuations sur mes « fantasmes d’aristo », je tiens à préciser : oui, je suis d’ascendance aristocratique mais je n’ai jamais vécu dans un château. J’ai grandi dans une ville tout à fait ordinaire, loin des clichés. Quand mes grands-parents paternels, à la chute de la monarchie italienne en 1946, ont été « priés » de quitter l’Italie, ils sont partis une main devant, une main derrière. Mon père a épousé une roturière française, une femme du peuple, ce qui rend vos accusations de « délires d’aristo » assez fantaisistes. 

      Mes réflexions ne viennent pas d’un imaginaire nobiliaire mais d’une lecture attentive de l’Histoire, y compris des auteurs comme Foucault, dont j’ai parcouru Surveiller et punir bien avant votre conseil. Ses analyses sur le pouvoir et la violence sont fascinantes mais elles n’effacent pas les horreurs de la Terreur, qui ne fut pas une simple « punition » mais un déchaînement.

    • pasglop 22 octobre 2025 18:17

      @Alex la Plume
      Que les choses soient claires : le Hamas pratique la torture sur ses « obligés » depuis longtemps sous prétexte de collaboration. C’est un mouvement qui doit être éradiqué, non seulement pour ce qu’il a fait, mais pour ce qu’il est.
      Malheureusement rien n’est plus incertain, pour de multiples raisons.

      Sur le sujet de la torture ou du moins de la « manière forte », il n’existe pas de frontières.
      Si vous avez deux yeux fonctionnels, utilisez-les.

      Mes excuses à l’auteur pour le hors-sujet.


    • sylvain sylvain 22 octobre 2025 19:42

      @Giuseppe di Bella di Santa Sofia
      Ceux qui ont commis ce massacre n’ont certainement pas transforme la justice en barbarie. A cette epoque, la justice, sous la forme du supplice, est une barbarie assumee ou le souverain se venge du criminel qui l’a offense en multipliant l’offense. Ce que font ces gens, sous la banniere du peuple, c’est se substituer au souverain.

      Le fait meme d’utiliser ce terme de Terreur avec une majuscule trahit une vision d’aristo. Ceux qui ont créés ce concept de terreur sont ceux qui y voient une difference fondamentale avec tous les massacres qui la cotoient et qui sont en terme de niveau d’horreur et de quantité de morts tout a fait comparable. Napoleon a fait par la suite un massacre sans commune mesure, mais il l’a fait dans les regles. Ce qui fait la Terreur, ce ne sont pas les massacres, c’est qui est massacré et pourquoi. Sur le dernier terme vous avez raison, la terreur est le stigmate d’un dechainement en meme temps que la promesse de nouvelle chaine d’une tout autre solidite. Parce que la terreur efficace, celle du massacre des vendeens par exemple, n’a en fait rien de populaire et, comble de l’ironie, il est l’oeuvre de ceux la meme qui feront de cet episode « la terreur », qui creeront le concept


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 22 octobre 2025 19:59

      @sylvain

      Vous affirmez que la justice de l’époque, sous forme de supplice, était une barbarie assumée et que la foule, en massacrant sous la bannière du peuple, se substituait au souverain. Permettez-moi de vous contredire : le martyre de la princesse de Lamballe n’a rien d’une « justice », même selon les normes brutales d’alors. Sa tête tranchée, son corps dépecé, exhibé comme un trophée. C’est une sauvagerie qui dépasse toute logique, royale ou populaire.

      Vous critiquez l’usage de « Terreur » avec une majuscule, y voyant un parti pris « aristocratique ». Apprenez ceci : la Terreur, avec sa majuscule, désigne une période historique précise, reconnue par tous les historiens. Ce n’est pas un choix, c’est une convention. Au moins, vous aurez appris quelque chose.

      La Terreur n’est pas différente des autres massacres par son horreur – les Vendéens en sont un tragique exemple –, mais par son intention : écraser par la peur toute opposition, noble ou non. Napoléon, que vous citez, a massacré à plus grande échelle, mais dans un cadre organisé. La Terreur, elle, est un chaos où des innocents comme Lamballe sont sacrifiés, non pour un crime, mais pour ce qu’ils symbolisent.

    • sylvain sylvain 23 octobre 2025 11:03

      @Giuseppe di Bella di Santa Sofia
      je vous mets une description de supplice royal pour que vous ayez une idee alors

      ensuite, dans ledit tombereau, sur la place de Greve, et le, sur un echafaud qui y sera dresse, tenaille aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes, sa main droite, tenant le couteau avec lequel il a commis ledit parricide, brulee au feu de soufre,
      et sur les places ou il sera tenaille seront verses du plomb fondu, de l’huile bouillante, de la poix résine fondue, de la cire et du soufre fondus ensemble,
      et ensuite son corps tire et demembre par quatre chevaux, et ses membres et corps consumes au feu, reduits en cendres, et ses cendres jetees au vent.  »

      L’execution eut lieu le meme jour, sur la place de Greve.
      Damiens avait ete condamne, le matin, a la torture ordinaire et extraordinaire pour reveler ses complices, et avait tout avoue.

      On l’ecartela àquatre chevaux.
      Ce qui suivit fut atroce.
      Les chevaux, quatre d’abord, ne suffisant pas, on en ajouta deux autres ; rien ne faisait.
      On coupa les tendons des bras et des jambes, puis on tira ànouveau.
      Le corps se separa.
      On brela le tronc, les membres furent jetes au feu, les cendres dispersées au vent.


      Le concept de terreur est bien porteur d’une controverse historique, c’est une construction posterieure a la periode et entierement faite par la partie adverse des montagnards. Pour les historiens marxistes par exemple elle est une necessite historique.La terreur est une lecture thermidorienne cette periode revolutionnaire

      En tout cas, si on reste dans l’objectif, c’est loin d’etre la seule periode ou on puni par la violence l’opposition, ou il y a un contexte de guerre civile. Ce qui a valu son traitement particulier a la terreur, c’est la volonte d’une oligarchie nouvellement constitue de refermer une parenthese particulierement dangeureuse qu’elle a instrumentalisee pour prendre le pouvoir



    • titi titi 24 octobre 2025 20:55

      @Giuseppe di Bella di Santa Sofia

      "Cela semble totalement inconcevable aujourd’hui, mais à l’époque de la Terreur,

      "
      Je décrivais le supplice du Chevalier de La Barre, quelques années avant la révolution.
      Il s’agissait, alors, de la justice du Roi.
      J’ai oublié de préciser, qu’il a été torturé avant d’être exécuter : question ordinaire, et question extraordinaire.


  • Valas Valas 21 octobre 2025 23:40

    @Giuseppe di Bella di Santa Sofia

    Certains de vos articles, notamment ceux touchant la géopolitique actuelle est-ouest ou Nord-Sud, à votre convenance, ne correspondent pas du tout à mes propres conclusions. Mais bon la divergence d’opinions est également une source d’échanges et de richesse culturelle. 

    Néanmoins, ceux concernant la révolution française sont intéressants et j’irai même jusqu’à proposer qu’ils soient davantages mis en valeur dans le cadre d’une remise en question du terme « Révolution ».

    En effet, en regardant de plus prêt ce qui s’est passé pendant cette période ressemble davantage à un coup d’état fomenté par une caste préférant préserver leurs avantages et pouvoirs au détriment du peuple. En d’autres termes, qu’un Roi commence à taxer sérieusement les riches et « équilibrer » les charges sur la population, ne leur convenaient pas du tout.

    En passant, après en avoir pris conscience, chanter la marseillaise ne me semble pas pertinent.

    Merci pour vos articles sur cette « révolution ».


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 22 octobre 2025 00:00

      Bonsoir @Valas,

      Merci pour ce commentaire si riche ! Je suis tout à fait d’accord avec vous : la divergence d’opinions est une source précieuse d’échanges et de vitalité intellectuelle. Si tout le monde pensait la même chose, quel ennui ce serait ! Nos débats, qu’ils portent sur la géopolitique est-ouest, nord-sud ou tout autre sujet, sont une richesse qui nous pousse à affiner nos idées.Mais il est indispensable que ces échanges puissent être sereins et courtois. Ce qui est totalement impossible sur ce site, hélas ! 

      Sur la Révolution française, je partage pleinement votre point de vue. Vos mots résonnent avec ma propre vision : ce qu’on appelle « Révolution » ressemble souvent à un coup d’État orchestré par une élite soucieuse de préserver ses privilèges, bien loin des idéaux proclamés. L’idée qu’un roi, en cherchant à rééquilibrer les charges et à taxer les puissants, ait pu déranger cette caste est une lecture pertinente, qui mérite d’être creusée. Les massacres, comme celui de la princesse de Lamballe, illustrent cette dérive où la fureur populaire a été manipulée au profit de quelques-uns. Vos remarques m’encouragent à mettre encore plus en lumière cette période trouble, pour questionner ce terme de « Révolution » qui masque bien des vérités, souvent dérangeantes.

      En passant, je confesse n’avoir jamais chanté la Marseillaise, et pour cause : monarchiste convaincu, je trouve comme vous qu’elle sonne faux face à cette histoire.

  • Mustik 22 octobre 2025 09:12

    Arrivederci Santa Lucia !


    Je trouve comme vous qu’elle sonne faux face à cette histoire.


    Et qu’est-ce qui sonne juste dans la politique contemporaine française ?

    Tout le monde ment plus ou moins...

    Aucun medium n’est innocent.

    Quant aux commentateurs, la majeure partie est animée par un parti pris ou imbibée par une idéologique pérenne inaltérable quels que soient les faits


  • Étirév 22 octobre 2025 09:58

    Le grand mouvement philosophique qui au XVIIIème siècle a remis tous les problèmes de la Nature en discussion a été, tout entier, fait par des femmes.
    La marquise de Lambert, Mme de Tencin, Mme Geoffrin, inspirent Fontenelle et son école. La marquise du Deffand, la baronne de Stael, surtout la marquise du Châtelet, influencent l’esprit de Voltaire. Mlle de Lespinasse fait d’Alembert. Mme d’Épinay, la comtesse d’Houdetot font Rousseau. Mme d’Épinay, cette petite femme que Voltaire appelait « un aigle dans une cage de gaze », fait aussi Grimm.
    C’est ce grand réveil de la pensée féminine, se dégageant subitement des entraves du Christianisme, qui prépare la Révolution. Mais cette première révolte de l’esprit de la femme en face des erreurs du vieux monde n’est pas bien comprise par l’homme, elle est défigurée, mal interprétée, mal rendue, elle est traduite en idées masculines.
    La femme esclave demandait son affranchissement : l’homme traduit ce cri de révolte par la demande des « Droits de l’Homme ».
    Tout ce que la femme demande pour elle, l’homme, dans la traduction qu’il fait des idées de la femme, le demande pour lui.
    C’est ainsi que la Révolution préparée par la femme pour être l’avènement de la justice ne fut que l’avènement d’un système bâtard qui vint détruire l’ancien régime, mais ne le remplaça pas par ce que la femme avait rêvé.
    Pour avoir refusé la révolution de « Dieu », les institutions traditionnelles sont balayées, en quelques heures, par celle des hommes.
    La Révolution française est due à la résurrection de la Femme.
    C’est son esprit émancipé qui jeta dans le monde les grandes idées de Liberté et de Justice. C’est elle qui fit un retour vers la Nature, inspira à l’homme l’idée d’en étudier les lois et l’aida dans cette étude. C’est elle qui jeta la première le cri de liberté, l’amour de la liberté étant le plus fort de tous ses instincts : pour elle il renferme tout, il signifie : Bonheur, Justice, Progrès, Lumière, Amour. Dès que les Femmes s’aperçurent qu’une issue était possible pour sortir de leur servitude, elles travaillèrent avec ardeur à conquérir ce bienfait immense. Il y eut des héroïnes et des martyrs.
    C’est dans les salons philosophiques que commença, le mouvement, qui ne fut, en somme, que l’écho des idées émises par les Femmes. Elles jettent le grand cri de liberté, voulant la libération de leur sexe, asservi depuis le Christianisme ; les hommes répètent leurs mots, leurs phrases, leurs formules, sans en comprendre le sens profond ; elles réclament leurs droits, les hommes alors les réclament aussi, et, chose étrange, dans cette société où l’homme est tout et la Femme rien, nous voyons des révolutionnaires, appliquant à leur sexe les aspirations féminines, demander « les Droits de l’homme », parce qu’ils ont entendu dans les salons des dames demander les droits de la Femme !
    Les hommes demandent leurs droits alors qu’ils les ont tous, alors que, pendant tout le Moyen Age et même la Renaissance, ils ont vécu en despotes, dépassant de beaucoup leurs « droits ».
    Les Femmes initiatrices de l’idée furent : la princesse d’Hénin, la maréchale de Luxembourg, Mme de Bouillon, Mme Geoffrin, Mme Helvetius, la marquise de Condorcet, Mme Necker, Mme Roland, Mme Tallien, Mme Simon, Mme Candeilh, Mme de Tencin, Mme d’Houdetot, Mme d’Épinay, Mme du Châtelet, Melle de Lespinasse, Théroigne de Méricourt, et tant d’autres qui furent les amies des philosophes, véritables hétaïres modernes, qui continuèrent l’œuvre des « sorcières » et jetèrent dans le cerveau des hommes toutes les idées qui firent éclore la Révolution.
    Les unes étaient érudites et lisaient le grec à livre ouvert, d’autres furent des savantes qui élargissaient le champ des connaissances humaines, il y eut des philosophes et des psychologues, des physiciennes et des naturalistes, toutes étaient charmantes et, par le charme de leur conversation, stimulaient l’esprit masculin.
    Lien


  • Jean Keim Jean Keim 23 octobre 2025 07:40

    La noblesse parasite de l’ancien régime a accumulé tant de vilénies réelles ou imaginaires qui furent autant de sujets de haine dans les esprits, qu’un choc en retour était inévitable.

    Trop souvent les soi-disant ‘’sang bleu’’ ont accaparé des privilèges sans pour autant faire face à leurs devoirs, sans pour autant prendre conscience de leur égoïsme mortifère, le palais de Versailles, ce gouffre dispendieux, fut la vitrine de leurs débauches.

    Certains ont le sentiment que notre époque est une résurgence des conditions qui ont entraîné la révolution française.


  • agent ananas agent ananas 24 octobre 2025 05:59

    Ah, ces Lumières ...


  • LeMerou 27 octobre 2025 06:30
    @Giuseppe di Bella di Santa Sofia

    Bonjour, 

    J’exècre la révolution français telle qu’elle nous à été enseignée, présentée dans nos jeunes têtes. Le peuple ayant retrouvé sa liberté, les exactions, le régime de la terreur, n’étaient pas trop évoqués ou alors très succinctement, accompagné du « sententiel » commentaire, que cela nous pouvait hélas se faire autrement que dans le sang, eu égard à la situation du moment, qu’il ne fallait pas voir comment, mais s’enorgueillir de l’après.

    Comment la vérité à été enjolivée pour une représentation convenable si l’on peut dire. Bien sûr que le « peuple » à vu ses « droits » complètement modifiés, transformés, la monarchie était bien terminée, malgré des tentatives de rétablissement par l’extérieur, il fallait garnir des paniers en osier pour cela.

    La révolution à révélé une chose, l’humain mâle ou femelle n’est qu’un animal, qui en groupe arrive à perdre toute conscience et peut commettre des actes d’une horreur absolue. Ce qui s’est déroulé chez nous semble être un modèle justificateur pour certains, voulant « révolutionner » leur pays.
    Il ne peut y avoir de révolution sans sang, sans élimination pure et simple, ce qui gène doit disparaitre, point final.

    Si en 1789, l’état de conscience populaire était très basique, terriblement limité par une vie terrible, une inculture quasi totale, donnant une binarité aux choses, vie ou mort, le Badinter de 89 n’étant pas encore né, l’expression du courroux, de la colère, de la vengeance régnant depuis pas mal de siècles, s’est exprimée dans le sang. Même les instigateurs, ont finis pour certains sous la lame de la justice.

    En parlant de justice, d’ailleurs, je n’ai jamais apprécié la symbolique la représentant, le bandeau pouvant laisser passer la lumière, quant à la balance, je ris doucement dans ma moustache. L’équité de traitement....face aux lois, me semble être un peu bafouée, l’histoire en est émaillée, même encore aujourd’hui. 

    Pour ma part, je ne connaissais pas le sort de la princesse de Lamballe, mais ce qu’il est advenu d’elle ne me surprend pas, pour l’époque bien sûr. Il est évidemment impossible de faire un comparatif entre maintenant et aujourd’hui quoique certains « faits divers » nous en rapproche. Mais si nous étions dans le même cas, avec toute nos « connaissances », notre « culture » etc, comment agirions nous ? 

    Je pense que nous pourrions être excessivement surpris du retour d’une certaine bestialité, cachée au plus profond de nous, transmise par les gènes, enfin cachée, tout à été fait pour qu’elle s’enfouisse, chassez le naturel il revient au galop dit-on.

    Surtout quant la jalousie est exacerbée, que l’hypocrisie est presque à son comble et que certains l’attisent pour leur propre compte.

    Nous sommes des animaux féroces enfermés dans notre propre zoo. Un jour la « nourriture » viendra à manquer, cela sera terrible je pense.

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