vendredi 8 novembre - par Bernard Mitjavile

Émerveillement et connaissance

Selon Descartes, les idées et la raison sont du côté de l’homme, la matière du côté de la nature et des animaux. Un peu après lui, Locke prend un point de vue très différent selon lequel à l’origine, l’esprit humain est vierge de toute idée, une table rase (tabula rasa), la pensée et les idées découlant des sensations transmises par les sens au cerveau, Kant un peu plus tard va combiner les deux points de vue avec d’un côté les à prioris de la pensée comme l’espace et le temps et de l’autre le monde que l’on découvre avec ces aprioris sans pouvoir atteindre la chose en elle-même (la « Ding in sich »), la réalité objective du monde, au-delà de ce que nous connaissons par nos sens, notre raison et les a prioris de la connaissance. De là, on passe à la dialectique d’Hegel d’une connaissance progressive reprise par Marx et combinée avec la praxis.

Toutes ces gens, prétendant à chaque fois nous donner la clé de la connaissance en prenant plus ou moins le contre-pied de leurs prédécesseurs, ont développé des théories ne sont pas dénuées d’intérêt mais qui ne prennent pas en compte un aspect important de la connaissance : la joie et même l’émerveillement qui accompagnent et motivent la découverte du monde qui nous entoure alors qu’il faudrait commencer par là.

Récemment, circulait sur Internet une petite vidéo sur d’un bébé et un agneau côte à côte, chacun tenu par une femme, le bébé et l’agneau se mettant à crier alternativement avec des cris semblables, de plus en plus fort, chacun répondant à l’autre et étant de plus en plus excité l’un par l’autre. Il y avait un sentiment de joie ou d’exultation de la part du bébé auquel semblait répondre l’agneau avec des sonorités très semblables.

Si l’on regarde un bébé qui essaie d’attraper un objet ou même un papillon volant autour de son berceau, l’enfant qui cherche à attraper des sauterelles, parfois leur arrache les jambes, allant jusqu'à les manger par curiosité en étant intéressé par la similitude avec les cuisses et les jambes des humains, le gamin courant dans une prairie fleurie, s’émerveillant de la beauté qui l’entoure, l'enfant jouant avec un animal familier, on voit dans toutes ces expériences que la découverte de la nature s’accompagne d’un sentiment d'intérêt, d’appartenance et finalement de joie.

On voit que l’esprit du bébé ou de l’enfant est bien actif et ne correspond pas à la « table rase » passive qui attend d’être imprégnée par les sensations du dehors, ni à celui d’un philosophe utilisant les a-priori de la connaissance en sachant qu’il n’atteindra jamais la « Ding in sich », la chose en elle-même, ni à un membre de la classe exploitée vérifiant sa connaissance du monde et de la société par la praxis, révolutionnaire ou pas.

Un enfant rencontrant un chien ou un chat pour la première fois exprime d’abord de la surprise, une certaine inquiétude puis un sentiment d’excitation et de joie à voir que cet animal a quelque chose en commun avec lui, des membres, des yeux, un nez, des oreilles, la joie de voir un objet ou plutôt un être animé qui lui répond.

Dans ces différents cas, il s’agit d’un être humain qui découvre avec joie que l’univers est compréhensible. Cela n’est pas évident et aurait pu être autrement. Ainsi pour Einstein « Ce qui est incompréhensible, c'est que le monde soit compréhensible ». Cet univers est comme fait pour lui avec comme le soutiennent les défenseurs un « principe anthropique » guidant l’évolution de l’univers.

On peut se demander pourquoi la découverte du monde qui nous environne s’accompagne de joie. Le philosophe Henri Bergson voyait dans la joie le sentiment qui accompagnait la création, la découverte, écrivant que « plus riche est la création, plus grande est la joie », joie qui se retrouve aussi bien chez la mère face à son enfant que chez l’artiste ou le scientifique.

Ce sentiment de joie lié à l’exploration de l’univers qui nous environne, peut s’expliquer si l’on fait appel à un vieux concept remontant à l’antiquité repris à la Renaissance en particulier par le médecin suisse Paracelse, celui de la relation d’un microcosme, l’homme et d’un macrocosme, l’univers entrant en résonnance l’un avec l’autre, existant l’un pour l’autre. Selon cette vision, l’homme est le microcosme, le centre du macrocosme ou de l’univers, résumant en lui toutes les formes minérales, végétales, animales, un être qui comprend en lui les éléments chimiques et a la capacité de comprendre avec sa raison les lois de cet univers. Même au niveau physique, sa voix a la capacité d’imiter celles de différents animaux, sa main avec le pouce s’opposant aux autres doigts en fait autre chose qu’un instrument spécialisé pour certaines tâches mais un organe capable de créer toutes sortes d’objets et de faire toutes sortes d’activités. Plus l’homme réalise sa place centrale par rapport au monde qui l’entoure, plus cette découverte s’accompagne de joie.

On retrouve là l’idée d’un principe anthropique guidant la formation de l’univers pour aboutir à un cosmos fait pour l’homme et à un homme fait pour le cosmos, l’un correspondant à l’autre, la découverte de cette correspondance étant source de joie. Ce principe, proposé par l'astrophysicien Brandon Carter en 1974 1, est accepté par différents scientifiques américains comme celui permettant d’expliquer le mieux l’histoire de l’univers, bien qu’il aille à l’encontre une certaine approche matérialiste de la science plaçant l'homme à côté de l'univers, étranger l'un à l'autre et non fait l'un pour l'autre, qui a dominé les derniers siècles. Ce principe anthropique permet en tout cas de mieux expliquer la curiosité, la joie et l’émerveillement du scientifique ou de l’artiste face à l’univers, sentiments sur lesquels l’approche matérialiste garde un certain silence.



55 réactions


  • Tall Tall 8 novembre 17:58

    La joie est un processus neuro-hormonal de type « qualia » ( donc « axiomatique » car référent basique du système cérébral au même que les couleurs, odeurs et toutes les perceptions basiques ).

    La particularité de ce qualia est d’accompagner un processus « d’addiction », c’est-à-dire une recherche-réflexe de reproduction de ce qualia.

    Voilà l’explication matérialiste.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 8 novembre 18:39

      @Tall On connaît bien cette explication matérialiste qui ramène la joie comme d’autres sentiments à des processus hormonaux ou chimiques. On peut lire Sérotonine sur ce sujet. Ceci dit, la conclusion du livre de Houellebecq nous éloigne fortement des processus neuro-hormonaux. Comme la psychanalyse freudienne, toutes ces explications rencontrent vite leurs limites.


    • Tall Tall 8 novembre 18:55

      @Bernard Mitjavile

      Il n’y a pas de contradiction entre processus neurologiques et psychologie.
      De nombreux liens élémentaires ont déjà été vérifiés expérimentalement.

      La complexité des réseaux d’influx nerveux mis en jeu dans une réflexion philosophique abstraite est bien sûr énorme, mais ça n’implique rien de magique.

      Ce qui est récurrent par contre, c’est ce narcissisme humain qui le pousse à croire n’importe quoi pour transcender la mort d’un claquement de doigt.
       


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 8 novembre 19:34

      @Tall Bien sûr que des déséquilibres hormonaux ou l’absence de certains neuro-transmetteurs influencent l’humeur et peuvent être même la cause de problèmes mentaux mais on ne peut réduire le mal être ou la dépression à des déséquilibres de ce type. Cela fait un moment que l’on répond à différentes formes de dépression par des médicaments avec des résultats qui sont loin d’être concluants. On a longtemps parlé du Prozac comme de la pilule du bonheur jusqu’à ce que la FDA américaine oblige les fabricants à indiquer sur les boîtes qu’il y avait un risque de suicide, particulièrement pour les adolescents. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas en prendre, cela peut aider dans certains cas mais en étant prudent. L’équilibre mental ne se résume pas à des processus neurologiques contrairement à ce qu’affirment certains matérialistes. Frankl indiquait déjà il y a plus de 50 ans que la recherche de sens dans la vie et l’absence de sens était la question prioritaire.


    • foufouille foufouille 8 novembre 19:36

      @Bernard Mitjavile

      pour le cerveau tout est effectivement neurologique.


    • Tall Tall 8 novembre 19:48

      @Bernard Mitjavile

      Ce que vous appelez « l’équilibre mental » est d’une complexité neuro-hormonale terrible. On ne peut pas réguler tout ça avec la pharmacopée simpliste d’aujourd’hui.
      Notre ignorance est encore grande face à la complexité cérébrale, mais c’est une complexité quantitative, pas qualitative. C’est-à-dire que la quantité de facteurs qui interagissent en même temps est telle que notre capacité de modélisation actuelle est tout-à-fait insuffisante.
      Là, il faut faire preuve d’humilité ... mais ça n’infirme pas la vision matérialiste.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 8 novembre 20:14

      On n’arrête pas le progrès. Cela fait longtemps que j’entends des gens nous prévoir une nouvelle ère pour la santé mentale grâce à une nouvelle série de médicaments et je fais confiance aux labos et grandes entreprises pharmaceutiques pour mettre au point dans les années à venir toutes sortes de médicaments qui vont nous éloigner de la « pharmacopée simpliste » d’aujourd’hui. Je ne dis pas que tout doit être jeté mais ne pense pas que cela suffira pour que l’humanité trouve le bonheur. Au fait, si je ne me trompe, vous prenez dans votre pseudo le visage d’un excellent acteur américain qui était le héros du film « Vol au dessus d’un nid de coucous », cela devrait faire réfléchir.


    • pemile pemile 8 novembre 20:25

      @Bernard Mitjavile "mettre au point dans les années à venir toutes sortes de médicaments qui vont nous éloigner de la « pharmacopée simpliste » d’aujourd’hui"

      Une pharmacopée, chimique, sera toujours trop simple pour agir sur un système dynamique aussi complexe, des stimulations magnétiques transcrâniennes ciblées sur certains composants/circuits du cerveau ?


    • Tall Tall 8 novembre 20:28

      @Bernard Mitjavile

      Je ne préconise aucune pharmacopée pour le bonheur.
      Jack Nicholson, par contre, a fait le bonheur de nombreux cinéphiles. smiley


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 9 novembre 10:20

      @Tall Le film, même s’il est un peu daté, est une sérieuse remise en question de la psychiatrie en hôpital. Cela me rappelle la réflexion d’une assistante sociale à propos d’un jeune qui avait commis divers délits « pourvu qu’il ne l’envoie pas en hôpital psychiatrique mais plutôt en prison, il aura plus de chances de s’en tirer ».


    • Tall Tall 9 novembre 10:29

      @Bernard Mitjavile

      C’est totalement juste ... la justice ne devrait pas faire intervenir la psychiatrie comme elle le fait, car ce n’est pas du tout fiable.
      La justice a besoin de fiabilité, c’est tout l’inverse ici : c’est du charlatanisme labellisé par des diplômes universitaires qui ne valent rien.
      En dehors des camisoles chimique qui tuent l’individu à petit feu, ils sont ignorants et impuissants.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 9 novembre 11:06

      @foufouille Cela ne veut pas dire grand chose. Le système nerveux central dont le cerveau est avec le système nerveux périphérique l’objet de la neurologie comme la psyché est l’objet de la psychologie. Donc, on peut dire que pour la neurologie, le cerveau est neurologique et non que « pour le cerveau... » 
      Maintenant le lauréat du prix Nobel en neurobiologie, John C. Eccles considère qu’il y a une interaction entre l’esprit et le cerveau (How the Self controls its brain (1994)) et déclarait peu avant sa mort (1997) « Nous devons reconnaître que nous sommes des êtres spirituels dotés d’âmes existant dans un monde spirituel tout autant que des êtres matériels dotés de corps et de cerveaux existant dans un monde matériel » et parlait de superstition à propos du « réductionnisme matérialiste » qui prétendait expliquer le monde spirituel par des activités neuronales.
      On voit ce même réductionnisme en histoire avec le matérialisme historique, comme explication de l’univers avec le matérialisme dialectique, en économie avec les « lois » marxistes du capital etc... Partout, ces explications ont montré leurs limites ou leur fausseté

      et les fruits de ce réductionnisme ont été mauvais. 


    • pemile pemile 9 novembre 11:35

      @Bernard Mitjavile « Maintenant le lauréat du prix Nobel en neurobiologie, John C. Eccles considère qu’il y a une interaction entre l’esprit et le cerveau »

      Euh, Eccles voulait lancer un défi à tous les matérialistes, mais c’est plutôt Gilbert Ryle qui résume mieux ce concept de Fantôme dans la machine, non ?


    • Tall Tall 9 novembre 13:17

      @Bernard Mitjavile

      Seule la vision purement physique des choses a permis les progrès de la médecine. Aucune vision transcendantale n’a réussi ça.
      Et si vous tombez malade, vous irez chez le médecin comme tout le monde.
       
      Ceci dit, on a le droit de rêver. D’autant que la science ne pourra jamais tout expliquer, et il restera donc toujours des mystères qui ouvrent la porte à tous les fantasmes.
       
      L’homme ne lâchera jamais la vision purement physique des choses, car elle est la seule qui donne des résultats, mais il continuera aussi de rêver à d’autre choses car il a besoin d’espoir envers et contre tout.
       
      Croire ou non à ces fantasmes est affaire personnelle


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 9 novembre 14:18

      Personnellement, je suis d’accord que l’on ne rembourse plus les médicaments homéopathiques même s’ils exploitaient à fond l’effet placebo qui est un effet expérimentale mesuré depuis longtemps aux USA et en Europe classant les médicaments homéopathiques parmi les plus efficaces et les moins nocifs mais pas en double aveugle. Bon, selon certains pontes de la médecine et divers rapports, près de 80% des médicaments sont inutiles dont 40% de carrément nuisibles, aussi, il ne faut pas avoir une foi aveugle en des médecins qui les ordonnent à tour de bras. Concernant les maladies mentales, les scientologues ont fait depuis longtemps un parallèle entre l’augmentation de la distribution de neuroleptiques et autres médicaments et l’augmentation des maladies mentales, dépressions et autres, sans que l’on sache clairement qui est l’œuf et qui est la poule. En tout cas, dans toutes ces affaires, il ne faut pas oublier les intérêts économiques.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 9 novembre 15:11

      @Etîle

      Désolé, je ne connais pas Ryle.


    • pemile pemile 9 novembre 20:06

      @Bernard Mitjavile « Désolé, je ne connais pas Ryle. »

      Vous avez lu le résumé de wikipédia pour ne plus considéré l’esprit comme une entité incorporelle logée dans un corps purement physique : un « fantôme » dans la « machine » (c’est quoi le concept d’âme que vous utilisez dans votre article ?)


    • Tall Tall 9 novembre 20:36

      @pemile

      c’est quoi le concept d’âme que vous utilisez dans votre article ?

      Eh bien, quand on a trop bu et qu’on est complètement ivre, l’âme reste à jeun et nous engueule.
      De même quand on est assommé, elle reste consciente, et quand on est anesthésié sur le billard, elle surveille le toubib.
       
      A noter que la mienne ne fonctionne pas comme ça ... mais alors pas du tout.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 10 novembre 12:36

      @pemile
      C’est un vaste débat. Je pense que l’homme a un corps spirituel et un corps physique qui sont en interaction. Si cela vous intéresse, vous pouvez lire mon article sur le rapport cerveau-conscience : https://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=176630


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 8 novembre 18:04

    Le principe anthropique est une vérité de La Palisse quand il s’agit de sa version « faible » : il est évident que l’homme ne peut penser qu’en utilisant son cerveau, et ses neurones sont le résultat d’une évolution dans laquelle il se retrouve comme Narcisse dans son miroir.

    Par contre pour la version forte, on n’est pas loin du créationnisme et tous cas pas non plus très loin de de l’optimisme de Leibnitz caricaturé par Pangloss dans le Candide de Voltaire :

    « Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin, si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de Mlle Cunégonde, si vous n’aviez pas été mis à l’Inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches.

    - Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 8 novembre 18:33

      @Séraphin Lampion Oui, c’est vrai qu’il y a une certaine ambiguïté de vocabulaire. Maintenant, la version forte du principe n’implique pas de croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cette affirmation se ramène à nier la responsabilité et la liberté humaine. On peut affirmer que l’univers est fait pour l’homme et réciproquement, que ses lois, constantes et paramètres permettent ou sont conçus pour l’apparition de la vie et de la conscience humaine mais après, rien n’est joué et Voltaire pouvait se moquer de Leibniz même si en tant que scientifique, Leibniz est un des plus grands de son temps rivalisant avec Newton. 


    • Dr Frank-N-Furter Dr Frank-N-Furter 9 novembre 11:02

      @Séraphin Lampion

      Un peu d’induction que diable ! Votre reductio ad narcissum me semble bien sévère pour ce principe anthropique dans son interprétation faible ou forte (naïve pourrait-on dire) mais fort charmant tel que l’imagine l’auteur de l’article. Êtes-vous sûr de ne pas l’utiliser vous-même sans le savoir ? Vous savez on n’observe pas les mêmes choses selon que l’on est conscient ou non d’observer. Ce principe me semble moins un moyen d’expliquer ce qui est que de faire des affirmations sur ce qui pourrait être (importance du mode conditionnel), voire ce qui n’est pas. Il suffit pour cela de faire quelques menues inférences bayésiennes et développer nos probabilités en réseau à partir de ce présupposé pas mal sûr : notre merveilleuse existence telle que nous la connaissons. Avec ce principe on peut par exemple se demander ce que sont ou ce que pensent de nouveaux venus sur Terre sachant que nous y vivons quant à nous depuis exactement 4000 mille ans (vieille plaisanterie créationniste). Certains d’ailleurs fondent leur politique immigratoire frileuse selon ce principe anthropique, non ? Que vient faire Narcisse dans cette histoire ? Je vous le demande. 


    • alexis42 alexis42 9 novembre 14:51

      @Séraphin Lampion

      « l’homme ne peut penser qu’en utilisant son cerveau »

      Ce cerveau ?


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 9 novembre 17:06

      @alexis42

      Ou celui-là  ?


  • pemile pemile 8 novembre 18:25

    @Bernard Mitjaville

    Cette joie de la découverte du monde n’est pas spécifique à l’homme mais est générale à tous les mammifères.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 8 novembre 18:45

      @pemile chaque mammifère, par exemple l’ours ou le loup, est le centre d’un biotope donné et je pense qu’il éprouve une certaine forme de satisfaction à vivre dans l’ écosystème pour lequel il est fait. C’est la différence de qualité de vie et de dynamisme que l’on peut observer entre un animal vivant dans un zoo et le même dans la nature.


    • Tall Tall 8 novembre 18:57

      @pemile

      Je confirme ... mon cheval se marre chaque fois qu’il lit un article de Bernard Dugué.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 8 novembre 19:14

      @Tall

      tu as de la chance d’avoir un cheval qui positive !
      le mien, ça l’énerve ou ça le rend dépressif
      alors maintenant, plus de tablette le soir !


    • pemile pemile 8 novembre 19:22

      @Bernard Mitjavile "C’est la différence de qualité de vie et de dynamisme que l’on peut observer entre un animal vivant dans un zoo et le même dans la nature.« 

      Cela répond à votre question  »On peut se demander pourquoi la découverte du monde qui nous environne s’accompagne de joie." et valide que ce n’est pas spécifique à l’homme ?


    • pemile pemile 8 novembre 19:24

      @Tall « Je confirme ... mon cheval se marre chaque fois qu’il lit un article de Bernard Dugué. »

      Oui, mais on peut quand même supposer que votre cheval à été conditionné, en vous fréquentant, à développer un certain humour cynique !


    • Sharpshooter - Snoopy86 Sharpshooter - Snoopy86 8 novembre 19:26

      @Tall

      Mon cheval à moi est interdit de séjour chez Dugué smiley

      Le raté le plus diplômé de France ( et qui se verrait bien prof au collége d’« Aquithénes » ) lui reproche apparemment sa réussite en Concours Complet ....


    • Tall Tall 8 novembre 19:35

      @Sharpshooter - Snoopy86
       
      J’y suis aussi interdit ... ça va devenir vexant d’être admis chez Dugué.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 8 novembre 19:41

      @pemile Pourquoi pas. Bon, en général on parle de joie plus pour l’homme. Bergson lie par exemple la joie de l’artiste, du scientifique ou de tout un chacun à la créativité, la joie d’exprimer ce que l’on porte en soi. Pour Schiller repris par Beethoven, la joie est une étincelle divine venant de Dieu ou des dieux ce qui correspond à l’idée de Bergson, l’homme partageant la créativité divine, la créativité des animaux étant plus limitée.


    • foufouille foufouille 8 novembre 19:48

      @Tall

      dis le sur un article anti censure et il te débloquera comme toi.


    • Tall Tall 8 novembre 19:51

      @foufouille
      Mais s’il me débloque, ça va me fiche la honte !
      Ne dis rien ... il pourrait le faire juste pour me couillonner


    • foufouille foufouille 8 novembre 19:57

      @Tall

      j’ai été viré pour avoir dit juste gloubiboulga donc il se vèxe facilement mais pardonne aussi.


    • foufouille foufouille 8 novembre 20:01

      @Tall si il a un diplôme de 140 de THQI, il ne se sent plus pisser.


    • pemile pemile 8 novembre 20:10

      @Tall « J’y suis aussi interdit »

      Idem, il faudrait qu’Avox affiche la liste des comptes bloqués sur la page des auteurs, que tout cela soit un peu moins opaque smiley


    • pemile pemile 8 novembre 20:10

      @foufouille « il ne se sent plus pisser. »

      Dugué est incontinent ?


    • foufouille foufouille 8 novembre 20:13

      @pemile

      c’est une expression ...................


    • Sharpshooter - Snoopy86 Sharpshooter - Snoopy86 8 novembre 20:32

      @pemile

      La liste des compte bloqués ?

      Ce serait la Légion d’Honneur d’Agoravox smiley


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 9 novembre 10:12

      @pemile Oui, la joie comme manifestation de ce que l’on porte en soi au niveau potentiel. Bien sûr, il y a différents niveaux de joie. Je me souviens de ce défenseur des ours qui disait que l’ours avait en lui tout l’écosystème des Pyrénées et en était le couronnement ou de Jean-Michel Bertrand qui défend le loup intelligemment (film « la vallée des loups ») et qui explique que là où il y a des loups, il y a de la biodiversité, des chamois et bouquetins et autres. 


    • JL JL 9 novembre 11:18

      @foufouille
       
      ’’ il se vèxe facilement mais pardonne aussi.’’
       
       Ben, il lui faut des commentaires pour savoir qu’il a des lecteurs : c’est rassurant.


  • Étirév 9 novembre 05:57

    « Connais-toi toi-même » disait l’expression inscrite sur le fronton du temple de Delphes.

    La connaissance ne peut être acquise que par une compréhension personnelle que l’homme doit trouver seulement en lui-même. Aucun enseignement « conventionnel » n’est capable de donner la connaissance réelle.
    Sans cette compréhension, dit René Guénon, aucun enseignement ne peut aboutir à un résultat efficace, et l’enseignement qui n’éveille pas chez celui qui le reçoit une résonance personnelle ne peut procurer aucune sorte de connaissance. C’est pourquoi Platon dit que « tout ce que l’homme apprend est déjà en lui » et qu’Ibn Sina exprime ainsi : « Tu te crois un néant et c’est en toi que réside le monde. ». Toutes les expériences, toutes les choses extérieures qui l’entourent ne sont qu’une occasion pour l’aider à prendre conscience de ce qu’il a en lui-même. Cet éveil est ce que Platon appelle anamnésis, ce qui signifie « réminiscence ». Si cela est vrai pour toute connaissance, ce l’est d’autant plus pour une connaissance plus élevée et plus profonde, et quand l’homme avance vers cette connaissance, tous les moyens extérieurs et sensibles deviennent de plus en plus insuffisants jusqu’à perdre finalement toute utilité. S’ils peuvent aider à approcher la sagesse à quelque degré, ils sont impuissants à l’acquérir réellement, quoiqu’une aide extérieure puisse être utile au début, pour préparer l’homme à trouver en lui et par lui-même ce qu’il ne peut trouver ailleurs et particulièrement ce qui est au-dessus du niveau de la connaissance rationnelle. Il faut, pour y atteindre, réaliser certains états qui vont toujours plus profondément dans l’être, vers le centre qui est symbolisé par le cœur et où la conscience de l’homme doit être transférée pour le rendre capable d’arriver à la connaissance réelle. Ces états qui étaient réalisés dans les mystères antiques étaient des degrés dans la voie de cette transposition du mental au cœur.

    Ceux qui se font initier, dit Aristote, apprennent moins quelque chose, qu’ils ne font l’expérience de certaines émotions et ne sont plongés dans un état d’esprit particulier.

    « Tu souriras alors, en connaissant si simples, les notions qui te paraissaient si abstruses lorsque tu n’étais qu’un profane, et tu avoueras qu’il n’était pas d’explication possible, avant l’investigation personnelle, destinée à préparer ton esprit à recevoir les semences du vrai. Et c’est dans ce sens qu’il est dit que nul ne peut être initié que par soi-même. » (E.J. Grillot de Givry, Le Grand Œuvre)

    Précisons que le mot initiation dérive d’initium et que ce terme signifie proprement « entrée » et « commencement » : c’est l’entrée dans une voie qu’il reste à parcourir par la suite ; c’est aussi le commencement d’une nouvelle existence au cours de laquelle seront développées des possibilités d’un autre ordre que celles auxquelles est étroitement bornée la vie de l’homme ordinaire.

    Felix qui potuit rerum cognoscere causas !


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 9 novembre 09:16

      @Étirév En fait on peut dire que joie, c’est découvrir ce qui sommeille en soi ou ses potentialités manifesté dans une réalisation extérieure.


  • Old Dan Old Dan 9 novembre 06:57

    A la fin de « Soleil vert » que propose-t-on au veil homme en train de mourir ?

    Des torrents, de l’herbe verte, des paysages...

    .

    [En ce moment, pas très loin de chez moi, un front de 1000km de feu impossible à circonscrire... ]


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 9 novembre 09:18

      @Old Dan 1000km, cela fait beaucoup. En France, dès qu’il y a 10 ha qui brûlent, les chaînes de télé en font un événement important (dans au moins 80% des cas, c’est un feu d’origine humaine).


    • Old Dan Old Dan 9 novembre 11:04

      @Bernard Mitjavile
      Une ligne de feu part du Nord de Sydney vers Brisbane à travers des forêts asséchées, d’anciens paradis biologiques... Des cacatoès morts encore accrochés dis les fils électriques...
      .
      [Quand on veut évoquer la Nature, la Beauté, le Vivant, ’faut pas le faire trop tard !]


  • JL JL 9 novembre 08:56

    ’’ ... une certaine approche matérialiste de la science plaçant l’homme à côté de l’univers, étranger l’un à l’autre.’’

     

     Je crois au contraire, que c’est le dualisme qui place l’homme à coté de l’univers d’énergie, tangible et temporel, le seul que nous connaissions.

     

    Pour ma part, je vois cet univers construit comme la poule et l’œuf, autour de deux principes antagonistes mais complémentaires : le principe anthropique et le principe entropique.

     

    Le principe anthropique EST l’univers au même titre que l’entropie.

     

    Guillaume d’Ockham est de mon point de vue, celui qui a donné la meilleure idée du principe anthropique. L’entropie renvoie à la thermodynamique.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 9 novembre 09:22

      @JL Une certaine science me paraît dualiste. Bon, on peut dire que la physique quantique relie ce qui est observé et l’observateur. 


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 9 novembre 10:15

      @JL En tout cas votre approche avec deux principes (anthropique et entropique) est intéressante.


    • JL JL 9 novembre 10:18

      @Bernard Mitjavile
       
      on pourrait avancer que la physique quantique relie ce qui est observé et l’observateur. 

       
      Ou encore : on peut dire que ce qu’on met dans la physique quantique relie ce qui est observé et l’observateur. 

       
       Si vous voyez ce que je veux dire.


    • JL JL 9 novembre 10:25

      @Bernard Mitjavile
       
       c’est le Yin et le Yang, revisités. Ou dieu et diable.


  • SUR1NUAGE 10 novembre 09:56

    Spinoza a une pensée puissante sur l’origine de la joie profonde, il dit en résumé ,que c’est la rencontre avec la vérité qui apporte la joie , même quand cette vérité est contraire à vos propres intérêts.

    C’est simple et efficace, et place la recherche de la vérité au cœur de notre existence.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 10 novembre 12:22

      @SUR1NUAGE Il y a du vrai là dedans :). Spinoza autant que je sache croyais à la réalité du monde au delà des sens (contrairement à l’évêque Berkeley) et voyait en Dieu plus ou moins l’âme du monde. L’homme découvrant la vérité du monde (découverte jamais achevée) découvre en même temps la vérité en lui et Dieu. Je ne crois pas que Spinoza a repris le concept de microcosme/macrocosme qui m’apparaît important.


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