lundi 2 juin 2014 - par redrock

Elections... Piège à Cons ?

Wikipedia nous donne un certain nombre de définitions utiles en ces temps de campagnes électorales.

Selon la célèbre formule d'Abraham Lincoln (16e président des États-Unis de 1860 à 1865), la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », Le terme de démocratie peut aussi servir à qualifier le fonctionnement de tout corps ou organisation sociale (organisme public ou privé, associations, entreprise), le plus souvent par le biais du qualificatif de démocratique. Cela signifie alors généralement que ce fonctionnement repose sur l'égalité des membres du groupe, le non cumul et la rotation des charges, sur des procédures de délibérations, ou encore de votes, d'élections et/ou de tirages au sort.

Le populisme désigne un type de discours et de courants politiques, prenant pour cible de ses critiques « les élites » et prônant le recours au « peuple » (d’où son nom), s’incarnant dans une figure charismatique et soutenu par un parti acquis à ce corpus idéologique. Il suppose l'existence d'une démocratie représentative qu’il critique.

Le fascisme est un système politique qui associe populisme, nationalisme et totalitarisme au nom d'un idéal collectif suprême, à la fois révolutionnaire et conservateur. Niant l'individu et la démocratie au nom de la masse incarnée dans un chef providentiel, le fascisme embrigade les groupes sociaux (jeunesse, milices) et justifie la violence d'état menée contre les opposants assimilés à des ennemis intérieurs, l'unité de la nation devant dépasser et résoudre les antagonismes des classes sociales dans un parti unique. Dans le domaine économique, l'état conduit une politique dirigiste mais maintient la propriété privée et capitaliste.

La fin mai a vu le déroulement d’un certain nombre d’élections au suffrage universel, élections devenues désormais à la fois l’expression mais aussi la finalité et l’essence même de la démocratie.

En 2006, le regretté Patrick Adam s'interrogeait également dans Agoravox sur le role des élections en reprenant ce slogan de Mai 68.

A tout seigneur, tout honneur, les élections pour le Parlement Européen

réunissaient 28 pays, 388 millions d’électeurs pour élire les 751 députés. la participation est de 43%, l’abstention atteint des chiffres records dans les pays de l’élargissement de 2004 : 87% en Slovaquie , 80,5% en République Tchèque et 79,04% en Slovénie.

La France- ainsi que de nombreux autres pays- a mis en tête des résultats, un parti eurosceptique, le FN, parti de Marine Le Pen, partisan d’une sortie de l’euro et d’une réaffirmation des souverainetés nationales.

Les Français ont confirmé ainsi leur vote négatif lors du TCE de 2005 et constaté l’échec des politiques européennes de sortie de Crise. Qu’y a-t-il de si surprenant ou de si inquiétant ?

 

Le même jour, se déroulaient en Ukraine les élections présidentielles

pour remplacer le président sortant légitimement élu renversé par une révolution orange alors que l’armée de Kiev pilonnaient les provinces autonomistes de l’Est.

Les taux de participation les plus forts se trouvent dans ce que l’on nomme "la Galicie", bastions nationalistes de l’ouest. Ainsi dans la région de Ternopil 77,34% des électeurs sont allés voter, 70,76% dans la région de Ivano-Frankivsk, 77,34% dans la région de Lviv, 68,53% dans la région de Khmelnitski, 72,93% dans la région de Tchernivtsi, 72,18% dans la région de Rivne, 69,60% dans la région de Vinnitsa.

A Kiev, épicentre de l'EuroMaïdan, et malgré l’élection municipale qui se déroulait en même temps, la participation n’est que de 29,59%. Toutes les régions situées au centre de l’Ukraine ont des taux d’abstention extrêmement faibles, sauf pour la région de Tchernigovsk où la participation est de 64,02%.

Le Sud-Est et l’Est ont peu participé à ces élections, en dehors de la région d’Odessa (ou se déroulait une série d’élections locales), Les taux de participation sont faibles, 17,07% dans les zones occupées par la garde nationale de la région de Lugansk, 9,11% dans la région de Donestk, 14% dans les régions de Kharkov et Dnipropetrovsk.

Une élection peut-elle remplacer des négociations ?

 

En Egypte, la double révolution arabe se terminait en queue de poisson

avec l’élection présidentielle du maréchal Al Sissi avec 93.3% des voix, succédant ainsi après une deuxième révolte arabe et une dure répression au non moins démocratiquement élu Morsi, qui avait lui-même succédé au légitimement élu Général Moubarak renversé par une première révolution arabe après trente ans de règne.

Révolutions Arabes pour de droles élections ?

 

La plus grande démocratie du monde, l’Inde, pays des vaches sacrées,

des castes et des intouchables, avec 30% d’analphabètes chez les hommes et 52% chez les femmes, venait juste de terminer ses élections présidentielles et ses 814 millions d’électeurs venaient d’élire le nationaliste Hindou, Narendra Modi, qui n’a pas hésité à se présenter comme un homme providentiel choisi par Dieu pour sortir l'Inde de ses difficultés.

Election de droit divin pour Intouchables ou corrompus ?

 

Début juin, la Syrie se prépare pour l’élection présidentielle de Bachar El Assad

alors que depuis plus de trois ans, le pays est ravagé par un printemps Arabe accompagné d’un djihad islamiste néanmoins soutenu par la Communauté internationale. Les réfugiés Syriens du Liban ont déjà voté massivement ce week-end.
Elections pour une démocratie de combats ?

 

Patrick Adam concluait ainsi :

"Voter est un geste citoyen. Ce n’est pas la citoyenneté."

je rajouterai :

Sans éducation civique, sans information équilibrée, critique et éthique, sans paix civile, sans contre-pouvoirs citoyens, Voter n'est plus qu'un alibi démocratique pour les oligarchies en place.

 



6 réactions


  • eric 2 juin 2014 09:26

    C’est vrai. mais la caractéristique des oligarchies, c’est aussi qu’a force d’être coupée du peuple, elles finissent par ne rien voir venir.

    Ainsi, en France, une caste domine le pays.

    Les fonctionnaires a statut, les médias peuplés de leurs enfants, les cadres sup qui en sont aussi. Grâce a leur connaissance du système, en effet, ils placent leurs gosses brillant et trustent les places que donne leur « élitisme républicain » dans tous les domaines. Pour les moins dotes intellectuellement, ils ne manquent pas de prebendes financees sur fonds publics, ou les petits chéris, assures de pas mal de temps libre, jouent utilement les rôles de supplétifs et de bras armes pour la défense de leur système au prix de quelques miettes (intermittents du spectacle, animateurs sociaux culs. etc...).

    Tous ces milieux ont pour caractéristiques de voter a de 70 a 80 % a gauche. de truster toute la parole publique ( journalistes, enseignants, « intellectuels », magistrats meme parfois, syndicalistes, responsables d’associations plus ou moins bidon et sans grande base militante, mais toujours subventionnées).

    Il y a les cadres sup du privé des grandes villes ? Ce sont les gosses des précédents, et par le biais de politiques fiscales très étudiées, ils font partie des bénéficiaires nets de la dépense publique. Fils de prof, grande ecole, cadre sup, centre ville, Paris, tu as les impots locaux les moins chers du pays, des allocs en veux tu en voila, et l’hopital du coin, c’est le meilleurs d’Europe, ta vie culturelle et tes transports en commun sont financés par le reste du pays. Le paradis socialiste. Si tu te débrouille bien, ( par exemple un divorce) tu as meme une chance d’obtenir un HLM par piston...

    En gros, 30% de l’électorat hors tout.

    Après, il n’y a plus qu’a expliquer aux pauvres que c’est la faute des riches, au riches que c’est la faute des pauvres, et que penser autrement c’est être homophobe ou islamophobe, a bien le répéter sur tous les tons et en tous les lieux. Si tu parviens a suffisamment exploser le reste de la société pour lui faire oublier que les citoyens ont quand même un destin commun, tu peux parvenir au prix d’alliances contre nature dans les seconds tours, a triompher des 60-70% qui restent.
    Et puis même quand ceux ci gagnent les élections, la présence majoritaire dans toutes les structures publiques, permet en réalité d’éviter le gros des reformes nécessaires a la caste.
    Jusqu’au moment ou les caisses sont vraiment vides. Alors, le reste de la population commence a vraiment compter. Et on peut les désinformer autant que l’on veut, ils se mettent aussi a vraiment voter. D’une manière ou d’une autre. La ou on peut, avec leur bulletin, la ou on ne peut pas avec leurs pieds.

    En France, on peut. Le vote FN est annonciateur du tsunami a venir. Ce sera l’UMP, ce sera le Fn, ou d’autres formes apparentees. La prochaine alternance verra la révolte des 70% imposant de gré ou de force a la caste prédatrice de partager les frais des reformes dont le pays a besoin. Aux européennes, le total gauche ressemble étrangement a son noyau dur sociologique.

    A tous égard, il serait préférable que celui-ci fasse son examen de conscience et se prête a l’exercice. Si il ne se fait pas avec lui, il se fera contre lui. Ce n’est en réalité souhaitable pour personne.


  • colere48 colere48 2 juin 2014 10:42

    ben vi ... Piège à cons !
    Dans la mesure où l’offre faite aux électeurs est majoritairement constituée de ripoux on vois mal comment échapper au dilemme abstention ou extrême !

    De toute façon cela n’a pas d’importance, car comme disait Coluche :
    « Si voter, changeait quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit ! »


  • claude-michel claude-michel 2 juin 2014 17:19

    Elections... Piège à Cons ?....C’est peu de le dire.. !


  • Bergegoviers Bergegoviers 2 juin 2014 22:13

    Piège à cons dans lequel l’auteur tombe, fièrement (car c’est un acte citoyen), la tête la première.


    Imaginons, Serge (vous me permettrez de vous prénommer Serge, car vous n’êtes pas en position de me l’interdire), qu’au cours d’une soirée entre amis, disons dix personnes, je propose qu’à la majorité nous élisions celui qui pourra coucher avec Maryline, la très jolie célibataire invitée par Patrick.

    Sylvestre et Jean Georges étant mariés ne sont pas candidats, de même que Saskia car, contrairement à Anissa, elle n’est pas bisexuelle.

    Nous avons donc 5 candidats.

    J’imprime alors rapidement des bulletins de vote que je distribue à chacun, avant de les ramasser quand ils sont remplis afin de pouvoir les comptabiliser, seul, dans la pièce voisine.

    Puis je viens annoncer avec un grand sourire que c’est moi qui ai été désigné par la majorité.

    Me feriez-vous confiance ?

    Si non, sachez que c’est pourtant exactement ce que vous faites lorsque vous votez pour des gens qui seront autorisés à utiliser la violence contre vous et vos voisins pour vous forcer à payer des taxes et vous soumettre à leur autorité.

    Mais si vous me faites confiance j’en suis très heureux et je vous laisse, je vais raccompagner Maryline.

  • Diogène diogène 8 juin 2014 10:26

    Je propose une petite publicité pour illustrer les propose de l’auteur :


    - Bon, ce soir, c’est épinards ou chou-fleur !
    - Euh, moi je vais aller au Mac Do !
    - T’as pas le droit, faut voter pour épinard ou chou-fleur, on est une famille citoyenne.
    - Bon ben je vais me coucher !

    « Sans éducation civique, sans information équilibrée, critique et éthique, sans paix civile, sans contre-pouvoirs citoyens, Voter n’est plus qu’un alibi démocratique pour les oligarchies en place. »

    PS : est-ce que le contre-pouvoir des citoyens, c’est de pouvoir choisir ce qu’on mage et non pas celui qui fera à manger ?


  • christophe nicolas christophe nicolas 8 juin 2014 23:32

    Les élections sont simplement un « pouvoir » qui remonte de la terre et vous n’en avez aucun , aucun qui soit de vous, s’il n’est accordé par la grâce.


    Le pouvoir vient du ciel, rencontre la terre, qui reçoit tous les dons lorsqu’elle reconnait qu’elle est incapable de former l’humanité comme Dieu sait le faire. Après la formation, dieu vous donne tout mais il se réserve la formation ; il n’y a aucun papier... sauriez vous faire ?

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